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Télétravail : loin des yeux, loin des promotions ?
Episode 20 • 1st October 2026 • Jobnews by Indeed • Jean Baptiste Vennin
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Shownotes

Et si le télétravail nous rendait plus productif… mais moins visible ?

Selon une nouvelle étude menée par Indeed avec Censuswide, 59 % des salariés estiment être + productifs lorsqu’ils travaillent depuis chez eux. Pourtant, 64 % reconnaissent être déjà venus au bureau principalement pour être vus par leur manager ou leurs collègues.

Dans ce nouvel épisode de #JobNewsbyIndeed, Jean-Baptiste Vennin reçoit Eric Gras, spécialiste du marché de l’emploi chez Indeed, pour décrypter ce paradoxe du travail hybride.

Au programme :

◉ Télétravail : la bataille de la productivité est-elle terminée ?

→ 59 % des salariés se disent plus productifs lorsqu’ils travaillent depuis chez eux.

→ Côté employeurs, seuls 10 % estiment encore que le télétravail diminue la performance.

◉ Présentéisme 2.0 : pourquoi continue-t-on à venir au bureau pour être vu ?

→ 64 % des salariés reconnaissent être déjà venus sur leur lieu de travail principalement pour gagner en visibilité.

→ Réunions, échanges informels, réseau interne : le bureau reste aussi un lieu de reconnaissance professionnelle.

◉ Télétravail : loin des yeux, loin des promotions ?

→ Près de 60 % des recruteurs, managers et professionnels RH reconnaissent que la présence régulière au bureau influence leurs décisions de promotion ou d’évolution.

→ Chez les profils C-Level, cette proportion atteint 69 %.

◉ Les jeunes salariés davantage concernés

→ 75 % des 18-24 ans déclarent être déjà venus au bureau principalement pour être vus par leur manager ou leurs collègues.

→ 66 % pensent qu’être davantage présent au bureau constitue un avantage pour évoluer professionnellement.

◉ Comment manager équitablement dans un monde hybride ?

→ Évaluer davantage les résultats, les compétences et la contribution réelle que la présence physique.

→ Former les managers au travail hybride et au « biais de proximité ».

→ Pour les salariés : apprendre à rendre visibles ses résultats et ses contributions, même à distance.

Citation à retenir :

« La performance est reconnue partout, mais la visibilité continue à compter. »

🎧 À écouter sur Jobradio.fr, Spotify, Apple Podcasts, Deezer, Amazon Music et toutes les plateformes d’écoute.

#Indeed #Télétravail #TravailHybride #Management #Emploi #Carrière #Recrutement

Transcripts

d avec Censuswide. Auprès de:

[1:28] Mais le télétravail, il n'est plus perçu comme un frein à la performance, ce qui était le cas encore il y a deux, trois ans. Notre étude, elle montre un consensus inédit entre salariés et employeurs sur ce sujet. Donc ça, c'est vraiment nouveau. Le véritable débat, il s'est déplacé. On parle moins de productivité et davantage de reconnaissance, d'engagement et d'évolution de carrière. Aujourd'hui, l'enjeu principal n'est plus est-ce qu'on travaille efficacement à distance, mais comment évalue-t-on les collaborateurs dans un modèle hybride ? Je le disais en intro, ce chiffre, 59% des salariés qui estiment être plus productifs lorsqu'ils travaillent depuis chez eux. Et plus on travaille, plus cette conviction semble plus forte.

[2:06] Comment est-ce que toi, tu l'expliques ? Les salariés réguliers du télétravail expérimentent directement ces bénéfices. Moins d'interruptions, moins de temps perdu dans les trajets, davantage de concentration. Le domicile permet souvent d'organiser sa journée de façon plus efficace. D'ailleurs, parmi ceux qui télétravaillent au moins trois jours par semaine.

[2:23] 69%, ce qui est quand même énorme, estiment être plus productifs chez eux. Et du côté des entreprises maintenant, est-ce qu'on retrouve aussi ce type de perception ? Oui, très largement. Les employeurs semblent avoir intégré que la performance n'est pas liée au lieu de travail, donc la fameuse culture du présentiel. 58% des recruteurs et managers, les deux, considèrent les salariés à distance aussi productifs, donc pas plus, mais au moins autant. 31% en revanche les jugent plus productifs, donc un petit tiers, ce qui n'est pas négligeable, Seulement 10% estiment que le télétravail diminue la performance. Et pour les managers, ils considèrent encore que travailler à distance, c'est être moins performant ? À une petite minorité seulement, donc ça progresse doucement. Qui va piano va sano, comme on dit. Aujourd'hui, l'idée que le télétravail rime automatiquement avec baisse de productivité n'est plus majoritaire. La suspicion, elle ne porte plus vraiment sur la performance. En revanche, des biais persistent sur la perception de l'engagement et de l'implication.

[3:21] Mais c'est là qu'apparaît le paradoxe de cette étude. Les salariés qui se disent efficaces à distance et pourtant ils continuent à venir au bureau pour être vus.

�rieux, on est quand même en:

[4:09] La visibilité, elle reste un levier important de reconnaissance. Si je te vois travailler, ça ancre aussi dans mon inconscient que tu es là et que tu es productif. Les salariés savent que la manière dont l'engagement est perçu compte parfois autant que leurs résultats. Donc, il faut quand même un dosage des deux. Et le bureau reste un espace social où se construisent aussi les relations et les opportunités, les fameuses discussions autour de la machine à café, les discussions off, les moments de partage et de convivialité. Oui, c'est ce que tu viens de dire. Donc, finalement, on ne vient pas seulement au bureau pour travailler, mais on vient aussi pour montrer qu'on travaille. On pourrait se dire que c'est simplement une crainte aussi, quelque part, des salariés. sauf que votre étude, elle montre que cette perception, elle correspond aussi à une réalité du côté des managers, tu le disais. Oui, c'est tout l'intérêt de l'étude. Les salariés ne fantasment pas un biais qui n'existerait pas. Donc, leur comportement, il reflète une réalité reconnue par les décideurs eux-mêmes. Il existe un véritable lien entre présence et perception de l'engagement. OK. Et pourquoi est-ce qu'on continue finalement à associer aussi fortement présence et implication, alors même qu'on reconnaît la productivité du travail à distance ? Parce que la présence, elle reste un signal visible et immédiat. Donc historiquement, les entreprises ont longtemps associé l'investissement professionnel au temps passé sur place.

[5:23] Le fameux « tu pars à 16 heures, tu as pris ta journée ou ton après-midi ». Les pratiques de management, elles évoluent parfois moins vite que les organisations elles-mêmes.

[5:32] Il existe encore une tendance naturelle à valoriser ce qui est observable directement. Est-ce qu'il y a encore une forme de présentéisme, mais adaptée du coup au travail hybride ? Oui, on peut parler d'un présentéisme nouvelle génération. Ce n'est plus forcément être présent tous les jours, c'est parfois choisir certains jours de bureau pour rester visible. Les salariés utilisent la présence physique comme un investissement de visibilité professionnelle. On a par exemple la fameuse réunion du lundi, si tu es toujours en distanciel et que les trois quarts de tes collègues sont là physiquement, ou l'after work, le pot du jeudi soir, etc. De temps en temps, il faut être présent dans ces moments de convivialité et d'échange. Il y a qu'à changer la date de la réunion, puis après tout. Exactement, pourquoi pas.

[6:14] Et cette question justement de visibilité, elle ne concerne pas seulement l'image que l'on donne, Et c'est là où c'est interrogatif, je trouve. Elle peut aussi avoir un impact direct sur la carrière, sur l'évolution. Quand il faut décider d'une promotion ou d'une évolution professionnelle, est-ce que le fait d'être régulièrement présent au bureau continue de peser ? Clairement, oui. Une majorité des décideurs reconnaissent que la présence physique continue d'influencer leurs décisions. Ça montre que le lieu de travail peut encore jouer un rôle dans les trajectoires professionnelles, notamment sur les postes manageriaux. On a du mal à promouvoir quelqu'un à un poste de manager si physiquement il n'est pas là ou très peu présent. Quand tu parles d'une majorité, il y a une proportion ? Alors, c'est quasiment 60% des recruteurs, managers et RH qui reconnaissent que la présence régulière au bureau influence leurs décisions de promotion ou d'évolution.

[7:01] 20% disent même que c'est une influence très forte. Alors, si on prend par exemple un exemple concret de deux salariés qui sont aussi performants l'un que l'autre aujourd'hui, est-ce qu'ils peuvent avoir justement des perspectives de carrière différentes simplement parce que l'un est davantage visible physiquement, par exemple au siège ? L'étude, elle suggère que oui. Donc, si la visibilité, elle influence les décisions de carrière, deux collaborateurs aux résultats comparables peuvent être perçus différemment. C'est précisément ce qui crée le paradoxe du travail hybride. La performance est reconnue partout, mais la visibilité continue à compter.

[7:35] Et ce qui est frappant dans votre étude, moi, ce que j'ai vu, c'est que ce biais, finalement, il est peut-être même encore plus important chez les dirigeants et les profils C-divel. Comment est-ce qu'on l'explique, ça ? Les dirigeants ont souvent construit leur carrière dans un modèle très présentiel. Donc, on était dans une culture où, notamment quand on était manager, il y avait l'exemplarité de « tu dois arriver avant les autres et partir après les autres ». Donc, c'est très, très ancré en eux. Et ils accordent davantage d'importance aux interactions informelles aussi. Donc, c'est la culture. On a été élevé comme ça. Je dis « ont » parce que je fais partie un peu de cette génération.

[8:07] Et dans notre étude, 69% des profils C-Level, donc décideurs, reconnaissent que la présence physique influence encore les décisions de carrière. Ça montre que ce réflexe est particulièrement créé au niveau les plus élevé de l'organisation. Et est-ce qu'il y a finalement un décalage entre le discours officiel qu'on nous donne « nous jugeons uniquement sur les résultats » et la manière finalement dont certaines décisions sont encore prises aujourd'hui ? Oui, c'est probablement là des enseignements majeurs de cette étude. Donc, officiellement, les entreprises valorisent les résultats. Si on compare tout le monde sur le résultat final, OK. Mais dans les faits, la visibilité physique, elle continue d'influencer certaines évaluations. Et l'enjeu, c'est donc d'aligner davantage les pratiques manageriales avec les principes affichés. Donc, les salariés, est-ce qu'ils semblent avoir finalement intégré cette réalité-là, cette mécanique-là ? Est-ce qu'ils considèrent majoritairement que venir davantage au bureau constitue pour eux un vrai avantage, un coup de booster, en tout cas peut-être, pour évoluer d'un point de vue professionnel. Ah oui, clairement, 58% des salariés pensent que les personnes plus présentes au bureau bénéficient d'un avantage pour évoluer professionnellement. Cette perception, elle est majoritaire et largement partagée.

[9:16] Je ne dirais pas qu'on frise l'hypocrisie, mais un petit peu quand même. On a l'impression d'être dans un système, en tout cas, qui est assez paradoxal, où tout le monde, finalement, connaît le biais et tout le monde, finalement, va adapter son comportement en conséquence. Exactement. Les managers reconnaissent que la présence influence leur perception. Donc, déjà, c'est bien de reconnaître qu'on a un biais. Et les salariés ont compris également. Ils adaptent aussi leur comportement. Donc, en fait, les deux doivent s'adapter à ces nouveaux modes de management, ces nouveaux modes de travail hybride. Ça crée une boucle où chacun entretient volontairement ce mécanisme de visibilité. Donc, il faut se parler et il faut mettre les choses au clair pour faire progresser, les organisations progressivement. Progressivement. Alors, c'est amusant parce que tout à l'heure, tu disais toi-même que tu appartenais un petit peu à cette génération-là,

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