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K#11 Comment piloter l’association des Délégués généraux d’associations professionnelles ?
Episode 1120th November 2019 • Assopreneur·e • Claire Ribouillard
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Shownotes

Comment piloter l’association des Délégués·es généraux·ales d’associations professionnelles ?

Savez-vous comment une démarche qualité pourrait vous faire gagner du temps dans le pilotage de votre association ou fondation ? Avez-vous déjà sauté le pas de la création d’une entreprise commerciale en parallèle de votre association pour diversifier votre modèle économique ? Si vous deviez célébrer les 50 ans de votre structure, comment feriez-vous ?

Ce sont les challenges quotidiens de mon nouvel invité, qui répond à toutes ces questions dans l’épisode #11 du podcast des Délégués·es généraux·ales !

Cette semaine, je vous invite à découvrir le retour d’expérience détaillé, les astuces et les outils de Frédéric Cuchet, Secrétaire général de l’association Cedap – le Centre d’Études des Dirigeants d’Associations Professionnelles :

Son quotidien : avec une équipe permanente composée de 2 personnes et plus de 280 adhérents Délégués généraux, Frédéric pilote un immense réseau représentant tous les secteurs de l’économie française.

Dans cet épisode, vous découvrirez :

  • Ce qu’est une association professionnelle et les chiffres clés du CEDAP,
  • Comment l’équipe permanente et la Gouvernance sont structurées,
  • Quel est le modèle économique du CEDAP,
  • Comment l’association s’articule avec l’entreprise gestionnaire de l’activité formation,
  • Comment célébrer les 50 ans de l’association,
  • Les indicateurs du tableau de bord et les outils de pilotage.

Fiche d’identité du CEDAP

Le CEDAP (Centre d’Etudes des Directeurs d’Associations Professionnelles) est une association de personnes qui regroupe près de 280 Directeurs, Délégués et Secrétaires généraux d’associations professionnelles, représentant tous les secteurs d’activité de l’économie française.

Créé en 1969 par une quinzaine de Directeurs d’organisation professionnelle, qui à l’époque avait déjà compris l’intérêt du regroupement de compétences, de savoirs et d’expériences, le CEDAP est aujourd’hui le seul lieu en France où les acteurs de l’association professionnelle font progresser la réflexion sur les corps intermédiaires qu’ils représentent.

Chiffres clés du CEDAP

  • 280 Directeurs généraux de fédérations, syndicats professionnels et d’associations professionnelles.
  •  1 équipe de 3 personnes à plein temps.
  • Ces 280 membres représentent à peu près 250 organisations qui représentent la moitié des fédérations et associations professionnelles nationales du pays. Il en existe 600 à 700 avec un DG en poste, et bien plus sans Délégué Général.
  •  Les adhésions déclarées de ces associations représentent : 2,4 millions d’entreprises. C’est un énorme réseau d’entreprises (artisanat, agriculture, commerces, professions libérales…).
  •  Chiffre de l’année : les 50 ans du CEDAP.

 

Qu’est-ce qu’une association professionnelle ?

  •  C’est une organisation qui défend des intérêts sectoriels, des intérêts d’entreprises, des intérêts de professionnels représentant leur métier.
  • Les associations professionnelles donnent de la voix à ces entreprises et offrent un certain nombre de services à leurs membres, très concrets, pour les aider à faciliter leurs actions et mieux les accompagner dans le développement de leur business.
  • Une partie bien connue : la défense d’intérêts auprès des pouvoirs publics.
  • Une autre partie qui l’est moins : l’aspect accompagnement. Certaines organisations ne vont pas sur ce terrain, cela reste rare.
  • Pour le CEDAP, c’est autour des années 90 que des réflexions autour de ce changement émergent, des réflexions devenues nécessaire autour de la formation, de la sensibilisation, autour de la qualité de service des membres.
  • Les associations, aujourd’hui, attendent un retour d’investissement très clair de leur cotisation : il faut proposer un vrai service, mesurable quelle que soit la taille de la structure. Elles attendent plus que l’appartenance à un corps, à un secteur : cela va au-delà du service collectif traditionnel de l’organisation. Aujourd’hui, le service peut être très poussé, très personnalisé.
  • Des questions juridiques se posent par rapport à ces organisations professionnelles qui sont avant tout syndicales et associatives, mais aujourd’hui, certaines grosses fédérations ressemblent à des vrais groupes avec à côté le développement de secteurs lucratifs.
  • Le CEDAP a développé un organisme de formation avec la création d’une société. C’est le choix d’un CEDAP à 2 têtes : 1 partie associative et 1 partie entreprise, lucrative, sous la direction générale de la Gouvernance de l’association.
  • Des difficultés juridiques et fiscales apparaissent avec ce modèle hybride.
  • Le CEDAP se pose des questions sur les partenaires privés : un peu comme les adhérents entreprises. Les partenaires viennent vers le CEDAP et posent le problème de la contrepartie commerciale. Ils peuvent dire : « Je ne finance pas car je ne m’y retrouve pas ». C’est problématique car le CEDAP a besoin des partenaires.
  • Le CEDAP sert un métier très spécifique : le métier de Délégué·e général·e.
  • La reconnaissance d’utilité publique est une réflexion qui reste à mener.

 

Comment l’équipe permanente du CEDAP est-elle structurée ?

 Une équipe permanente de 3 personnes à plein temps :

  • 1 Chargé de Communication et Animation du réseau, Hugo, qui est un poste important pour toutes les organisations. La communication dans l’organisation avec les adhérents est une notion très importante.
  • 1 Office Manager : une assistante de gestion globale de l’organisation. Le CEDAP avait besoin d’une personne ultra polyvalente, capable de passer à des aspects de comptabilité en lien avec la comptable extérieure, à des aspects administratifs purs et durs, au relationnel adhérent dans le sens de l’accueil, à l’organisation des réunions, à la gestion des groupes de travail, à la logistique, à l’appui à l’évènementiel. C’est un poste très important.

 

« Office manager : je prends les clés de la maison et je m’en occupe ! »

 

Pourquoi avoir créé ces 2 postes en particulier ?

  • Au-delà des questions financières : la stratégie du CEDAP est l’analyse de toutes les ambitions réunies. Il y assez de travail pour faire en sorte que le CEDAP demeure un club de Dirigeants avec tout ce qui va avec : convivialité, réseau, plaisir d’être ensemble, sentiment d’appartenance et l’exigence d’un réseau qui prend plus de place dans le débat public.
  • Le CEDAP est dans une logique de développement des adhérents et des partenariats. Les cotisations représentent 50% du budget global, l’équipe y veille beaucoup pour l’indépendance. Les partenariats privés sont très fluctuants.
  • Le premier réflexe pour constituer l’équipe permanente a été de demander ce qu’est l’ambition du CEDAP, qu’est-ce que le CEDAP veut faire ? Et une fois ces questions posées, de s’interroger sur ce qui est possible.
  • Ainsi, le poste de Chargé de Com a été créé il y a 6 ans, l’association comptait autour de 200 / 220 adhérents. Il y avait une logique de visibilité externe beaucoup plus forte, avec quelques gros partenariats qui arrivaient.
  • Pour le poste d’Office manager : le CEDAP a commencé avec un contrat pro pendant plusieurs années. Puis très vite, il y a eu plus de moyens pour pérenniser le poste. Il y a 4 ans : un poste d’assistante de gestion a été créé, puis des profils plus expérimentés sont arrivés sur les postes jusqu’à la création d’un poste d’Office Manager.

 

L’évolution de l’équipe permanente :

  • À court terme, ce n’est pas la priorité d’agrandir l’équipe. Il faut d’abord la stabiliser.
  • Le profil de la future et quatrième personne n’est pas encore définit. Ce sont les projets qui détermineront le profil requis. Il n’y aura pas trop de 4 personnes sur l’ensemble des projets dans l’avenir.
  • Les 2 membres de l’équipe sont arrivés récemment : « il faut reconstruire une dynamique d’équipe et observer comment cela se passe ». Chacun doit prend son poste en main. Puis ensuite, il sera possible de comprendre où se situent les nouveaux besoins.

 

Usage de la prestation externe pour soutenir le développement :

  • L’équipe se construit aussi en fonction des moyens que le CEDAP peut mettre sur la prestation externe. L’association a besoin d’un appui extérieur : un cabinet d’études par exemple, qui fait des études au besoin, permet d’externaliser un certain nombre de prestations.
  • Les prestations extérieures sont nécessaires. Le CEDAP a fait appel à un spécialiste des questions associatives et syndicales pour changer ses Statuts.
  • Il existe des cabinets d’avocats et des prestataires extérieurs qui ont fait des organisations professionnelles une spécialité. Ce sont des personnes que l’on peut mobiliser et qui connaissent le métier. La connaissance aussi des expertises que les uns et les autres ont mobilisé est une bonne raison d’adhérer au CEDAP.

 

Quels sont les objectifs du CEDAP ?

  •  Augmenter et pérenniser le nombre d’adhérents dans le réseau en passant la barre des 300 membres. Il y a 50 nouveaux adhérents par an : cela veut dire que certains ne renouvellent pas.
  • Diversifier les partenariats et solliciter davantage les partenaires de type organisation de protection sociale. C’est un secteur qui rationnalise ses partenariats.
  • Obtenir plus d’influence : il faut que le CEDAP prenne une plus grande place dans le débat public, au service de la voix même des associations professionnelles. Le CEDAP doit être davantage consulté et son expertise mieux reconnue.
  • Développer davantage de services pour ses membres : c’est un vrai sujet de sensibilisation nationale. L’objectif est d’aller plus loin dans la mutualisation au service de l’organisation : améliorer les coûts, faire en sorte que le métier soit plus attractif. Au-delà de donner du sens à l’action, il faut un salaire correct et un moyen d’attractivité un peu plus fort.
  • La plateforme de rationalisation : il y a beaucoup de curiosité autour de cela. C’est la promesse d’optimiser les coûts. Il y a une attente autour de ce projet. C’est une véritable innovation.

Comment envisager la mesure d’impact du CEDAP ?

« C’est une réflexion à mener pour les 50 ans de l’association » !

 

  • Sont créés pour les adhérents un certain nombre de référentiels : tels que des guides d’évaluation, comme le guide d’évaluation RSE spécifiquement dédié aux organisations et associations professionnelles. Le CEDAP évalue ses pratiques.
  • L’impact du CEDAP en RSE reste minimum, en revanche sa capacité à emmener ses DG membres et ensuite tous les secteurs de l’économie grâce à l’action de l’organisation professionnelle dans ce domaine est très impressionnant.
  • 1 guide d’évaluation pour permettre au CEDAP d’évaluer les pratiques RSE internes et aussi pour aider les membres et les fédérations à évaluer leurs pratiques internes. Le CEDAP essaie de montrer le bon exemple en s’évaluant lui-même et en appliquant les bonnes pratiques.
  • Il existe de plus grosses organisations pour lesquelles l’évaluation à plus de sens : MEDEF, CPE, Fédération des Bâtiments du Grand Paris etc. Cela a du sens pour elles-mêmes et les entreprises qu’elles représentent. Les organisations professionnelles qui défendent les intérêts sectoriels, peuvent aussi contribuer à l’intérêt général : autant le prouver par des actions concrètes.

 

Comment est structurée la Gouvernance du CEDAP ?

 

Le Conseil d’Administration

  • Composé de 15 à 25 membres. Le CA se réunit 1 fois par an, en présentiel, chez les membres.
  • Il existe différentes catégories de membres : les membres adhérents, les membres associés et les membres honoraires.
  • Les membres honoraires participent à toutes les activités, mais ils n’ont pas le droit de vote, et ne peuvent pas siéger au CA.
  • Les membres adhérents siègent de plein droit avec un mandat de 3 ans, renouvelable à vie.
  • En revanche, le Président à un seul mandat de 3 ans non renouvelable.

 

Le Bureau

  • Il est composé de 6 personnes, qui ne portent pas de titre spécifique, et se réunit 6 fois par an.
  • Un axe stratégique leur ait dédié. Chacun est responsable et redevable sur l’axe stratégique voté par l’AG. Dans l’axe : il y a plusieurs projets. Les membres du bureau sont très impliqués pour faire avancer le sujet.
  • Le Président, le Trésorier et les autres se répartissent les autres chantiers.
  • Le Bureau prépare et anticipe le CA et se réunit toujours une semaine avant. C’est une réunion très informelle et décontractée qui crée une dynamique d’équipe.

 

Le séminaire stratégique

  • Le CEDAP est certifié qualité : tous les 3 ans, il a l’obligation d’organiser un séminaire stratégique. Parfois une ½ journée supplémentaire pour évaluer et réorienter les actions.
  • Il y a une démarche de qualité et de suivi, avec un tableau de bord pour chaque projet.
  • Chaque projet avec 1 axe, 1 sous axe et avec des thématiques.
  • Chaque projet est évalué très simplement lors du séminaire : vert, orange, rouge : « On a fait », « on en est la », « on n’a rien fait ». « L’idée est de décider si l’on abandonne ou si l’on donne un coup d’accélérateur ».
  • Tout est formalisé dans un seul et même document de travail de référence pour l’ensemble des membres du Bureau, ce qui est très pratique et très simple et permet de mettre de la cohérence dans tout ce qui est fait. L’essentiel des projets se trouve dans ces livrables. Avec des indicateurs en face.

 

L’Assemblée Générale

  • Le CEDAP en fait un vrai évènement et invite des personnalités extérieures.
  • L’AG permet de mettre à contribution des adhérents : une thématique est définie et les réalisations des adhérents sont mises en avant pour inspirer, dans un schéma dynamique.
  • La partie statutaire se déroule durant ½ heure grand maximum.
  • Puis, il y a la remise du Trophée du meilleur parrain, pour faire venir des nouveaux adhérents.
  • Puis s’organise 1h de débats, d’échanges sur les bonnes pratiques.
  • Enfin arrive le cocktail, qui est un moment très important !

 

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