Ce que les équipes voient… mais que les dirigeants ne voient pas.
Il y a quelque chose qui me frappe à chaque fois que j’interviens dans une organisation.
Je passe du temps avec les dirigeants.
Puis avec les équipes.
Et très souvent…
je n’entends pas la même histoire.
Les collaborateurs voient des choses
que les dirigeants ne voient pas.
Et parfois même…
que les dirigeants ne peuvent pas voir par eux-mêmes.
Dans une organisation, l’information ne circule pas uniquement par les mots.
Elle circule aussi par :
• les attitudes
• les silences
• les incohérences
• les micro-signaux
Le vivant organisationnel ressenti.
Et les équipes, elles, sont en prise directe avec ce ressenti.
Elles perçoivent :
les tensions non dites
les décisions incohérentes
les écarts entre ce qui est dit et ce qui est fait
Et souvent… elles en font des analyses très fines mais elles les gardent pour elles, soit parce qu’elles ont peur d’en faire part, soit parce qu’il n’y a tout simplement pas d’espace pour en parler.
Je vais te partager quelque chose de très concret.
Quand je fais une analyse de situation, je pose souvent les mêmes questions :
Qu’est-ce qui fonctionne ici ?
Qu’est-ce qui vous freine ?
Et les réponses des équipes sont souvent :
• précises
• lucides
• parfois même chirurgicales
Et en parallèle, j’ai des dirigeants qui me disent :
“Je ne comprends pas, je pensais que tout allait bien.”
Ce n’est pas un problème d’intelligence.
Ce n’est pas un problème de volonté.
C’est un effet de position.
Quand tu es dirigeant, tu es dans une position particulière.
Tu as :
• plus d’informations stratégiques
• plus de responsabilités
• mais aussi… plus de filtres
Tu es moins exposé à certaines réalités du terrain.
Et surtout, les informations qui remontent jusqu’à toi sont souvent filtrées.
Par prudence.
Par loyauté.
Par peur parfois.
Donc ce que tu vois… n’est qu’une partie du système.
Et c’est là que ça devient intéressant.
Parce que si tu veux comprendre vraiment ton organisation,
tu ne peux pas te contenter de ce que tu vois.
Tu dois apprendre à voir… à travers les autres.
Dans l’Analyse transactionnelle,
il y a une idée simple et très utile :
les individus ont besoin de structure.
Structure du temps, structure des relations, structure des rôles.
Quand cette structure est claire :
• les interactions sont fluides
• les tensions diminuent
• l’énergie circule
Quand elle ne l’est pas :
• les interprétations apparaissent
• les jeux relationnels se développent
• la confiance se fragilise
Et les équipes, elles, ressentent immédiatement ce manque de structure.
Contrairement à certaines idées reçues,
les collaborateurs ne cherchent pas à compliquer la vie des dirigeants.
Dans la grande majorité des cas, ils veulent :
• faire du bon travail
• comprendre ce qu’on attend d’eux
• avoir les moyens d’y arriver
• et être reconnus pour cela
Et pour ça, ils ont besoin de cadre.
De clarté.
De cohérence.
De leadership.
Quand ces éléments ne sont pas là,
ils compensent comme ils peuvent.
Et leurs comportements deviennent… des signaux.
Alors oui, toutes les remontées ne sont pas à prendre au pied de la lettre.
Il peut y avoir :
• des jeux de pouvoir
• des projections
• des intérêts individuels
Mais dans la majorité des cas,
ce que les équipes expriment est utile.
Pas forcément parfait.
Mais précieux.
Alors si tu es dirigeant, je t’invite à faire un pas de côté.
Et si ce que tu ne vois pas… était justement ce qui compte le plus ?
Et si tes équipes étaient une source d’information
plutôt qu’un problème à gérer ?
Ton rôle n’est pas seulement de décider.
C’est de créer les conditions
dans lesquelles l’information peut circuler librement.
Parce que dans un système vivant,
plus l’information circule,
plus l’organisation est saine.