Aujourd’hui, on aborde une situation que tous les dirigeants connaissent bien : quand un collaborateur est traversé par une émotion forte — colère, tristesse, peur, frustration, démotivation…
Que faire dans ces moments-là ?
La plupart des dirigeants ont deux réactions instinctives : soit essayer de “réparer” rapidement l’émotion (« Allez, ça va passer »), soit l’ignorer en espérant que ça se tasse tout seul. Les deux approches posent problème.
Une émotion difficile chez un collaborateur n’est pas un problème à résoudre immédiatement. C’est d’abord un signal qu’il faut accueillir.
Quand quelqu’un est envahi par une émotion forte, une partie de son cerveau rationnel est temporairement hors service. Lui demander d’être logique ou performant à ce moment précis est souvent inefficace. Pire : si tu minimises ou contournes son émotion, la personne se sent incomprise, et la distance avec toi s’agrandit.
La bonne nouvelle, c’est qu’on peut transformer ces moments difficiles en opportunités de renforcement de la relation et de la confiance.
La clé n’est pas de “gérer” l’émotion de l’autre, mais de l’accueillir avec présence et justesse. C’est cela qui permet ensuite à la personne de retrouver son calme et sa capacité à agir.
Un exemple concret : un manager m’a raconté qu’une de ses collaboratrices était très tendue et irritable depuis plusieurs semaines. Au lieu de la recadrer sur ses résultats, il a pris le temps de lui dire simplement : « Je vois que quelque chose te pèse en ce moment. Je me trompe ? »
Cette simple phrase a ouvert la porte. La collaboratrice a pu exprimer sa charge de travail et sa peur de ne pas y arriver. Quelques minutes d’écoute ont suffi à faire redescendre la tension et à retrouver une coopération fluide.
Alors comment faire concrètement quand une émotion forte surgit chez un collaborateur ?
Je te propose un petit protocole en trois étapes :
Accueillir sans vouloir réparer
Prends un instant pour montrer que tu vois l’émotion : « Je vois que tu es en colère / contrarié·e / triste… » (nomme l’émotion sans jugement).
Créer de l’espace
Pose une question ouverte et bienveillante : « Qu’est-ce qui se passe pour toi ? » ou « Tu veux m’en dire un peu plus ? »
Et surtout : écoute vraiment, sans chercher à donner des solutions tout de suite.
Passer à l’action une fois que l’émotion est apaisée
Une fois que la personne se sent entendue, tu peux alors passer à la partie constructive : « De quoi as-tu besoin maintenant ? » ou « Comment peut-on avancer ensemble ? »
Accueillir une émotion difficile n’est pas une perte de temps. C’est souvent le moyen le plus rapide de revenir à la performance.
Tu n’as pas besoin d’être un thérapeute. Tu as juste besoin d’être un dirigeant humain et présent.
Dans le prochain épisode, on parlera de l’équilibre vie pro / vie perso.
Prends soin de toi. On se retrouve mardi prochain.