🎧 LMH#26-Le problème de ton équipe n'est peut-être pas ton équipe
Pourquoi certaines équipes compétentes et engagées finissent-elles par ne plus se comprendre ?
Dans cet épisode de La Minute Humaine, nous explorons une réalité rarement abordée en entreprise : l’impact du manque de conscience de soi chez les dirigeants et les managers. Plus nous nous identifions à notre rôle, plus nous risquons de perdre le contact avec notre expérience humaine… et de créer, malgré nous, de la distance relationnelle.
Tu découvriras pourquoi l’authenticité ne s’improvise pas, comment certaines réactions professionnelles prennent racine dans des mécanismes inconscients, et en quoi développer sa conscience de soi transforme profondément la qualité du leadership et la coopération dans les équipes.
Un épisode pour celles et ceux qui veulent diriger avec justesse, réduire les tensions invisibles et créer un environnement de travail plus serein et plus vivant.
🔎 Dans cet épisode :
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Chaque mardi, une pause de 10 minutes pour mieux te comprendre, mieux comprendre tes collaborateurs, et agir avec justesse et sérénité.
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Le podcast La Minute Humaine est un produit HawwaH créé par Xavier ELOY, coach, consultant, formateur, conférencier et maintenant podcasteur.
Copyright 2026 Xavier ELOY
Je vais commencer cet épisode avec une phrase qui peut déranger un peu.
Si ton équipe ne fonctionne pas comme tu le voudrais… ce n’est peut-être pas un problème d’organisation.
Ce n’est peut-être pas un problème de compétences.
Et ce n’est même pas forcément un problème d’engagement.
C’est peut-être simplement que tu ne te connais pas encore assez toi-même.
Et je sais que ça peut être inconfortable à entendre. Parce que quand on dirige, on nous apprend à analyser les autres… rarement à s’observer soi-même.
Pourtant, dans les organisations que j’accompagne, je vois presque toujours la même tension.
D’un côté, des collaborateurs qui veulent toutes les conditions pour bien faire leur travail. (développer ce que j’ai observé)
Et de l’autre côté, des dirigeants et des managers profondément investis dans leur rôle.
Tellement investis… qu’ils finissent parfois par disparaître derrière lui, derrière le rôle.
Ils deviennent la fonction, la responsabilité, la décision. Ils deviennent leur rôle alors qu’ils sont des humains qui ont un rôle. Le rôles et la fonction prennent la première place, alors que c’est d’abord un humain.
Donc l’humain, l’humanisme, disparaît tout doucement, silencieusement, mais visiblement.
Et le paradoxe, c’est que les collaborateurs ne demandent pas d’avoir moins de hiérarchie, ils veulent comprendre l’humain qui est derrière son rôle hiérarchique. Et tant qu’il ne le comprend pas, il utilise son énergie psychique à vouloir comprendre, et donc il n’est pas entièrement disponible pour son travail.
Pourquoi ils veulent comprendre cet humain ? Parce qu’ils veulent travailler avec quelqu’un de réel. Pas quelqu’un de parfait. Pas quelqu’un d’infaillible. Mais bien quelqu’un de vivant.
C’est ici le point de naissance d’une ambivalence très forte : plus un manager essaie d’être irréprochable dans son rôle… plus il devient difficile à rencontrer humainement. Et plus la distance relationnelle augmente.
Alors aujourd’hui, j’aimerais introduire une notion centrale, c’est la CONSCIENCE DE SOI.
Et la conscience de soi, ce n’est pas de l’introspection abstraite. Ce n’est pas de la psychothérapie. Ce n’est pas devenir centré sur soi.
C’est tout simplement : ce que je m’autorise à connaître de ma propre expérience.
Ce que je ressens. Ce qui me touche. Ce qui m’agace aussi. Ce qui me fait peur bien sûr. Ce qui me met en insécurité, etc etc.
Parce que si certaines parties de mon expérience me dérangent - si elles créent de la honte, de la culpabilité, ou contredisent l’image que j’ai de moi-même - alors naturellement… je vais les ignorer. Je vais les refouler. Et donc elles deviennent invisibles pour moi. Mais pas pour les autres. Et cela renforce et nourrit l’ambivalence dont je viens de te parler.
Et je dois encore te dire quelque chose d’important, c’est que si je dis cela ici, de cette façon, c’est parce que j’ai l’intention que tu te comprennes et que tu puisses comprendre tes collaborateurs. Tous les humains fonctionnent comme cela, mais ceux qui le savent ont pu modifier leurs mécanismes, leurs fonctionnements. Et je te donne l’opportunité ici de mieux te comprendre et de te permettre de lâcher la culpabilité au cas où il y en aurait chez toi, quelque soit son degré d’importance.
Quand je ne suis pas conscient de ce que je vis intérieurement, quelque chose d’étrange se produit.
Je commence à agir d’une manière que moi-même je ne comprends pas.
Je deviens plus dur que je ne le voudrais. Plus distant. Plus contrôlant. Ou au contraire évitant.
Parfois je crois même que le problème vient des autres. Alors qu’en réalité… une partie de mon expérience agit à ma place. C’est ce qu’on appelle l’inconscient. C’est-à-dire la partie de moi que je choisis -souvent sans le savoir- de ne pas connaître.
Dans l’épisode précédent, je parlais d’authenticité.
L’authenticité n’est pas une technique de communication. Elle ne consiste pas à tout dire. Elle commence ici : quand je deviens capable de voir ce qui se passe en moi… sans me juger. Parce que lorsque je suis conscient de mon expérience, je peux choisir mes actes. Quand je ne le suis pas, je réagis. Et c’est là toute la différence entre un rôle qui protège… et un rôle qui enferme.
Devenir authentique, ce n’est pas perdre son autorité. C’est se dévoiler progressivement. Je ne dis pas qu’il faille tout montrer. Mais cesser de se cacher derrière une image parfaite.
Et paradoxalement (encore un paradoxe !), c’est ce dévoilement qui crée la sécurité psychologique dont tous les collaborateurs ont besoin pour bien travailler. Parce que quand un leader devient plus conscient de lui-même, il devient aussi plus lisible, plus accessible. Et une équipe a besoin de lisibilité pour travailler sereinement.
Je veux vraiment insister sur quelque chose.
Si tu te reconnais dans tout ce que je viens de dire, saches que tu n’as rien fait de mal.
On ne t’a jamais appris à développer ta conscience de toi-même.
On t’a appris à décider, à performer, à tenir en toutes circonstances, mais peut-être jamais, ou presque jamais, à observer ce qui se passe en toi pendant que tu diriges.
Et pourtant… c’est probablement la compétence la plus puissante que tu puisses développer.
Parce que quand tu te connais :
tu réagis moins, tu agis
Tu n’entends plus, tu écoutes autrement
Tu crées moins de tensions invisibles, tu crées un espace où l’on se parle, on interagit
Ton impact négatif se transforme en positif, il est ajusté
Ramener à la conscience les parties de soi que l’on évite… c’est un travail.
Un travail profondément humain.
C’est ce qui permet le dévoilement. Et c’est ce qui rend l’authenticité possible.
C’est exactement ce que nous explorons dans les stages de l’Élément Humain.
Des espaces où tu peux observer ton fonctionnement, comprendre ce qui se joue réellement dans la relation, et développer cette conscience de toi qui change ensuite profondément ta manière de diriger.
Les équipes n’attendent pas des managers, des dirigeants, des leaders parfaits. Elles attendent des leaders conscients.
Si cet épisode résonne, c’est peut-être que certaines situations dans ton équipe deviennent lourdes ou difficiles à comprendre.
Parfois, quelques échanges suffisent pour voir plus clair et remettre du mouvement là où tout semble bloqué.
Tu peux simplement me contacter pour en parler, sans engagement — souvent, mettre des mots est déjà un premier pas.