Artwork for podcast Waltcast
Waltcast 4 : Trouver sa voie après le bac : choisir l’alternance dans la construction métallique
Episode 920th February 2026 • Waltcast • Jobradio
00:00:00 00:23:26

Shownotes

Dans cet épisode de Waltcast, on part à la rencontre de Fanny, 24 ans, dessinatrice projeteuse en construction métallique chez Cansé.

Après une seconde générale, Fanny s’oriente vers un bac STI2D option architecture et construction, puis un BTS AMCR avant de poursuivre en licence professionnelle BIM en alternance. Un parcours construit progressivement, guidé par une envie de concret et d’apprentissage sur le terrain.

De l’atelier au chantier, en passant par le bureau d’études, elle découvre toutes les étapes de fabrication d’un bâtiment métallique : modélisation, plans, échanges avec les équipes, suivi du projet… jusqu’à voir ses réalisations prendre vie dans la réalité.

Elle nous raconte comment l’alternance lui a permis de trouver sa voie, de gagner en maturité et de décrocher son premier emploi à la fin de sa formation.

Au programme de cet épisode :

  1. Son orientation après le collège et le choix du bac STI2D
  2. Pourquoi elle a choisi la construction métallique
  3. Son parcours du BTS au BIM en alternance
  4. La difficulté de trouver une entreprise… et l’importance de la candidature spontanée
  5. La découverte du terrain : chantier, atelier et bureau d’études
  6. Son rôle concret de dessinatrice projeteuse
  7. Les avantages de l’alternance pour apprendre un métier concret
  8. Les difficultés : rythme, fatigue et organisation
  9. Les idées reçues sur les métiers du bâtiment
  10. Ses conseils pour trouver une alternance et réussir son intégration

Un épisode concret pour celles et ceux qui cherchent leur orientation ou veulent comprendre comment un métier technique devient une vraie vocation.

🎧 À écouter si tu veux découvrir un secteur qui recrute, apprendre sur le terrain et trouver ta place dans l’industrie du bâtiment.

📲 Pour découvrir d’autres témoignages d’alternants, rendez-vous sur walt.community

🔁 Et surtout : partage cet épisode autour de toi !

Transcripts

Intervenant A

::

En

Jean Baptiste

::

quête d'un métier concret, innovant et porteur d'avenir, tu veux apprendre sur le terrain tout en préparant un diplôme reconnu. Bienvenue dans WildCast, c'est le podcast de l'association Wild qui donne la parole aux alternants.

Fanny

::

Bonjour, je m'appelle Fanny Canté, j'ai 24 ans, je suis dessinatrice projettriste en construction métallique au sein de La Chance, bâtie à l'école du groupe Cansey.

Jean Baptiste

::

Bienvenue dans Worldcast, Fanny!

Fanny

::

Merci!

Jean Baptiste

::

C'est un programme en partenariat avec le syndicat de la construction métallique de France, OPCO, 2i et avec l'industrie. Aujourd'hui focus sur un secteur essentiel à l'industrie et aux infrastructures de demain, la construction métallique, secteur en pleine transformation qui recrute massivement et offre une grande diversité de métiers. Plus de 20 000 emplois sont à pourvoir dans les cinq prochaines années. Fanny, tu as un parcours qui est assez varié. Avant ton arrivée dans la construction métallique, tu as commencé par une seconde générale. Est-ce que tu peux peut-être nous raconter comment s'est faite ton orientation à ce moment-là?

Fanny

::

Alors oui. Après le brevet, je ne savais pas réellement quoi faire. Donc naturellement, je me suis dirigée vers une seconde générale parce que simplement, ça me laissait le plus de portes ouvertes à la suite de la formation. Tout simplement.

Jean Baptiste

::

Qu'est-ce qui t'a fait basculer vers un bac STI 2D et options architecture et construction?

Fanny

::

J'ai toujours été passionnée par l'architecture. Quand j'étais petite, je faisais des maisons en papier. C'est toujours un monde qui m'a passionnée et c'était peut-être ce qui me plaisait le plus et là où je me projetais le plus dans mon avenir professionnel.

Jean Baptiste

::

Alors, tu m'as expliqué, parce qu'évidemment, on a eu l'occasion d'échanger ensemble pour préparer cet épisode-là, mais tu m'avais expliqué que ce choix t'avait d'abord déçu, mais qu'il t'avait finalement ouvert des portes. Qu'est-ce qui t'a fait changer clairement d'avis?

Fanny

::

C'est ma professeure principale qui m'a réorientée en STI 2D. parce que j'avais un dossier assez moyen pour aller en bac S, donc c'est vrai que j'étais déçue parce que pour moi c'était tout tracé, mais elle m'a expliqué qu'au final un bac STI 2D, ça ouvrait tout autant de portes et que moi qui aimais plus la pratique à la théorie, je pouvais plus m'épanouir dans cette formation et avoir un meilleur dossier pour intégrer les écoles plus tard.

Jean Baptiste

::

Après le BAC, tu hésitais entre plusieurs voies. Qu'est-ce qui t'a fait finalement décider d'aller vers le BTS AMCR? Qu'est-ce qui t'attirait surtout dans ce domaine-là, qui est l'architecture métallique?

Fanny

::

Justement, dans le BAC STI 2D, on a vu beaucoup de chantiers, beaucoup de bâtiments construits en métal. et j'avais l'option de faire de l'architecture d'intérieur aussi et la vraie question qui s'est posée c'était quel BTS, quel parcours m'apportait le plus d'opportunités à la sortie et qu'est-ce qui me garantissait un métier à la clé et c'est du coup le BTS AMCR qui s'est révélé le plus avantageux.

Jean Baptiste

::

Alors ce BTS, ce fameux diplôme, tu l'obtiens avec mention et tu choisis ensuite de poursuivre en licence professionnelle CBIM, coordinateur BIM, en fait, à Toulouse. Qu'est-ce que ça t'a apporté cette formation en plus?

Fanny

::

Alors dans cette formation, on était plusieurs, on était une classe de 20 et on venait tous d'univers différents du monde de la construction. Donc c'était très intéressant d'avoir un autre regard sur les différents métiers tout simplement de la construction, d'avoir l'avis de chacun et c'était très intéressant sur ça.

Jean Baptiste

::

Et quelles compétences, toi, tu utilises encore aujourd'hui, que tu as appris à l'époque?

Fanny

::

Moi, j'utilise aujourd'hui, on travaille avec des plateformes collaboratives, c'est-à-dire que toutes les personnes d'un projet peuvent avoir accès à une maquette, à la maquette que je dessine, à la maquette numérique que je dessine. Et donc, c'est autour de cette maquette qu'il y a le plus d'échanges sur un chantier.

Jean Baptiste

::

Fanny, comment s'est passé finalement ta recherche d'alternance à toi?

Fanny

::

Alors, j'ai un petit peu, beaucoup, énormément galéré. Je n'ai pas eu de réponse. Enfin, j'ai eu beaucoup de refus et beaucoup de non-réponses, surtout. C'était très frustrant et mon dernier espoir un peu s'était cancé. Donc, j'ai fait une candidature spontanée et ça a fonctionné.

Jean Baptiste

::

OK. Et c'est quoi, cancer, en quelques mots? Est-ce qu'on peut expliquer ce que c'est?

Fanny

::

Dansé, c'est un constructeur métallique. Depuis 1961, il construit des bâtiments industriels, mais aussi agricoles, c'est-à-dire photovoltaïques.

Jean Baptiste

::

Tu l'as dit, tu postules en candidature spontanée. Finalement, ça fonctionne et tu arrives chez Dansé pour ton alternance en licence CBIM. C'est quoi les univers que tu as découverts une fois sur place?

Fanny

::

Pour commencer, j'avais postulé pour un poste de dessinatrice, mais quand je suis arrivée, on m'a informé qu'il fallait que je fasse un parcours. J'ai commencé par plusieurs chantiers. J'ai fait 15 jours de chantier avec différentes équipes. Ensuite, je suis passée par la phase atelier où je suis restée une semaine avec les différents postes. Et après, j'ai enfin intégré le bureau d'études avec qui j'ai pu suivre le fonctionnement d'un chantier.

Jean Baptiste

::

Donc tu découvres en fait, comme tu nous l'as dit, plusieurs univers, l'atelier, le chantier, le bureau d'études. Est-ce que tu peux nous raconter ce que tu as appris finalement sur chacune de ces étapes?

Fanny

::

Alors durant mon BTS, je n'avais fait qu'un stage en bureau d'études, donc je n'avais aucune notion de la partie atelier et de la partie chantier. Donc j'ai pu apprendre à travers les personnes qui m'ont accompagnée. J'ai pu voir leurs regards, j'ai pu prendre leurs conseils qui ont fait que quand je suis arrivée en bureau d'études, j'ai pu me rappeler de ce qu'ils m'avaient dit et dessiner en fonction de leur retour.

Jean Baptiste

::

Et justement, ça change quoi de voir concrètement la fabrication et le montage des bâtiments? Là, pour le coup, en plus, ça devenait hyper concret, quoi.

Fanny

::

Justement, je trouve que quand on dessine, on se pose des questions différentes. On cherche plus le pourquoi du commun et surtout, on essaye de se mettre à la place de la personne qui va réaliser ce qu'on dessine.

Jean Baptiste

::

Fanny, est-ce qu'il y a un moment où, au gré de ces expériences-là, passées en atelier, chantier ou bureau d'études, tu t'es vraiment dit, ah ouais, là, c'est vraiment ce que je veux faire, quoi.

Fanny

::

Oui, c'est arrivé. J'ai eu de la chance de tomber sur des personnes qui aimaient leur métier et qui m'ont transmis leur savoir. Et tout simplement, je me suis dit que c'est ça ce que je veux faire. Quand j'étais contente de me lever le matin pour aller travailler et que je savais que j'allais apprendre. C'est un petit peu bateau, mais c'est vrai.

Jean Baptiste

::

C'est peut-être bateau, comme tu dis, mais en même temps, c'est tellement important de se lever le matin et d'aller bosser et d'avoir le sourire. Tu t'es spécialisée progressivement vers le dessin. Qu'est-ce qui t'a attiré, toi, peut-être un peu plus vers cette spécialité-là?

Fanny

::

C'était le côté un petit peu conception, réflexion, se poser des questions de comment on va mettre en œuvre ça, comment on va réaliser, parce qu'il y a quand même un côté esthétique, mais il faut que ça tienne. Il y a tous ces enjeux et c'est ce côté réflexion et ce côté aussi travail d'équipe où on discute avec tous les intervenants pour sortir le meilleur projet possible.

Jean Baptiste

::

A la fin de ton alternance, tu es confronté à un vrai choix. celui de continuer encore un peu plus tes études ou alors accepter une embauche. Pourquoi est-ce que tu as fait le choix de cette deuxième option et de rejoindre directement l'entreprise? Qu'est-ce qui t'a motivé à l'époque?

Fanny

::

Alors, ça a été un long sujet. Il y a eu beaucoup de discussions avec l'EDRH et mon responsable bureau d'études. Ils m'ont expliqué simplement que le master que je souhaitais faire n'avait pas d'utilité dans chez Cansé, qu'il n'allait pas forcément m'apporter plus. Et surtout, ils m'ont expliqué que ce n'est pas parce que je m'arrêtais à un bac plus trois qu'en interne, ça me freinait. Ils m'ont expliqué que je pouvais évoluer, qu'il y avait des formations en interne, que je pouvais même plus progresser en ayant l'expérience terrain que d'être encore à l'école et voilà.

Jean Baptiste

::

Et donc, ça a fini évidemment ces arguments-là de te convaincre. Ce qui fait donc que tu signes un contrat chez Cansé, tu commences dans le bureau d'études qui est dédié aux projets industriels. Quelle mission tu avais à ce moment-là?

Fanny

::

J'ai commencé par avoir des petits projets, toujours supervisés par mon tuteur. C'était des projets réels et c'était pour apprendre au fur et à mesure le métier. Petit à petit, j'ai vu chaque étape avec les autres collaborateurs. J'ai appris petit à petit le métier de dessinateur.

Jean Baptiste

::

Aujourd'hui, tu travailles au sein de l'agence Bâti Agricole. Concrètement, c'est quoi ton rôle au quotidien?

Fanny

::

Alors aujourd'hui, je suis dessinatrice. Mon rôle, c'est de fournir les plans pour le client, pour l'atelier, pour le montage. Je réalise les plans du bâtiment de

Jean Baptiste

::

A à Z. D'accord, donc il y a là-dedans des plans d'implantation, des plans de validation client, des plans atelier, des plans pour le montage. Est-ce que tu peux, toi, nous expliquer comment ça se déroule très concrètement, en fait, la création d'un bâtiment depuis ton logiciel jusqu'au chantier?

Fanny

::

Oui, alors je vais même commencer un petit peu avant. D'abord, il y a un prédimensionnement qui sert au commercial pour chiffrer le bâtiment. Une fois que le bâtiment est passé en commande, c'est les ingénieurs calculs qui dimensionnent le bâtiment et qui me donnent tous les documents pour que je puisse dessiner derrière. Donc une fois que j'ai toutes les informations, en fait, moi je fais dans un premier temps le plan d'implantation qu'on appelle, pour implanter le bâtiment comme son nom l'indique. Et en suivant, je fais le plan de validation qui est destiné au client pour qu'il ait une vue d'ensemble de son bâtiment avec toutes les codes essentielles et utiles pour lui. Et une fois que le client est d'accord, je passe ce qu'on appelle les approcs à scie, c'est-à-dire que j'envoie le quantitatif de l'acier que j'ai besoin à l'atelier pour qu'il puisse le commander et le fabriquer en suivant. Et une fois que c'est fait, je fais du traçage, ça s'appelle, C'est-à-dire que je fais le dossier de fabrication qui sera destiné aux ateliers pour fabriquer le bâtiment. Et pour finir, je fais les plans de pose pour le montage.

Jean Baptiste

::

Ok, donc ça allie beaucoup de compétences. Tu es sur un poste qui est finalement aussi très transversal. Tu es au carrefour de plusieurs métiers. Avec quel corps de métier justement tu travailles toi au quotidien?

Fanny

::

Alors je travaille avec des architectes, avec les commerciaux, beaucoup avec les conducteurs de travaux, les ingénieurs calculs et les monteurs sur sentier. C'est les principaux métiers avec lesquels je travaille.

Jean Baptiste

::

Et c'est facile, justement, d'échanger avec tous ces corps de métiers différents?

Fanny

::

Alors justement, c'est ça un petit peu l'enjeu, c'est qu'il faut qu'il y ait sur ces projets beaucoup d'échanges pour être sûr qu'une fois que ça arrive sur chantier, tout soit bon, tout soit correct et que ce qu'on a dessiné sur ordinateur, ça se monte bien sur chantier. Donc, l'enjeu, c'est vraiment qu'il y ait un bon échange, une bonne communication pour mener à bien le projet.

Jean Baptiste

::

Et justement, toi, qu'est-ce qui t'éclate, entre guillemets, dans cette dimension hyper collaborative?

Fanny

::

C'est le travail d'équipe, c'est pour ça que je suis là depuis le début. Des fois, il peut y avoir des petits clashs, mais c'est intéressant d'avoir l'avis de tout le monde et les idées de chacun. Je pense qu'on avance plus vite quand tout le monde y met de son grain. Moi, je pense que c'est ça qui me plaît le plus.

Jean Baptiste

::

Est-ce que tu as une journée type? Alors, je n'en sais rien, mais si tu en as une, elle ressemble à quoi?

Fanny

::

Alors moi il faut savoir que je travaille quasiment exclusivement pour un seul client, un client important, donc c'est pas mal de projets. En général je ne reste pas plus de deux jours d'affilée sur le même projet, ça enchaîne pas mal. Donc soit ça va être beaucoup de plans, soit ça va être que de la modélisation, c'est soit l'un soit l'autre et c'est déroulement en fait.

Jean Baptiste

::

Est-ce que tu peux, sans trahir de projet professionnel, me donner un projet marquant, un bâtiment agricole ou industriel dont toi tu es particulièrement fière?

Fanny

::

Oui, c'était un de mes premiers projets industriels que j'ai fait quand je suis arrivée. J'étais encore supervisée par mon tuteur. Mais c'était mon vrai premier projet. Il était tout petit, mais il était très complexe et j'ai appris énormément. J'ai travaillé avec une équipe avec laquelle je me suis très bien entendue sur chantier. Ça s'est très bien passé. Et c'est vrai que quand j'ai reçu les photos du projet terminé, j'étais un peu fière. Et même quand je le regarde aujourd'hui, je me dis c'est moi qui l'ai fait.

Jean Baptiste

::

Pour le coup, c'est hyper concret en plus.

Fanny

::

Oui, totalement.

Jean Baptiste

::

Tu as connu l'alternance, toi, sur une longue période. Qu'est-ce qui t'a motivé, finalement, à choisir ce mode de formation?

Fanny

::

Je me suis dit que c'était une bonne passerelle entre le monde du travail et l'école, une bonne transition. On est un petit peu à l'école encore, mais on commence à rentrer dans le monde du travail. Je trouvais que c'était plus facile, peut-être après, de s'insérer dans le monde du travail avec une expérience comme celle-ci. Et encore une fois, c'est pour ça que j'avais choisi le bac STI 2D, mais c'est la pratique à la théorie, encore une fois, qui m'intéressait beaucoup.

Jean Baptiste

::

Et puisque tu parles justement d'intégration, comment elle s'est passée dans l'entreprise en tant qu'alternante?

Fanny

::

Alors j'ai eu de la chance, j'ai été très bien intégrée. Ça s'est très bien passé, j'ai pas eu de soucis et ça a facilité mon alternance aussi d'avoir un groupe qui vit bien.

Jean Baptiste

::

Selon toi, Fanny, c'est quoi aujourd'hui les avantages les plus forts de l'alternance?

Fanny

::

Je vais le dire et le redire, mais je pense que c'est vraiment le lien direct entre la formation et la pratique. C'est très bien d'être à l'école, d'apprendre, mais je trouve que là où on apprend le mieux, c'est quand on fait les choses, quand on est sur le terrain et qu'on est dans du concret.

Jean Baptiste

::

Sympa aussi d'avoir une petite rémunération.

Fanny

::

Oui, c'est quand même plus. Surtout dans la vie actuelle, c'est sûr que d'avoir un salaire, c'est toujours plus confortable.

Jean Baptiste

::

Ça permet d'aider éventuellement les parents qui vous aident déjà ou de payer aussi les factures.

Fanny

::

C'est ça, puis ça commence à nous responsabiliser également aussi. On doit gérer notre argent et ça nous responsabilise, je dirais.

Jean Baptiste

::

Et à l'inverse, c'est quoi les difficultés pour toi du quotidien quand on est justement en formation, en alternance?

Fanny

::

J'aurais dit la fatigue parce que c'est quand même un enchaînement, c'est un roulement en permanence. Il n'y a plus de vacances comme à l'école. On doit travailler. Oui, la charge de travail, ça dépend après toujours des écoles. C'est toujours pareil. Il y a des écoles qui ne donnent pas de travail quand on est en entreprise et d'autres si. Donc, je dirais oui, la fatigue. Il faut savoir gérer et ne pas se laisser submerger par tout ça.

Jean Baptiste

::

Et justement, c'était quoi, toi, ton rythme entre les cours à l'école et puis l'alternance en entreprise?

Fanny

::

Alors moi c'était un mois de cours, un mois d'entreprise, donc je pense que ça facilitait aussi le rythme parce que je pense que quand c'est en semaine, quand on change trois jours, deux jours, c'est beaucoup plus compliqué. Là au moins déjà j'avais le temps de voir des projets en entreprise et j'avais le temps de bien travailler à l'école. Le rythme était plus simple je trouve.

Jean Baptiste

::

T'as réussi finalement à équilibrer un petit peu ta vie d'étudiante, ta vie en entreprise et ta vie perso.

Fanny

::

Oui, dès le départ, je me suis organisée, j'ai tout cadré. Bon, c'est sûr, il y a des concessions à faire, c'est comme partout, Comme quoi? C'est sûr qu'on voit moins les amis. Le sport a été mis entre parenthèses un petit peu, mais... mais ce n'était pas non plus des restrictions trop dures. C'est gérable.

Jean Baptiste

::

Tu es accompagnée par un tuteur, des responsables, des équipes. Comment ça se passe ton suivi quand tu es alternant?

Fanny

::

Alors ici, en interne chez Cansé, on a un tuteur qui est responsable des nouveaux dessinateurs, donc qui s'occupe exclusivement de nous, donc j'avais de la chance qu'il s'occupe énormément de moi. En licence, j'avais un tuteur également, qui était un intervenant, c'était un professionnel, et qui était très investi et qui m'a beaucoup suivi aussi. Et en parallèle, évidemment, j'avais mes collègues, comme je le disais juste avant, qui se sont pas mal occupés de moi également.

Jean Baptiste

::

Ça, c'est un vrai coup de main, un vrai plus. Qu'est-ce qu'elle t'a appris sur toi, l'alternance, si elle t'a appris quelque chose?

Fanny

::

Elle m'a appris que je pouvais être responsable et que je pense que ça a fini de faire éclore la maturité et que ça a fini de me responsabiliser et de me dire que j'étais capable surtout d'évoluer dans ce milieu.

Jean Baptiste

::

Pour quelqu'un qui peut être amené à galérer, comme ça a été ton cas d'ailleurs au début, à trouver une entreprise, quels conseils tu pourrais lui donner à cette personne? Comment rester malgré tout motivé?

Fanny

::

Alors moi je lui dirais de se créer des profils sur LinkedIn par exemple, de cibler ses candidatures donc à chaque entreprise, je sais ça peut être long mais vraiment prendre le temps de cibler chaque entreprise, de se mettre en avant peut-être si on a fait des projets, faire un petit portfolio et se mettre en avant et faire comme j'ai fait, des candidatures spontanées même s'ils ne recherchent pas spécialement, on sait jamais.

Jean Baptiste

::

Dernier petit tips peut-être que tu peux donner, c'est sur les erreurs à éviter quand on débute en alternance ou les bons réflexes à adopter très vite.

Fanny

::

Je dirais les erreurs à éviter, ça serait de privilégier soit l'école, soit l'entreprise, de ne se focaliser quand on est en entreprise, de se dire, OK, c'est que l'entreprise ou quand on est à l'école. Je pense qu'il faut les mettre sur un pied d'égalité et que les deux sont aussi importants l'un que l'autre. Et les bons réflexes, être organisé, être volontaire, être curieux, intéressé et toujours sur un maître en question. Et tant qu'on est motivé et qu'on aime ce qu'on fait, il n'y a pas de raison.

Jean Baptiste

::

Oui, que ça ne marche pas derrière. Tu as découvert de l'intérieur un secteur qui recrute aujourd'hui énormément et qui reste, on ne va pas se mentir, assez peu connu du grand public. Selon toi, qu'est-ce qui rend justement la construction métallique un peu unique?

Fanny

::

Moi, je trouve que ce qui la rend unique, c'est sa grande liberté architecturale. On peut la modeler sous plusieurs formes et je trouve que c'est à la fois quelque chose de simple et à la fois quelque chose de complexe. Et surtout, sa rapidité de mise en œuvre qui la rend unique.

Jean Baptiste

::

Tout à l'heure, tu nous parlais des différents corps de métier que tu étais amenée à rencontrer dans le cadre de tes missions. Est-ce qu'il y a justement un métier, toi, que tu admires particulièrement dans ce secteur de la construction métallique?

Fanny

::

Je ne sais pas si on peut dire que je l'admire dans ce sens-là, mais c'est vrai que les conducteurs de travaux, ce sont ceux qui sont confrontés le plus au terrain. C'est eux qui peuvent prendre la colère des clients ou même des monteurs. C'est eux qui sont un peu au centre et qui peuvent rendre tout ça. Donc oui, c'est vrai que je les admire dans ce sens-là, parce qu'il faut avoir un certain cran et une certaine expérience qui fait que pas tout le monde ne peut y aller.

Jean Baptiste

::

Si tu devais casser, toi, une idée reçue sur la construction métallique, ce serait laquelle?

Fanny

::

Je dirais trop technique. Pourquoi? Parce qu'aujourd'hui, par exemple, bâtis agricoles sont des projets agricoles, projets photovoltaïques. Ça reste des bâtiments assez simples, assez rapides à mettre en place. Je dirais trop technique parce que pour quelqu'un qui commence ou quelqu'un qui est en reconversion, passer par des bâtiments agricoles, justement, c'est très formateur et au moins on a toutes les bases pour pouvoir évoluer après sur des projets plus complexes.

Jean Baptiste

::

OK. Et à l'inverse, peut-être, quelle image, toi, tu aimerais que les personnes qui nous écoutent en ce moment aient de ton métier?

Fanny

::

Que c'est un métier innovateur, ingénieux, surtout qu'on apprend et qu'on évolue constamment, et surtout un métier où on peut trouver sa place, où tout le monde peut trouver sa place.

Jean Baptiste

::

Et là, t'en es la preuve vivante. C'est quoi, selon toi, les qualités essentielles pour réussir dans le secteur? Les soft skills, je dirais, à maîtriser?

Fanny

::

Oui, il y a les compétences aussi de relations humaines, savoir bien s'exprimer avec le client, être professionnel, faire des mails corrects, répondre au téléphone, savoir leur expliquer, prendre le temps de discuter avec le client qui, lui, n'y connaît pas grand-chose et prendre le temps de discuter avec le client et leur expliquer.

Jean Baptiste

::

Fanny, tu es installée maintenant dans ton poste, tu continues j'imagine d'apprendre chaque jour sur le terrain. Est-ce que tu arrives à te projeter dans 2, 3, 5 ans? Est-ce que tu arrives à te voir finalement évoluer et vers quel type de mission?

Fanny

::

Alors oui, je me projette peut-être vers des projets plus conséquents que ce que je fais actuellement, ou alors peut-être bifurquer sur d'autres missions comme le calcul ou le commerce qui m'intéressent depuis toujours. Mais je préfère d'abord être bien formée et avoir les bonnes bases en tant que dessinatrice. Mais oui, je me vois évoluer et peut-être découvrir de nouveaux horizons.

Jean Baptiste

::

Est-ce que tu te vois rester aussi dans le secteur de la construction métallique?

Fanny

::

Si je continue d'évoluer, c'est un domaine où je veux rester, bien évidemment.

Jean Baptiste

::

Et si on se projette loin, loin, loin, dans l'idéal, ton job idéal, tu devrais faire quoi?

Fanny

::

C'est une bonne question ça. Le dessin me plaît donc ça m'embêterait aussi de le lâcher un peu mais c'est vrai que j'aimerais bien peut-être pas toucher à tout mais c'est vrai que le commerce me plaît énormément mais je suis pas du tout apte encore à y être. Le commerce ou peut-être repartir dans le bim vu que ça se développe de plus en plus et que ça évolue très très vite peut-être finir de développer le bim dans la construction métallique parce qu'il n'est pas trop présent encore.

Jean Baptiste

::

Ouais, top, top, jolie ambition. Quel conseil, toi, tu donnerais justement à un jeune qui hésite peut-être à rejoindre ce secteur de la construction métallique?

Fanny

::

Je lui dirais que le secteur, il offre de nombreuses opportunités et que surtout, il y a des métiers pour tout le monde. Il y a trois phases dans la construction d'un bâtiment, donc les études, la fabrication et le montage. Je pense que du monde, il nous en faut et chacun peut trouver sa place dans le domaine qu'il préfère, soit en bureau d'études, soit à l'atelier pour assembler, soit sur chantier pour poser. Je pense que tout type de profit peut trouver sa place dans ce secteur.

Jean Baptiste

::

Fanny, avant de te remercier, une dernière question. Comment bien se préparer pour démarrer une alternance dans la construction métallique?

Fanny

::

D'être arrivé avec l'émotion de base. Le langage de la charpente métallique, ça peut être un atout pour ne pas être perdu. Avoir conscience d'être un non-sachant et qu'on a tout à apprendre. Et ensuite, d'être motivé, de se faire confiance, même s'il va y avoir des petits moments de doute, ce qui est normal. de ne pas abandonner et d'être patient surtout, d'être patient et de prendre le temps d'apprendre.

Jean Baptiste

::

C'est top! Un grand merci à toi Fanny!

Fanny

::

Avec plaisir!

Jean Baptiste

::

Merci d'avoir témoigné, d'avoir partagé ton parcours et ton expérience dans ce nouvel épisode de WildCast. Je souhaite évidemment la meilleure des réussites dans la suite de ton parcours chez Cansey et évidemment dans ton évolution dans la construction métallique. Pour découvrir d'autres témoignages alternants, rendez-vous sur wild.community et surtout, n'hésitez pas, allez-y, faites-vous plaisir, partagez cet épisode autour de vous. Merci de nous avoir suivis. A très vite. Ciao, ciao, salut.

Intervenant A

::

C'était WildCast. le podcast de Walt sur l'alternance. À la recherche d'une orientation, une formation, un job en alternance, rendez-vous sur walt.community.

Chapters

Video

More from YouTube