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Histoires d'empowerment; les haftarot de roch hachana
Episode 516th August 2026 • Judaïsme sur un pied • Floriane CHINSKY
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Shownotes

Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans cet épisode du podcast judaïsme sur un pied qui a pour but de vous faciliter l'accès aux sources juives dans leur complexité parce qu'en 3000 ans il s'est passé beaucoup de choses et beaucoup de remaniements assez incroyables qui nous donnent des leçons de résilience, d'évolution dans le symbolique, de retomber toujours sur ses pieds et même si on retombe sur un seul pied c'est déjà pas mal, c'est notre session judaïsme sur un pied. On parle de Rosh Hashanah, une fête qui illustre parfaitement la pulsation du judaïsme d'année en année. Pour ce qui est du nom de la fête et de tout ce que ça implique en termes de son développement historique je vous renvoie au premier épisode du podcast judaïsme sur un pied qui concerne Rosh Hashanah et puis pour la question des pratiques à la maison, du céder, qu'est ce qu'on mange, pourquoi, d'où ça vient le chauffard, où on le souffle, comment, je vous renvoie au deuxième épisode.

Nous sommes dans le troisième épisode, nous explorons cette fête passionnante. On va parler aujourd'hui de textes qu'on lit du côté de la Haftarah à Rosh Hashanah, un texte des prophètes des Nevi'im, texte tiré de la deuxième partie de la Bible. Il y a pas mal d'histoires sur pourquoi est-ce qu'on lit un texte des prophètes d'un point de vue historique, on pense qu'il a été nécessaire de donner un statut au livre des prophètes et de dire ce qu'il était important et donc par exemple dans les bénédictions de la Haftarah, on dit, on associe Torah, Avodah et Nevi'im, on associe l'enseignement, le Pentateuch qui à l'époque de la compilation des prophètes, le Pentateuch c'est vraiment une valeur très stable, tout le monde est totalement centré sur le Pentateuch, donc la Torah, le Avodah c'est ce qui se passe au Temple, ça aussi c'est quelque chose de très ancien, très basé, la Torah, le Avodah et les Nevi'im et les prophètes sont associés pour leur donner un certain statut.

Je suis Floriane Chinsky, je suis rabbin depuis plus de 20 ans, à la fois une rabbin qui explore l'histoire et le sens de l'histoire et la sociologie et ce qui se passe dans les groupes humains et dans la psychologie individuelle aussi des gens et bien sûr le judaïsme aussi. Ce sont les outils que j'explore, auxquels je réfléchis, les recherches que je fais et que je partage. Formellement ça se traduit par mon doctorat en sociologie du droit et par différentes études dans différentes méthodes de thérapie et d'action non violente.

Si vous avez des questions là-dessus, je suis toujours ravie d'y répondre parce que je trouve que ces outils sont non seulement merveilleux, ils font du bien à nous mais aussi potentiellement au monde. Donc j'ai un petit intérêt à ce que ça se passe le mieux possible dans le monde. Donc n'hésitez pas à me contacter.

Et puis d'un autre côté je suis aussi une rabbin pratique, ça fait 20 ans que je suis, plus de 20 ans. En réalité je pourrais compter aussi les années où j'étais bénévole dans des synagogues, en particulier à Dath Shalom, les années où j'étais animatrice et formatrice aux Éclaireurs et Éclaireuses Israélites de France, aux profs de Talmud Thora. Donc je pratique, je transmets le judaïsme, je pourrais dire depuis 26 ans.

Donc c'est là-dessus que je m'appuie pour partager tout ce que je vous transmets. Et plus d'infos, vous les trouverez sur rabbinchansky.fr, yetzira.org, cocreer.net et devenirjuive, devenirjuif.fr. Vous les mettez en tant qu'URL et vous trouverez également le site. On a besoin de tout le monde pour faire vivre toute la richesse de ce judaïsme qui est souvent enfermé dans des considérations qui n'ont rien à voir et qui nuisent à tout le monde.

Donc merci d'être là et d'explorer avec moi les textes de Rosh Hashanah, ce qu'on trouve dans la Torah, ce qu'on trouve dans les prophètes, ce qu'on lit à la synagogue et que vous pouvez bien sûr aussi raconter chez vous, raconter, discuter, étudier, approfondir. Et c'est parti ! On a parlé de la haftarah et du maftir. Maftir, en fait, c'est le verbe.

Maftir, c'est la personne qui produit la haftarah. La racine qui est en jeu, c'est la racine P-T-R, de la même racine que patour, ça veut dire dispenser. Maftir, c'est la personne qui accomplit le devoir pour qui une dispense.

La haftarah, c'est ce qui accomplit la dispense. Enfin, pas vraiment la dispense, mais simplement le fait que comme on a accompli le devoir, on n'y est plus tenu. La très belle expression, qui n'a rien à voir au niveau du langage, mais que je trouve très très belle en halakha, c'est sortir des mains du devoir.

Et donc, quand on est patour, ça veut dire qu'on est dispensé. Et ici, entre autres, parce qu'on a accompli le devoir de lire dans les prophètes. Comme il y a deux jours de Rosh Hashanah, il y a deux parachiotes, mais il y a aussi deux haftarottes.

Et ces deux haftarottes sont donc, comme on l'a dit, par définition tirées de la partie appelée Les Prophètes. Et en l'occurrence, de deux parties. Une qui s'appelle Samuel, et qui raconte l'histoire de Hana et comment... Voilà, c'est un très très beau texte.

Et la deuxième est tirée du prophète Jérémie. Donc, on va raconter ces deux histoires-là. Pour le premier jour, c'est tiré du livre de Samuel.

Il s'agit du tout début du livre de Samuel, la naissance de Samuel. Et en fait, ça parle surtout de l'histoire de Hana, sa mère. Et donc, c'est le troisième des livres des Nevim, des prophètes.

Et ensuite, pour le deuxième jour, donc on a un extrait du livre de Jérémie. On est vers la fin du livre. Et le livre de Jérémie est le huitième des livres des prophètes.

Donc, on a bien avancé quand même dans cette deuxième partie. Alors, on va commencer en racontant l'histoire de Hana. De Hana.

Et c'est l'histoire d'une femme qui venait avec son mari, Elkanah, et tous les ans, ils venaient au temple. Donc ici, on parle de l'importance du temple en corps. Et donc, on rappelle ce motif central et le lien avec le temple.

Et donc, à chaque fois, il offrait des offrandes et il aimait vraiment beaucoup Hana. Donc, il lui donnait plus de portions. Parce qu'en réalité, les sacrifices, ils ne sont pas intégralement brûlés.

Il y a une certaine sorte de sacrifice et d'offrandes qui est totalement brûlée. Mais en général, il y a juste certaines parties qui sont brûlées. En général, celles qui ne sont pas consommables.

Certaines parties qui sont données aux prêtres. Et certaines parties qui sont mangées sur place. Et donc, Elkanah, il donnait des portions de l'offrande à toute sa famille.

Mais à Hana, il lui donnait deux portions. Parce qu'il l'aimait de tout son cœur et qu'il voulait aussi compenser sa peine. Parce qu'elle était stérile, elle n'avait pas d'enfant.

Et ça lui faisait beaucoup de peine. Et d'un autre côté, l'autre femme de Elkanah était tout le temps en train de lui chercher des difficultés et de la faire souffrir. On reconnaît aussi un peu le motif entre Sarah et Agar.

Où Agar dévalorisait Sarah et où Sarah a fait renvoyer Agar. On voit ici cette question de concurrence, de conflit. Et donc, à chaque fois, Hana, elle se mettait à pleurer, elle ne mangeait pas, elle ne se sentait pas bien.

Et son mari n'arrivait pas à la consoler. Et un jour, elle a changé. Et peut-être que ça, c'est très lié au motif de Rechachana.

Elle a décidé que non, ce n'était plus possible comme ça. Elle s'est levée et elle s'est approchée du sanctuaire de l'Éternel. Et elle s'est mise à ouvrir son cœur, à exprimer toute sa peine et toute sa frustration.

Et à arriver ensuite, après avoir vidé son cœur, arriver à l'espoir que les choses puissent changer. Alors ça, ça prend la forme de quelque chose qui devient une prière. Elle dit, Éternel, regarde ma peine.

Regarde ma peine à moi qui suis pourtant ta servante, qui suis entièrement dévouée à toi. Souviens-toi de moi, ne m'oublie pas. Donne-moi un enfant, un garçon.

C'est comme ça. On est dans un contexte patriarcal. Donne-moi un enfant, un garçon.

Je l'offrirai à l'Éternel pour toute sa vie. Je ne lui raserai pas la tête. Il sera consacré et il rentrera à ton service.

Et à ce moment-là, elle se fait insulter par le prêtre de l'époque qui s'appelle Réli, Reine la Mediute, pas comme le prophète Éli, qui lui s'écrit avec un aleph, Réli. Il lui dit, mais t'es en train de cuver ton vin, t'es ivre, tu t'étales, va-t'en. Ici, on est de façon intéressante dans le conflit entre une religion instituée et l'ouverture du cœur de Hana, de Hana.

Son ouverture du cœur, son émotionnel, sa sincérité, c'est très stéréotypique puisque l'homme ici est en position de pouvoir et défend la structure soi-disant sérieuse. Et d'un autre côté, Hana, ici la femme, est du côté de l'épanchement du cœur, de la sincérité, etc. Donc c'est très intéressant, c'est très stéréotypique.

Et en même temps, on voit que ça va s'inverser complètement parce que c'est Hana qui va gagner. Elle va gagner non seulement dans l'histoire, ici, là, dans cette histoire-là, dans les prophètes, mais elle va aussi gagner dans l'histoire juive puisqu'elle sera prise ensuite comme exemple de ce que doit être la prière juive, c'est-à-dire une ouverture du cœur et l'espoir que les choses puissent changer. Donc ça, ça brise le stéréotype.

C'est ça qui est intéressant dans la Bible, souvent, c'est que le stéréotype existe, mais ensuite il est contrebalancé aussi parce que les stéréotypes ont évolué en 3000 ans de telle sorte que ça ne rentre pas dans nos stéréotypes d'aujourd'hui. Elie l'écoute. Elie écoute Hana.

Elle lui dit, pas du tout, j'ai le cœur déchiré et j'ai penché mon âme et je ne suis pas du tout une malotrue, mais simplement j'ai énormément de douleur et c'est pour ça que j'ai passé si longtemps à ouvrir mon cœur. Et Elie lui répond, d'accord, très bien, tu as raison, va en paix et que le Dieu d'Israël t'accorde ce que tu as demandé. Et donc elle répond avec politesse, elle s'en va et son visage s'est complètement transformé.

Elle, dont les visages étaient tombés à terre avant à chaque fois parce qu'elle se faisait complètement agresser à la fois par sa réalité et par sa concurrente, elle se relève, son visage est totalement modifié et le lendemain, ils se prosternent devant l'Éternel, ils vont au temple, ils font leurs offrandes, ils reviennent et Elkanah et Hana sont ensemble et y conçoivent un enfant. Et c'est à ce moment-là que Samuel, qui sera donc le premier prophète d'Israël de cette façon-là, on dit qu'il y avait des pouvoirs de prophétie chez Abraham, Sarah, Moïse, Myriam, etc. dans le passé.

Mais là, c'est une forme un petit peu différente et c'est à ce moment-là que Samuel est conçu, puis qu'il naît, puis qu'il est amené au temple. Le temps passe dans notre podcast et il nous reste une dernière histoire à raconter. C'est l'histoire de la haftarah du deuxième jour de Rosh Hashanah qui est tirée du livre de Jérémie du chapitre 31.

D'une façon générale, historiquement, on considère qu'il y a bien eu un prophète Jérémie et il y a toujours une discussion à quel moment les récits de la Bible juive du Tanakh deviennent historiques. Et là, il y a un consensus que oui, Jérémie a existé et que oui, certaines portions du livre ont été écrites soit par Jérémie, soit par un scribe de son époque. Et alors ensuite, il y a des discussions, mais la première partie du livre aurait pu être écrite avant moins 550.

Et puis, il aurait pu y avoir une deuxième rédaction jusqu'à moins 540 et même une troisième rédaction jusqu'à moins 520 au fur et à mesure qu'on rentre dans le livre. Là, on est au chapitre 31, donc on pourrait être à la deuxième rédaction, vers moins 540, quelque chose comme ça. Et donc, je ne vais pas vous lire l'ensemble du chapitre ni vous raconter l'ensemble de l'histoire.

C'est vraiment, on est dans la parole prophétique maintenant, donc ce n'est pas une histoire, contrairement à l'histoire de Samuel et de sa naissance et de la prière et de la reprise en main de Hannah. C'est Jérémie qui dit Et là, ce sont surtout des paroles de réconfort, dont je vais vous raconter plutôt la fin. qui ne veut pas être consolée car elle a perdu ses fils.

Et là, on fait référence aux tribus d'Israël perdues et envoyées en exil. Donc, on parle ici de l'espoir du retour à Sion. Vous voyez ici qu'on parle d'une mère éplorée vis-à-vis de ses enfants, un petit peu comme l'histoire de Hannah, la mère du prophète Samuel, et puis un petit peu aussi comme Sarah par rapport à Isaac et Hagar par rapport à Ismaël.

Je vous continue la suite. J'ai accepté tes reproches comme un jeune bœuf sauvage. Accueille-moi de nouveau car je reviens à toi, car toi seule éternelle, tu es mon guide.

Oui, je suis rentrée en moi-même. Je suis revenue sur mon comportement. J'ai été éclairée sur mes fautes, je les ai comprises.

Je me suis frappée la poitrine. Je reconnais avec honte et confusion que j'endure les conséquences de mes erreurs du passé. Et ensuite, il y a ce petit passage emblématique.

Ephraim est pour moi comme un enfant chéri, un enfant choyé, puisque plus j'en parle, plus je veux me ressouvenir de lui. Oh oui, mon cœur, mes entrailles se sont émus en sa faveur. Il faut que je le reprenne en pitié, dit l'Éternel.

Ici, il y a une reconnaissance des fautes, un changement de comportement et un retour à l'amour de la vie et à la protection peut-être que nous apporte notre connexion à la puissance de vie. Et voilà, c'est le deuxième, la deuxième aftara, la deuxième lecture des prophètes qu'on lit à Rosh Hashanah. Bien, vous êtes arrivés jusqu'ici, bravo.

On a parlé des textes tirés du Tanakh qui sont lus tel quel, de façon continue à Rosh Hashanah. Il y a beaucoup d'autres parties du Tanakh qui sont lues à Rosh Hashanah, soit parce qu'elles font partie des offices réguliers. Le chemin israël, par exemple, c'est les nombrils de Théron homme.

Donc, il y a beaucoup de choses qui sont lues à Rosh Hashanah. On en lit des extraits, mais pas tout à fait de la même façon. Et puis, on parlera aussi dans le prochain podcast des Shofarot, Malchuyot et Zichronot, dans lesquels il y a plein de versets qui sont associés, justement pour souligner ces trois concepts essentiels.

Mais ça, on verra ça la prochaine fois. Nous avons bien travaillé aujourd'hui en racontant cette histoire. Je vous les rappelle, l'histoire de Hannah, Elkanah et Samuel et l'histoire de Jérémie et du peuple qui retrouvent un chemin de vie positif.

Ces histoires, elles vous appartiennent, racontez-les, étudiez-les, relisez-les. Venez les entendre dans le contexte de leur récit public à la synagogue à Rosh Hashanah. Je vais exagérer un tout petit peu et dire qu'elle nous inspire depuis 3000 ans.

Alors, laissons-nous inspirer encore pour l'avenir. Voilà tous ces éléments merveilleux pour l'instant sur Rosh Hashanah et on continue. Mais je profite qu'on soit arrivés à ce petit moment pour vous dire, je vous invite directement à suivre mes activités sur rabenchanski.fr pour ce qui me concerne moi plus particulièrement, sur kokre.net à propos de toutes les formations et les sagesses dont j'ai parlé et pour le travail associatif et le travail de dialogue et sur yetzira.org pour toutes les affaires qui concernent la synagogue.

Enfin, devenir juif et devenir juive, d'ailleurs, les deux fonctionnent dans l'URL, et à votre disposition aussi pour retrouver tous les matériaux. Merci de donner votre cœur et votre réflexion à cette tradition de résilience qu'est le judaïsme. Et rappelez-vous, chaque fois que nous soutenons les traditions de résilience antiques, nous leur rendons vie et nous nous rendons vie à nous-mêmes.

Nous avançons ensemble. A très bientôt.

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