🎧 Comment ta présence influence tout le système ?
Dans ce nouvel épisode de La Minute Humaine, on explore le principe systémique : la manière dont ta présence, ton humeur et tes comportements influencent ton environnement professionnel.
Découvre comment les dynamiques invisibles façonnent une équipe — et comment redevenir un acteur conscient du système dont tu fais partie.
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Le podcast La Minute Humaine est un produit HawwaH créé par Xavier ELOY, coach, consultant, formateur, conférencier et maintenant podcasteur.
Copyright 2026 Xavier ELOY
Ton effet papillon dans l’entreprise – comment ta présence influence tout le système
Aujourd’hui, je te parle d’un sujet qui relie ce que j’appelle le monde intérieur — ton histoire, tes émotions, ta manière d’être — et le monde collectif, celui du travail, des équipes, des organisations.
Et tu vas voir que ces deux mondes ne sont jamais séparés. Ce que tu es, tu le transporte partout. Et là où tu vas, tu y crée toujours une empreinte.
Quand tu vas au travail, tu penses peut-être que tu y vas juste pour faire ton job, respecter ton contrat, tenir tes engagements. Tu arrives, tu fais ce que tu as à faire, tu côtoies des collègues avec qui tu dois collaborer, parfois dans la bonne humeur, parfois dans la tension. Mais si on regarde les choses sous l’angle de la psychosociologie, c’est bien plus profond que ça.
La psychosociologie, c’est l’observation des relations entre les faits psychologiques et les faits sociaux. En clair : c’est la manière dont ton vécu intérieur — tes émotions, ton histoire, tes valeurs, tes peurs — agit sur ton environnement, et comment cet environnement agit sur toi.
Et dans le monde du travail, cette interaction devient systémique. C’est-à-dire que tout ce que tu fais, dis, ressens ou ne dis pas, influence le système dans lequel tu es. Et inversement, le système influence ton comportement.
Tu es à la fois un acteur et un récepteur. Tu agis sur le système, et le système agit sur toi.
Pourquoi dans la plupart de mes épisodes précédents je remonte toujours à l’enfance
Tu l’as peut-être remarqué : dans mes épisodes, quand je parle d’un comportement, d’une manière de réagir ou de penser, je remonte souvent à l’enfance. Non pas pour faire de la psychologie de salon, mais parce que nos modes de fonctionnement ne naissent pas dans l’entreprise — ils s’y rejouent.
Nos façons de communiquer, de prendre la parole, de gérer le conflit, de chercher la reconnaissance ou d’éviter l’échec… Tout cela est profondément lié à notre construction émotionnelle et cognitive, formée très tôt, dans notre environnement familial et éducatif.
Chaque individu arrive dans l’organisation avec un système de pensée, un système émotionnel, et une histoire. Il n’existe pas d’un côté “l’individu privé” et de l’autre “le professionnel rationnel”. C’est une illusion. Un humain ne fonctionne pas en tiroirs.
Il vient au travail avec tout ce qu’il est : son background, ses blessures, ses forces, ses croyances, ses peurs, ses envies. Et ce “tout” interagit en permanence avec le collectif.
Faire fi de cela, c’est une erreur de pensée, et c’est même l’une des sources de souffrance et de déconnexion qu’on observe dans de nombreuses organisations aujourd’hui. On y met des masques, on se cache derrière des rôles, on parle de performance sans parler de sens, et on finit par oublier que derrière chaque fonction, il y a une personne.
Une personne avec son histoire. Et quand on nie cette histoire, on fabrique de la dissonance, de l’incompréhension, des tensions. On crée des environnements où l’on se tait, où l’on évite l’humain, où l’on ne sait plus comment se relier. Et on le voit bien dans l’actualité organisationnelle, la demande de télétravail est toujours croissante, le nombre d’arrêts maladies également.
Alors que la vraie intelligence collective commence quand on accepte que l’humain au complet entre dans l’organisation, avec tout ce qu’il est.
La systémique, c’est une manière de penser le monde non pas comme une somme d’individus isolés, mais comme un ensemble d’interactions. Rien n’existe seul. Tout est lié.
Tu bouges une pièce, tout le reste bouge. Et souvent, on ne voit pas ces mouvements subtils.
C’est comme une toile d’araignée, tu la touches d’un côté et c’est toute la toile qui bouge. Où que soit l’araignée sur sa toile, et où que soit le contact de l’insecte sur la toile, l’araignée a reçu l’information que son système est modifié par une action. Tout le système a bougé, tout le système est influencé par cet événement.
C’est ce que les théoriciens appellent “l’effet systémique” : chaque élément d’un ensemble agit, consciemment ou non, sur la dynamique globale.
Alors oui, dans une entreprise, on a des fiches de poste, des process, des hiérarchies. Mais au-delà de tout ça, il y a ce qu’on pourrait appeler le champ invisible : les émotions, les non-dits, les postures, les relations implicites. C’est là que se joue la vraie vie d’une organisation.
Et toi, tu en fais partie. Que tu sois manager, stagiaire, consultant ou dirigeant, tu contribues à ce champ collectif.
Premier exemple : L’ambiance d’une équipe
Imagine une équipe projet. Tout le monde connaît son rôle, les réunions s’enchaînent, chacun fait son travail. Mais un matin, tu arrives fatigué, contrarié, à côté de tes pompes. Tu te dis : “Ce n’est pas grave, je vais juste faire ma journée.”
Sauf que cette humeur-là, elle se voit, même si tu ne dis rien. Ton regard, ta posture, ta manière d’écouter ou de ne pas écouter… tout cela change subtilement l’atmosphère. Un collègue perçoit que tu es fermé, il se met un peu en retrait. Un autre, au contraire, compense en dépensant beaucoup d’énergie pour détendre l’ambiance. Et sans que tu t’en rendes compte, ton état émotionnel a déclenché une série de micro-réactions en chaîne.
C’est en quelque sorte l’effet papillon. Une simple vibration intérieure qui, en se propageant, transforme tout un climat collectif.
Alors non, ce n’est pas une question de culpabilité. C’est une question de conscience. Quand tu sais que tu influences ton système, tu peux choisir comment tu veux l’influencer.
Deuxième exemple : Le changement de manager
Une autre situation. Une équipe fonctionne depuis des années. Même mission, même locaux, mêmes outils. Et un jour, le manager change. Rien d’autre ne bouge, mais tout va changer en fait.
Pourquoi ? Parce que la posture relationnelle du nouveau manager modifie la circulation de la parole, la confiance, la manière dont chacun se sent reconnu ou écouté. Certains se sentent à nouveau motivés, d’autres se sentent perdus. C’est tout un système émotionnel et symbolique qui se modifie.
On croit souvent que déplacer une personne d’un service à un autre, c’est juste changer un individu sur un organigramme. Mais en réalité, on modifie tout un équilibre. Et cet équilibre, il réagit, il s’adapte, il se redéfinit.
Ce que tu peux observer chez toi
Alors, si tu veux t’exercer à la pensée systémique, tu peux commencer très simplement. Observe. Demande-toi :
Quand j’entre dans une réunion, quelle énergie j’apporte avec moi ?
Est-ce que ma présence apaise, stimule, inquiète, dynamise ?
Et inversement : qu’est-ce que je ressens du système autour de moi ? Est-ce qu’il me soutient, me freine, m’inspire ?
En prenant conscience de ces échanges subtils, tu redeviens acteur conscient de ton environnement, au lieu d’en être simplement le produit.
Le cœur du message
Ce que je veux te transmettre aujourd’hui, c’est simple : tu n’es jamais neutre dans un collectif. Même ton silence parle. Même ton regard a un effet. Et plus tu comprends cela, plus tu peux choisir ton impact.
Ce n’est pas une injonction à “bien faire” — c’est une invitation à voir ce que tu émets. À comprendre que ton humanité, ta sensibilité, ta façon d’être, sont déjà des forces d’influence.
Parce que le collectif, c’est toi, c’est moi, c’est nous. Et tout ce que tu fais, ressens, décide, façonne le système dans lequel tu vis.
Voilà pour aujourd’hui. Si cet épisode t’a parlé, partage-le à quelqu’un de ton équipe, ou à une personne avec qui tu collabores souvent. Et surtout, observe ton effet papillon : il commence toujours par une simple prise de conscience.
À très bientôt dans La Minute Humaine. Prends soin de toi, et du système dont tu fais partie.