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Théâtre et droit : pour le meilleur et pour le pire ?
Episode 59th December 2022 • Le Café Molière • Théâtre Cercle Molière
00:00:00 00:43:57

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Transcripts

Florent:

Bonjour, je m'appelle Florent de Vellis. Vous écoutez Le Café Molière, un balado du Théâtre Cercle Molière, en collaboration avec la radio Envol 91 FM.

Florent:

Bonjour à toutes et à tous. On se retrouve pour un nouvel épisode sur notre balado, Le Café Molière. Je m'appelle Florent de Vellis et je suis responsable des communications et du marketing du Théâtre Cercle Molière, et j'ai l'honneur d'animer ce nouvel épisode. À mes côtés, on retrouve Maître Tarik Daoudi ainsi que Fanny Lin qui vont nous parler aujourd'hui du théâtre et du droit.

Florent:

Pourquoi du théâtre et du droit, me direz vous ? Parce que c'est un sujet qui, en tout cas quand j'ai commencé à en parler avec Fanny, n'était pas forcément très intuitif pour moi, bien que mes connaissances en théâtre sont quelque peu limitées. Mais très vite, ça m'a intrigué, notamment toute l'élaboration de son projet, les intervenants, les professions des intervenants et des intervenantes.

Florent:

Et donc on va pouvoir en parler avec eux. Cet événement s'appelait «Théâtre et droit: pour le meilleur et pour le pire ?», qui a eu lieu dans le studio du Théâtre Cercle Molière ce 29 novembre. J'ai fait quelques petites recherches par rapport au théâtre et au droit.

Florent:

Alors si on est un peu flemmard comme moi et qu'on fait une rapide recherche, on va dire sur qu'est ce que le théâtre sur Wikipédia ? On se rend compte que, et là, je paraphrase, le théâtre est à la fois l'art de la représentation d'un drame ou d'une comédie, un genre littéraire particulier et l'édifice dans lequel se déroulent les spectacles de théâtre.

Florent:

On parle aussi des genres dramatiques. Au sens figuré, théâtre désigne un lieu où se déroule une action importante, par exemple un théâtre d'opérations militaires, bien que ça ne soit pas le sujet. D'une manière générale, aujourd'hui, on peut dire que le spectacle prend une définition de plus en plus… On va dire large.

Et aujourd'hui, on a tendance à considérer qu'il s'agit de spectacles dans lesquels des comédiens mis dans les circonstances et les situations créées par un texte et la vision d'un metteur en scène ou d'un réalisateur incarnent des personnages pour un regard extérieur, c'est-à-dire le public dans un temps et un espace limité.

Florent:

Les dialogues écrits sont ce qu'on appelle pièces de théâtre, mais il peut y avoir également du théâtre sans texte écrit ou même sans aucune parole. Si maintenant on regarde une définition comme le droit, le droit est défini comme l'ensemble des règles qui régissent la conduite de l'homme en société. Les rapports sociaux ou, de façon plus complète, l'ensemble des règles imposées aux membres d'une société pour que leurs rapports sociaux échappent à l'arbitraire et à la violence des individus et soient conformes à l'éthique dominante.

Florent:

Dernière définition qui me semble pour le coup peut-être la plus complexe, mais aussi la plus intéressante: la définition du procès. Le mot procès désigne l'ensemble des formalités nécessaires à l'aboutissement d'une demande faite par une personne. Mais ça pourrait également être un organisme ou un État qui entend faire valoir en justice un droit dont la reconnaissance fera l'objet d'une ordonnance, d'un jugement ou d'un arrêt.

Florent:

Le procès se compose de l'ensemble des formalités judiciaires qui seront engagées pour obtenir la décision finale, y compris les incidents et les mesures d'instruction, c'est-à-dire enquête, expertise ou encore l'utilisation des voies de recours et des voies d'exécution. À la suite de ce blabla, j'aimerais déjà revenir avec toi, Fanny, sur qu'est ce qui t’a mené sur ce projet justement de création de cette conférence qui a été vraiment très très instructive, pour moi en tout cas.

Fanny:

Bonjour à toutes et a tous. Merci Florent de nous accueillir et Yanick au studio Envol 91. Eh bien, c'est à l'occasion d'une proposition de Anna-Laure Koop, ma tutrice encore pour une semaine et Geneviève Pelletier, la directrice du TCM, sur un projet que je pourrais élaborer en tant que clôture de fin de chapitre pour ce stage, elles m'ont confié les soins de le créer de A à Z et avec les moyens du bord, on va dire.

Fanny:

Et ça a été une, on va dire, une épreuve pour faire mes, excusez-moi, faire mes preuves toute seule et avoir cet aperçu de comment peut se dérouler la création d'un événement, quelle personne impliquer, quel partenariat aller chercher, etc. Donc c'est plutôt bien tombé parce que j'étais dans une période de transition entre le bagage, l'endroit que je laissais derrière moi en France et mes nouvelles expériences au sein du théâtre à Winnipeg.

Fanny:

Donc ça s'est fait plutôt naturellement. Ça s'est imbriqué naturellement et le processus d'élaboration s'est fait de soi.

Florent:

Et ce processus là, est ce qu'il a été... Est ce que tu as pu rencontrer des difficultés particulières ou même des facilités avec ton parcours ? Est ce que tu as réussi à faire des passerelles entre le théâtre et le droit d'une manière relativement simple ou est ce que ça t’a demandé pas mal de temps de réflexion ? Est ce que tu as eu des débats en interne, par exemple avec Tarik sur ça ?

Fanny:

Il y a eu beaucoup de difficultés, en effet. Mais c'est des choses que l’on apprend sur le tas. On va dire pour ce genre de projet, si je pourrais en citer, ce serait beaucoup de travail de recherche et sur rester concret ou non et avoir cette ligne directrice ne pas s'en écarter. De la patience aussi et beaucoup de confiance en soi.

Fanny:

C'est que c'est un projet au départ qu’on portait seul et au fur et à mesure des intervenants et intervenantes qui venaient s'y ajouter et apporter leur propre énergie, leurs propres forces. Ça a été beaucoup plus réconfortant et engageant. C'est ça, c'est ça ? Oui, c'est ça. Savoir qu'on était plus une équipe plutôt que des individus à part entière qui viennent s'ajouter à un projet.

Fanny:

En termes de facilité, je pense que ça a été ma motivation personnelle et le fait que de savoir que j'étais bien entourée, que ce soit en France, ici à Hawaï, tout ça, les proches étaient vraiment là pour apporter leurs perspectives et me redonner confiance sur ce que j'entreprenais. Et évidemment, la passion ! Je ne veux pas dire et le droit, ça serait vraiment hypocrite.

Fanny:

Mais et le théâtre et certains aspects du droit, voilà. Beaucoup de curiosités également.

Florent:

Super ! Tarik, est ce que tu pourrais... Excuse-moi j’ai oublié de t’introduire Fanny. Est ce que tu pourrais te présenter succinctement et puis revenir un peu sur comment est ce que tu as vécu justement cette soirée-conférence ?

Tarik:

Oui, d'accord. Alors moi c'est Tarik Daoudi est puis très très heureux d'être là aujourd’hui avec vous, D’abord je suis le directeur général de l'Association des juristes d'expression française du Manitoba. Et puis, une de nos activités principales, c'est le Centre InfoJustice Manitoba. Je suis également enseignant de cours de droit à l'Université du Manitoba, alors en français. Je m'intéresse beaucoup au droit en français, mais oui, je me suis beaucoup intéressé à cette soirée, en particulier parce que j'ai quand même eu beaucoup d'expérience avant le droit et pendant avec les arts, avec le théâtre, avec la musique, avec tout ça.

Tarik:

Alors ça faisait longtemps que je voyais beaucoup de liens et ça m'a fait plaisir d'essayer d'en exprimer dans ce contexte là.

Florent:

Et comment est ce que cette soirée, après tu l'as vécu en termes de débats qu’il a pu y avoir en terme de réflexion, est ce que ça a pu changer un peu ton approche, la faire évoluer ou est-ce que ça t’a renforcé dans tes convictions ?

Tarik:

Oui, franchement, ça m'a renforcé parce que vraiment, je dirais que mon exposé, même si c'était un exercice qui faisait preuve de ce que j'essayais d'exprimer, c'est à dire j'essayais de changer le ton de ma voix, le volume de ma voix, tout ça tout en montrant avec des exemples, avec ma guitare en même temps, comment il y a des tonalités qui existent quand on parle oralement ou qu'on parle en parole, ou bien avec des sons ou même avec des gestes sur place, en théâtre.

Tarik:

Alors c'est ça, j'ai. J'ai eu tellement d'idées pour cet exposé que c'était plutôt une question d'essayer de me limiter et de choisir quelque chose en particulier.

Florent:

Justement en termes de tonalités, en termes de musique. Fanny a très bien expliqué durant la conférence qu'il y avait cette espèce de rapprochement et en même temps d'éloignement qui existait dans le théâtre et avec les questions de droit et de procès. Je me souviens que toi, tu nous avait fait justement cet exemple de tonalité et de musique en nous en expliquant que, notamment quand tu répètes une même phrase, tu arrives justement à comment dire, à créer de la... de la tension et une sorte d'appui par rapport à ton argumentation ?

Florent:

Est ce que ça, c'est quelque chose que l'on retrouve systématiquement lors d'un procès ? Est ce que c'est une sorte d'outil justement pour ton argumentaire ? Est ce que c'est on va dire, quelque chose qu'on apprend par exemple durant ses études ? Est ce que vous avez par exemple des ateliers d'improvisation, des ateliers où on vous... On vous demande de vous perfectionner, notamment à l’université / école ?

Tarik:

Oui, je pense que c'est oui sur toutes ces questions là. Mais d'abord la dernière. Oui, j'ai fait. J'ai même participé à un concours de plaidoiries orales pendant mon temps à l'université. Et puis... c'est ça pour mon un exposé, j'ai choisi de faire ça parce que, par exemple, oui, ces mêmes thématiques peuvent exister dans un procès même par exemple.

Tarik:

Habituellement, on va parler des du thème d'une poursuite. Un avocat va présenter un thème. OK, cette poursuite, c'est vraiment un sujet de quelqu'un qui a été accusé de quelque chose. C'est à dire ? On essaie de présenter une thématique. Et puis cette thématique va se répéter, va s'amplifier. Et puis c'est cette répétition et autres petits trucs comme ça qui vont faire que ça va donner un impact à un jury ou bien aux juges.

Tarik:

Et puis la répétition, c'est qu'un exemple là. Mais je dirais que si je l'ai appris à quelque part, c'est au fur et à mesure, pendant l’école de droit et dans ma pratique actuelle aussi.

Florent:

Fanny, est-ce que toi tu pourrais revenir par rapport à ton parcours, notamment universitaire ?

Fanny:

Eh bien, j'ai pendant longtemps fait de la musique. C'était au conservatoire régional de Rennes, en dominante violoncelle et il y a un moment dans ma vie, j'ai dû entrer en double cursus parce que je ne voulais pas laisser la musique de côté. Beaucoup ont essayé de m'en dissuader parce qu'en termes d'horaires, d'aménagements et... et de la quantité de travail que les deux domaines me demandaient, c'était plutôt chaotique.

Fanny:

Ça l'a fait en quelque sorte. Mais il y a bien un moment où j'ai dû me résigner à en choisir l'un ou l'autre. Donc je me suis plus concentré sur le droit, tout en essayant d'avoir toujours ce contact avec la musique, que ce soit à faire des collaborations avec des gens de certaines écoles pour la production, etc.

Fanny:

Euh, mais oui, en termes de droit, ça a été pas mal éprouvant. Je pense qu'on a eu pas mal de discussions avec Anne-Charlotte à ce sujet là, bien que je puisse certainement garder un bon souvenir, notamment pour ma matière en majeur qui était du droit international public. Donc c'est une matière qui que je peux retrouver encore aussi dans ce à quoi j'aspire notamment devenir polyglotte.

Fanny:

Et ce, c'est ce désir de vouloir, via notamment ce genre de projet, rassembler les gens et via les arts, ou via autres choses, mais quelque chose qui nous permettrait de nous racoler encore plus dans ce monde qui est de plus en plus divisé mieux. Mais voilà, je sais pas si j'ai répondu correctement à ta question ?

Florent:

Si si, c'est correct.

Florent:

Je me demandais après quel était Si jamais par exemple, je te demandais de donner une sorte de... Comment est ce que toi tu définirais pardon ce rapprochement et cet éloignement ? Le théâtre et le droit ? Comment est ce que toi tu verrais ça ?

Fanny:

Donc tu me demandes deux aspects, c'est à dire et leur proximité et leur éloignement.

Florent:

C'est ça. Et parce que des fois, j'ai un peu cette impression que ce qu'on appelle éloignement, c'est peut être aussi ce qui fait leur rapprochement.

Fanny:

Absolument. Alors, sur un plan plus formel et structurel, donc j'avais parlé dans cette conférence de tout l'aspect qui impliquait l'espace et voir même le code vestimentaire. C'était ces règles de jeu et c'est... de base à l'Antiquité, des espaces consacrés et le théâtre et le droit étaient des activités publiques qui avaient la même importance au sein de la société.

Fanny:

Donc, il y avait de là, en fait, une naissance quasi imminente. En fait, de ces deux domaines là.

Florent:

Et tu viens d'évoquer leur prédominance au sein de l'Antiquité. Est ce que tu peux revenir un petit peu là dessus ?

Fanny:

Que voudrais-tu savoir là-dessus Florent ?

Florent:

Comme par exemple à quelle civilisation par exemple tu fais référence dans l'Antiquité ? Parce que je me souviens quand tu en as parlé durant la conférence.

Fanny:

Mes souvenirs sont un peu poussiéreux parce que j'avais une matière dessus, donc je vais faire du mieux que je peux au niveau de l'Antiquité, ce serait... Je pourrais pas donner des dates exactes, Je dirais...

Florent:

Non, mais...

Fanny:

Ça dépend en fait des auteurs qu'on voudrait impliquer. C’est-à-dire sur Sophocle ce serait le... Ouais, le Vᵉ siècle avant Jésus-Christ.

Florent:

Est ce que c'est la Grèce antique ?

Fanny:

Oui, c'est ça, c'est ça. C'est... J'essaye de retrouver le courant philosophique, mais c'est principalement Aristote qui a notamment conceptualisé la notion de catharsis, donc dont on a traité aussi lors de cette soirée là. Est ce que tu voulais savoir...

Florent:

Justement la notion de catharsis ? Vous arriverez à me répondre dessus parce que ça m'intéresse beaucoup ce concept. J'ai... J'avais essayé là de retrouver comme une petite définition dessus, mais qui ne m'a pas beaucoup aidé.

Fanny:

Il fallait alors me solliciter Florent (rire). Mais bon, ça, c'est...

Florent:

Mais justement ! Je voulais voir ça avec vous directement durant le balado...

Fanny:

Très bien. Est ce que, Tarik, peut-être... Non. OK, très bien, je vais faire du mieux que je peux. La catharsis, c'est un effet qui va se ressentir sur les personnes qui seront sur scène et les personnes qui seront dans le public. Ça va être une sorte de purgatoire en termes émotionnels. On peut encore avoir ça, que ce soit dans les faits divers, que ce soit à la télé, que ce soit dans ce qu'on consomme on va dire culturellement.

Fanny:

Désolé pour le mot consommer culturellement c'était un raccourci, mais c'est une manière de se purifier de toutes passions, passions archaïques qu'on aurait en fait en tant qu'humain, que ce soit sur des thèmes comme la tragédie. Mais même entre nous, dans notre entourage, on peut avoir ces moments où on va chercher ce drame, ces drames, ces petits gossips dans notre communauté (rire).

Fanny:

Je pense. Et ça, c'est une forme de catharsis.

Florent:

Alors la catharsis, ce n'est pas nécessairement relié uniquement, par exemple, au droit au procès ou au théâtre. C’est quelque chose qui peut se retrouver dans plein de domaines différents, en fait.

Fanny:

À différentes échelles elle pourrait avoir en fait...

Florent:

Est ce qu'une arène, par exemple, pourrait être...

Fanny:

Totalement, quand on parlait de justement besoin archaïque d'être confronté à ces choses intenses, une arène, ça peut être l'exemple parfait. On a besoin de voir du sang, on a besoin de voir de la souffrance, on a besoin de voir les lions manger les crocodiles et les crocodiles, manger les humains (rire). Oui, ça, c'est clairement un autre niveau, un tout autre niveau de catharsis, je pense.

Florent:

Donc on peut dire quelque part qu'il y a cette espèce de liaison entre le théâtre et le droit qui sert, comme tu le disais, de purgatoire, mais de où on va canaliser tous ses... on va dire ses côtés... ses vices, ses instincts les plus primaires qu'on va... Comment dire ça rejeter en fait au sein du procès et que l'on va se débarrasser ?

Florent:

C'était le terme que je cherchais au sein du procès et du théâtre par exemple ?

Fanny:

En fait, si j'ai bien compris ce que tu me demandes, tant bien le procès et une pièce de théâtre peuvent se rejoindre sur l'effet qu'ils vont donner aux gens impliqués, c'est-à-dire cette idée de purger les passions, combler les pulsions qu'on a. Et c'est un équilibre dans la société à avoir. Monsieur Soulier parlait de psychologie. Euh, pardon, d’une psychothérapie collective, tant bien dans le procès que lors d'une pièce de théâtre, tu parlais de canaliser les choses auxquelles on...

Fanny:

Comment dire on devrait s'éloigner donc notamment des pulsions de meurtre et j'en passe. Mais justement, la loi est là pour nous canaliser là dessus. Et un procès, notamment criminel, au pénal, consisterait à traiter ces sujets là qui nous touchent tous et d'avoir encore une fois ce côté purgatoire.

Florent:

Je me rappelle que dans mes anciens cours, lorsque j'étais à mon lycée en France, était évoquée cette question de la morale, également dans le théâtre et... mais pas dans le droit. Parce que ce n'était pas évoqué. Mais du coup, j'essaie de voir Est-ce que finalement le théâtre aussi a une valeur morale en fait, Tarik ?

Tarik:

Hum...

Florent:

Et le procès, du coup, par jonction ?

Tarik:

Ouais, bin certainement que le théâtre a des présente des valeurs morales à la société. Je pense que c'est un des points forts du théâtre. Et puis une de ses fonctions, même.

Tarik:

Je pense que c'est intéressant, même lors de la soirée, je pense que Fanny avait mentionné quelques arrêts de la Cour Suprême là où on a même repris certaines paroles de Shakespeare.

Florent:

Molière aussi.

Tarik:

Oui voilà. Alors c'est certain que, avec des grands écrivains, des grandes pièces, parfois, on peut exprimer des trucs vraiment humains sur la moralité d'une manière qui peut même tomber bien à citer directement dans un arrêt de la Cour Suprême. Alors bien sûr que la Cour Suprême est bien habituée aussi à débattre des questions de la moralité. Et puis je pense que c'est ça le théâtre, ça nous permet une autre manière de considérer ces questions là.

Tarik:

Et puis... Ça, c'est un lien très fort.

Fanny:

Euh. Je tenais juste à faire une petite remarque sur la morale et le droit. Tu parlais plutôt de morale et théâtre. Mais justement, lors de cette conférence là, il fallait qu'on expose les limites de cette proximité là, notamment dans ce que c'est que les apports du théâtre, à quel point les apports du théâtre seraient un danger dans la garantie d'une bonne justice de notre système.

Fanny:

Et tout là, toute cette idée de morale, évidemment, c'est ces citations de Molière et de Shakespeare. Ce qui sont très, très riches en morale pourrait être aussi un frein à la garantie de cette justice là. En ce sens où c'est vraiment droit et morale. Des notions à différencier. Euh, c'était tout ce que je voulais dire, c'est que malgré le fait que le théâtre apporte quelque chose de plus humain dans les décisions de justice, hmmm, et apporte beaucoup de style également,

Fanny:

je pense qu'il faudrait encore une fois une question d'équilibre. S'assurer qu'on utilise ces aspects du théâtre à à des fins comment dire, plus rationnelles. On va dire et moins fou, comme pourraient peut-être le proposer les morales. Et la manière dont elles sont... Elles nous sont exposées. Les morales sont là pour qu'on puisse aussi se les... Se les approprier et en prendre nos propres lignes.

Fanny:

Mais voilà, c'était, pardon...

Florent:

Non, non, non, c'est très bien et que du coup, le théâtre, en fait, peut par effet avoir cette espèce de... Cette fonction de réguler nos droits, nos devoirs, oui ?

Fanny:

J’acquiesçais parce que je t’écoutais (rire). Euh oui, totalement. Depuis le temps où on a été humains. En fait, les questions de social et les questions de justice ont surgi. Donc je pense que si je comprends bien ce que tu me disais, ce que tu t’apprêtes à dire que cette idée de venir nous titiller dans nos consciences et venir nous interroger sur nos propres conditions humaines tout en tout en si c'est ça, c'est assez bizarre à dire, mais tout en dramatisant et dédramatisant en fait les sujets traités.

Florent:

Pour revenir tout à l'heure tu mentionnais Shakespeare et Molière, il y avait notamment cette question du récit, notamment le récit qu'on peut retrouver à la fois au théâtre, l'histoire et les dialogues entre les personnages, mais également sur le récit qu'on peut retrouver notamment lors des procès. Et c'est vrai qu'il y a des similarités qu'on peut faire, notamment la question des costumes où les avocats, les juges, les jurés, les accusés, les victimes et témoins peuvent en fait être assimilés à des personnages avec leurs propres costumes.

Florent:

Il y a tout un système de code en fait qui existe aussi bien dans le théâtre et dans le droit. En termes de ce qu'on pourrait peut être appeler habitus ou en termes de comportement. En termes de, on va dire de comment est ce qu'on s'adresse par exemple aux jurés, comment est-ce qu'on s'adresse au public ?

Florent:

Comment est ce qu'on s'adresse aux personnes qui peuvent venir assister à un procès simplement en tant que spectateur ? Qu'est-ce qu'on entend par récit précisément dans un procès ? Est-ce que c'est vraiment très relié au théâtre ? Mais est-ce que c'est aussi quelque chose qui est proprement spécifique au droit, Tarik ?

Tarik:

Hmm alors Quand on parle de récit, on va dire le... J'imagine l'idée de préparer quelque chose et de le réciter. C'est à dire ça, c'est absolument du théâtre, mais ça va exister, c'est certain, dans le procès aussi. Et puis il va y avoir, je pense aussi à ce qui, ce qui aussi qui rapproche

Tarik:

au théâtre, c'est un peu l’espace entre ce qui est peut être préparé et ce qui va naturellement se dévoiler sur scène en tant que l'improvisation, des réactions avec les autres comédiens, tout ça. Il y a aussi quelque chose sur le fait qu'il y a quand même une scène. Là, dans le procès, il y a les costumières. Et là, je pense que, comme tu suggérais tantôt, parfois dans les... Il y a le rapprochement dans l'éloignement ou quelque chose du genre.

Tarik:

C'est-à-dire, je pense que même l'idée peut être, c'est peut être un peu ironique, mais l'idée là, je pense que c'est plutôt de rendre ça moins un spectacle dans le sens de normaliser les choses, que ça a toujours l'air de la même chose. Et puis que la scène est la même, alors que dans le théâtre, on va mettre toute une scène pour préparer une histoire particulière.

Tarik:

Alors c'est... Il y a quand même cette différence là où on essaie de (c'est vrai dans les deux contextes) présenter une histoire et convaincre les personnes qui la considèrent de quelque chose. Mais il y a quand même cette intéressante et peut être différence dans le sens où on essaie d'amplifier les effets dans le sens, dans le théâtre et on essaye de Et puis ça va donner lieu à des citations qui sont belles et artistiques.

Tarik:

Et puis qu'on va peut être reprendre dans des arrêts plus tard. Mais dans le contexte juridique, c'est plutôt un peu de viser pour le non spectaculaire dans la mesure du possible. Et puis je pense que c'est quand même une préparation de scène, comme tu le dis bien. Et puis, mais c'est drôle, je pense que c'est plutôt une question de préparer une scène assez simple.

Tarik:

Et puis qui va, dans la mesure du possible, pas enlever aux témoignages et aux plaidoiries tout ça.

Florent:

Et il y cet aspect aussi dramatique. C'est à dire que, au spectacle, on sait que c'est une fiction, mais qui aussi parfois, peut reprendre des faits réels ou des faits épiques ou mythiques. Mais au procès, il y a vraiment cet aspect, on va dire officiel et dramatique dans la mesure là où l’on parle de la vie des personnes qui peut être en jeu, qui peut déterminer leur futur également.

Tarik:

Voilà. Alors il y a aussi cette différence je pense pour les auditeurs, même les participants, c'est à dire dans le théâtre, on est invité à un peu laisser aller la réalité et considérer quelque chose en abstrait. Et puis alors dans le monde d'un procès juridique, c'est un peu l'inverse. On essaye de jouer avec ces principes de moralité, comme on peut le voir dans le théâtre et tout ça, mais de les appliquer à une situation de faits précis.

Tarik:

Alors je pense à une situation précise Je pense que la mentalité des auditeurs va, va être. Il y a des similarités encore et des différences encore intéressantes là dessus. Et puis, comme je le disais pour mon propre exposé j’avais trop d'idées même. Et puis là dessus, je pense qu'il y a beaucoup de choses intéressantes à dire.

Florent:

Fanny, est-ce que tu voulais revenir par rapport à ça ?

Fanny:

Sur le récit dans le procès ?

Florent:

Oui.

Fanny:

Pour le récit, je pensais plutôt à l'exposition des faits lors d'une instance, c'est à dire qu'on va avoir des protagonistes, des antagonistes. On va avoir des scènes d'exposition. On va avoir de l'intrigue. Et encore une fois, dans ce procès ritualisé et cette ritualisation du procès judiciaire, on a... Vous savez, je ne sais pas si toi, Florent t’as eu l'occasion d'assister à une audience juridictionnelle, mais on doit se lever lorsque les officiers de la cour arrivent.

Fanny:

C'est... Dans ce récit là, c'est très..

Florent:

Très codé.

Fanny:

Exactement ! Très codé, mais en ce sens, où c’est du prestige, je pense que c'est pour accentuer cet aspect du prestige, du droit.

Florent:

De gravité aussi ?

Fanny:

Exactement donc de gravité qui même pencherait plus vers le côté dramatique de la chose. C'est évidemment pour des questions qui sont d'une gravité comme un crime ou autre, il faut qu’il y ait cette gravité là, il faut qu'il y ait cette pesanteur, mais. Mais oui, c'est au niveau du récit, c'est plus dans l'exposition des faits. Chacun a sa version de sa vérité et la société cherche à trouver la vérité.

Fanny:

C'est plus en ce sens que je voyais le reste dans le procès.

Florent:

Et est-ce qu'une recherche de la vérité est possible ou est-ce que c'est selon l'appréhension du lieu, selon l'appréciation des jurés, des juges qui pourraient être au théâtre ? Le public également, qui ensuite se fait sa propre opinion par rapport à la pièce de théâtre ?

Fanny:

Hmmm. Euh. Il faut savoir que Tarik et moi on n'a pas eu la même éducation, donc la même approche de ce qu'est la justice et comment le système est établi. Mais ça dépendra des formations, des instances pour les questions traitées. Mais je pense que ce qui est intéressant dans ce que tu dis, c'est que les jurys vont être, vont faire partie d'un public et au théâtre, comme après un procès, on est amené à débattre et à ce que, à se poser des questions sur tous les aspects qui ont été traités.

Fanny:

Voilà, c'est tout ce que...

Florent:

Non c'est super ! Je regarde ma feuille de questions. J'aimerais déjà vous demander, est-ce que vous aimez le théâtre ?

Tarik:

Si on aime le théâtre ? Moi j'adore le théâtre (rire).

Florent:

Quel genre de théâtre ? Plutôt le dramatique ?

Tarik:

J’aime tout ce qui est spectacle et puis qui est intéressant. Qui parle de moralité ou bien qui est drôle. J'ai toujours été gâté. Et puis j'ai pu assister à plusieurs pièces de théâtre et j'ai même participé dans des pièces de théâtre quand j'étais très jeune. J’ai une belle appréciation en passant et puis dernièrement c’est les opéras que je consomme disons et puis j'aime beaucoup ça.

Tarik:

Je pense qu’il y a des liens, pas seulement avec le monde juridique et les Français, mais avec le restant de la vie. Il y a des importantes raisons pour lesquelles le théâtre existe dans la société depuis si longtemps.

Florent:

Et toi, Fanny ?

Fanny:

Ah non, je déteste ça le théâtre, je ne peux pas (rire). Non j'ai toujours aimé ce ce côté performance. Tu sais, dans mon éducation et comme dans mon parcours, j'ai toujours été impliqué dans, enfin j'ai toujours impliqué mon Pardon je reformule ma phrase, le théâtre a toujours été impliqué dans mon cursus, que ce soit étant toute petite de là comme disait Tarik par exemple les premières représentations qu'on fait pour les parents à des pièces qu'on va étudier chaque année à des œuvres qu'on va étudier et reproduire.

Fanny:

Mais particulièrement cette année, j'ai comme on dit ici je suis tombé d’amour avec tout l'univers du théâtre et toute cette richesse qu'il y a dans cet univers en fait. Il faut vraiment ne pas s'attarder à la vision colonialiste et traditionnelle qu'on a du théâtre. Au delà de l'Antiquité, il y a vraiment une multitude de formes de théâtre et de genres de théâtre qui sont à découvrir et il y en a vraiment pour tous les goûts.

Fanny:

Donc c'est ce que fait le TCM en quelque sorte dans sa programmation. C'est toujours nous ouvrir à d'autres formes d'expression du théâtre, d'autres genres de théâtre et vraiment nous sortir des zones de confort dans laquelle on avait l'habitude de s'épanouir culturellement. Donc voilà, oui, le théâtre, une place très importante dans ma vie.

Florent:

Tu as évoqué la question de la performance dans le droit et le théâtre. Il y a aussi cette question de l'impro, vision qui a été évoquée d'ailleurs lors ta conférence Est-ce que tu pourrais revenir un peu sur cette question de l'improvisation ? À quel point cela peut être intéressant à maîtriser, notamment lors de procès ? Et je poserai ensuite la question à Tarik, notamment comme, à quel point cela peut être utile.

Florent:

Si par exemple tu fais face à un imprévu si tu te retrouves dans une situation que tu n'as pas anticipé. Par exemple, un argumentaire de la partie adverse ou même après le lien par rapport au théâtre. Si tu fais face à une situation qui n'était pas prévue dans le théâtre, comment est-ce que tu improvises ?

Florent:

Si par exemple il y a une interaction avec le public ?

Fanny:

C'est vraiment dommage que ni Joël ni Anne-Charlotte soient là pour en parler parce que je pense qu'ils...

Florent:

On leur passe le bonjour d'ailleurs,

Fanny:

Oui ! On leur fait des bisous, ils ont vraiment une approche et commune et différente en fait de l'improvisation, c'est-à-dire qu'on va avoir Joël qui va être très, très à l'aise avec l'improvisation. Il a eu, comment dire, un parcours incroyable dans cette discipline là.

Fanny:

Et on a Anne-Charlotte, qui est quelqu'un de très méticuleux, très organisé, qui sera rassuré par justement à quel point les choses seront ficelées. Mais en amont, pour autant, elle va il me semble faire de l'impro ce soir pour la LIM. Parce que oui, et elle est vraiment vraiment bonne. Donc j'aurais aimé qu'elle en parle de vive voix et de manière plus personnelle.

Fanny:

Pour ma part, l'improvisation a toujours fait partie intégrante de ma vie, mais de manière plutôt accidentelle. C'est à dire que ce n'est pas forcément quelque chose que je maîtrise, mais c'est plutôt quelque chose qui va me sauver. Si je peux parler d'une anecdote.

Florent:

J’allais te demander.

Fanny:

Oh non, il y en a, il y en a tellement, Ce serait celle en musique. C'était lors d'un examen plutôt important. Et évidemment, l'organisation n'étant pas à cette époque du tout mon fort, je m'étais retrouvée à ne pas connaître ma partition la veille et mon professeur à cette époque là était désemparé. Il me disait que j'avais 70 % de chances de ne pas réussir cet examen là.

Fanny:

Pour autant, j'ai… J'y suis allé et j'ai joué. J'ai joué, j'ai joué, j'ai joué, j'ai joué, j'ai joué. Viens la délibération des jurys et un des jurys va me dire “Oh oui, tu joues très bien, c'était très bien bon Il y avait des aspects à travailler, évidemment, mais par contre, la prochaine fois, lis la partition, il faut que tu saches ta partition.

Fanny:

Il faut tu, tu nous as, tu nous as bien dupé, mais...

Florent:

Est-ce que tu as improvisé ?

Fanny:

C'est ça. C'est qu'il y a un moment où je ne connaissais pas ma partition et on est censé la présenter par cœur. C'est beaucoup plus professionnel et même pour le musicien, on est beaucoup plus dans la zone, on va dire.

Fanny:

Et et ce moment là, je savais que dans ma tête, il se passait plein de choses et que je ne la connaissais pas, je ne la maîtrisait pas. Évidemment, quand on a travaillé un morceau, on est... Et qu'on connaît bien son instrument. On, on peut se permettre ces libertés là. Et puis, comme je l'ai dit tout à l'heure, c'était pas forcément un outil à l'improvisation et plus un mode de survie.

Fanny:

Donc voilà, c'est j'ai trouvé ça très important que Joël vienne en parler et nous en parler comme étant une discipline étant quelque chose qui devrait pas être vu comme quelque chose de décousu, mais plus vraiment comme un outil pour la vie de tous les jours. Que ce soit là maintenant que ce soit…

Florent:

Est-ce que t’es en train d'improviser là ? (rire)

Fanny:

Exactement. C'est ma vie ! (rire)

Florent:

Tarik ?

Tarik:

Oui, tu me demandes d’improviser moi aussi ? (rire)

Tarik:

Bin non, je pense que c'est bien si on parle de mettre Joël Lebois et puis Anne-Charlotte, ça donne vraiment l'exemple de... Pour les deux il y a l'improvisation qui joue là-dedans et ça se voit. Mais c'est comme... Ils approchent ça de différentes manières. Il y a peut-être ceux qui veulent tout, tout préparer dans la mesure possible, et puis ceux qui sont plus à l'aise avec un peu plus d'incertitude disons.

Tarik:

Et puis je pense que tout le monde se retrouve à l'intérieur de ça, quelque part là. Et puis je pense que c'est quelque chose de difficile de développer ses habiletés là-dedans peu importe où on se trouve, parce qu’on a toujours besoin de ça. C'est dans toute pièce de théâtre, il y a toujours

Tarik:

habituellement, si c'est pas censé être improvisé, il va y avoir un tout qui est calculé à l'avance. Mais il y a toujours des imprévus et, j'en sais rien, peut-être les lumières vont mal fonctionner ou quelque chose, ou bien comme tu as dit dans dans un français, dans une audience il est toujours possible que l’on va avoir une question d’un juge qui nous surprend complètement qui vient de nulle part !

Florent:

Ca t’es déjà arrivé ?

Tarik:

Bien sûr, bien sûr.

Tarik:

Et puis même en école de droit, on nous préparais pour ça les concours auxquels je faisais référence. Les juges, dans ce contexte là, ils vont même être malins. Ils vont faire exprès de vous poser des questions qui vont vous basculer, qui vont vous déranger. Et puis c'est justement pour développer cette habileté. C'est comme de pouvoir réagir, de pouvoir continuer et puis justement improviser.

Florent:

Est ce que tu as une anecdote à nous partager par rapport à ces questions d'improvisation, que ce soit à l'école ou lors d'un procès ?

Tarik:

Franchement, je ne sais pas si je peux même en penser à une spécifiquement parce que vraiment, je dirais que dans une petite mesure au large, ça joue toujours un peu dans tous mes travaux, je veux dire, même en laissant un enseignant à mes étudiants ou bien dans mes consultations avec chaque client.

Tarik:

Ces questions de pouvoir réagir comme un musicien, qui joue avec un autre musicien par exemple, que si on parle, si on pense à un joueur de piano qui accompagne quelqu'un qui joue de la trompette ou quelque chose, on voit aussi un dialogue. Il va y avoir des accords qui sont prévus, il va y avoir aussi des mélodies qui sont prévues. Mais le tempo, comme je disais les tonalités, les volumes, tout ça, ça peut changer.

Tarik:

Et puis c'est le genre d’aspects qui sont presque omniprésents parfois (rire). Alors je pourrais même pas en choisir une.

Florent:

Et l'improvisation comme tu mentionnais tout à l'heure Fanny, c'est toute une discipline qu'il faut maîtriser, apprendre à perfectionner et qui est à la fois semblable et très différente entre le théâtre et le droit. On arrive bientôt à la fin de notre épisode. Est ce qu'il y a une question que je n'ai pas posé que vous auriez aimé que je vous pose ou même me poser ?

Florent:

Oh mon Dieu, qu'est ce qu'elle va me dire ? (rire)

Fanny:

Non, t’as mené ça très, très bien. On s'est senti à l'aise pour te répondre sans grande difficulté. Euh. Je pense que et tu m'as donné tes retours aussi. Donc toutes les questions que j'avais à te poser, tu y as répondu. Hum. Est ce que tu as apprécié la conférence ? (rire)

Florent:

Oui, j'ai beaucoup aimé et à ce moment là, j'étais pas encore tout à fait sûr de qui est ce que... Comment est ce que j'allais faire mon prochain balado ? Tu m'avais donné cette idée de faire le théâtre et le droit. J'avais déjà envie d'inviter les intervenants et intervenants (de la conférence), mais je ne savais pas encore bien comment est ce que j'allais faire mon approche.

Florent:

Et quand je vous ai écouté toutes et tous parler, ça m'a semblé évident. Après, derrière Tarik, est ce qu'il y a une question que t’aurais aimé que je pose ?

Tarik:

Je pense qu'on a fait le tour. Je sais pas si de ton côté tu voudrais en parler parce qu'on a dit tout au long que c'était un peu un thème qui... C'est comme, tout le monde avait des impressions là-dessus sur c'est quoi le théâtre ? C'est quoi la justice ? C'était un peu ça qui sortait un peu de cette soirée aussi

Tarik:

c'était que ça a des liens avec la société. Les deux, c'est l'ensemble de la société qui s'y intéresse. Alors je pense que tout le monde peut avoir des belles perspectives là-dessus. Alors je me demandais comme participant, comme vous avez observé ça, comment Qu'est ce qui a peut-être un lien en particulier qui t'a intéressé entre le théâtre et le droit ?

Florent:

Je pense que c'était l'effet de la scène, c'est à dire toutes ces questions de rapprochement qu'il peut y avoir par rapport au spectateur, qu'on peut assimiler au public qui assiste à un procès. Mais ce spectateur qui peut également être une des personnes du jury et ça peut également être un juge. Et puis, après tous ces personnages qui sont sur scène à la fois les témoins, les victimes, les accusés, les avocats, et puis même après ceux qui font la retranscription à nouveau, les juges, et cetera et puis après même la question des codes vestimentaires, des codes de paroles, comment est-ce que tu

Florent:

vas t'adresser aux personnes qui sont sur scène selon leur statut social et leur statut professionnel ? Comment est-ce que tu vas t’adresser au public, et cetera Il y avait tous ces rapprochements et ces éloignements, mais ces éloignements qui, quelque part, peuvent aussi être facteur de rapprochement finalement, qui pour moi était très, très, très enrichissant. Hé bien écoutez, c'est la fin de notre épisode.

Florent:

Je voudrais remercier à nouveau Envol91 FM sans qui se balado ne serait pas possible et un remerciement spécial à Yanick. Je voudrais également remercier Maître Tarik Daoudi et Fanny Lin qui ont bien accepté de faire cet épisode. Et puis on se retrouve très bientôt, je l'espère, pour un prochain balado qui sera cette fois centré, si je me réfère à mon programme dans ma tête sur notre prochain spectacle de saison, Le Soulier.

Florent:

Plus de détails à venir dans les prochaines semaines qu'on peut retrouver sur notre site web et sur nos médias sociaux. Merci à vous et passez une bonne fin de semaine.

Florent:

C'était le Café Molière, un balado du Théâtre Cercle Molière, en collaboration avec la radio Envol91 FM. Si vous avez aimé cet épisode, n'hésitez pas à vous abonner sur nos réseaux sociaux. Vous pouvez également retrouver l'ensemble de nos épisodes sur les plateformes d'écoute en ligne et sur cerclemoliere.com.