L’entrée sur le marché du travail est-elle devenue plus difficile pour les jeunes ?
Le chômage des 15-24 ans atteint 21,6 % en France et les opportunités de début de carrière reculent fortement. Offres juniors, stages, alternances : les portes d’entrée vers l’emploi se réduisent.
Dans ce nouvel épisode de #JobNewsbyIndeed, Jean-Baptiste Vennin reçoit Lisa Feist, économiste au Hiring Lab d’Indeed, à l’occasion de la publication de son étude sur l’emploi des jeunes en France.
Au programme :
◉ Un marché beaucoup plus difficile pour les débutants :
→ les offres juniors ne représentent plus que 61 % de leur niveau de 2022
→ les stages sont à 66 %, les alternances à 62 %
→ les jeunes subissent une double peine : moins d’offres et davantage de concurrence avec les profils expérimentés
◉ L’alternance reste une porte d’entrée essentielle :
→ son rôle est devenu central dans l’insertion des jeunes
→ mais la baisse des aides publiques pèse déjà sur les offres
→ les entreprises arbitrent davantage sur le coût et la rapidité d’accès à l’autonomie
◉ L’IA menace-t-elle vraiment les emplois juniors ?
→ certaines tâches traditionnellement confiées aux débutants peuvent être automatisées
→ mais les données d’Indeed ne montrent pas, à ce stade, que l’IA explique le recul des recrutements juniors
→ elle pourrait surtout transformer le contenu des premiers emplois
◉ Le risque pour les entreprises :
→ recruter moins de jeunes aujourd’hui, c’est manquer de profils expérimentés demain
→ formation, tutorat et accompagnement restent essentiels
→ les candidats doivent davantage valoriser leurs expériences, leur potentiel et leurs soft skills
Citations à retenir :
« Les jeunes subissent aujourd’hui une double peine. »
« On a besoin des jeunes qui commencent aujourd’hui pour avoir des personnes avec cinq ans d’expérience dans cinq ans. »
« L’enjeu est vraiment de maintenir les portes d’entrée vers l’emploi. »
🎧 À écouter sur Jobradio.fr, Spotify, Apple Podcasts, Deezer, Amazon Music et toutes les plateformes d’écoute.
#EmploiDesJeunes #Alternance #Recrutement #PremierEmploi #RH
Job Radio présente Job News by Indeed, le podcast qui décrypte l'actu de l'emploi.
Jean-Baptiste:21,6%, c'est le taux de chômage des 15-24 ans en France au deuxième trimestre 2026, en hausse de 2,5 points sur un an. Et depuis 2022, le volume des offres destinées au début de carrière a fortement reculé. Les alternances atteindraient 62% de leur niveau de 2022, les stages 66% et les offres juniors 61%. L'alternance est devenue une porte d'entrée de plus en plus importante alors même que les aides publiques à l'apprentissage, elles, ont été fortement réduites. Bonjour à toutes et à tous, ravi de vous retrouver pour Job News by Indeed. C'est le podcast qui décrypte chaque mois l'actualité de l'emploi. Alors, pourquoi l'entrée sur le marché du travail devient-elle plus difficile pour les jeunes? Est-ce simplement la conséquence du ralentissement général des recrutements ou bien les débutants sont-ils particulièrement pénalisés? Quel rôle joue aujourd'hui l'alternance et faut-il vraiment craindre que l'IA fasse disparaître une partie des emplois juniors? Pour en parler avec Avec nous, Lisa Feste est sur le plateau de JobNews by Indeed. Bonjour Lisa.
Lisa:Bonjour Jean-Baptiste.
Jean-Baptiste:Bonjour à tous. Ravi de te retrouver. Tu es, je le rappelle, économiste au Hiring Lab d'Indeed et tu signes une nouvelle analyse consacrée à l'emploi des jeunes en France et qui est publiée donc ce 1er septembre. Lisa, peut-être une première question. Le chômage des 15-24 ans atteint 21,6% au deuxième trimestre 2026. C'est 2,5 points de plus qu'il y a un an, je le disais tout à l'heure en intro. Est-ce que la situation de l'emploi des jeunes est aujourd'hui réellement préoccupante.
Lisa:Oui, alors la situation des jeunes sur le marché de l'emploi est vraiment un sujet clé parce qu'il montre la capacité d'une économie à intégrer ses jeunes actifs, donc à renouveler en quelque sorte sa population active, et ce dans un contexte de vieillissement démographique. Et donc le chômage des jeunes, il est un peu volatile, c'est un peu un sismographique qui est un peu, qui est très sensible, et donc il réagit beaucoup plus à la conjoncture, aux aléas économiques. Mais il faut quand même le prendre au sérieux. Donc les opportunités d'emploi pour les jeunes s'effondrent en ce moment et il devient difficile de décrocher un premier emploi, une première expérience. Et donc est-ce qu'elle est préoccupante la situation? En tout cas, il faut s'en préoccuper parce qu'on sait qu'une entrée difficile sur le marché de l'emploi peut avoir des effets durables sur la vie professionnelle d'un individu, y compris sur les salaires renégociés habituellement à chaque nouveau poste et et même la productivité au cours d'une vie professionnelle.
Jean-Baptiste:Alors, ton étude, elle montre pourtant que les offres destinées aux débutants reculent à peu près au même rythme que l'ensemble du marché.
Lisa:Est-ce que ça signifie que les jeunes ne sont finalement pas plus touchés que les autres Alors, les offres juniors ont reculé dans le sillon du reste de l'économie, mais pour répondre à ta question, ça ne veut pas forcément dire que les jeunes ne sont pas plus touchés. Au contraire, parce que quand l'économie ralentit, les jeunes subissent souvent une double peine. D'une part, d'un côté, les offres dédiées s'effondrent, mais aussi il y a une concurrence accrue sur les autres offres qui ne sont pas spécifiquement dédiées aux jeunes.
Jean-Baptiste:Et si les offres spécifiquement étiquetées junior ne s'effondrent pas davantage que le reste du marché, comment est-ce qu'on peut expliquer finalement ce sentiment très fort de pénurie d'opportunités chez cette classe d'âge Oui, alors si on constate que les offres ne s'effondrent pas plus que les autres, ça veut pas dire qu'elles ne s'effondrent Pas.
Lisa:Donc il y a effectivement beaucoup moins d'opportunités. Donc ce sentiment d'un manque d'opportunités pour les jeunes est complètement fondé dans la réalité et nos données le confirment. Donc les opportunités en début de carrière ont fortement diminué, mais les difficultés des jeunes ne se limitent pas forcément aux seules offres étiquetées junior.
Jean-Baptiste:Et c'est bien que tu parles de ces difficultés parce que tu étudies, en tout cas dans ton étude, un deuxième mécanisme qui est mis en avant, c'est celui de la concurrence et la concurrence entre les candidats. Plus expérimentés sur des offres qui ne précisent pas de niveau d'expérience. Est-ce que là aussi se joue l'essentiel de la difficulté Oui, en tout cas, c'est un mécanisme central.
Lisa:Une bonne partie des recrutements se fait via des offres qui ne sont pas étiquetées junior, comme tu dis. Et sur ces postes, les jeunes sont du coup en concurrence directe avec des candidats beaucoup plus, ou en tout cas plus expérimentés. Et du coup, dans un marché qui ralentit, les recruteurs peuvent se montrer beaucoup plus réticents au risque et donc beaucoup plus exigeants en ce qui concerne les critères de recrutement. Ils ont un vivier de candidats plus large qu'il y a quelques années encore, donc ils vont privilégier les profils qui sont opérationnels.
Jean-Baptiste:C'est logique. Est-ce qu'on peut dire qu'en période de ralentissement, les entreprises prennent moins le risque de recruter justement un débutant parce qu'il faut davantage aller le former, lui permettre de monter en compétences et donc quelque part l'accompagner Oui, c'est un facteur.
Lisa:Donc dans un contexte économique beaucoup plus incertain, les débutants ont besoin de plus de formation, d'accompagnement, comme tu dis. Donc les entreprises peuvent préférer quelqu'un qui est déjà autonome, dont ils savent que la personne a déjà fonctionné dans un environnement de travail. Mais en même temps, ne pas embaucher et former les talents de demain, ça crée des soucis quelques années plus tard. Mais on va en parler, je pense.
Jean-Baptiste:Oui, clairement. En 2026, en tout cas, les offres juniors atteignaient seulement 61% de leur niveau de 2022. Un delta qui est quand même important. Les alternances, 62%. Les stages, 66%. Et ce que finalement 2022, c'était un point haut exceptionnel de référence que l'on retiendra ou est-ce qu'on a vraiment, oui, clairement changé de cycle Oui, alors 2022, ça correspondait encore à une période particulièrement favorable après le Covid, mais ils n'avaient pas encore tout à fait atteint leur pic de l'année 2023.
Lisa:C'est en 2023 qu'on a commencé cette baisse du marché du travail. Et donc, comme tu dis, les offres juniors, les stages, les alternances ont baissé entre 34 et 39 Et depuis 2023, du coup, ce pic se sont quasiment pliés en deux. Suggère surtout qu'on a envie, on est en train de vivre une normalisation, un ralentissement économique, une normalisation conjoncturelle et un changement vers un marché beaucoup plus prudent et beaucoup moins dynamique. Alors, est-ce qu'on peut dire que finalement, l'alternance aussi est devenue la porte d'entrée principale, en tout cas, vers l'accession à l'emploi pour les jeunes Oui, l'alternance a pris une place majeure depuis quelques années dans l'insertion des jeunes en France et elle me paraît plus que jamais comme un maillon central de cette insertion. Donc elle représente une part croissante des opportunités explicitement ouvertes aux jeunes. La part a augmenté de 6,5 à 7,1% et donc son rôle est vraiment devenu structurant ces dernières années pour l'accès au premier emploi.
Jean-Baptiste:Et pourquoi ça résiste mieux, par exemple, que les stages ou les offres juniors classiques, on va dire, dans un marché qui, on le rappelle, ralentit Oui, l'alternance offre finalement un cadre très balisé aux entreprises.
Lisa:Son coût est plus facile à anticiper, son niveau d'engagement. Et puis les aides publiques, évidemment, ont soutenu cet engagement ces dernières années.
Jean-Baptiste:Et donc il y a peut-être un lien de cause à effet aussi avec la réduction des aides publiques à l'apprentissage depuis leur baisse en 2025. Vous observez de votre côté un recul des offres d'alternance. Est-ce qu'on voit déjà concrètement l'effet du changement, là clairement, de politique publique Oui, la réduction des aides a clairement coïncidé avec le recul des offres d'alternance.
Lisa:Et comme tu disais, en 2026, on pourrait atterrir autour de -38% par rapport à l'année 2022. Et ça montre que les entreprises sont vraiment sensibles aux incitations financières qui sont associées à l'apprentissage. Mais l'alternance reste tout de même attractive. On a beaucoup plus d'offres qu'avant l'introduction des aides, mais sa dynamique s'affaiblit quand même sensiblement.
Jean-Baptiste:Oui, puis bon, il ne faut pas tout voir tout en noir. Les nouveaux contrats d'alternance ne se sont pas encore complètement effondrés. Pour autant, les candidats, quand on écoute ce qu'ils disent, en tout cas visiblement, éprouvent des difficultés plus à trouver une entreprise. Comment est-ce qu'on explique cet écart justement entre les statistiques et le ressenti peut-être Oui, trouver une entreprise demande beaucoup plus de démarches qu'auparavant.
Lisa:Il y a plus de concurrence. Il y aura aussi sûrement beaucoup moins de ruptures anticipées, donc moins de postes d'alternance alternance qui reviennent sur le marché. En quelque sorte, il y a moins d'alternatives et du coup, le ressenti des candidats reflète vraiment un marché beaucoup plus sélectif.
Jean-Baptiste:Est-ce que finalement, on n'a pas rendu le modèle d'insertion des jeunes un peu trop dépendant des aides publiques à l'apprentissage Oui, on constate cette réduction qui a commencé dès la baisse des aides.
Lisa:Donc, ça montre qu'il y a une forme de dépendance, peut-être trop de dépendance. Et l'enjeu est maintenant de maintenir cette dynamique dans un contexte budgétaire et économique aussi qui est beaucoup plus contraint. Et Et la grande question maintenant, ce n'est pas forcément de savoir si l'apprentissage fonctionne. On sait qu'il fonctionne. Mais comment assurer sa pérennité à long terme Parce qu'on sait qu'il y aura beaucoup plus d'enjeux financiers ces années à venir.
Jean-Baptiste:Tu parles de contexte économique contraint. Donc ça, c'est vrai pour les pouvoirs publics, mais c'est vrai aussi du coup pour les entreprises qui sont amenées à arbitrer davantage en fonction du retour sur investissement d'un alternant.
Lisa:Quels profils ou peut-être quels secteurs risquent d'être les premiers pénalisés là-dedans Profils qui seraient les premiers pénalisés, pour moi, sont ceux qui nécessitent un accompagnement plus important avant de devenir pleinement productifs, opérationnels. Donc avec ce contexte économique plus incertain, les entreprises vont privilégier les recrutements où ils savent que la contribution est là et on peut mesurer rapidement combien la personne contribue au travail. Et du coup, les secteurs qui sont peut-être particulièrement sensibles à ces arbitrages, c'est ceux qui accueillent traditionnellement plus de jeunes. Et la plus grande part de contrats d'apprentissage et d'alternance, c'est vraiment les fonctions d'entreprise, les fonctions de support et de création, donc tout ce qui est management, marketing, finance, communication, etc. Donc, l'enjeu est moins sectoriel. La grande question, c'est est-ce qu'une entreprise a la capacité à absorber le coût de la formation Et à se projeter dans le développement de ces futurs talents Oui, c'est une vraie question.
Jean-Baptiste:Effectivement, donc tu le disais à l'instant, l'étude elle montre de fortes disparités selon les métiers. Tu as parlé des fonctions d'entreprise, de la création et du support. 19% des offres sont ouvertes au début de carrière contre seulement, par exemple, 2,4% dans la santé, le social et la protection.
Lisa:Comment est-ce que là aussi, très rapidement, en quelques mots tout simplement, on explique de tels écarts Alors l'alternance, finalement, c'est un outil de formation, donc elle est particulièrement répandue les domaines où la formation généralement est plutôt généraliste, donc avec de forts écarts d'entreprise en entreprise, alors que les métiers de la santé ou de l'artisanat sont un peu plus standardisés, réglementés. Et du coup, les besoins de formation initiale sont peut-être moins importants, en tout cas très différents. Et donc les contraintes réglementaires et les modes de recrutement jouent un rôle important dans ces différences.
Jean-Baptiste:La tech et l'ingénierie, pour citer ces exemples-là aussi, consacrent 15,3% de leurs offres aux juniors. Est-ce que cela remet en cause l'idée selon laquelle les jeunes diplômés, finalement, de la tech seraient aujourd'hui sacrifiés quelque part Pas selon nos données.
Lisa:Nos données ne montrent pas forcément que la tech pénalise plus les débutants que d'autres secteurs. On aime bien, les économistes aiment bien utiliser l'image d'un gâteau qui est devenu plus petit ou plus grand. Le gâteau de la tech est devenu plus petit ces dernières années et donc la part du gâteau qui est dédiée aux jeunes a beau être en légère croissance, il y a quand même moins d'opportunités dans l'ensemble qu'il y a encore quelques années et les métiers de la tech ont beaucoup plus reculé que d'autres métiers.
Jean-Baptiste:Donc ça va au-delà de la sphère jeune là pour le coup. On parle énormément aussi d'intelligence artificielle, de la disparition possible aussi des tâches qui étaient peut-être confiées traditionnellement aux juniors, en tout cas à celles et ceux qui venaient d'entrer dans la vie active. Qu'est-ce que vos données, elles, ton enquête révèle sur ce sujet Tout d'abord, c'est une inquiétude légitime, on en parle beaucoup.
Lisa:L'idée pourrait remplacer, automatiser certaines tâches à dominante routinière qui qui étaient historiquement confiés aux profils débutants. Et donc, si on suit cette logique, l'hypothèse que j'ai regardée serait que dans les métiers qui sont le plus exposés à un potentiel de substitution, entre guillemets, les offres ouvertes aux débutants auraient plus baissé que dans les métiers moins exposés. Mais cette hypothèse-là ne se confirme pas dans nos données pour l'instant et les difficultés actuelles semblent vraiment avant tout liées au ralentissement du marché.
Jean-Baptiste:Donc dire que l'IA aujourd'hui est coupable de cette réduction possible des offres à destination des jeunes C'est une idée, quoi.
Lisa:C'est une idée. L'IA, tout dépend aussi de l'expansion de l'IA et le lien entre l'intelligence artificielle et la demande de travail est très, très complexe. Les économistes ne sont pas du tout d'accord sur l'impact sur l'emploi. Tout dépend comment elle est appliquée. Ce que je peux dire, c'est qu'aujourd'hui, je ne vois pas d'indication dans nos données que ces métiers exposés font souffrir davantage les jeunes.
Jean-Baptiste:Alors, ce qui est intéressant quand même, c'est si l'IA ne vient pas expliquer le recul actuel, est-ce qu'elle peut malgré tout transformer la façon dont les entreprises vont, elles, concevoir les postes de premier niveau dans les prochaines années Oui, probablement.
Lisa:Donc elle va transformer le contenu des postes beaucoup plus que leur volume. Moi, dans mes premiers emplois, j'étais souvent amenée à écrire les comptes-rendus des réunions. Il n'y a plus besoin de faire ça. Certaines tâches qui sont répétitives et peut-être franchement pas très intéressantes pourraient être automatisées alors que les juniors maintenant pourraient être attendus sur l'analyse, le conceptuel, stratégiques, on peut les impliquer dans beaucoup plus de choses intéressantes et ça peut conduire les entreprises à repenser un peu leur parcours d'apprentissage.
Jean-Baptiste:Mais oui, parce que c'est un vrai sujet effectivement. Si certaines tâches d'entrée de gamme aujourd'hui sont complètement automatisées ou sont en passe de le devenir, la vraie question c'est comment les jeunes vont pouvoir acquérir de l'expérience nécessaire qui va ensuite finalement leur permettre de s'upgrader et de monter en compétences Oui, les entreprises vont devoir continuer à proposer des parcours de formation intéressantes.
Lisa:Et pour monter en compétences, l'alternance, le mentorat, l'apprentissage sur le terrain vont rester essentiels pour vraiment construire cette expérience professionnelle.
Jean-Baptiste:Il était bien ce passage aussi sur l'IA, il y avait besoin d'en parler. Ton étude, quand on la regarde de près, elle rappelle aussi qu'un accès retardé au premier emploi peut avoir des conséquences durables sur les salaires et les trajectoires professionnelles qui vont avec. À partir de combien de temps est-ce que vous arrivez, vous, à l'estimer Combien de temps de chômage en début de carrière doit-on vraiment commencer à s'inquiéter Alors, il n'existe pas de seuil universel celle à partir de quel moment il faut s'inquiéter.
Lisa:Le taux d'emploi des différentes générations finit aussi généralement par atteindre des niveaux semblables aux autres. Mais un marché qui offre plus d'opportunités permet aussi aux jeunes professionnels de changer, de renégocier, apprendre sur différents postes, essayer différents rôles et dans différentes entreprises. Et lorsque cette mobilité manque, même quand il y a des périodes de chômage en début de carrière, ça peut laisser des cicatrices Ça peut laisser des traces sur plusieurs années, sur les salaires, sur la productivité, etc.
Jean-Baptiste:Tout à l'heure, Lisa, tu parlais des employeurs qui de plus en plus se tournaient vers des profils un peu plus expérimentés, en tout cas qui étaient tout de suite opérationnels. Au-delà même des jeunes, est-ce que les entreprises, elles ne prennent pas un risque à moyen terme justement en privilégiant systématiquement ce type de profil Oui, en quelque sorte, parce qu'une entreprise qui recrute moins de débutants aujourd'hui peut rencontrer plus de difficultés à trouver des profils expérimentés de demain.
Lisa:On a besoin de ces jeunes qui commencent aujourd'hui pour avoir des personnes qui ont 5 ans d'expérience dans 5 ans. Et c'est un enjeu très important, surtout dans un contexte de besoins changeants et en termes de compétences qualifiées et dans un contexte de vieillissement démographique.
Jean-Baptiste:Et dans ce cas-là, est-ce qu'Indeed, est-ce que le hiring lab d'Indeed en fait a des recettes pour aider finalement les employeurs à continuer à ménager de vraies portes d'entrée vers l'emploi sans renoncer pour autant à leurs exigences techniques, de suite là de productivité Alors idéalement, évidemment, continuer à ouvrir certains postes aux profils débutants, leur laisser cette chance même si le marché est devenu plus concurrentiel, c'est certain.
Lisa:Investir dans la formation, dans le tutorat, l'accompagnement des nouvelles recrues et aussi considérer les recrutements comme un investissement dans les compétences de demain. Investir dans le potentiel finalement d'un candidat et pas juste dans ses compétences actuelles. Et du côté des jeunes, elle est où la carte à jouer finalement auprès des employeurs Quels signaux ils doivent aujourd'hui envoyer aux recruteurs pour compenser peut-être justement ce déficit d'expérience qu'ils ont au départ dans un marché qui est devenu en plus de plus en plus concurrentiel Vraiment valoriser toutes les expériences concrètes qu'on peut mentionner en stage, en stage pendant le lycée, les projets, les engagements personnels, mettre en valeur tout ce qu'on peut avoir parce que les compétences démontrées, même acquises au lycée ou à titre privé, peuvent montrer à un recruteur qu'on est vite opérationnel, qu'on est prêt à s'adapter et qu'on apprend rapidement, etc.
Jean-Baptiste:C'est l'occasion de mettre un focus peut-être sur les soft skills qui sont évidemment hyper importants puisque les entreprises ne vont pas hésiter après à investir justement dans ces softs, quitte à apporter un peu plus de compétences dures après à la personne qui vient postuler.
Lisa:Est-ce que l'alternance aujourd'hui, elle doit rester le principal levier levier de politique publique pour l'emploi des jeunes ou est-ce qu'il faut imaginer, commencer à réfléchir à d'autres dispositifs d'entrée dans l'emploi Oui, même si on peut dire que l'alternance reste un des outils les plus efficaces pour faciliter l'insertion professionnelle, il reste important de garder les portes d'entrée ouvertes pour les jeunes et leur donner la possibilité, la chance de trouver un premier emploi.
Jean-Baptiste:Finalement, Lisa, et ce sera ma dernière question, est-ce que le problème aujourd'hui est vraiment un manque d'emplois juniors ou plutôt un marché qui est devenu trop sélectif pour ceux qui n'ont pas encore eu justement la possibilité d'accumuler tout simplement de l'expérience Ce sont les deux, les deux phénomènes jouent un rôle et ils sont étroitement liés.
Lisa:Donc il y a moins d'emplois, l'économie ne permet pas en ce moment d'ouvrir un nombre illimité de postes, donc c'est plus compliqué pour les jeunes et pour tout le monde, mais particulièrement pour les jeunes qui ont cette double peine de ne pas avoir beaucoup d'expérience au départ. Donc il y a moins d'offres d'alternance, moins d'offres débutantes, temps. Et en plus, on a cette concurrence accrue sur le reste. Donc l'enjeu en ce moment, c'est vraiment de maintenir les portes d'entrée vers l'emploi pour permettre aux jeunes d'acquérir l'expérience qui leur manque sinon.
Jean-Baptiste:C'est pas toujours simple en tout cas, et on leur souhaite évidemment beaucoup de courage. Merci beaucoup Lisa d'avoir gentiment répondu à notre invitation et à mes questions. C'était Job News by Indeed, c'est le podcast qui décrypte chaque mois les grandes évolutions du marché de l'emploi. Et si vous avez apprécié cet épisode, eh bien vous pouvez le dire, pouvez partager autour de vous, même laisser une évaluation. Allez-y sur votre plateforme d'écoute préférée. On est disponible absolument partout sur Deezer, Spotify, Amazon Music, Apple Podcast. On se retrouve très bientôt pour un prochain épisode.
Lisa:Salut Lisa Salut, merci beaucoup. Ciao ciao, salut Job Radio vous a présenté Job News by Indeed, le podcast qui décrypte l'actu de l'emploi.