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HN Services : Former pour recruter : le modèle qui bouscule la tech
Episode 983rd April 2026 • ZeBoîte • Jobradio
00:00:00 00:24:59

Shownotes

Pour ce nouvel épisode de ZeBoîte, le podcast des entreprises qui recrutent, Jean-Baptiste Vennin reçoit Ophélie Milon, DRH du groupe HN Services, spécialiste des services informatiques et de la formation aux métiers du numérique.

Un épisode au cœur d’un enjeu majeur : la pénurie de talents dans la tech, la reconversion professionnelle, et un modèle radical… former pour recruter.

L’histoire démarre en 1983, avec une conviction forte : quand on ne trouve pas les talents… on les crée.

Aujourd’hui, HN Services, c’est :

◉ Plus de 40 ans d’existence

◉ Un centre de formation interne créé dès 1989

◉ Plus de 8 000 personnes formées et intégrées en entreprise

◉ 300 recrutements prévus en 2026

◉ Un modèle unique : formation → embauche → mission chez le client

Et surtout, une entreprise qui continue de croître dans un marché pourtant sous tension.

Former plutôt que chercher : un modèle à part

Dans un secteur où plus de 80 000 postes restent à pourvoir, H&S fait un choix stratégique :

◉ Former en interne sur des métiers en tension (Java, Mainframe…)

◉ Recruter des profils en reconversion

◉ Miser sur le potentiel plutôt que sur le CV

Un modèle testé… depuis plus de 40 ans.

Un accélérateur de reconversion

Chez HN Services la reconversion est une vraie opportunité :

◉ Formation intensive de 2 à 3 mois

◉ Parcours complet jusqu’à l’emploi

◉ Intégration directe en CDI après formation

◉ Mise en mission chez des clients grands comptes

Des profils variés :

◉ Mathématiciens, biologistes, chimistes

◉ Enseignants

◉ Profils atypiques (artisanat, reconversion totale…)

Un seul prérequis : logique, motivation… et envie d’apprendre.

Les métiers qui recrutent

Les besoins sont constants et massifs :

◉ Concepteurs-développeurs (priorité)

◉ Business analysts

◉ Chefs de projet

◉ Techniciens et pilotes d’exploitation

Où postuler ?

Pour rejoindre l’aventure :

👉 https://www.hn-services.com

🎧 Épisode disponible sur jobradio.fr et sur toutes les plateformes de podcast.

Vous êtes une entreprise qui recrute et souhaitez valoriser vos métiers et votre marque employeur dans ZeBoîte ?

👉 Prendre un rendez-vous :

https://calendly.com/jean-baptiste-vennin/30min

Transcripts

Jean Baptiste:

Trouver un développeur Java expérimenté aujourd'hui, c'est parfois plus compliqué que de trouver un appartement en plein Paris. Et d'ailleurs, selon les estimations de la filière numérique, notamment Numéum, plus de 80 000 postes resteraient à pourvoir dans les métiers du digital en France. Alors, plutôt que de chasser les talents devenus introuvables, cette entreprise, elle, a fait le choix, un choix radical, celui de former pour recruter autrement. et elle vient d'obtenir tout récemment la certification Caliopi pour son centre de formation interne. Bienvenue dans The Boat, le podcast des entreprises qui recrutent. L'entreprise dont on parle aujourd'hui, qui recrute, s'appelle H&S. Bonjour Ophélie Milon.

Ophélie Milon:

Bonjour Jean-Baptiste.

Jean Baptiste:

Et bienvenue à toi.

Ophélie Milon:

Merci.

Jean Baptiste:

Tu vas bien?

Ophélie Milon:

Très bien, et toi?

Jean Baptiste:

Eh bien écoute, parfaitement, ravi de te recevoir. Tu es DRH, donc du groupe H&S, depuis trois ans c'est ça?

Ophélie Milon:

Trois ans, c'est ça.

Jean Baptiste:

Depuis trois ans.

Ophélie Milon:

Trois belles années.

Jean Baptiste:

Trois belles années, qui passent vite tu me disais.

Ophélie Milon:

Très vite.

Jean Baptiste:

Alors H&S existe depuis 1983. Votre centre de formation dont je parlais en introduction, lui, remonte à 1988. Un choix plutôt audacieux, j'ai envie de dire, même pour l'époque. Pourquoi avoir fait ce pari de créer votre propre centre de formation et si tôt?

Ophélie Milon:

En effet, c'est un choix audacieux et novateur à l'époque. Et c'est vrai que ça fait 40 ans qu'on a le même constat. On est sur un marché pénurique en termes de profils informatiques. Et donc, quand on n'arrive pas à trouver les talents dont on a besoin, il faut les créer. Et donc, c'est avec cet état d'esprit que notre fondateur a créé HN Institut en 1989.

Jean Baptiste:

Visionnaire, déjà.

Ophélie Milon:

Tout à fait.

Jean Baptiste:

Alors aujourd'hui, ton groupe annonce 300 embauches pour 2026, dont 20% de jeunes diplômés et profils en reconversion. Pourquoi ce modèle formation-emploi est devenu aussi stratégique, j'ai envie de dire?

Ophélie Milon:

Alors c'est un modèle qui fonctionne, comme je disais qu'on teste depuis 40 ans et c'est aussi l'institut de la deuxième chance pour les personnes qui auraient envie de changer de voie, de changer de carrière et de se reconvertir dans un secteur qui recrute, qui recrutait hier, qui recrute aujourd'hui et qui va recruter demain.

Jean Baptiste:

Bon bah c'est une bonne nouvelle ça déjà.

Ophélie Milon:

Très bonne nouvelle.

Jean Baptiste:

Ok, alors on va en parler tout à l'heure un peu plus des profils notamment de reconversion. Plutôt que de chasser les talents comme le font beaucoup finalement de SN, vous avez donc fait le choix de les former. C'est un choix j'ai envie de dire à la fois, t'as parlé de stratégie derrière, mais économique, RH, culturel, c'est tout à la fois, c'est...

Ophélie Milon:

Exactement, c'est un vrai concept, c'est une vraie conviction et c'est vraiment l'ADN d'H&N où on a eu envie d'offrir des secondes chances à des collaborateurs qu'on va former au métier de l'informatique en 2-3 mois, on va les recruter et ensuite on va les mettre en prestation chez nos clients. Donc c'est vraiment un parcours gagnant-gagnant pour tout le monde.

Jean Baptiste:

Oui, alors parce que H&S, si on explique véritablement votre mission, c'est justement de mettre à disposition de vos clients vos collaborateurs.

Ophélie Milon:

Tout à fait, qui sont des consultants informatiques et qui vont les accompagner sur tous leurs projets de transformation ou de performance informatique.

Jean Baptiste:

Ok, vous formez plus de 60 personnes par an sur des métiers notamment en tension, Java, Mainframe, pourquoi ces métiers sont encore stratégiques aujourd'hui pour les entreprises?

Ophélie Milon:

Eh bien, parce que le système éducatif français, qu'on adore, mais n'arrive pas à fournir assez d'ingénieurs informatiques sur ces technologies-là, qui restent des technologies centrales et encore très, très utilisées. Et donc, il faut qu'on puisse trouver des solutions autres pour pouvoir fournir ces compétences à nos clients.

Jean Baptiste:

Alors, je le disais aussi tout à l'heure en introduction, mais vous venez d'obtenir la certification Calliope. C'est un long parcours du combattant, on va dire.

Ophélie Milon:

C'est rien de le dire.

Jean Baptiste:

Mais vous l'avez obtenue. C'était quoi l'objectif derrière?

Ophélie Milon:

Alors nous, effectivement, Calliope, c'est un label, comme vous le disiez, qui certifie les organismes de formation et donc ils vont attester de la qualité et de certains standards de formation. Donc nous, sur la qualité de notre formation, si vous voulez, on est assez convaincus puisqu'on a formé et positionné chez nos clients plus de 8000 personnes. Néanmoins, pour ceux qui ne connaissent pas encore HN, c'est aussi un gage de qualité pour nous rejoindre et engager ce parcours de formation avec nous.

Jean Baptiste:

Finalement, ce que tu es en train de me dire, c'est que ça sert aussi la marque employer quelque part.

Ophélie Milon:

Tout à fait.

Jean Baptiste:

Bon, écoute, j'ai vu 37 indicateurs à respecter, un an de travail, une équipe entièrement dédiée à cela. Cet investissement, il était devenu indispensable?

Ophélie Milon:

Alors, indispensable, je sais pas, mais en tout cas c'était un choix de notre part et c'était une volonté de pouvoir vraiment certifier notre parcours de formation et le faire savoir, le faire connaître à toutes les personnes, à nos clients également, et aussi à nos futurs candidats.

Jean Baptiste:

Alors, quelle UPI permet de mobiliser les POIE, les préparations opérationnelles à l'emploi individuel, financées par France Travail? Ça sécurise vos recrutements, ça?

Ophélie Milon:

En fait, ça nous permet d'avoir une sorte de partenariat implicite avec France Travail, puisqu'on va embaucher des personnes qui sont en recherche d'emploi, on va les former, on va les embaucher et les mettre en prestation. Donc on est aussi un acteur, finalement, pour favoriser le retour à l'emploi de personnes qui seraient soit en reconversion, soit en recherche d'emploi.

Jean Baptiste:

Ça change quelque chose, le fait d'être labellisé Calliope pour vos entrants, vos futurs formés?

Ophélie Milon:

Alors ce qui va se passer c'est plutôt en termes de prise en charge, où effectivement la prise en charge va se faire plutôt par fonce-travail, et donc nous ils vont être pris en charge par HN, uniquement quand ils vont être arrivés au bout de leur cursus de formation et embauchés en CDI.

Jean Baptiste:

Alors j'imagine que non, parce que vous existez déjà depuis 40 ans le centre de formation de CASI, mais est-ce que ça vient rassurer aussi entre guillemets vos clients cette certification?

Ophélie Milon:

Alors les clients qui nous connaissent, non, ils sont déjà rassurés parce qu'ils testent la qualité de nos apprenants. En revanche, ça peut en effet rassurer des nouvelles entreprises avec qui on ne travaillerait pas encore.

Jean Baptiste:

Alors je parlais tout à l'heure de 300 embauches pour cette année 2026. Sur quel métier prioritaire Alors tous les

Ophélie Milon:

métiers que tout le monde s'arrache.? Donc évidemment c'est les concepteurs-développeurs, donc ça c'est les ingénieurs informatiques qui vont coder. Donc ça c'est vraiment notre cœur de métier et les profils qu'on recrute le plus. On a également beaucoup de besoins en termes de business analyst. C'est des personnes qui vont faire le lien entre des gens comme nous, des gens du métier, et les équipes techniques. Et puis on recrute beaucoup également des chefs de projet et toutes les personnes qui vont être chargées de maintenir nos systèmes, donc les techniciens et les pilotes d'exploitation.

Jean Baptiste:

Et parmi tous les métiers que tu viens de citer, est-ce qu'il y en a qui sont vraiment en tension pour vous?

Ophélie Milon:

Concepteur, développeur, c'est vraiment, ça reste un métier en tension.

Jean Baptiste:

OK, on va parler un petit peu reconversion. C'est quoi finalement, Ophélie, pour toi, le bon profil, je dirais, en reconversion chez H&S?

Ophélie Milon:

Alors on a historiquement plutôt des profils scientifiques, diplômés, Bac plus 5 et plus, donc dans des secteurs chimie, biochimie, mathématiques. C'est des personnes, c'est vrai qu'ils ont déjà la tête bien faite, ils ont été bien formés et ils ont une capacité de modéliser et de peut-être prendre un peu de hauteur et de voir un projet informatique dans son ensemble. Et donc c'est un vrai plus quand on les intègre après dans des équipes avec des personnes qui viennent de profils variés.

Jean Baptiste:

Alors je sais que c'est pas évident parce que tu vois des multiples profils chaque année évidemment défiler devant toi et devant tes équipes. Mais pour autant, histoire de se projeter comme ça, t'as pas un exemple à nous donner d'une personne qui s'est reconvertie et pour qui ça a été une vraie réussite?

Ophélie Milon:

Alors des exemples, on en a des centaines. Honnêtement, on a eu dernièrement un prof de maths. qui finalement ne se retrouvait plus dans le métier qu'il avait choisi et a souhaité se reconvertir au métier de l'informatique. On a intégré également dans nos équipes techniques internes une jeune fille qui avait fait des études en mathématiques, agrégées de mathématiques, à un niveau très élevé, et aujourd'hui qui s'épanouit avec nos équipes techniques H&S.

Jean Baptiste:

Alors là, c'était deux exemples de personnes qui étaient dans les chiffres, entre guillemets.

Ophélie Milon:

On a des biologistes, des chimistes. On a eu une fois quelqu'un qui était issu des milieux plutôt artisanat, de la boucherie. Donc ça arrive, c'est plus rare, mais on a des tests techniques au départ. Donc en fait, potentiellement, tout le monde peut prétendre et peut essayer de passer ces tests. Ce n'est pas parce que vous n'avez pas choisi à un moment donné d'aller vers une filière scientifique que pour autant, vous n'êtes pas aptes et capables de vous reconvertir. En tout cas, chez H&M, les portes sont ouvertes, donc venez Et venez nous parler, on fait les tests, on vous explique comment ça fonctionne et peut-être que vous avez trouvé une nouvelle vocation.

Jean Baptiste:

Et pour le coup, c'est bien parce que ça te livre de belles histoires comme ça à raconter, j'imagine?

Ophélie Milon:

Oui, tout à fait. Et c'est vrai que pour nous, c'est aussi une fierté parce que... Et la belle histoire un peu avec ces personnes-là, c'est que c'est des personnes qu'on va accompagner et avec qui on crée un lien un peu spécifique parce qu'il y a toute une démarche d'hésitation parfois dans la reconversion. Donc il y a vraiment un lien de proximité très fort. Et puis c'est des personnes qu'on envoie en prestation chez nos clients. Parfois ils sont embauchés par ces clients et après ils vont nous reprendre ce qu'on appelle nous nos jeunes diplômés. Donc c'est vraiment un cercle vertueux et on est très fiers de ça.

Jean Baptiste:

Tu m'étonnes. Qu'est-ce que tu dis toi à quelqu'un qui pense encore que le numérique ce n'est pas pour lui?

Ophélie Milon:

Venez nous voir, il y a énormément de métiers dans le numérique. Il y a aussi... On travaille avec tous les secteurs d'activité, la santé, le commerce, l'agriculture, donc en fait vous n'êtes pas cantonné à du technique technique derrière votre ordinateur. Il y a beaucoup de métiers fonctionnels et donc il y a forcément un métier pour vous.

Jean Baptiste:

Qu'est-ce qui vient vous garantir, probablement rien, que finalement les personnes que vous allez former vous partent ailleurs à notre moment?

Ophélie Milon:

Rien en effet, mais comme pour tous les autres recrutements, après nous chez H&N, on a vraiment décidé de placer le cœur au centre de nos préoccupations. Donc on essaye de les développer un maximum, développer leurs compétences, s'assurer de leur bien-être, leur proposer des missions qui soient toujours intéressantes et un challenge. Donc avec ça, on essaie de les fidéliser, mais pour autant, ils peuvent en effet partir chez nos clients, à la concurrence, mais peut-être qu'ils reviendront chez H&N demain.

Jean Baptiste:

Alors si je candidate moi aujourd'hui chez H&S, ça va être quoi mon parcours?

Ophélie Milon:

Alors on a un... donc si vous êtes... ça dépend en fait quel type de profil vous visez, mais en attendant, si vous êtes donc sur la reconversion, vous aurez un échange donc avec nos équipes dédiées et qui vont vous présenter un peu les métiers de l'informatique parce que vous n'avez pas cette connaissance-là encore. Vous aurez des tests techniques, parce que l'idée c'est pas d'envoyer des personnes en échec. Il faut s'assurer quand même qu'au départ il y a quand même une base de logique qui va fonctionner. Ensuite, vous allez intégrer notre centre de formation HN Institute, vous allez suivre la formation, vous allez être suivi par nos formateurs, et à l'issue, vous allez rejoindre le parcours classique, si vous voulez, d'un recrutement chez HN, et donc vous allez être en contact avec nos équipes RH et commerciales pour vous trouver une mission.

Jean Baptiste:

Test technique, test de logique tu as dit, entretien j'imagine...

Ophélie Milon:

Exactement.

Jean Baptiste:

Humain.

Ophélie Milon:

Tout à fait et c'est très très important dans les entreprises de service. Les soft skills, la capacité à s'exprimer, la capacité... un peu l'état d'esprit, ça c'est des choses qu'on va regarder avec beaucoup d'attention.

Jean Baptiste:

Et pourquoi finalement, avant mission, la phase de formation est-il clé comme ça dans le modèle qui est le vôtre?

Ophélie Milon:

Parce que c'est ce qui va vous donner toute la connaissance, toute l'expertise, pour pouvoir ensuite devenir un concepteur-développeur sur nos technologies Java et Cobol.

Jean Baptiste:

Alors si tu as affaire à trois profils, on va dire, différents, sur un métier en particulier, il n'y a qu'un seul poste à pourvoir, imaginons, sur ce métier-là, qu'est-ce qui va faire la différence entre les trois candidats?

Ophélie Milon:

Les soft skills, évidemment. C'est très très important, comme je dis, dans une entreprise de service.

Jean Baptiste:

Donc là, on pense à quoi comme type de compétences douces?

Ophélie Milon:

Le sens du service. C'est indispensable. Il faut bien se comporter, bien s'exprimer. Enfin, c'est vraiment les basiques. Et il y a aussi cette appétence pour apprendre. Le métier de consultant, ce que vous vendez à terme, c'est quand même votre compétence. Et donc, il faut que vous soyez toujours dans une démarche d'apprentissage et de développement de ces compétences.

Jean Baptiste:

Alors il y a une enquête qui est parue il n'y a pas tellement longtemps, qui a été publiée par le moteur d'emploi de recherche Indeed, qui révélait que 62% des recruteurs admettaient avoir déjà recalé un candidat après avoir consulté leurs réseaux sociaux. Est-ce que c'est une démarche aussi que vous faites chez H&S, de regarder en fait ce qui se passe au niveau numérique pour le candidat?

Ophélie Milon:

Alors nous, la démarche et notre process officiel, c'est plutôt la prise de référence, j'allais dire à l'ancienne.

Jean Baptiste:

CV, lettre de motivation?

Ophélie Milon:

Exactement, les prises de référence avec les anciens employeurs. Est-ce que toute mon équipe vérifie les réseaux sociaux? Je ne peux pas vous le dire honnêtement, mais je ne serais pas étonnée aujourd'hui, les réseaux sociaux ont pris une telle place. que ça fait partie intégrante de la vie d'un candidat, d'un collaborateur, et donc il faut être très vigilant à ce qu'on publie sur les réseaux sociaux.

Jean Baptiste:

Évidemment, ça c'est clair. La lettre de motivation, elle est toujours obligatoire chez vous aussi?

Ophélie Milon:

Oui.

Jean Baptiste:

D'accord.

Ophélie Milon:

Oui, c'est un exercice qu'on garde.

Jean Baptiste:

Ok. Parce qu'il y a de plus en plus d'entreprises qui ne misent plus du tout dessus, y compris à la limite presque le CV le mettent de côté pour favoriser justement les softs, et si effectivement la personne coche les bonnes cases des softs, la boîte est presque prête à investir sur la formation du candidat.

Ophélie Milon:

Alors on va regarder bien sûr, la lettre de motivation c'est un petit élément parmi d'autres, le plus important évidemment c'est le CV, c'est le parcours, c'est la personnalité, c'est le potentiel sur lequel on va miser, comme je vous disiez, qu'elle va être la pétance du candidat pour se développer, pour accepter des missions dans divers endroits avec nos clients. Donc effectivement c'est très très important les soft skills.

Jean Baptiste:

Une fois intégrés, comment est-ce qu'on devient ingénieur opérationnel chez HN?

Ophélie Milon:

Alors une fois que nous on fait une formation, et peut-être la particularité de notre formation c'est qu'elle est très très terrain, très opérationnelle, donc en fait quand ils sortent de formation ils sont quand même déjà très bons. Ensuite ils vont intégrer des missions auprès de nos clients, et donc là nous on va les suivre, on va les accompagner tout au long de leur parcours. On a une plateforme de formation qui s'appelle Skills, dans laquelle on publie régulièrement du contenu, du contenu technique de la veille, et donc ils ont accès en permanence à cette plateforme qui va leur permettre de mettre à jour leurs compétences, de maintenir leurs compétences et on a des équipes internes chez les clients mais internes à chaîne qui sont là pour les accompagner s'ils ont besoin.

Jean Baptiste:

C'est une nouvelle plateforme ça?

Ophélie Milon:

Tout à fait, qu'on a lancée l'année dernière.

Jean Baptiste:

Ça aussi c'était important pour vous justement d'être entre guillemets à la page des nouvelles compétences à acquérir régulièrement puisque le monde du digital évolue en permanence.

Ophélie Milon:

Exactement, tout à fait, et en parallèle de cette plateforme Skills, donc on a bien sûr des formations obligatoires, tout ce qui est RGPD, éco-conception numérique responsable, l'IA, c'est important aussi de former ses collaborateurs à l'IA, et bien on a créé un programme qui s'appelle Lumio, et donc avec Lumio, nos consultants, nos collaborateurs créent du contenu sur leur technologie, sur leur métier, qu'ils vont mettre à disposition de tous les autres collaborateurs.

Jean Baptiste:

Top, alors puisque tu parles de l'IA c'est parfait, la transition elle est toute trouvée, est-ce qu'elle va pas réduire, un peu si quand même j'imagine, mais l'importance et en tout cas les besoins que vous pouvez avoir aujourd'hui en développeur chez vos clients?

Ophélie Milon:

Alors honnêtement, c'est difficile de répondre à cette question et bien chanceux est celle ou celui qui sait ce que va donner l'IA dans six mois, dans un an ou dans deux ans, ça bouge très vite.

Jean Baptiste:

Oui parce qu'aujourd'hui on commence déjà à coder avec ChatGPT, Gemini et plein d'autres.

Ophélie Milon:

Tout à fait, donc pour moi ça peut faire des... alors nous en interne on appelle ça des concepteurs augmentés, c'est-à-dire qu'ils vont être plus performants, ils vont pouvoir tester leur code, ils vont pouvoir faire un code plus propre, notamment pour des questions environnementales. Donc c'est quelque chose qu'on prend en compte. Il n'y a pas encore d'éléments concrets vis-à-vis de nos clients aujourd'hui, mais on commence à en parler et on commence à travailler des offres et des formations autour de ça.

Jean Baptiste:

D'accord. Vous vous formez déjà sur l'IA générative?

Ophélie Milon:

On commence à former, donc déjà on sensibilise en interne sur attention de ne pas mettre n'importe quoi sur l'IA, comment faire des promptes, donc ça c'est vraiment pour nous c'était essentiel et aussi d'un point de vue sécurité. Donc là j'invite toutes les entreprises vraiment à former et sensibiliser leurs collaborateurs, ne mettez pas n'importe quoi sur une IA qui n'est pas privée, qui n'est pas protégée. et ensuite sur nos concepteurs développeurs, sur même la supervision. Effectivement l'IA va avoir un impact qui est très important et donc on fait chez H&M des recherches pour voir un peu quel type de formation, dans quelle direction ça va aller et comment adapter nos solutions pour nos clients.

Jean Baptiste:

Oui, vous faites de la prospective.

Ophélie Milon:

Exactement. On essaye en tout cas.

Jean Baptiste:

Vous essayez parce que même si tu n'as pas la réponse et tu l'expliquais très bien tout à l'heure, c'est-à-dire qu'on ne sait pas où on en sera avec l'IA dans six mois, un an, deux ans, ça va tellement vite, en même temps est-ce que toi tu penses qu'effectivement dans ton secteur d'activité il y a des métiers comme ça qui vont disparaître et d'autres peut-être voir le jour?

Ophélie Milon:

C'est une question de piège. Quels métiers vont disparaître honnêtement? Je ne sais pas, on peut se poser la question. En tout cas, forcément les métiers vont évoluer. Concepteurs-développeurs, testeurs, les techniciens d'exploitation, les pilotes, ils ne vont plus travailler de la même manière dans un an, dans deux ans qu'aujourd'hui. Et il y aura probablement des métiers, et surtout des métiers autour de la donnée, autour de la vérité. Ça, ça va être un vrai enjeu de l'IA, c'est quelle est la qualité de la donnée, et surtout tout ce concept de fake news. Donc il y a forcément des nouveaux métiers qui vont apparaître.

Jean Baptiste:

Évidemment. On a parlé de downboarding tout à l'heure, on pourrait aussi parler maintenant de rétention, parce que c'est un vrai sujet aussi pour les entreprises, de savoir conserver ses talents. Qu'est-ce que vous mettez en place, vous, en termes de qualité de vie au travail, sachant que c'est un peu hybride dans la mesure où vous envoyez vos collaborateurs en mission dans une autre entreprise?

Ophélie Milon:

En effet, tout l'enjeu pour nos consultants, c'est de créer le lien avec eux. Et donc, on a vraiment un suivi de proximité avec chacun de nos collaborateurs. Ils sont vus plusieurs fois par an, par soit nos équipes RH, soit nos équipes commerciales. En parallèle de ça, on essaie de créer des événements. Donc, on a lancé les jeudis d'H&N. On se retrouve une fois par trimestre. dans un bar et on passe un moment festif tous ensemble, c'est très très important de conserver ces moments-là. Et d'ailleurs on a eu le label Happy At Work, donc effectivement c'est aussi une preuve qu'on est bien chez HN et on a un collaborateur sur cinq dans nos 300 recrutements qui est Copté.

Jean Baptiste:

D'accord.

Ophélie Milon:

Donc c'est extrêmement élevé et c'est preuve que chez H&N finalement les collaborateurs se sentent bien.

Jean Baptiste:

Ok et au niveau du turnover, ça va?

Ophélie Milon:

Alors le turnover il est élevé parce qu'on recrute beaucoup, vous savez le turnover c'est les entrées et les sorties sur l'effectif donc on a un turnover qui est naturellement assez élevé parce qu'on recrute énormément chaque année mais pour autant on a des taux de sorties qui sont très très raisonnables pour une H&N.

Jean Baptiste:

Alors Ophélie, moi j'ai vu que les recrutements dans le numérique avaient fortement ralenti entre 2023 et 2024. Comment est-ce que toi tu analyses ce repli?

Ophélie Milon:

Alors nous on a cette chance de ne pas vraiment être concernés. C'est vrai qu'on a eu une croissance qui a été plutôt supérieure au marché. On a enregistré un recul notamment en 2025 sur le milieu du secteur du numérique. Nous on a affiché encore de la croissance. On a eu pas plus tard que cette semaine, on fait partie des 400 entreprises champions de la croissance par les échos. Donc c'est vrai que chez H&M on a cette chance de maintenir un niveau de recrutement qui est très élevé. On a une relation client qui est historique, qui est forte. Il nous faut confiance et donc il continue à nous confier des missions.

Jean Baptiste:

Ok, ça marche. Face au vieillissement, on va dire, des populations techniques, est-ce que la formation, finalement, c'est la réponse, la seule durable qui existe en fait?

Ophélie Milon:

Alors est-ce que c'est la seule, je ne sais pas, mais en tout cas pour moi c'est essentiel et capital. Et d'autant plus comme on en parlait avant avec l'IA, ça va être essentiel demain d'être capable de maintenir ses compétences, de maintenir ses connaissances, d'être capable d'utiliser les nouveaux outils qui sont mis à disposition des concepteurs-développeurs et de toutes les personnes qui travaillent dans les milieux de l'informatique.

Jean Baptiste:

Tu sais à quoi elle ressemblera ta boîte dans cinq ans?

Ophélie Milon:

Aucune idée, j'espère qu'elle sera... Ma seule certitude c'est qu'on va garder cette culture et cet état d'esprit qui fait la force de la chaîne aujourd'hui, aussi bien auprès des clients que des consultants. Mais c'est difficile à dire.

Jean Baptiste:

Est-ce que tu recruteras de la même façon? Là aussi c'est pas évident à répondre.

Ophélie Milon:

Peut-être qu'on aura des nouveaux outils, sûrement, j'espère. En revanche, la façon dont on va aborder les candidats, la façon dont on va rechercher des compétences, et on le disait à les Sovskis, demain c'est vraiment, j'allais dire, la seule certitude dans les cinq années, c'est qu'on va toujours chercher des candidats qui sont volontaires, qui ont un bon sens du service, et ça, ça ne changera pas.

Jean Baptiste:

Qu'en penses-tu? Entre nous, Ophélie, t'es donc DRH depuis trois ans d'un groupe de plus de 2000 collaborateurs. C'est quoi ton plus grand défi peut-être aujourd'hui?

Ophélie Milon:

Mon plus grand défi, c'est de maintenir cette culture HN. C'est de maintenir un environnement de travail dans lequel il fait bon vivre, dans lequel on fait grandir nos consultants. Et c'est déjà un beau challenge.

Jean Baptiste:

Et quand on parle de formation, quand on parle d'employabilité, c'est Ophélie la DRH qui parle ou c'est Ophélie la citoyenne?

Ophélie Milon:

C'est Ophélie la DRH, la citoyenne et la maman. Également.

Jean Baptiste:

Donc tout ça à la fois.

Ophélie Milon:

Tout ça à la fois, exactement.

Jean Baptiste:

Qu'est-ce qui t'éclate le plus aujourd'hui dans ton job? Qu'est-ce qui fait que t'as la banane le matin quand tu te réveilles et que tu te dis tiens chouette, je vais bosser?

Ophélie Milon:

Il n'y a aucune journée qui se ressemble. Il n'y a aucun matin qui ressemble à l'après-midi ou ce que j'avais prévu de faire. Il y a toujours des nouveaux sujets, des nouveaux challenges et ça c'est pour moi vraiment passionnant.

Jean Baptiste:

Allez, on va terminer avec une rubrique qui s'appelle les clés de la boîte. Donc je te pose une question très courte et toi, de façon similaire, tu vas essayer de répondre spontanément et de façon très courte si ça te va.

Ophélie Milon:

Allons-y.

Jean Baptiste:

Allez, on y va. Le mot qui décrit le mieux H&S?

Ophélie Milon:

Familial.

Jean Baptiste:

OK. La première qualité que tu regardes, toi, chez un candidat?

Ophélie Milon:

Sens du service.

Jean Baptiste:

OK. Le petit puce H& qu'on ne trouve peut-être pas chez les concurrents?

Ophélie Milon:

Proximité.

Jean Baptiste:

OK, d'accord. Ta plus grande fierté en tant qu'RH?

Ophélie Milon:

Ma plus grande fierté, il y en a beaucoup. Choisir, c'est dur. Peut-être notre labellisation Appy at work et les notes que nous donnent les collaborateurs. Sur Glace d'or, on a 4,2 sur 5. Les gens sont heureux d'être chez HN et ça, c'est ma plus grande fierté.

Jean Baptiste:

Oui, il y a un vrai taux d'engagement.

Ophélie Milon:

Tout à fait.

Jean Baptiste:

Le conseil que tu pourrais donner à quelqu'un qui hésite justement, même si tu l'as abordé très rapidement tout à l'heure, mais à se reconvertir dans le domaine du digital?

Ophélie Milon:

Allez-y, venez voir et on s'en parle. Si ça vous plaît, vous essayez. Si ça vous plaît pas, vous allez trouver forcément une autre voie qui vous corresponde mieux, mais il faut tenter.

Jean Baptiste:

Comment est-ce qu'on fait pour trouver les offres de jobs?

Ophélie Milon:

Alors on est sur notre page LinkedIn, vous pouvez y aller et vous aurez aussi des témoignages de personnes qui sont reconverties. Donc n'hésitez pas à aller sur nos pages LinkedIn, sur les réseaux sociaux, sur notre site hnservice.com.

Jean Baptiste:

Un grand merci à toi Ophélie.

Ophélie Milon:

Merci à toi Jean-Baptiste.

Jean Baptiste:

Ça va, ça s'est bien passé?

Ophélie Milon:

Très bien.

Jean Baptiste:

Grand merci d'avoir répondu à mes questions. Si vous souhaitez évidemment rejoindre HN Services ou découvrir les parcours du HN Institut, rendez-vous sur le site internet hn-services.com. Vous pouvez retrouver les extraits, les coulisses et les invités sur LinkedIn, sur theboitjobradio.fr. Et puis si vous êtes une entreprise qui recrute, n'hésitez pas à venir ici, ici même à la place d'Ophélie. Visiblement ça s'est bien passé.

Ophélie Milon:

On est très bien reçus.

Jean Baptiste:

Et bien voilà, vous serez aussi très bien reçus pour venir parler des postes qui sont à pourvoir chez vous. Merci de votre fidélité et à très vite. Ciao, ciao, salut.

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