Aujourd’hui, j’ai envie de te poser une question qui dérange.
Est-ce que le plaisir est compatible avec la performance ?
Parce que si on regarde beaucoup d’organisations, la réponse implicite est plutôt non.
Le travail c’est sérieux.
Pour être performant il faut être sous pression.
Le professionnalisme c’est quelque chose d’important, parfois vécu comme quelque chose de grave, je veux dire très sérieux.
Et dès que ça rit un peu trop…
on commence à se demander si les gens travaillent vraiment. Tu vois ce que je veux dire ?
En quelques mots, je soulève une tonne de croyances autour du plaisir au travail. C’est très souvent un sujet tabou
…
Et pourtant… dans le vivant, c’est exactement l’inverse.
Un système vivant fonctionne avec de l’énergie.
Pas avec de la contrainte.
Pas avec de la tension permanente.
Non, il faut de l’énergie.
Et cette énergie… elle vient d’où ?
C’est ça la vraie question. Comment trouver cette ressource, cette énergie dans une équipe qui travaille ?
Parce que tu peux mettre tous les process du monde,
tous les outils,
tous les indicateurs…
Si votre système est à plat,
ça ne produira pas de performance durable.
…
Dans le vivant, l’énergie ne se décrète pas.
Elle se nourrit.
Et une des sources principales de cette énergie…
c’est le plaisir.
Alors attention.
Quand je parle de plaisir, je ne parle pas de baby-foot et de corbeilles de fruits.
Pourquoi pas. Mais ce n’est pas ça le sujet.
Le plaisir dont je parle, c’est quelque chose de beaucoup plus fondamental. Ce n’est pas un plaisir éphémère, circonstancié à un événement ponctuel. Je parle d’un plaisir durable, qui reste là quelque soit ce que l’on fait.
Je t’apporte quelques réponses, le plaisir c’est…
👉 aimer ce que tu fais
👉 sentir que tu es bien à ta place
👉 te sentir utile et être sollicité pour ce que tu fais le mieux sans grands efforts
👉 être reconnu pour ça
👉 progresser
👉 contribuer
👉 ressentir ta puissance en faisant ce que tu fais
…
Quand ces éléments sont réunis…
il se passe quelque chose de très simple.
Les gens s’engagent. Naturellement. Sans qu’on ait besoin de les pousser.
…
Et à l’inverse, quand le plaisir disparaît…
Tu as peut-être déjà observé ça :
La créativité chute
Les gens font le minimum
La coopération devient compliquée
Et la fatigue… augmente
Même sans surcharge de travail.
…
D’ailleurs, petit aparté.
As-tu déjà remarqué comme certaines journées te vident complètement de ton énergie ?
alors que tu n’as pas nécessairement “fait grand-chose” ?
Et à l’inverse, des journées très denses
où tu es fatigué… mais satisfait ?
Tu vois que ce n’est pas une question de quantité.
C’est une question d’énergie.
…
Et dans une équipe, c’est exactement pareil.
La performance durable est directement liée à l’énergie du système.
Et cette énergie, elle dépend en grande partie… du plaisir.
…
Alors la vraie question pour un manager, un chef d’équipe, un dirigeant, ce n’est pas :
“Comment je motive mes équipes ?”
C’est selon moi une mauvaise question.
La vraie question, à se poser serait :
👉 Où est-ce que mon équipe trouve son énergie ?
👉 Et qu’est-ce qui, aujourd’hui, l’empêche d’en avoir ?
…
Parce que oui, le rôle du leader, ici, est central.
Ce n’est pas de “créer du plaisir” comme on organiserait un événement.
C’est de regarder ce qui manque… pour que ce plaisir puisse exister.
…
Par exemple :
Est-ce que les personnes font réellement ce pour quoi elles sont les meilleures ?
Ou est-ce qu’elles passent leur temps à compenser leurs faiblesses ?
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Est-ce que les compétences sont reconnues ?
Ou est-ce que tout est considéré comme “normal” ?
…
Est-ce que les gens s’entraident ?
Ou est-ce que chacun travaille dans son coin, en silo, en essayant de survivre ?
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Est-ce que les réussites sont visibles ?
Ou est-ce qu’on ne parle que de ce qui ne va pas ?
Les succès sont-ils célébrés ? Ou juste notifiés ?
…
Tout ça, ce sont des sources… ou des fuites d’énergie.
…
Et là, j’ai envie de te proposer une image.
Si je parle d’énergie, je peut parler de carburant.
Le plaisir, c’est un carburant.
Mais un carburant tout seul… ça ne suffit pas.
Il faut aussi des comburants.
C’est ce qui permet au carburant de brûler.
C’est ce qui permet au moteur de créer du mouvement en étant puissant.
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Alors… c’est quoi les comburants dans une organisation ?
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Je t’en propose quelques-uns.
La reconnaissance.
Très simple… mais très sous-estimée.
Sans reconnaissance, le carburant ne prend pas.
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La clarté.
Savoir où on va, pourquoi on fait les choses.
Sinon, l’énergie se disperse.
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La sécurité relationnelle.
Pouvoir dire les choses sans se mettre en danger.
Sinon, l’énergie est consommée… à se protéger.
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La coopération.
Parce qu’un système isolé consomme plus d’énergie qu’un système connecté.
…
Le sens.
Comprendre à quoi on contribue.
Sinon, le moteur tourne… dans le vide.
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Et puis il y a aussi des catalyseurs.
Ces petites choses qui accélèrent la réaction.
Un feedback au bon moment.
Un encouragement, voire du soutien si nécessaire.
Une prise d’initiative valorisée.
Un droit à l’erreur réel.
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Et là, on commence à voir apparaître quelque chose d’intéressant.
La performance, ce n’est pas une question de pression.
C’est une question de combustion.
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D’ailleurs, on le dit tous sans y penser :
“On carbure.”
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Mais à quoi, exactement ?
…
Parce qu’on peut aussi carburer à la peur.
À la pression.
À l’urgence permanente.
Ça marche à court terme.
Mais ça épuise le système.
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Le véritable enjeu, c’est de faire en sorte que ton équipe carbure…
à quelque chose de durable.
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Et ça, ça demande un changement de posture.
Ce n’est plus :
“Comment je pousse ?”
C’est :
👉 Qu’est-ce que j’alimente ?
👉 Et qu’est-ce que je laisse s’éteindre ?
…
Et parfois, ça passe par des choses très concrètes.
Revoir une répartition de rôles.
Nommer une compétence.
Créer un espace de parole.
Encourager une entraide.
Offrir un coaching.
Mettre en place une formation, etc…
…
Des choses simples.
Mais qui changent profondément le niveau d’énergie.
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Alors je te laisse avec cette question :
Aujourd’hui, dans ton équipe…
👉 Est-ce que tu es en train d’augmenter l’énergie…
👉 ou de la consommer ?
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Parce que la performance durable ne vient pas de l’effort.
Elle vient de l’énergie disponible.
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Et cette énergie…
elle ne se force pas.
Elle se nourrit.