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Roch hachana, une date. mystérieuse + le blanc, le seder et le chofar
Episode 3 • 2nd August 2026 • Judaïsme sur un pied • Floriane CHINSKY
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Shownotes

Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans ce podcast, le judaïsme sur un pied. Alors, par rapport aux siècles et aux millénaires d'histoire du judaïsme et par rapport au nombre de pages et d'explications et de commentaires et de détails souvent passionnants qu'il y a sur le judaïsme, oui ce podcast est un petit peu sur un pied, c'est un peu un résumé de l'essentiel, mais on va quand même en profondeur et je vous conseille de vous asseoir confortablement avec une boisson et de vous laisser porter par cette histoire, notre histoire aujourd'hui. C'est celle de la fête de Rosh Hashanah, la tête de l'année.

Cette fête dont nous avons exploré le nom pour constater à notre plus grande stupeur que ce nom apparaissait nulle part, jusqu'à de façon très très très tardive. Je vous renvoie au podcast précédent. Là, on va parler de la date de la fête.

Il y a plein de choses assez incroyables sur son calendrier, de sa portée universelle à la fois personnelle et universelle. On va parler des coutumes essentielles du céder de Rosh Hashanah, de souffler dans le chauffard. Ça, ça va être notre programme pour aujourd'hui.

Je suis Floriane Chinsky, je suis rabbin depuis plus de 20 ans et donc j'ai célébré de très nombreux Rosh Hashanah. J'ai enseigné la fête à des adultes, à des enfants. Je l'ai expliqué de toutes les façons possibles et elle continue à m'inspirer chaque année.

C'est la raison pour laquelle je suis heureuse de partager cet enseignement avec vous. Contactez-moi pour me poser vos questions ou pour vous rapprocher de la synagogue Yetzira que je suis en train de fonder et que nous sommes en train de fonder ensemble autour d'un judaïsme, sachant respectueux de la raison et des réalités historiques et des réalités sociologiques et psychologiques qui sont les nôtres et surtout d'un judaïsme respectueux de chacun et de chacune, égalitaire, luttant contre toute discrimination et se projetant vers donner une place à chacun et chacune parce que le judaïsme se construit à travers notre action, à nous toutes et à nous tous. Ok, on commence avec la date de Rosh Hashanah.

Revenez au podcast précédent pour voir toute l'histoire des différents noms de la fête et aussi où elle se trouve et comment elle est fêtée et célébrée dans les sources anciennes. Vraiment je vous invite à faire ce petit retour à l'épisode juste précédent dans le podcast du judaïsme sur un pied et dans ce podcast on a commencé à toucher du doigt la date, les questions de calendrier liées à la fête. Alors on a vu que dans la Torah, c'est-à-dire dans le chapitre 29 du quatrième livre de la Torah qui est l'Enombre et dans le chapitre 23 du troisième livre de la Torah qui est le Lévitique, cette fête elle tombe le premier jour du septième mois.

Donc petite interrogation quand même, vous serez d'accord avec moi, on voudrait quand même que le premier de l'an tombe le du premier mois de l'an. Ben non, ça tombe le premier jour du septième mois de l'année. Et bien tout ça ça s'explique simplement parce que le judaïsme s'inscrit dans une historicité.

Il s'est passé beaucoup beaucoup beaucoup de choses dans le judaïsme en 3000 ans d'histoire et une des grandes choses qui s'est produite, qui a révolutionné le judaïsme, c'est l'exil de Babylone. Et ça c'est l'élément pivot du changement de calendrier et de l'introduction aussi de Rosh Hashanah en tant que fête, un petit peu déjà comme on la connaît aujourd'hui. Donc dans la Torah, dans la Bible hébraïque, dans la première partie de la Bible hébraïque dont les deux livres que j'ai mentionné, et bien on compte les mois et leur nom est mois 1, mois 2, mois 3, jusqu'à 12.

Et le mois 1 c'est pas du tout le mois de Rosh Hashanah, c'est le mois de Nisan. Et de ce point de vue là, la première fête n'est pas du tout la fête de la création du monde ou de la création de l'être humain. C'est pas la fête de la remise en question qu'on connaît avec Rosh Hashanah.

C'est pas la fête de la sonnerie du chauffard qui est la première. C'est pas la fête où la puissance créatrice du monde rejuge et réévalue la validité de sa création. Non, pas du tout.

C'est au contraire une autre fête qui est la fête de la sortie d'Egypte, la fête de la liberté, la fête qui très logiquement est le début de la naissance du judaïsme puisque, en tout cas c'est ce qu'on raconte, c'est ce que la Bible raconte, les Hébreux étaient esclaves en Egypte, sont sortis d'Egypte et c'est à ce moment là qu'ils reçoivent la Torah, leur constitution, qui remettent en place la promesse faite à leurs ancêtres de pouvoir s'installer sur une terre. C'est à ce moment là que le peuple et que la nation, dans un sens antique du terme, faisons pas d'anachronisme, c'est à ce moment là que la nation se crée. Et donc le premier mois c'est le mois de Nisan.

A partir de là, pourquoi je dis que c'est le mois de Nisan ? Vous pouvez poser la question puisque j'ai dit que dans la Torah il s'appelle pas Nisan, il s'appelle le premier mois. On revient à la question de l'exil de Babylone, destruction du premier temple de Jérusalem en mois 586. Et donc à ce moment là, avec cet exil de Babylone, les mois de la Torah, de la Torah écrite, qui s'appelait mois 1, mois 2, mois 3, etc, prennent des noms babyloniens.

C'est ainsi que le premier mois s'appelle Nisan, il devient le mois de Nisan à ce moment là. Et donc dans les noms babyloniens, on a Nisan, c'est le premier mois, Iyar, le deuxième, Sivan, le troisième, Tammuz, le quatrième, le cinquième, Elul, le sixième, qui commence à nous concerner parce qu'on commence déjà à se préparer puisqu'à la toute fin d'Elul commence très logiquement le mois suivant, le mois de Tichéry qui, comme vous le voyez, est le septième mois. Et c'est ce premier jour du septième mois qu'est célébrée la fête de Yom Teruah ou Yom Zichron Teruah tel qu'elle appelait dans le nombre et dans le lévitique la fête de la sonnerie du chauffard ou de la du repel de la sonnerie toujours du chauffard au cours de laquelle, vous ne serez pas surpris de l'entendre, on sonne du chauffard et aussi on ne fait aucun travail et aussi on fait des offrandes au temple.

On est dans la Torah écrite dans le livre des nombres, dans le livre du lévitique à l'époque où le premier temple existe et c'est de cette façon que la fête est célébrée à cette époque. Et je dis la fête, je ne sais pas comment l'appeler parce qu'elle ne s'appelle pas encore réellement Rosh Hashanah. Et ensuite après l'exil, au moment où le deuxième temple va être reconstruit, on l'a vu, et bien il y a Néhémia, Néhémie et Ezra qui reviennent et qui célèbrent la fête en faisant lire la Torah et en enjoignant le peuple à éviter toute tristesse parce que c'est un grand moment et c'est un moment émouvant et les gens pleurent et ces deux grands leaders leur disent non manger des choses douces et ça, ça va être notre prochain sujet qui est le cédère de Rosh Hashanah, qu'est ce qu'on doit manger à Rosh Hashanah et d'où ça vient.

Donc voilà et là on est au moment de la préparation de la construction du deuxième temple donc il n'est pas question de faire des sacrifices et c'est comme ça que Ezra et Néhémia parlent de la fête, lire dans la Torah mais alors toute la Torah, pas juste les quelques sections qu'on lit aujourd'hui, ils y passent très longtemps pour refédérer le peuple et donc lire dans la Torah et manger des bonnes choses et c'est là que nous en sommes. Et c'est à ce moment là que la fête reçoit sa date du premier Ticherie qui est dans Ezra et Néhémia, elle n'est pas vraiment évoquée directement parce qu'on veut rappeler surtout le lien avec la Torah écrite elle-même et le Pentateuch donc on dit le premier jour du septième mois mais les mois, les noms des mois babyloniens sont déjà apparus. Donc pour résumer on avait vu aussi dans la Mishnah Rosh Hashanah qu'il y avait quatre nouveaux ans dans le judaïsme et le nouvel en juif par excellence tel qu'on le conçoit aujourd'hui bien sûr que c'est Rosh Hashanah mais en même temps ça c'est le premier rang juif d'une façon universelle tel qu'on l'a ramené de l'exil de Babylone et c'est un nouvel en juif un peu spécial parce qu'il est universel parce qu'on y commémore la création du monde à peu près grosso modo, la création de l'être humain, le jugement de l'ensemble du monde pour voir si nous sommes à la hauteur, si notre impact sur le monde est à la hauteur de l'espérance, de la force de vie.

Je vous mets un peu au défi quand même de chercher d'autres traditions qui mettent comme premier de l'an quelque chose d'universel. Par exemple le premier de l'an chrétien c'est la circoncision de Jésus qui est un personnage très très particulier et très spécifique de la façon dont il est investi en tout cas très spécifique au christianisme. Du côté de l'islam on compte les années à partir de l'Egyre donc encore un événement très lié à cette tradition.

Dans le judaïsme on compte symboliquement les années à partir de la création du monde et depuis l'exil de Babylone on met en avant la fête du jugement du monde comme fête principale du début de l'année juive. En gros de ce point de vue là je vous dis rapidement on est en 5780 quelque chose selon quand vous écoutez ce podcast à propos de l'année juive parce que les six premiers jours de la création c'est des unités donc ils ont pu durer plusieurs millions d'années ou milliards sans problème. Bref c'est une autre question.

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