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IA et Management : pourquoi le rôle du dirigeant est plus humain que jamais ?
Episode 1913th January 2026 • LA MINUTE HUMAINE • Xavier ELOY
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Shownotes

🎧 IA et Management : pourquoi le rôle du dirigeant est plus humain que jamais ?

L’intelligence artificielle transforme les organisations, mais elle peut aussi fragiliser le sentiment d’utilité, d’engagement et d’agentivité des collaborateurs.

Dans cet épisode de La Minute Humaine, je t'explique ce qu'est l'agentivité et pourquoi le rôle des managers et dirigeants est central pour prévenir les effets indésirables de l’IA.

Un épisode pour penser un leadership incarné, éthique et profondément humain à l’ère de la technologie.

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Le podcast La Minute Humaine est un produit HawwaH créé par Xavier ELOY, coach, consultant, formateur, conférencier et maintenant podcasteur.

Copyright 2026 Xavier ELOY

Transcripts

Aujourd’hui je te parle d’un phénomène nouveau en lien avec l’intelligence artificielle.

Je ne vais pas te partager mon opinion au sujet de l’intelligence artificielle. Ce n’est pas mon propos.

En revanche je vais t’éclairer sur un effet de bord négatif de l’IA sur l’AGENTIVITÉ des individus au sein des organisations que tous les dirigeants devraient selon moi savoir pour manager leurs équipes aujourd’hui.

Je t’explique ce qu’est l’ AGENTIVITÉ…

Le terme agentivité est un néologisme issu de la traduction du mot anglais agency.

d Encyclopedia of Philosophy,:

En France, la traduction d’agency par « agentivité » génère une ambiguïté qui complique la compréhension du concept, parce que le mot agent vient tout de suite à notre esprit alors que le sens réel que le terme anglais veut donner est « sujet » dans le cadre de référence de la psychologie sociale.

Donc être un agent signifie faire en sorte que les choses arrivent par sa propre action et de manière intentionnelle tout en étant en interaction avec son environnement. En d’autres termes, la personne devient son propre sujet et exerce une influence intentionnelle sur ses propres conduites et ses modes de fonctionnement, sur ses actions, que ce soit sur autrui ou les organisations. Il fait alors preuve d’agentivité.

Comme tu peux l’entendre, la notion d’agentivité apporte un sentiment, un ressenti de puissance en ce sens où la personne est active, par l’action, la parole et la pensée et trouve un sentiment de compétence à ses yeux. Cette sensation est agréable et importante, on peut dire qu’elle génère de la motivation.

C’est un psychologue canadien qui s’appelle Albert Bandura qui a mis des mots sur ce concept. Il a observé que des personnes dans des situations similaires agissent différemment, que certaines personnes persistent malgré l’échec, et d’autres renoncent alors qu’elles ont les compétences. Ce qui leur manque, c’est le sentiment d’efficacité personnelle.

Il démontre qu’une personne qui croit qu’elle peut agir, qu’elle peut être actrice, qu’elle est en capacité de changer son comportement. Que cette croyance influence l’effort, la persévérance et la résilience. Et Albert Bandura élargit sa perspective sur les humains en disant qu’ils ne sont pas seulement façonnés par leur environnement mais qu’ils se façonnent eux-mêmes et influencent leur environnement.

Il nomme alors l’agentivité humaine comme :

la capacité à initier une action,

À anticiper

À s’autoréguler

À donner du sens à ce que l’on fait.

Sa définition : l’agentivité est la capacité des individus à agir intentionnellement et à influencer le cours de leur vie.

Il apporte une vision profondément active et responsable de l’humain.

Bien, mais quel est le lien avec l’intelligence artificielle ?

Elle a plusieurs effets indésirables, comme l’empêchement de l’agentivité sur certains individus.

Certes, elle optimise, elle assiste, elle anticipe.
Mais une question demeure souvent en arrière-plan :
qu’est-ce que cela fait, humainement, à celles et ceux qui travaillent avec elle ? »

On parle beaucoup de performance, d’automatisation, de compétitivité.
On parle moins de ce que l’IA peut fragiliser silencieusement comme le sentiment d’utilité, la confiance, la place de chacun.

Et c’est précisément là que le rôle des managers et des dirigeants devient essentiel.

L’un des effets indésirables les plus subtils de l’IA est la diminution du sentiment d’agentivité. Elle diminue la capacité de se percevoir comme acteur, la capacité d’influencer ce qui arrive, la capacité de faire des choix propres et conséquents.

Quand :

les décisions sont de plus en plus guidées par des algorithmes,

les recommandations deviennent des quasi-injonctions,

le travail humain semble surtout consister à exécuter,

alors une question s’installe :

« À quoi je sers encore, moi ? »

Ce glissement peut conduire à une forme moderne que Seligman appelle l’impuissance apprise :
faire moins, s’engager moins, oser moins.

Alors Pourquoi l’IA ne pose pas un problème technologique en soi, mais plutôt un problème managérial ?

L’IA n’est pas le problème.
Le problème, c’est l’absence de médiation humaine autour de son usage.

L’IA :

calcule,

corrèle,

prédit.

Elle ne peut pas :

reconnaître un effort,

donner du sens à une décision,

entendre un doute,

restaurer une confiance fragilisée.

👉 Le manager devient le garant du sens, de la reconnaissance et du lien.

Sans cela, l’IA peut :

accélérer la déshumanisation,

créer une performance sans engagement,

installer une efficacité vécue comme froide, voire injuste.

Donc l’arrivée de l’ IA est une magnifique opportunité pour les managers et dirigeants, celle de devenir un manager 2.0 où son rôle est renouvelé.

À l’ère de l’IA, le rôle du manager évolue profondément.

Il ne s’agit plus seulement de :

piloter,

contrôler,

optimiser.

Mais de :

redonner une place au jugement humain, avec de la reconnaissance, de l’encouragement, de l’écoute…

expliciter ce qui relève de la décision humaine et ce qui relève de l’outil,

sécuriser émotionnellement dans un contexte incertain.

Le leadership devient :

plus relationnel,

plus éthique,

plus incarné.

👉 Ce n’est pas un leadership « contre » la technologie,
mais un leadership qui empêche la technologie d’éroder l’humain.

Habituellement je te présente des exemples vécus lors de mes interventions. Je n’ai pas trouvé de situation précise dans ma mémoire, et je ne vais pas te faire l’affront de donner un exemple généré par l’intelligence artificielle.

En revanche, je peux te dire que de manière générale, je suis de plus en plus confronté à des personnes qui se plaignent

d’un manque de temps pour faire le travail et malgré cela doivent remplir des rapports sur des logiciels de reporting à ne plus en finir

Ces reportings sont traités par des algorithmes qui décident de la suite

Tous les échelons de la hiérarchie vivent la même problématique ce qui enlève du temps pour écouter, pour encourager, pour reconnaître le travail bien fait, pour ressentir les émotions des collaborateurs, pour célébrer les succès,

Bref j’assiste à une déshumanisation à tous les niveaux

C’est pourquoi j’ai créé ce podcast, pour que les personnes qui ont en charge la gestion du personnel prennent conscience de ce phénomène et qu’il n’est pas fatal.

Mon intention avec ce podcast, et avec mes interventions, c’est de réhumaniser les organisations, et ce n’est pas l’IA qui va le faire !

L’ IA est un outil, certes performant, mais il est au service de l’humain, pas l’inverse.


L’enjeu maintenant est de savoir qui prend soin de l’humain quand la machine va plus vite que lui.

À l’ère de l’intelligence artificielle, le rôle du manager n’est pas amoindri.
Il est, plus que jamais, fondamentalement humain.

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