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Ountané Tokef
Episode 13 • 9th August 2026 • Judaïsme sur un pied • Floriane CHINSKY
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Shownotes

Bonjour à vous, créateurs et créatrices, Yotzrim V. Yotzroth. Chaque fois que nous nous tournons vers un des textes de la tradition juive, nous créons un nouveau sens à ce texte. Nous mettons ces textes anciens en résonance avec nos vies et nous en ravivons le sens à la fois pour le texte, à la fois pour la tradition et à la fois pour nous-mêmes.

Et tel est exactement le sens du mot Yotzer, création. Et ce pouvoir de création se manifeste dans la rédaction de textes différents, de poèmes, de chants. Et le texte Untané Tokef fait partie de ces créations incroyables qui sont rentrées dans l'histoire et qui ont imprégné chaque parcelle des jours redoutables, des fêtes de ticherie, de Rosh Hashanah, des deux jours de Rosh Hashanah et du jour de Yom Kippur.

Et dans ces journées-là, Untané Tokef, le texte que nous évoquons aujourd'hui, est très présent. Comme tous les autres textes, il n'a pas toujours existé, il n'a pas été donné par Dieu à Moïse au Mont Sinaï, mais il est né de l'importance que nous attachons à ces jours du début d'année, Rosh Hashanah, les dix jours de retour sur soi et d'introspection et Yom Kippur. Et donc c'est en prêtant attention au travail intérieur et collectif proposé par ces fêtes que nous mettons en place les structures qui nous permettent d'avancer le mieux possible.

Et Untané Tokef fait partie de ces créations qui portent notre élan du cœur au moment des fêtes de ticherie. Au cours des fêtes de ticherie, nous cherchons à toucher à l'infini, à la profondeur, au sens de nos vies. Peut-être que l'été est en passé et à l'approche de l'hiver, saison dangereuse, l'hiver c'est un moment qu'il est difficile de traverser, c'est un moment périlleux, un moment où des récoltes insuffisantes deviennent une menace pour la survie, où le froid est une menace, où le raccourcissement des jours porte atteinte à notre capacité de réaction et c'est un moment où on s'approche de la mort, où la nature est sur pose et où nous devons garder toujours ce fil.

Donc à l'approche de l'hiver, peut-être que ces fêtes de ticherie nous préparent à traverser l'hiver et nous permettent de mobiliser notre énergie, de faire les réserves dont nous avons besoin pour dépasser le moment critique. Et face au péril de l'hiver, c'est un bon moment pour se remettre en question et faire le point. Et plutôt que de subir les vicissitudes de la vie, c'est intéressant de faire nous-mêmes le point sur nos vies, d'anticiper les difficultés et de leur faire face dans un cadre qui est adapté.

Nous affrontons nos doutes et nos incertitudes et nos questionnements sur un terrain qui est favorable, qui est balisé, qui est collectif à travers les fêtes de Rosh Hashanah et de Yom Kippour. En même temps, pour être certains et certaines que ces crises existentielles se produisent en terrain contrôlé, ça signifie que lorsque ce terrain contrôlé existe, c'est le bon moment pour faire face aux crises existentielles. C'est important parce que ça nous permet de comprendre pourquoi Untane Tokef est tellement difficile, est tellement saisissante.

Mais puisqu'on ne peut pas toujours être dans la paix et dans le calme, car si on était toujours dans la paix et dans le calme, on n'avancerait pas et on ne se préparerait pas aux difficultés pour la suite, on ne serait pas résilient, on ne serait pas agile. Puisqu'on ne peut pas rester toujours dans ce calme, alors on veut que notre intelligence et nos forces se mettent en action avant. La question se pose ici de savoir si vous êtes plus efficaces, si nous sommes toutes et tous plus efficaces en situation de danger réel ou en situation de pression qu'on s'est mise de façon un peu artificielle mais quand même ou si nous sommes plus efficaces en situation de pure détente et de pure tranquillité.

Est-ce que quand tout va bien, nous avançons ? Est-ce que quand tout va mal et qu'il y a de réels risques, nous avançons ? Et est-ce que dans les situations intermédiaires, nous pouvons aussi progresser ? Souvent, je ne sais pas pour vous, mais souvent on n'avance pas trop quand tout va bien. On a l'impression que le bonheur auquel on a accès nous est dû et c'est souvent quand on perd quelque chose qu'on se rend compte combien cette chose nous a manqué. Que ce soit la santé, que ce soit des proches, que ce soit des situations matérielles.

Et donc, il est rare qu'on se sente en incertitude dans une situation éphémère alors qu'on vit en même temps dans l'opulence. Et peut-être que ça vaut la peine de se préparer quand tout va bien et de se souvenir que le bien-être n'est pas un acquis, ce n'est pas une évidence, ni pour nous individuellement parce que nous toutes et tous nous faisons face à des moments de crise dans nos vies, ni pour tout le monde parce qu'il y a des personnes qui naissent dans des circonstances de vie faciles et d'autres qui naissent dans des circonstances de vie difficiles. Et le fait de manger à sa faim, d'avoir chaud, d'avoir de l'espoir dans l'avenir, d'avoir de quoi se cultiver, d'avoir des proches qu'on aime, d'avoir des personnes qui nous parlent avec respect, c'est à la fois d'un côté, ça peut sembler une évidence, mais ça ne l'est pas toujours.

Et donc, même dans ces circonstances, il est important de toujours progresser, d'avoir une vision globale, renforcer le tissu social et ne pas s'imaginer que ce sont des acquis. Et c'est ce que permet de faire une tanétocaffe, parce que ce texte nous ébranle, nous allons le voir. Et puis, d'un autre côté, quand on est en difficulté, c'est intéressant aussi de savoir, désolée de vous le dire, mais que ça peut être pire.

Et donc, même quand on est en difficulté, il est important de mobiliser ses forces et puis de faire le bilan. Et là, une tanétocaffe permet également de se mobiliser, avec l'avantage que les personnes qui sont dans la facilité et celles qui sont dans la difficulté se retrouvent réunies au même endroit, autour de ses champs, dans ce contexte favorable, pour s'appuyer et se soutenir. Et que dans ce contexte-là, trembler est normal, parce que une tanétocaffe est un texte qui nous fait trembler.

Et puis, la dernière question, l'autre hypothèse, celle où on est vraiment acculé, où c'est vraiment extrêmement dur, eh bien, en réalité, si on ne se met pas des échéances un peu artificielles, comme Rosh Hashanah et Yom Kippour, si on n'apprend pas les leçons de la vie, on va se retrouver face aux mêmes épreuves encore et encore. Et la situation peut même se dégrader. Et on n'agit pas forcément bien quand on est au pied du mur.

Peut-être certaines personnes, oui, mais d'autres, non. Et puis, peut-être qu'ils s'écoutent aussi émotionnellement. Et puis, vous connaissez les trois réponses classiques, flee, freeze et fight.

On a tendance, quand on réagit sur le coup, à fuir, à se battre ou à se congeler et à faire le mort, ou peut-être faun, ça veut dire agir avec soumission. Moi, je rajoute d'un point de vue juif, j'ai découvert ça au moment de l'écriture de mon livre, qu'on peut aussi rajouter fun, faire de l'humour et food, manger. C'est d'autres réactions, mais je dis ça juste pour l'astuce.

En réalité, quand on n'est pas préparé, on n'a pas forcément les meilleures réactions. Tout ça, cette introduction, elle est pour vous dire une chose très importante, qui est que le but de Ountané Tokef n'est pas de nous clouer à terre, de nous stupéfier, de nous rabaisser, pas du tout. Et le texte semble un peu faire ça, et il peut à votre oreille au début sembler faire ça, mais en réalité, ce qu'il dit, c'est qu'il y a des moments pour faire le bilan avec courage et que si on ne saisit pas ces moments avec courage, on aura des problèmes par la suite.

Et c'est ce que dit le texte, d'une façon qui n'enjolive pas et qui nous met face à la réalité. Il y a une réalité exagérée parce qu'on veut déclencher des difficultés et les remises en question, que le groupe, que l'ambiance des fêtes nous permet justement de mieux digérer dans ces conditions qui sont tellement favorables où on est ensemble, où on chante et où on étudie. Donc je vais vous lire Ountané Tokef dans pas longtemps, et puis je vous en chanterai également des extraits.

Mais cette introduction générale, elle parle de ce travail qu'on fait en écoutant ce Ountané Tokef. Alors on va lire la traduction que j'ai faite pour vous de Ountané Tokef, qui est celle qu'on utilisera dans les offices de la synagogue Yétsira. Et puis on va en chanter des extraits, et puis il y aura un petit quiz et une conclusion.

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