Dans la dernière partie de cette série consacrée à Cet été qui chantait, nous parlons du troisième et dernier Mouvement de la pièce.
Invité.e.s : Marie-Ève Fontaine, Natalie Labossière.
Animation : Florent de Vellis
Montage audio : Yanick Laroche
Photo : Jonathan Lorange
Livre conseillé : Cet été qui chantait
En collaboration avec Envol91FM.
**
In the last part of this series devoted to Cet été qui chantait, we talk about the third and final Movement of the piece.
Guests: Marie-Ève Fontaine, Natalie Labossière.
Animation : Florent de Vellis
Audio editing: Yanick Laroche.
Photo: Jonathan Lorange
Recommended book: Cet été qui chantait
In collaboration with Envol91FM.
Bonjour, je m'appelle Florent de Vellis. Vous écoutez Le Café Molière, un balado du Théâtre Cercle Molière en collaboration avec la radio Envol91FM. Et on se retrouve pour notre dernier épisode consacré à Cet été qui chantait. J'ai avec moi Natalie Labossière et Marie-Ève Fontaine. Donc, ce troisième mouvement, cette fois, je m'en rappelle, c'est la Symphonie du vent.
Florent:Pourquoi ce titre ?
Marie-Ève:Parce que la Symphonie du vent, pour moi, représente en quelque sorte
Marie-Ève:Gabrielle qui accède à la leçon de vie que lui transmet sa sœur.
Marie-Ève:C'est à dire de vivre pleinement dans le moment présent, puis d'apprécier ce qui nous entoure. La Symphonie du vent, dans le livre, c'est un passage dans l'histoire qui s'appelle Jeannot-la-Corneille et Gabrielle raconte comment le vent qui passe dans les feuilles de différents arbres dans sa cour, ensemble créé une magnifique musique qu'elle appelle la Symphonie du vent, et vraiment elle
Marie-Ève:prend le temps de parler de chaque arbre, la forme des feuilles qu'elles ont. Le vent fait que ça se passe dans les épines, dans... Même le son du train qui participe à cette musique. Et aussi quand on parle de mouvement depuis tantôt les mouvements musicaux. Alors Cet été qui chantait la musique de toute cette Symphonie du vent me semblait comme un moment très important.
Marie-Ève:D'emblée, avec Gérald et Pierre, tout de suite, on a cerné ce passage là comme étant très important dans le livre et on en a fait un peu... C'est un des points culminants de la pièce. C'est tout simplement être à l'écoute. Et puis, il y a de la musique qui parle, puis les images vont s'enchaîner. Puis c'est comme finalement pour la Gabrielle qui essaye d'écrire
Marie-Ève:l'histoire, l'inspiration se passe là. Alors c'est ça pour moi, la Symphonie du vent.
Natalie:Ça arrive tout de suite après un moment important, ou des moments importants. Et puis, je pense que c'est un moment aussi ou Gabrielle doit s'arrêter un peu, puis faire le point de son expérience de l'été. Je pense que c'est pour ça dans ce sens-là en tout cas, et pour bien apprécier le vent des plaines et du Nord.
Natalie:C'est souvent le vent qui m'amène dans cet esprit de contemplation ou de réflexion. Alors, je pense que c'est ça aussi qu'elle fait pendant la Symphonie du vent.
Marie-Ève:Puis c'est la troisième et dernière partie de la pièce aussi. Alors c'est immédiatement après le départ de Bernadette. Vraiment le mouvement deux est consacré à la visite de Bernadette. Et le troisième mouvement, c'est, c'est un peu comme quand il nous arrive quelque chose, mais quand on comprend un peu tout de suite ce que ça veut dire dans notre vie.
Marie-Ève:Et puis il faut laisser la poussière retomber. Alors, ironiquement, drôlement, la Symphonie du vent, c'est en quelque sorte la poussière qui retombe et qui se fait emporter dans le vent. Mais c'est ça. C'est un peu comme le constat de l'importance de sa sœur dans sa vie et aussi le geste créatif, la création de l'œuvre vraiment commence là. Parce que finalement, Cet été qui chantait notre spectacle est un peu la genèse de l'écriture du livre de Gabrielle Roy aussi.
Marie-Ève:On fait une interprétation libre de ce qui l'aurait amené à l'écriture, et je pense que le troisième mouvement est axé sur cette création qui est le fruit finalement de...
Natalie:Elle saisit l'impulsion. Oui, l'impulsion d'écrire, puis là “Ouvre les vannes ! Le sac avance”.
Marie-Ève:C'est ça, parce qu'on la voit dès le début. Elle est toujours en train de se promener avec son carnet de notes. Puis on essaye d'installer ce que Monsieur Émile des fois va dire des petits mots qu'elle prend en note ou, des fois le paysage des fois va l'inspirer. Puis avec Bernadette, elle et moi dans son cahier de note elle est plus avec Bernadette. C'est par la suite qu'elle va devoir, comme, documenter, puis saisir tous les trucs...
Marie-Ève:Mais c'est ça, c’est ça le troisième mouvement.
Florent:Symphonie du vent avec Gérald Laroche, qui produit justement ce vent. Il n’est pas avec nous, mais je me demandais, comment est-ce qu'il a pu travailler ça avec vous ? Justement, comment est-ce qu'il a pu reproduire ça avec les instruments ? Et puis comment faire en sorte que les sons qu'il produit viennent en harmonie avec une histoire et... Et les personnages ?
Natalie:Moi, j'aimerais dire deux choses que j'ai observé de Gérald, c'est que, contrairement à d'autres moments, Gérald était là au tout début de la conception de ce projet, alors que d'habitude le musicien arriverait plus tard une fois que le texte est bien installé, une fois que la conception de la mise en scène est commencée. Là, on invite le musicien.
Natalie:Mais là, Gérald est allé avec Marie-Ève et Pierre à Saint-François, il s'est imprégné de ce milieu. Et puis, et puis il a été présent pendant tout le processus, donc il nous a beaucoup regardé. Il nous a beaucoup observé, répété de temps en temps, peut-être une fois ou deux par jour. Autrement...
Florent:Il s’est imprégné ?
Natalie:Il s’est imprégné. Deuxièmement, Gérald Laroche, c'est un gars de bois. Il aime passer beaucoup de temps dans le bois, parmi les arbres, parmi les roches, parmi les rivières. Donc, il n'avait pas besoin d'aller chercher trop loin dans ses archives, je pense (rires).
Marie-Ève:Ouais, ouais, absolument. Puis c'est l’fun, parce que là, de temps en temps, tu sais nous, des fois, on avait hâte qu’il s'installe pour nous jouer des choses, parce qu'il nous regardait et puis longtemps ! Puis il arrive à des moments où ce que moi, sans musique, c’était vraiment difficile de jouer parce que tout l’élan vient de la musique, en particulier pour cette séquence de scène où on est vraiment dans la Symphonie du vent parce que tout le mouvement s'appelle comme ça.
Marie-Ève:Mais il y a vraiment une ou deux scènes qui sont vraiment au cœur de la Symphonie. C'est comme on a vraiment besoin de cet élan là pour se mettre dedans. Sans la musique, c'est comme... Il y a une scène où je regarde le paysage. Puis l'inspiration commence à me prendre. Puis je sentais que sans la musique, je sentais que c’était ridicule ce que je jouais et comme... C’était, je faisais
Marie-Ève:“Oh”, c'est quand même très théâtral mais d’une façon clichée pas bonne. Puis quand Gérald est rentré tout d'un coup, c'était comme “Oh là ça se peut cette scène-là”, avec l'espèce de vent qui, qui vient prendre, puis là tu peux planer dans le... Dans le paysage. Puis là, ça a du sens. Alors la musique est comme... Est vraiment à la base de ce moment-là.
Marie-Ève:Et puis même avec ma conseillère dramaturgique, Maureen Labonté, on s'est questionné si on voulait garder Cet été qui chantait comme titre. Je me disais “Ah mais, nous c'est une nouvelle œuvre. Peut-être qu'on devrait se dissocier pour montrer que c'est un nouveau truc qui... C’est pas une adaptation forcément. Puis finalement, finalement on a tout essayé. Le Murmure de l'eau... On avait sorti plein de possibilités, puis finalement Maureen elle a dit
Marie-Ève:“Ouais, mais Cet été qui chantait, c'est un bon titre”. Puis elle disait l'aspect musical est très important ici. Et c'est ça qui nous a amené au mouvement, même la cantate de Bach. Il y a une cantate de Bach là-dedans quelque part ailleurs. Alors le fait qu’il y a eu la Symphonie du vent, c'est très très cohérent avec le titre de l'œuvre aussi.
Marie-Ève:C'est comme si toutes ces choses-là sont des indices qui nous ramènent quand on est égaré dans la création:(murmures) “Quoi qu'est ce qui se passe, Cet été qui chantait OK il faut que ça soit la musique ! Ok : la Symphonie du vent, go !
Florent:Et puis on sent bien que la musique donne un peu le tempo aussi au spectacle et qu'il y a une vraie symbiose entre vous qui jouez les personnages. Et puis la musique. Peut-être qu'on l’avait évoqué déjà dans les épisodes d'avant, mais il y a une certaine balance à trouver sur le temps du spectacle, qui doit durer, je crois, entre 60 et 63 minutes à chaque fois.
Florent:Et vous m'expliquiez que si jamais c'est trop long, ça va pas bien rendre et si c'est trop court, en fait, on va rester un peu sur des questions, sur sa faim quoi. Est-ce que la musique aide du coup à garder ce rythme de rester sur cet intervalle qui en fait est très courte ? Enfin très petite entre 60 et 62 minutes.
Marie-Ève:Mais c'est drôle que tu poses la question parce que hier on a fait la pièce pour une captation vidéo. Puis à la fin, Gérald vient nous voir, puis “Ouf ! Vous êtes allées vite !”. Puis, puis essentiellement il était en train de nous dire “Vous pouvez vous fier à moi quand vous n’êtes pas sûr du rythme. Écoutez-moi, je vous le donne le rythme, je vous l'indique”.
Marie-Ève:Puis c'est drôle parce que moi je dis “Toi tu l’as senti vite ? Moi je l'ai senti bien !”. Mais alors j'ai raté quelque part un métronome. Mais ce qui est drôle, c'est que notre régisseuse nous a dit ”Vous étiez à peu près dans les temps habituels, mais ça veut dire alors que certaines sections peut-être ont été plus rapides, puis d'autres plus lentes pour compenser” pour le fait qu'on a senti qu'on était rapide.
Marie-Ève:Bref, oui, c'est comme, c'est très ténu. Puis c'est pas tellement dans le timing numérique de la chose, mais plutôt dans la respiration de la chose que ça se sent si on est dans la, dans le stress plutôt que dans l'amplitude de la respiration, du geste, d’une manipulation de... Et puis Gérald est là pour nous ramener. Il faut juste qu'on se rappelle quand on est un petit peu perdu, On n’était pas perdu mais, juste des fois quand il y a des petites choses imprévues qui se passent ça peut avoir un effet domino.
Florent:Natalie ? Si jamais tu n’as rien à rajouter c’est ok.
Natalie:(Rire) Non c'est bon je pense que c'est bien.
Florent:On arrive à la fin de cette série de quatre épisodes. Est-ce qu'il y a quelque chose que vous auriez aimé mentionner avant la scène ? Par rapport au spectacle, à la conception ?
Marie-Ève:Pour moi, c'est sûr qu’après six ans de travail, je suis extrêmement fière de ce qu'on a fait ensemble, des relations, des relations humaines aussi quand on est épanoui. Et puis, j'espère vraiment que le spectacle va pouvoir se promener un peu partout au Canada parce que si on a pris le temps de si bien faire les choses, j'espère que ça fera en sorte que on puisse, on puisse le montrer.
Marie-Ève:On puisse quelque part rentabiliser ces années de travail avec, avec du public. Quel partage puisse être fait à bien des reprises. Et aussi on aime ça jouer ce show là, alors ce serait l’fun qu'il y ait une suite, il y en a une.
Florent:Donc il y a une suite en préparation ?
Marie-Ève:Oui il y a une suite en préparation. On s'en va cet été à Petite-Rivière-Saint-François, le village qui a inspiré les histoires, et on va jouer dans la cabane à sucre du domaine à Liguori. Ça va être tout petit, alors oui, vraiment, il va falloir s'adapter un peu, mais ça va être magnifique de jouer dans ce petit endroit. Ça va être très spécial parce que juste, on joue juste
Marie-Ève:deux fois, il y a 45 places par soir, alors ça va être une, une expérience
Florent:Très intime ?
Marie-Ève:Très particulière, mais qui va un peu boucler une boucle.
Florent:Ça va pas être dur après de terminer le spectacle ?
Marie-Ève:Peut-être (rire), mais il y a aussi une suite qu'on ne peut pas vraiment encore annoncer alors...
Florent:Mais donc, c'est ça, il y a une suite au projet, donc un autre...
Marie-Ève:On remise pas trop longtemps le décor, mais dans quelle mesure il y a une suite ? Ça, c'est encore à déterminer.
Florent:Est-ce que vous pouvez me dire si c'est un spectacle ? Si ça va être...
Natalie:C'est Cet été que chantait (Florent : deux). (Rires) Non, non !
Marie-Ève:Non non. Un autre six ans, oh là là !
Natalie:Je pense que, pour clarifier, c'est que le spectacle ne se terminera pas en mai. Donc on cherche vraiment à ce qu'il puisse se promener et qui puisse faire sourire d'autres cœurs un peu partout au pays, peut-être comme ailleurs. Moi, j'ai des gens qui ont fait des prédictions, que “c'est une perle”, c'est une perle de spectacle qui va plaire, qui va, qui va toucher aussi,
Natalie:moi c'est ce qui m'intéresse. Je vais en profiter pour dire que je suis vraiment fière de Marie-Ève parce que je l'ai vu commencer. J'étais, je l'ai entendu penser à cet été-là à l'autre bout du fil, un jour qu’elle était à Petite-Rivière. Puis elle avait une idée mais elle ne savait pas où commencer. Et donc je suis vraiment fière que t’as tenu ça là puis t'as fait confiance aussi
Natalie:T’as fait confiance au processus, puis t’as fait confiance aux personnes qui étaient là avec toi, qui ont façonné doucement cette perle.
Marie-Ève:C'est pas pire de travailler avec sa maman (rires) qui prend soin de toi tout au long.
Natalie:C'est pas pire (rires).
Florent:Et bien écoutez, merci beaucoup. On va s'arrêter là sur cette série donc j'invite les... Je remercie les personnes qui nous ont écouté jusqu'au bout. Je pense qu’on n’avait jamais été jusque-là en termes d'épisodes consacrés à un spectacle. J'espère que je vais pouvoir avec mon équipe refaire ça d'ailleurs sur les spectacles suivants de la saison prochaine, j'invite les gens à venir voir Cet été qui chantait donc aujourd'hui, ce mercredi 31 juin à 19h.
Florent:31 mai pardon (rires) la fatigue qui s'accumule un peu... Le 1ᵉʳ juin demain à 19 h également, et puis vendredi et samedi à 20h. Le spectacle est d'une durée d'une heure, avec une tarification sociale qui va à 0, 15, 30 et 40 $. Merci à vous et passez une bonne semaine.
Natalie:Merci Florent !
Marie-Ève:Merci beaucoup !
Florent:C'était Le café Molière, un balado du Théâtre Cercle Molière, en collaboration avec la radio Envol91FM. Si vous avez aimé cet épisode, n'hésitez pas à vous abonner sur nos réseaux sociaux. Vous pouvez également retrouver l'ensemble de nos épisodes sur les plateformes d'écoute en ligne et sur cerclemoliere.com.