Le repos : la compétence que tu as oubliée.
Aujourd’hui, je te parle d’une compétence que tu as complètement oubliée.
Une compétence qui ne figure dans aucune fiche de poste, aucun plan de formation, aucun bilan professionnel…
Et pourtant, sans elle, tu perds ton intelligence, ta créativité, tes relations, ta santé.
Cette compétence, c’est le repos.
Je ne te parle pas des vacances, ni des RTT, ni de dormir un peu plus le we.
Je te parle du repos en tant qu’activité.
Le repos comme processus neuro-psychique.
Le repos comme acte professionnel conscient.
Et oui : se reposer est un acte professionnel.
“Vaquer” : ce que tu as désappris en devenant adulte
Quand tu étais à l’école, il y avait la récréation.
Personne ne t’expliquait pourquoi. Personne ne te disait que c'était vital.
Et pourtant, la récréation, c’est l'un des plus grands gestes pédagogiques de l’histoire.
La récréation, c’est le moment où ton cerveau décroche du raisonnement pour entrer dans un mode qu’on appelle réseau par défaut :
un mode dans lequel le cerveau réorganise, associe, consolide, recrée.
Autrement dit :
👉 c’est quand tu ne fais rien que tu deviens plus intelligent.
Nous avons perdu cette compétence.
Nous avons remplacé le vide par des écrans.
Le silence par des réunions.
L’inactivité par de la productivité forcée.
Et on appelle ça… “professionnel”.
Pourquoi l’absence de repos détruit littéralement tes capacités
Quand tu travailles trop longtemps, ton cerveau passe en mode survie.
Et un cerveau en survie n’est ni créatif, ni intelligent, ni stratège.
Il devient réactif, rigide, facilement irritable.
Les neurosciences sont très claires :
au-delà de 90 minutes d’activité mentale soutenue, ton efficacité décroît fortement ;
au-delà de 8–9 heures de travail par jour, tu prends de mauvaises décisions sans t’en rendre compte ;
après une journée trop longue, ton cortex préfrontal — la zone du raisonnement complexe — fonctionne à 60 %.
Tu peux imaginer ce que ça donne quand tu diriges une équipe…
Les effets délétères d’une exposition excessive au travail, aux écrans, aux réunions
A. Sur ton cerveau
perte de mémoire de travail
difficulté à prioriser
surchauffe cognitive
fatigue décisionnelle
incapacité à prendre du recul
En clair : tu gères ton service comme si tu conduisais dans le brouillard avec les feux éteints.
B. Sur tes émotions
irritabilité
intolérance à la contradiction
baisse de l’empathie
hypersensibilité à la pression
Un manager fatigué devient mécaniquement un manager dur — même s'il ne veut pas l’être.
C. Sur ton corps
tensions musculaires
sommeil fragmenté
maux de tête
respiration courte
digestion perturbée
Ton corps te parle, mais tu ne l’écoutes plus.
D. Sur ton équipe
Tu crois “tenir”.
Mais les autres voient :
ton agitation
ta déconnexion
tes sautes d'humeur
ton imprécision
ton impatience
L’équipe absorbe l'état du manager. Toujours.
Je t’explique ce que j’ai entendu de Valérie, manager.
Elle enchaîne les réunions, les mails, les décisions. Elle ne prend plus de pause. Elle mange son sandwich à midi sur le coin de son bureau, avec les écrans allumés, les mails affichés.
À 16h, son cerveau n’a plus de carburant. Elle me disait que pourtant elle ressentait son corps qui réclamait de l’énergie, qu’elle voyait bien que son attention baissait en milieu d’après-midi.
Et puis un jour, elle valide un projet qu’elle n’a pas lu correctement. Conséquences financières lourdes, ambiance pesante, estime de soi à la baisse.
Son équipe a passé trois semaines à rattraper l’erreur…
Pour une décision qui, reposée, lui aurait pris… 30 secondes et sans effets néfastes à réparer.
La collaboratrice qui reste devant son écran sans bouger
Je te parle d’Emilie, elle a tellement intégré que “rester assise = travailler” qu’elle se force à rester immobile.
Son cerveau, saturé, lit les mots sans les comprendre.
Elle relit trois fois le même paragraphe.
Elle croit qu’elle manque de compétences.
Et elle me dit avec ses mots : je suis nulle, j’ai des troubles de l’attention, je dois consulter…
Mais Non : elle manque de repos et probablement d’activité physique.
Le dirigeant qui pense qu’il doit être disponible
Enfin, je te raconte la petite histoire de Marc.
Il répond à tout. Il coupe sa concentration toutes les trois minutes. Un mail, un texto, une personne qui passe devant son bureau… et à chaque fois il s’interrompt pensant qu’il y a une réponse à apporter, quelque chose à faire, un problème à résoudre.
Son cerveau vit dans l’urgence permanente.
Il devient agressif sans vouloir l’être.
Il perd la vision stratégique et ne voit plus venir les signaux faibles.
Il n’a pas besoin d’un coach : il a besoin de s’arrêter, de se mettre au repos. Et se mettre au repos, ce n’est pas se mettre en congé pendant trois jours, en arrêt maladie, ou je ne sais quoi.
Non, c’est simplement se créer une hygiène de vie où dans la journée je marque des temps de pause pour reposer mon cerveau, mon corps, les deux parfois. Et il ne faut pas attendre de ressentir la fatigue. Il faut le prévoir dans sa journée tout simplement.
Le repos n’est pas du temps perdu.
C’est l’endroit où ta compétence se recharge. C’est comme mettre ta voiture à la borne électrique. Elle ne roule pas, elle charge ses batteries.
Ce que tu peux faire dès aujourd’hui
5 minutes sans écran entre deux réunions.
marcher sans ton téléphone pendant 10 minutes le midi.
programmer une vraie pause toutes les 90 minutes.
arrêter de vouloir “rentabiliser” chaque minute.
Et surtout :
vaque. Laisse-toi respirer. Laisse ton cerveau vivre.
Le repos, c’est ta dernière compétence oubliée.
Et si tu veux retrouver ta clarté, ta créativité, ta Puissance, tu dois redevenir un humain qui se repose. Pas un robot qui tient jour et nuit.