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Résilience, innovation et croissance externe... Les secrets du succès d'Ergotech
Episode 9116th April 2024 • ZeBoîte • Jobradio
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Shownotes

Dans ce nouvel épisode de ZeBoite, le podcast des entreprises qui recrutent, Jean Baptiste Vennin reçoit Kevin Le Texier, fondateur d'Ergotech, une entreprise française spécialisée dans la fabrication de matériel ergonomique pour la santé et le bien-être.

Fondée en 2012, Ergotech propose une large gamme de produits, allant des fauteuils ergonomiques aux protections d'épaules et de genoux, en passant par les assises et dossiers de véhicules.

En 2020, Ergotech a fait preuve d'une grande résilience en se diversifiant pendant la pandémie de Covid-19. Lorsque leur activité principale a été mise en pause, l'entreprise a réorienté sa production vers la fabrication de masques, allant jusqu'à produire 80 000 masques par mois pour l'État.

Lorsque la demande de masques a diminué, Ergotech a su s'adapter et a lancé l'atelier Galaad, spécialisé dans la production de textiles 100% français, notamment la célèbre marinière. Cette diversification a été un succès et Ergotech vise désormais une production de 250 000 marinières par an d'ici 4 ans.

Ergotech a lancé un important plan de recrutement, avec 130 postes de couturiers et couturières à pourvoir. L'entreprise accorde également une grande importance au bien-être de ses collaborateurs, en proposant des horaires adaptés, une écoute attentive des besoins et en favorisant la cohésion d'équipe.

Le parcours de Kevin Le Texier, fondateur d'Ergotech, est un exemple inspirant de résilience. Après avoir connu la faillite de l'entreprise familiale, Kevin a su rebondir en créant Ergotech en 2012. L'entreprise a ensuite traversé une période difficile de redressement judiciaire en 2015, mais grâce à sa détermination et à son esprit d'innovation, Kevin a réussi à surmonter cette crise et à développer son entreprise. "Ne jamais abandonner lorsque l'on croit en son projet".

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Transcripts

[0:00] Music.

[0:25] Ce sont des chiffres de l'assurance maladie. 87% des maladies professionnelles reconnues sont des TMS, c'est des troubles musculosquelettiques.

Et près de 20% des accidents du travail sont liés au mal de dos.

Depuis:

Pour les salariés, 45% des TMS entraînent de lourdes séquelles pouvant conduire à des incapacités permanentes.

De leur côté, les entreprises estiment à 2 milliards d'euros la perte financière liée au TMS.

Sans surprise, les secteurs les plus touchés sont le transport, la logistique, le commerce, l'agroalimentaire, le BTP, les services d'aide et de soins à la personne, les services de propreté et l'industrie métallurgique, qui représenterait à eux seuls plus d'un tiers des TMS reconnus d'origine professionnelle en France.

Dans ce nouvel épisode de The Boîte, je reçois le fondateur d'Ergotech,

[1:17] fabricant français d'équipements de santé et bien-être.

The Boîte, c'est le podcast des entreprises qui recrutent, programme disponible également sur Job Radio et l'ensemble des plateformes de diffusion de podcasts depuis lesquelles vous pouvez directement réagir pour chaque épisode.

Bonjour Kévin Le Texier. Bonjour.

[1:33] Alors Kévin, ma première question, ça se trouve où Playscope ?

[1:36] Alors Playscope, c'est dans le Morbillon collé à Vannes.

Créé en:

De quel type de matériel il s'agit ? Alors, on a une gamme assez large et profonde aujourd'hui, donc ça peut se définir par des fauteuils ergonomiques, ça peut se définir par des assises et dossiers en véhicule qui vont protéger contre les chocs, les vibrations, les tensions musculaires, les mauvaises postures, ça peut être des protections d'épaule, de genoux, des matières lombaires, enfin, on a beaucoup, beaucoup de produits, et le concept de l'entreprise, c'est ce qu'on appelle les études personnalisées, donc je ne vous le souhaite pas, mais si demain, vous avez besoin d'une solution technique adaptée à votre morphologie, votre environnement, votre pathologie.

[2:18] Nous, on va développer cette solution spécifiquement à vous, adaptée à vos besoins.

Et quand la demande qui nous est faite, on se rend compte qu'elle est récurrente sur le marché, la solution personnalisée qu'on a développée,

[2:29] on la standardise pour le proposer au plus grand nombre. Et c'est comme ça qu'on crée nos produits.

gotech, tu as lancé Galad en:

En 2020, Ergotech a développé une seconde activité, la fabrication de textiles 100% française, avec l'atelier Galad, qui est né pendant la pandémie de Covid-19.

C'est bien ça ? Alors exactement, notre activité comme beaucoup s'est arrêtée pendant le premier confinement et donc j'ai voulu trouver une solution pour continuer la production.

Donc on a tout réorienté vers la production de masques, d'abord nos propres masques qu'on avait développés, puis ensuite on a produit pour l'État jusqu'à 80 000 masques par mois et quand tout s'est arrêté, on s'est dit, avec tout l'investissement qu'on a fait, toutes les machines qu'on a achetées, qu'est-ce qu'on va en faire ?

Donc on a fait du t-shirt pour Systému, on a fait du linge de maison pour La Redou, des culottes menstruelles pour des marques, et puis on a fini par focaliser notre production sur de la marinière, donc là on est 100% exclusif marinière.

[3:21] On fait un petit peu encore de culades menstruelles, mais c'est résiduel.

Et donc aujourd'hui, on est en train de développer une structure juridique complètement à part pour séparer les deux entités.

L'une qui va produire jusqu'à 250 000 marinières par an et l'autre qui est donc Ergotech, l'activité historique, la conception et la production de matériel ergonomique.

Alors ce qui a été quand même fort dans ce passage-là, notamment au niveau du Covid-19, c'est qu'à un moment donné, on s'en souvient tous, l'État, effectivement, manquait de masques, s'est tourné vers ses entreprises

[3:48] industrielles en France pour leur demander de donner un coup de main.

Ce que vous avez fait. Et puis, à un moment donné, il n'y avait plus besoin de masque. D'ailleurs, plus personne n'en met aujourd'hui ou presque.

Il a fallu faire preuve, finalement, de résilience pour pouvoir s'adapter.

C'est ce que tu as réussi à faire. Et là, ça n'a quand même pas été évident, j'imagine, cette période-là. Alors non, ça n'a pas été évident du tout.

[4:08] Mais j'ai quand même eu quelques coups de chance. C'est-à-dire que six mois avant le Covid, j'avais embauché Lorraine Protin, qui est aujourd'hui la directrice adjointe de l'entreprise, qui vient de l'optimisation de production chez PSA et qui se réorientait dans le marketing digital.

Donc, c'est dans le cadre du marketing digital que je l'avais embauché.

Et donc, forcément, quand le Covid est arrivé, son travail n'était pas forcément utile à ce moment-là.

Et donc, elle m'a proposé de prendre en charge la production, l'optimisation, la mise en place de la production de masques.

Pour vous donner un chiffre, la production que moi, j'avais mis en place...

Ce n'est pas mon métier. On faisait une centaine de masques par jour.

Avec le même nombre de machines et le même nombre de personnes, on est passé à 800 masques par jour, juste en optimisant la production grâce à Lorraine Protin.

J'ai eu d'abord ce coup de chance qui m'a permis d'augmenter mes volumes de production en diminuant mes coûts.

Puis, on a fini par trouver via des intermédiaires des contrats de masques pour l'État. On s'est mis à produire beaucoup.

Mais effectivement, ça a été un tremplin, mais ça a failli aussi être un coup dur.

Enfin, ça a été un coup dur, mais ça aurait pu être un coup d'arrêt pour la société puisque le dernier contrat qu'on a fait avec l'État, c'était sur un an.

Puis finalement, sur six mois, sauf que nous, on avait fait un prix sur un an.

Donc, on a réussi à réoptimiser pour que sur six mois, juste, on ne perde pas d'argent.

Et deux mois avant la fin du contrat, l'État a arrêté. Donc, on s'est retrouvé à licencier sec 30 personnes, ce qui nous a coûté énormément d'argent.

Et au final, on a fait une opération qui nous a fait perdre beaucoup d'argent.

Mais mine de rien, ça nous a quand même servi de tremplin dans le développement de la société.

[5:30] Donc, ça a été un mal à un moment donné. Mais si on regarde la globalité de la chose, ça a quand même été bénéfique pour l'entreprise. Toi, tu sais ce que c'est que finalement le mot résilience ? Ah oui !

[5:39] Tout à l'heure, tu nous parlais de tes marinières, tu parlais d'une production

[5:43] relativement importante.

On passe de 70 000 marinières à 700 000 par an à développer sur une production en 7 ans.

Ergotech lance aussi un recrutement tout à fait exceptionnel.

130 couturiers et couturières pourront être embauchés dans un nouveau bâtiment

[5:56] de la société, toujours dans le département du Morbihan.

Toi, tu recrutes aujourd'hui concrètement sur quel poste ? Alors, sur la partie marinière, effectivement, on a un premier objectif qui se fixe à 3 ans et demi, 4 ans, qui est d'arriver d'abord à 250 000 marinières par an.

Et donc, effectivement, on recrute des agents de confection, donc des couturiers, des couturières, des agents des méthodes, des personnes qui vont...

Alors, agent des méthodes, ce n'est pas vraiment le bon terme, mais c'est des personnes qui vont accompagner la montée en compétence, parce que c'est 18 mois de montée en compétence sur ces postes-là.

Et donc, sur ces recrutements, on travaille en partenariat avec la région Bretagne et le Pôle emploi Bretagne.

On fait des formations de six mois qui sont certifiantes.

Donc, les personnes qui viennent, les stagiaires qui viennent faire les formations chez nous ont un certificat de couture à la fin.

Et donc, pendant six mois, ces personnes sont formées aux techniques de la couture, puis aux techniques de la confection de marinière. Cette formation est financée par la région.

Les gens sont rémunérés et par Pôle emploi et par nous, Ergotech, le temps de la formation. Et au bout de la formation, si effectivement les gens correspondent à ce que nous, on recherche, on va les embaucher, sachant que chaque personne formée est une personne qu'on souhaite embaucher

[7:04] parce qu'on a besoin d'embaucher du monde.

[7:06] Et si les personnes n'ont pas l'efficience, la technique nécessaire à notre industrie, ce n'est pas grave parce qu'elles ont un diplôme de couture qui va leur permettre de travailler sur d'autres industries qui correspondront mieux à leurs compétences.

Donc ça c'est sur la partie couture, sur la partie ergothèque qui est notre activité historique et dans laquelle la levée de fonds qu'on vient de finaliser, on vient de lever 1,1 million d'euros, ce 1,1 million d'euros va être intégralement dépensé dans le développement de l'activité ergonomique, et donc là on a différentes choses, on fait du recrutement de ce qu'on appelle des conseillers en aménagement de postes.

[7:37] Ça pourrait s'apparenter à des commerciaux. La différence, c'est que nous, nos conseillers en aménagement de postes vont sur des situations où il y a des personnes en situation de handicap.

Notre travail, c'est d'analyser les contraintes que la personne subit, de proposer des solutions en face, de les mettre à l'essai pour que la personne puisse voir si nos solutions fonctionnent pour elle.

Donc, on n'est pas là pour taper à la porte des entreprises et vendre des produits.

On est là pour proposer des solutions à des personnes qui en ont besoin.

pour le moment, sur l'année:

On va recruter également une personne dans le service marketing communication digital pour renforcer nos équipes.

On va recruter aussi des personnes au niveau de la production, puisque forcément, grâce à nos conseillers, on va augmenter nos volumes de vente.

Donc, il va falloir produire derrière.

[8:20] Et puis, dans un moyen terme, on va aller aussi sur des recrutements un peu

[8:25] plus qualifiés comme des DAF ou des responsables RH.

Alors évidemment sur chaque poste ça demande des compétences en particulier, on va dire techniques, des compétences techniques différentes.

Mais en termes de soft, est-ce que toi tu recherches des choses particulières chez les candidats qui vont postuler chez toi ? Alors effectivement, ça va dépendre des postes qu'on recherche.

Si on prend par exemple les conseillers en aménagement, nous, ce qu'on ne veut surtout pas, c'est les commerciaux qui exercent depuis 10 ans, 15 ans, 20 ans, à qui on a appris à être requin, à aller chercher le client, à presque forcer la vente parce que le but, c'est de faire de la vente, faire du volume.

Ça c'est l'antithèse de ce qu'on recherche d'accord ? On préfère une personne qui n'a aucune expérience dans le domaine même aucune expérience dans l'ergonomie mais qu'on va pouvoir former à notre façon de faire parce que encore une fois dans notre métier, si nous on cherche à forcer la vente sur des personnes en situation d'handicap nos prescripteurs vont arrêter de travailler avec nous parce que c'est pas ce qu'ils recherchent ce qu'on recherche c'est trouver une solution pour que les personnes en situation d'handicap travaillent dans les meilleures conditions possibles en subissant le moins de contraintes possibles pour que le handicap ne soit pas ou soit le moins possible une contrainte sur le poste de travail ou à la maison et surtout que le poste de travail n'empire pas la situation.

[9:38] Donc là on a besoin de personnes qui sont humaines qui ont le seul objectif de trouver des solutions, d'aider les personnes en face d'elles, qui vont être empathiques aussi mais pas trop parce qu'on n'est pas médecin on aide des personnes en situation de handicap qui parfois ont des handicaps très lourds et certaines fois on se retrouve face à des personnes qui ont des pensées suicidaires, ça nous arrive quand même assez régulièrement et donc il faut être être dans l'empathie pour comprendre ce dont ces personnes ont besoin, mais pas trop, parce que si on se met à pleurer, si on perd nos moyens, dès qu'en face de nous, on a une personne qui est totalement dépressive due à son handicap, nous, on ne sera pas en capacité d'avoir la retenue nécessaire.

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Donc, il faut être empathique, mais pas trop, et il faut être surtout humain.

Donc ça, c'est vraiment le soft qu'on va chercher chez nos conseillers, alors que, par exemple, si on parle du DAF, là, lui, on va lui demander vraiment d'être attaquant, sur les stratégies, de vraiment nous dire, là, vous voulez dépenser 500 000 euros dans ce projet-là, les gars, vous avez 100 000 de disponibles, si vous faites ça, vous...

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Alors évidemment aussi au niveau technique, tu dois rechercher des choses particulières chez les personnes qui viennent postuler chez toi.

Est-ce que tu leur proposes malgré tout une formation pour une montée en compétence ? Comment ça fonctionne concrètement ? Oui, alors sur les postes de confection, que ce soit sur la partie textile ou ergonomique, sur la partie textile, on a 18 mois de montée en compétence. Sur la partie ergonomique, on a à peu près 4 mois.

Et donc là, ce sont soit via des formations sur le textile qui sont dispensés actuellement par l'organisme qui s'appelle l'IFTH.

C'est un organisme qui, entre autres, fait d'autres choses, mais dispense des formations.

C'est cet organisme-là qui vient former nos couturiers et nos couturières pendant six mois sur les postes de couture.

Sur la partie ergonomique, ce sont nos salariés actuels qui forment les nouveaux entrants sur les postes.

En ce qui concerne les conseillers en aménagement de postes, là, actuellement, c'est moi et un collègue qui les formons.

Là, il y a quatre mois de formation qui est assez lourd sur les pathologies, les contraintes, l'ergonomie, les produits, les acteurs du marché, les prescripteurs, les financeurs, les techniques commerciales, etc.

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Par contre sur des postes comme DAV, comme responsable RH, là on va embaucher de la compétence de manière à ce que ce soit ces personnes-là qui me disent quoi faire.

Parce que moi je ne suis pas compétent dans ces domaines-là, donc là je vais plutôt rechercher des personnes qui, elles, vont me dire quoi faire dans le cadre du développement de l'entreprise. Donc toi,

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Qu'est-ce que toi, par contre, tu mets en place justement à l'intérieur de ton entreprise pour favoriser le bien-être ?

Alors, si on prend par exemple les bureaux, chaque personne travaillant dans les bureaux dispose d'un fauteuil ergonomique adapté à sa morphologie, voire ses douleurs, ses pathologies, d'un bureau réglable en hauteur, souris ergonomique, clavier ergonomique, support d'écran qui permet de vraiment les régler à la bonne hauteur par rapport à sa vue etc.

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Généralement vous allez dans des ateliers dans le pire des cas ils vont avoir des chaises en bois à l'ancienne Dans le meilleur des cas, ils vont avoir des chaises en mousse compensée, donc qui sont très très dures, qui ne sont pas réglables.

Et donc forcément, on a beaucoup de personnes en confection textile qui vont déclencher des douleurs au cervical, au dos, aux épaules, etc.

Parce qu'ils n'ont pas l'outil nécessaire pour pouvoir régler leur poste de travail. Alors que nous, chaque personne, quand elle arrive sur le poste, on se pose un petit peu avec elle.

Est-ce que tu as des douleurs ? Est-ce que tu veux en parler déjà ?

Parce que chaque personne n'a pas forcément envie d'en parler.

Et donc du coup, qu'est-ce qu'on peut faire pour toi pour adapter ton poste ? Et c'est pareil, dans un atelier de confection textile, surtout quand vous avez des productions qui sont en continu, c'est toutes les tables à la même hauteur, peu importe quelle est votre taille, puisque les gens changent de poste, et vous prenez la machine telle qu'elle est.

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C'est-à-dire que quand vous passez sur un poste, on va régler la hauteur de la machine systématiquement pour qu'elle soit adaptée à votre hauteur.

Donc, en fait, on fait super gaffe.

Si on prend les gens qui sont au montage fauteuil, ils sont sur des tables réglables en hauteur pour que chaque personne règle le poste de travail en fonction de la hauteur dont il a besoin pour aller visser les pièces, etc.

Et évidemment, nos conseillers qui sont sur la route sont tous équipés de nos produits pour véhicules, les assises, les dossiers, etc.

Donc, on est super vigilant à ça. Ouais, donc on ne pourra pas dire que tu es le fameux cordonnier le plus malchaussé. Pas mes collègues. Moi, ça dépend.

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Mon bureau, je m'assois cinq minutes et je repars. Je n'ai pas été prendre des produits qu'on met sur le marché. Pour moi, je les laisse pour nos clients.

Si demain, je passe toute la journée derrière le bureau, mais je doute que ça arrive un jour, je m'équiperai. Ok, donc là on a parlé d'équipement surtout, mais si on parle toujours de bien-être, ça peut être aussi la qualité de vie au travail.

Comment est-ce que toi tu favorises ça ? Comment est-ce que vous fédérez sur place les équipes ? Comment est-ce qu'on fait en sorte finalement qu'on s'y sente bien quand on vient bosser chez Ergotech ? Oui, bien sûr.

Alors déjà, il y a une chose que les collègues aujourd'hui aiment beaucoup chez nous, c'est qu'on fait 8h30, 16h30.

C'est très apprécié puisque ça permet de mieux gérer son côté pro-perso.

À la base, on l'a fait pourquoi ? Parce que les premières personnes que j'avais embauchées étaient des jeunes parents et donc m'ont demandé si j'étais OK pour faire ces heures-là de manière à ce qu'on puisse, le matin, emmener les enfants à l'école, aller les chercher le soir sans avoir besoin de les mettre à la garderie.

Nous on est une entreprise on est une industrie que vous bossiez la nuit le matin ou l'après-midi j'ai envie de dire je m'en fiche complètement du moment que le temps de travail est effectué.

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En ce moment, il y a des questions sur les CP. Le mois dernier, c'était des questions sur l'annulation des heures pour pouvoir cumuler et avoir des ponts plus importants. Des fois, ça peut être des questions simplement sur les conditions de travail.

Tiens, sur ce poste-là, on pense que s'il y avait ça, on serait bien mieux.

Et donc, à chaque fois, on va prendre le temps de prendre chaque question qui nous est posée et donc faire des petites réunions pour dire, ben voilà, vous nous avez soulevé ces points-là, on a bien entendu ce que vous nous avez dit, voilà les solutions qu'on propose en face, est-ce que ça vous va ? oui, non, et on les met en place.

Donc, c'est être dans l'écoute des besoins, en fait, de nos salariés.

On ne dit pas toujours oui, on ne va pas se mentir. Les solutions qu'on met en place ne sont pas toujours appréciées à 100%, parce qu'il y en a qui seront contents, d'autres qui ne le seront pas, mais on essaie toujours d'être dans l'écoute.

Et puis, il y a une époque où j'avais instauré quelque chose, et puis qui est resté, et qui est assez sympa.

Au tout départ, comment dire, qu'on est arrivé dans le bâtiment où on est aujourd'hui, c'était pendant le Covid, puis après, il y avait cette histoire où il fallait économiser l'énergie, etc.

On a fait super gaffe à notre consommation d'électricité et donc il fallait.

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Et donc, ce que je disais, c'est qu'à chaque fois que quelqu'un oubliait quelque chose, je mettais une gommette et puis au bout de trois gommettes, tu payes les croissants à tes collègues.

C'était des sortes de 3 euros, juste aux collègues aux alentours.

Et en fait, ils se sont pris au jeu, ils se sont fait les choses eux-mêmes et maintenant, à chaque anniversaire après, il y avait des gens qui amenaient des gâteaux et puis maintenant, à chaque occasion, il y a des gâteaux qui sont faits maison, des brioches, des machins etc.

Et donc du coup ils se sont eux-mêmes créé une cohésion d'équipe et il y a de la bouffe tout le temps.

Donc maintenant le problème chez Ergotech c'est que les gens ils prennent du poids en travaillant chez nous Ah bah bravo !

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Oui, c'est même tout. Les évolutions se font en interne.

Lorraine, la directrice adjointe actuelle, elle est rentrée en tant qu'alternante.

Notre responsable marketing communication aujourd'hui, Marion Bioué, est rentrée en tant qu'alternante.

La personne qui, aujourd'hui, on va dire, a le poste d'agent des méthodes, slash maintenance machine, est une couturière de base. Alors quand je dis une couturière de base, je veux dire que de base, elle a commencé en tant que couturière.

Donc toutes les évolutions aujourd'hui ont été faites en interne et avec des personnes qui ont commencé entre guillemets au bas de l'échelle par rapport aux postes qu'ils occupent.

Et en plus, on embauche beaucoup, on progresse très vite.

J'espère qu'on va continuer à progresser à cette vitesse-là.

Mais en tout cas, effectivement, quand vous entrez chez Ergotag, il y a de belles perspectives d'évolution.

Les postes qui sont à pourvoir chez toi, ce sont des CDI, des CDD, c'est de l'alternance ? CDI uniquement.

Alors on peut prendre des postes d'alternance. On en fait et il y a Yoann actuellement, d'ailleurs, qui va prendre la responsabilité de la production au sens général du terme, est un alternant actuellement, qui est super, qui travaille vraiment très, très bien, qui travaille en collaboration avec Lorraine Protin, qui est accompagnée dans sa montée en compétences.

Et cette personne-là va continuer en alternant jusqu'en master.

Et s'il le souhaite, est destinée à prendre un rôle hiérarchique ensuite dans l'entreprise.

Donc oui, on prend des postes alternants et encore une fois, oui, on fait évoluer en alternant. Comment ça se déroule, le processus de recrutement ? Alors, sur la partie actuellement confection textile.

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Donc, en gros, Pôle emploi va lancer, on va dire, un appel à candidature.

Les candidats vont se présenter à une réunion d'information.

On va leur expliquer le contexte du recrutement. Ensuite, ils vont passer ce qu'on appelle des tests MRS, ou des tests d'aptitude, comment dire, avec Pôle emploi.

Et les personnes passant ces tests-là vont être ensuite reçues en entretien chez nous pour être sélectionnées ou pas pour la formation.

Sur la partie conseiller en aménagement, là, c'est plutôt moi qui m'en occupe.

Donc là, c'est pareil, on va lancer des offres d'emploi sur LinkedIn, sur Indien, etc.

Et donc, je vais recevoir en entretien les CV que j'ai sélectionnés.

Et puis, donc là, on est sur un entretien tout à fait classique.

Qui êtes-vous ? Qu'est-ce que vous voulez ? À quoi vous aspirez ?

Quelles sont vos compétences ? Etc.

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Donc là, on va plutôt passer par des cabinets de recrutement spécialisés pour nous aider dans ces reprennements-là.

Et vos offres à pourvoir, on les retrouve sur le site internet d'Ergotech, j'imagine ? Actuellement, oui, vous avez les offres d'emploi sur les conseillers en aménagement qui sont disponibles sur notre site.

Ok, super. En préparant cet épisode, Kevin, je me suis intéressé un petit peu à ton parcours. Tu as deux BTS en poche, marketing et communication et commerce international.

Qu'est-ce qui t'a donné, toi, l'envie de plonger dans l'aventure entrepreneuriale et pourquoi dans le domaine de la santé ? J'ai du côté de mon père, même si c'est une famille que je ne quota pas aujourd'hui, C'est une famille de chefs d'entreprise et d'industriel.

Donc j'ai été baigné dedans depuis que je suis tout petit.

Donc je me suis toujours vu un jour vouloir créer mon entreprise.

Et puis j'ai une personnalité, je suis assez sûr de moi on va dire.

J'aime bien les défis et surtout comment je fais pour me valoriser moi-même ? Qu'est-ce qui m'intéresse ? Ce n'est pas le montant d'argent que j'ai sur mon compte bancaire. De toute façon il n'y en a pas.

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Regardez ce que j'ai bâti, ça là, ça c'est moi qui l'ai construit, c'est ma capacité à développer quelque chose, ce que je vais être capable de construire, c'est comme ça que je me valorise, c'est ça que je veux faire en fait si vous voulez et donc quel est le meilleur moyen que créer une entreprise et réussir à la développer, ou pas on verra ce que j'arrive à faire, mais voilà ce à quoi, j'aspire, alors comment je me suis lancé dans le monde de l'ergonomie.

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Et donc, mon tout premier stage d'études sup, je l'ai fait chez lui pendant 5 mois. Je pris la facilité.

Et donc, le premier ou deuxième jour, je ne sais plus où je suis arrivé là-bas, c'est vraiment un coup de chance, un médecin du travail nous a appelés, parce qu'à l'époque, l'ergonomie, ça existait, mais pas vraiment, pour savoir si on était capable de faire des produits pour les gens qui ont des douleurs de dos en voiture.

Et comme ce n'était pas le domaine d'activité de l'entreprise, et qu'à l'époque, je faisais du market com, slash commerce, l'entreprise m'a proposé de prendre ce dossier en main et de voir ce que je pouvais en faire.

Donc, j'ai fait OK, pourquoi pas.

J'ai été voir le médecin en question.

Et puis, il me dit, nous, on a ces problématiques-là, qu'est-ce qu'on peut faire ? Je vais déjà essayer de comprendre de quoi vous me parlez.

Donc, c'est quoi les problématiques en voiture ? Qu'est-ce qui se passe ?

C'est quoi les pathologies ? Pourquoi la conduite a une incidence sur les pathologies, sur le corps humain, etc.

Il a fallu apprendre tout ça. Et donc, j'ai, avec le matériel de l'entreprise, fait un premier prototype, présenté au médecin, testé, deuxième, troisième, quatrième.

On a fait un jeu d'aller-retour sur des prototypes types, jusqu'à trouver une solution qui était viable.

Et le médecin me dit, va la présenter aux autres, ça peut être intéressant.

Donc j'ai été présenté aux autres, puis un autre médecin me dit, on a des problématiques de canal carpien. C'est bien, d'accord.

Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi ? Comment ? Même process.

Donc qu'est-ce qui se passe ? On apprend les contraintes, on apprend les pathologies, on apprend ce qui se passe au niveau musculaire, ligamentaire, osseux, etc.

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Quels sont les contraintes que la personne va subir sur ce poste là quelles sont les contraintes que la personne se fait elle-même due à sa pathologie et comment on diminue ou bloque ces contraintes et donc c'est comme ça qu'en fait le business model de l'entreprise s'est créé donc ce que je vous disais au préambule les...

r faire faillite en septembre:

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Et donc, là, j'y ai vu une opportunité. J'ai tout simplement attendu la liquidation de l'entreprise, la vôtre aux enchères de ses biens.

Avec le petit pécule que j'ai eu, dû à mon licenciement économique, j'ai été acheter les machines dont j'avais besoin, recruter deux personnes de l'entreprise précédente dans la nouvelle entreprise que je créais, Ergotech.

Et comme ça faisait déjà plusieurs années qu'on développait cette gamme que j'avais créée au sein de la première structure, il y avait déjà des clients, il y avait déjà un volume de vente.

Donc j'ai pu me lancer avec très peu de moyens sur le marché en créant Ergotech.

Bravo, carrément. Merci en tout cas de nous raconter toute cette histoire qui montre un petit peu l'évolution.

ste comme ça, en aparté, en:

Je me suis toujours dit que j'allais créer une boîte un jour, mais certainement pas à ce moment-là, certainement pas dans ces conditions-là.

Aujourd'hui, je ne regrette rien.

On a passé des moments très durs, très difficiles.

Mais au final, on a fini avec l'équipe par y arriver.

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Et donc tu disais que tu étais passé par des moments particulièrement compliqués et tout à l'heure on parlait justement de résilience et c'est vrai que quand on voit un petit peu tout ce qui s'est passé pour toi il y a quand même une situation professionnelle compliquée avec un contexte familial qui est tendu on ne va pas rentrer dans le détail, ça ne sert à rien mais en 2015, bref, Ergotech est placé en redressement judiciaire et là aussi, quand on parle de résilience il a fallu faire preuve de résilience et j'ai même envie de te poser la question en quoi finalement ?

L'innovation a été pour toi salvatrice et t'a permis de t'en sortir finalement.

En fait, c'est vraiment ça, comme vous l'avez dit, qui a permis à l'entreprise de continuer à se développer.

Pourquoi ? Parce qu'au moment où on tombe en redressement judiciaire dû à une mauvaise gestion de l'entreprise, on a la chance à ce moment-là que le problème n'est pas le marché et encore moins les produits qu'on propose sur ce marché-là.

Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on est une entreprise qui a toujours la possibilité de se développer en termes de volume de vente et donc de réussir à inverser la situation, à dégager suffisamment d'argent pour rembourser le passif de la société à ce moment-là.

Juste pour donner quelques chiffres, à cette époque, Ergotex était 370 000 euros de chiffre d'affaires, 280 000 euros de dettes.

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J'ai dit non, moi je vais y arriver, je vais continuer.

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Vous n'avez plus personne pour aller sur la route, vous avez des produits qui sont historiques qui plaisent, qui fonctionnent, qui sont vendus mais qui ne permettent pas de développer un volume de vente suffisant pour, assainir la situation le seul moyen de le faire c'est de faire de l'innovation et de proposer des produits qui vont servir à vos prescripteurs, à vos clients.

Et donc vu que ces prescripteurs-là, donc les médecines du travail par exemple, nous connaissaient puisqu'on les avait visités, et bien on n'avait plus que à leur envoyer par mail entre guillemets, voilà les nouvelles solutions qu'on met en place pour telle situation, telle pathologie, tel poste de travail.

Et donc, ces médecins du travail n'avaient plus qu'à, entre guillemets, sur les situations où eux estimaient que ça pouvait être intéressant, de nous demander d'envoyer les produits à l'essai.

Et puis, si ça fonctionne, derrière, le client, il achète tout simplement.

Et donc, le fait de faire de l'innovation, ça nous permettait de faire parler de nous, de continuer à avoir une relation avec nos clients et nos prescripteurs, malgré le fait qu'on n'était pas sur le terrain. Et donc, de continuer à développer nos volumes de vente.

Et c'est grâce à ça, entre autres, parce qu'il y a eu d'autres stratégies qui ont été mises en place qui nous ont permis de faire ça.

Mais grâce à l'innovation, on a pu garder un contact avec nos clients, avec nos prescripteurs et développer nos volumes de vente.

Alors, c'est vrai que je vais enfoncer un petit peu une porte ouverte quand je vais dire ça, mais malgré tout, c'est un peu la morale finalement de ton histoire.

Même dans les coups durs, il ne faut jamais rien lâcher.

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Il n'existe pas au monde une entreprise qui n'a pas connu de coups durs.

Il n'existe pas un seul chef d'entreprise qui n'a pas connu des moments, peut-être pas aller jusqu'au burn-out ou la dépression, mais des moments de grande fragilité, de remise en cause, de questionnement sur l'avenir.

Combien de fois je me suis dit, j'arrête, c'est bon, stop, j'en peux plus, je n'ai pas de vie personnelle, je ne me paye pas de salaire, à quoi bon tout ça ? Et puis le lendemain, on se réveille et on se dit, allez-y, j'ai un super projet, j'ai une super belle entreprise, ça fait des années que je me bats pour la développer.

En plus de ça, nous Ergotech, on a la chance d'avoir un métier où on est là pour aider les gens, Une entreprise est là pour faire de l'argent, on est clair, on est là pour faire de l'argent. Une entreprise qui ne fait pas d'argent, c'est une entreprise qui meurt.

Mais il s'avère que dans notre recherche d'argent, elle se fait par l'aide qu'on apporte aux autres.

Donc c'est un métier super. Et donc du coup, on se remotive et on y va.

Et il ne faut rien lâcher. Pourquoi ? Parce qu'il y a des moments où il y a des coups durs.

On est tellement enfermé dans sa bulle, on est tellement enfermé dans son quotidien qu'on n'arrive pas à apercevoir les solutions qui s'offrent à nous.

Et donc du coup, si on lâche au moment où ça devient dur, on ne va pas se donner les opportunités qui vont nous permettre de rebondir.

Donc il ne faut rien lâcher parce qu'en ne lâchant rien, vous allez inévitablement arriver à des solutions qui vont vous permettre progressivement d'assainir la situation et de retourner vers le schéma du développement, de la rentabilité, etc.

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Sur la partie ergonomique, nous, on a pour projet, dans cinq ans, de dépasser les 8 millions d'euros de chiffre d'affaires sur cette partie-là, via l'innovation, justement, via le recrutement de nos conseillers en aménagement, via le développement d'un nouveau site Internet, net, puisqu'on a 15% de notre chiffre d'affaires qui se fait en B2C, et on sait très bien qu'on peut développer cette partie-là de façon assez significative.

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On est actuellement en négociation avec un de nos revendeurs pour le racheter et l'intégrer au groupe, et donc l'idée ça serait de racheter différents revendeurs sur toute la France, pour qu'ils soient en fait notre base dans tel ou tel secteur de la France, puis ensuite, fin 2025, début 2026, attaquer et l'international.

Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite ? La réussite.

Écoute, la réussite, je te la souhaite immense même d'ailleurs.

Rendez-vous sur le site internet pour en savoir plus.

Tu nous rappelles l'adresse ? Alors c'est www.ergotech.fr Ok, merci.

On y retrouve également vos offres. Vous répondez à tous ceux qui postulent ? Bien sûr.

Ouais, c'est important. Un grand merci à toi. Merci de nous avoir écoutés.

C'était The Boîte, le podcast des entreprises qui recrutent, disponible sur jobradio.fr, également disponible à l'abonnement gratuitement sur l'ensemble des plateformes de diffusion de podcasts. Merci de votre fidélité et à très vite. Salut !

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