Bonjour et bienvenue dans ce deuxième épisode de la 2e Saison de La Minute Humaine.
Aujourd’hui, on va parler d’une expression que tu as sûrement entendue des dizaines de fois : « il faut lâcher prise ».
Mais dès qu’on te dit ça, une question arrive immédiatement : lâcher prise sur quoi ? Et comment ?
Parce que quand on est dirigeant·e, on ne peut pas se permettre de tout lâcher. On porte des résultats, des équipes, une vision.
Le lâcher-prise, ce n’est pas baisser les bras, devenir laxiste ou abandonner ses responsabilités.
C’est lâcher la prise que l’on croit avoir sur des choses qu’on ne peut de toute façon pas maîtriser.
C’est une distinction fondamentale.
Beaucoup de dirigeants fonctionnent avec un fort besoin de contrôle. Ils veulent tout maîtriser : les réactions des collaborateurs, les imprévus, les résultats, le moral de l’équipe. Cette volonté permanente de tout contrôler crée une tension intérieure très forte : sensation de lourdeur dans la poitrine, mâchoire serrée, respiration courte, esprit qui tourne en boucle, fatigue chronique.
Le vrai lâcher-prise, c’est arrêter de lutter contre la réalité telle qu’elle est à l’instant T, tout en restant pleinement responsable de ce qui dépend de toi.
Byron Katie, dans son travail sur « The Work », nous invite à nous poser cette question puissante :
« Est-ce que je peux absolument savoir que c’est vrai que ça devrait être autrement ? »
Quand on lâche prise, les ressentis sont très différents : une sensation de soulagement dans le corps, la respiration qui s’approfondit, l’esprit qui devient plus clair, une forme de légèreté et de confiance qui apparaît. On passe d’un état de lutte à un état de présence plus fluide.
Les gens qui me connaissent bien savent que je n’aime pas cette expression de lâcher prise, parce que les gens qui le disent ne sont pas capables de donner le mode d’emploi, et j’en faisais partie. C’est pourquoi j’ai réfléchi sur l’expression, ce qui se cache derrière ces mots et surtout d’être en mesure de proposer une manière de l’exécuter.
Alors comment faire concrètement ?
Je te propose un exercice très concret :
Dès que tu sens que tu es en train de lutter intérieurement (tu rumines, tu t’énerves, tu veux absolument que quelque chose se passe d’une certaine façon), arrête-toi et pose-toi ces trois questions :
Qu’est-ce que je peux réellement contrôler dans cette situation ?
Qu’est-ce que je ne peux absolument pas contrôler ?
Qu’est-ce que je choisis de faire maintenant avec ce qui dépend vraiment de moi ?
Cette simple distinction te ramène dans ton pouvoir réel.
Et pour rappel, comme je le disais dans un épisode précédent, le pouvoir c’est la capacité de changer quelque chose, ou de résister à quelque chose qui change malgré moi.
Tu n’as pas besoin d’être parfait·e. Tu as juste besoin d’être de plus en plus conscient·e de tes tentatives inutiles de tout contrôler. Si tu vois que tu n’as pas le contrôle depuis un certain temps sur quelque chose et que tu as déjà tenté plus d’une fois et que c’est toujours le même résultat, je pense que tu peux lâcher prise et pose-toi les trois questions que je viens de te donner.
Dans le prochain épisode, on abordera un sujet très concret et souvent tabou : Gérer la colère sans exploser ni tout ravaler.
Prends soin de toi. On se retrouve mardi prochain.