Bonjour, bienvenue dans le 3e épisode de la série ÉMOTIONS DE LEADER du podcast LA MINUTE HUMAINE.
Aujourd’hui, j’aborde un sujet encore très concret et souvent tabou chez les dirigeants : la colère.
Est-ce que ça t’arrive de sentir la colère monter en toi ?
Face à un collaborateur qui ne respecte pas un engagement important, face à un client qui te manque de respect, ou quand tu constates qu’un projet que tu as porté pendant des mois est mal exécuté, ou tout autre chose encore.
Dans notre société et dans notre culture, la colère est largement interdite, surtout dans le monde professionnel. On nous a appris à la considérer comme quelque chose de négatif, d’inapproprié, voire de dangereux. Résultat : beaucoup de dirigeants la refoulent systématiquement.
Pourtant, dans d’autres cultures, par exemple en Afrique, il existe des pratiques traditionnelles qui permettent d’exprimer la colère de façon ritualisée, sans causer de dommages durables. Cela nous rappelle que la colère n’est pas mauvaise en soi.
La colère est une émotion temporaire, liée au présent. Contrairement à la tristesse, qui est tournée vers le passé et permet le deuil, ou à la peur, qui regarde vers le futur pour anticiper ou éviter, la colère est là pour nous signaler qu’une situation doit changer immédiatement. Elle nous donne une information précieuse sur nos limites, nos valeurs ou nos besoins.
Le problème n’est donc pas d’avoir de la colère. Le problème, c’est ce que tu en en fais.
Quand elle est refoulée, elle fait des dégâts sur ta personne : tensions physiques, ressentiment chronique, épuisement, et j’en passe.
Quand elle est mal exprimée, elle fait des dégâts sur les autres : relations abîmées, climat d’équipe dégradé, perte de confiance, etc.
La clé, c’est d’apprendre à la sentir, la comprendre et la transformer en une énergie créatrice et constructive.
Alors comment faire concrètement quand tu sens la colère arriver ?
Je te propose un processus en trois temps :
D’abord, reconnaît-la pleinement dans ton corps.
La colère a une signature très précise : la mâchoire qui se crispe, la chaleur qui monte dans la poitrine, la respiration qui s’accélère, les épaules qui se tendent. Tu peux la vivre de bien d’autres manières, à toi de reconnaître les signes qui se manifestent quand tu es en colère.
Dès que tu la sens, prends un court instant pour l’accueillir sans chercher à la faire disparaître immédiatement.
Ensuite, donne-lui du sens.
Pose-toi intérieurement cette question : « De quoi cette colère veut-elle me parler ? Quelle limite a été franchie ? Quelle valeur est en train d’être piétinée ? » « Que vient-elle dire de moi ? » « Quel est le besoin qui est bafoué ? »
Enfin, choisis comment la diriger.
Tu peux alors décider de l’exprimer de façon claire et posée, ou de la transformer en action créative : poser une limite ferme, revoir un process, réorganiser une réunion, etc. La colère bien canalisée devient une force puissante de changement.
La colère n’est ni bonne ni mauvaise. C’est une énergie brute qu’il faut apprendre à diriger avec intelligence et créativité.
Tu n’as pas besoin d’être parfait ou parfaite. Tu as juste besoin d’être de plus en plus conscient ou consciente de tes colères et de mieux les accompagner.
Dans le prochain épisode, on parlera de la peur au travail : votre meilleure alliée ou votre pire ennemie ?
Prends soin de toi. On se retrouve mardi prochain.