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[REDIFF 🇫🇷#12] Des marchés producteurs au comptoir d'une fromagerie parisienne : comment Anaïs Bourg a mis un pied dans l'artisanat alimentaire
Bonus Episode • 6th September 2026 • berlindetoi • Gabrielle Charpentier
00:00:00 01:56:13

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Shownotes

Avant Pépite Weinhandlung, avant la sommellerie, il y a eu cet épisode. Enregistré il y a quatre ans, Gabrielle y recevait une Anaïs Bourg fraîchement arrivée dans le monde de la fromagerie, encore loin d'imaginer la cave à vin qu'elle ouvrirait un jour à Prenzlauer Berg.

On y parle Sciences Po, année d'Erasmus à Prague qui a "changé sa vie", un poste chez Slow Food à Londres, et un prêt bancaire décroché grâce à une présidence d'association étudiante, bien avant Androuet et les débuts en fromagerie parisienne.

Une belle occasion de réécouter d'où tout est parti, et de mesurer le chemin parcouru depuis. 🧀🍷

Bonne écoute !

✍️ Notes de l’épisode https://www.berlindetoi.com/anais-bourg/

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Transcripts

Speaker:

Bonjour, bienvenue chez Berlin Detoi, le podcast qui tire le portrait des francophones qui

Speaker:

habitent à Berlin.

Speaker:

Je m'appelle Gabrielle, depuis plusieurs années, j'accompagne des artistes, entrepreneurs

Speaker:

et individus dans l'éclosion et la floraison de leurs personnalités et projets.

Speaker:

Berlin Detoi a pour objectif de créer un réseau de gens dynamique, de provoquer des

Speaker:

rencontres et vous faire découvrir la ville sous de nouveaux aspects.

Speaker:

Excellente écoute et à tout de suite.

Speaker:

C'est parti.

Speaker:

Alors Anaïs, Anaïs Bourg, bienvenue, je suis ravie de t'accueillir dans ce nouvel

Speaker:

épisode du podcast Berlin Detoi.

Speaker:

Merci.

Speaker:

C'est bien, j'ai le droit de parler.

Speaker:

Alors on va parler de plein de choses, plein de choses différentes.

Speaker:

On va parler de vin, de fromage, de gastronomie, de projets, de plein de choses différentes,

Speaker:

reconversion professionnelle, un peu internationale.

Speaker:

Et avant de commencer, pourrais-tu, s'il te plaît Anaïs, te présenter ?

Speaker:

Bien sûr.

Speaker:

Donc je m'appelle Anaïs, je préfère juste dire Anaïs, pas Anaïs Bourg, parce que je

Speaker:

ne suis pas fan de mon nom de famille, mais Anaïs, j'ai 30 ans, j'habite à Berlin depuis

Speaker:

février 2015, j'ai déménagé à Berlin, et je suis en ce moment fromagère, sommelière

Speaker:

depuis peu, et je fais pas mal d'autres choses, je suis un peu, enfin voilà, j'ai toujours

Speaker:

un projet sous le coude, on va dire, et j'ai également un passé d'event manager, voilà,

Speaker:

ce qui influe beaucoup de mes projets présents.

Speaker:

Donc t'es arrivée en 2015.

Speaker:

Exactement.

Speaker:

Il y a déjà plein d'éléments différents, mais on va commencer par ton arrivée en 2015.

Speaker:

Comment est-ce que t'es arrivée à Berlin ?

Speaker:

Honnêtement, un peu par hasard.

Speaker:

Je pense, comme pas mal de gens ici, mais j'ai déménagé à Berlin après avoir fini

Speaker:

mes études, j'étais à Sciences Po Paris, et c'était plus un choix, j'ai pas déménagé

Speaker:

ici pour un job, c'était vraiment, je veux partir à l'étranger, choix par élimination,

Speaker:

il fallait que ce soit en Europe, il fallait que ce soit pas trop loin, il fallait que

Speaker:

ce soit une ville que j'aimais, où je puisse trouver un travail en anglais, voilà, donc

Speaker:

ça s'est fait un peu par élimination, j'avais pas mal de connexions en Allemagne, et j'avais

Speaker:

été à Berlin pas mal de fois, j'aimais beaucoup cette ville, et j'ai juste décidé

Speaker:

de déménager à Berlin après mon master, et j'ai pas vraiment attendu d'avoir trouvé

Speaker:

un taff, je suis partie dans un petit bus de nuit avec 600 euros en poche et un sac

Speaker:

à dos, voilà, et les choses se sont faites ensuite.

Speaker:

Tu parlais pas allemand ?

Speaker:

Non, je parlais pas allemand.

Speaker:

On dirait que je suis folle quand je raconte ça, mais non, j'avais…

Speaker:

Non, parce que c'est rigolo de dire je fais par élimination et je me retrouve en Allemagne.

Speaker:

Ouais, en fait j'avais un ex-allemand, j'avais pas mal d'amis en Allemagne de mon Erasmus,

Speaker:

et du coup je venais depuis… enfin en fait j'ai commencé à venir en Allemagne 2-3

Speaker:

ans avant régulièrement, après mon Erasmus, et du coup j'avais commencé à apprendre

Speaker:

l'allemand, mais j'avais vraiment juste des bases, j'ai commencé à apprendre l'allemand

Speaker:

en master 1 quoi, donc j'avais fait italien et espagnol en pensant que j'allais finir

Speaker:

là-bas, et puis…

Speaker:

Italien, espagnol, pas d'anglais ?

Speaker:

Si bien sûr, si, anglais aussi.

Speaker:

En plus, ok.

Speaker:

J'avais fait beaucoup de langues, mais pas allemand, voilà, donc…

Speaker:

Bonne pioche.

Speaker:

Donc bonne pioche.

Speaker:

Non, mais du coup j'avais vraiment des bases on va dire quand je suis arrivée, très basiques,

Speaker:

et j'ai appris sur le tas, enfin ici plus ou moins sur le tas.

Speaker:

T'as parlé de ton Erasmus, tu l'avais fait en 3ème année ?

Speaker:

Ouais, alors oui j'ai fait Sciences Po, et du coup à Sciences Po on a une année obligatoire

Speaker:

à l'étranger, que j'ai fait en 3ème année, ma 3ème année de licence, et j'étais

Speaker:

allée à Prague, du coup pas Allemagne, mais beaucoup d'Allemands.

Speaker:

Beaucoup d'Allemands.

Speaker:

Beaucoup, beaucoup, beaucoup d'Allemands, et Europe centrale, et j'avais ma meilleure

Speaker:

copine qui était à Berlin, donc pas mal d'allers-retours aussi pendant ma 3ème année.

Speaker:

C'était en 2012-2013, c'est ça ?

Speaker:

Euh…

Speaker:

J'ai compté deux ans avant de ton arrivée.

Speaker:

Non attends, j'essaie de me rappeler.

Speaker:

J'ai aussi fait une année de césure en fait, entre mes deux années d'élèvement.

Speaker:

Ah t'as fait une année de césure ?

Speaker:

Non, c'était en 2011, ouais, 2011.

Speaker:

Ok, donc t'as fait Sciences Po au Paris, tu viens de Paris ?

Speaker:

Euh… c'est un peu compliqué.

Speaker:

J'ai grandi à Paris quand j'étais enfant, mes parents maintenant vivent dans le sud-ouest,

Speaker:

et je suis retournée à Paris pour mes études, donc j'ai quand même un lien assez fort

Speaker:

avec Paris, mais ma famille proche, on va dire nucléaire maintenant, est plutôt dans

Speaker:

le sud-ouest, autour de Bordeaux.

Speaker:

Voilà, puisque mon frère et ma soeur sont restées là-bas après qu'on ait déménagé,

Speaker:

je suis la seule qui est remontée, on va dire, à Paris.

Speaker:

Et Sciences Po, tu connaissais, t'avais ça en tête, c'était un objectif ?

Speaker:

Je ne savais pas ce que je voulais faire et j'étais bonne à l'école.

Speaker:

Je ne demande pas ce que j'ai fait Sciences Po ex.

Speaker:

Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui font Sciences Po qui font ça.

Speaker:

C'est un peu, en vrai, je pense que j'avais la chance d'avoir des facilités scolaires,

Speaker:

on va dire, et moi j'avais juste envie d'aventure, quoi.

Speaker:

Je voulais partir de chez moi, je voulais partir à l'étranger, je voulais rencontrer

Speaker:

des gens différents, j'avais envie de me frotter à la différence, quoi.

Speaker:

Et Sciences Po Paris, c'était surtout une super opportunité de, un,

Speaker:

faire quelque chose que mes parents supportaient, parce que c'est une très bonne école

Speaker:

et que j'avais des bonnes notes et que, du coup, pour eux, c'était aussi acceptable,

Speaker:

on va dire, et quelque chose dont ils étaient contents.

Speaker:

Et en même temps, moi, ça me donnait aussi la liberté de me dire,

Speaker:

bon, je peux partir de chez moi, je peux vivre ma vie,

Speaker:

j'ai aussi la chance de, du coup, faire une année à l'étranger, voilà.

Speaker:

Et c'est pour ça que j'ai fait Sciences Po et je me suis dit que,

Speaker:

en faisant Sciences Po, je trouverais ce que je voudrais faire.

Speaker:

Est-ce qu'il y a eu des liens ?

Speaker:

Non.

Speaker:

Ça donne...

Speaker:

Non, ceci dit...

Speaker:

Berlin m'a aidée à trouver ce que je voulais faire, ça a pris pas mal de temps, voilà.

Speaker:

Mais ça m'a été une super expérience et je pense que ça m'a beaucoup aidée

Speaker:

pour plein de choses dans la vie, donc c'était...

Speaker:

C'est pour ça que généralement, t'arrives pas avec un projet très précis souvent,

Speaker:

mais armée pour faire plusieurs projets différents qui vont t'amener

Speaker:

à comprendre ce que t'as envie de faire, peut-être, ou en tout cas,

Speaker:

à être certain de ce que t'as envie de faire.

Speaker:

Je pense qu'aussi, après, quand on fait Sciences Po,

Speaker:

pour moi, ça a été vraiment l'apprentissage d'être capable de,

Speaker:

pas de tout maîtriser, mais en tout cas, de tout aborder sans peur, quoi.

Speaker:

De se dire, bon bah, tous les sujets, en fait, on peut tomber sur tous les sujets,

Speaker:

on apprend plein de manières différentes de penser,

Speaker:

de rendre des écrits, des oraux, de présenter des projets,

Speaker:

et je pense que ça nous équipe pour se dire, ok, bon bah, voilà un nouveau défi,

Speaker:

comment est-ce que je, ok, c'est pas grave, je connais pas, mais je vais y aller,

Speaker:

comment est-ce que je l'approche, qu'est-ce que je pourrais faire ?

Speaker:

Je pense, en tout cas, pour moi, ça a été ça, une certaine curiosité,

Speaker:

et aussi de se dire, j'ai pas peur d'aller farfouiller dans des nouveaux sujets

Speaker:

ou chercher des nouveaux centres d'intérêt ou de commencer un nouveau projet, voilà.

Speaker:

Et ton année d'Erasmus, tu l'as fait à l'université de Prague ?

Speaker:

Oui, j'étais entre plusieurs universités, je sais plus exactement,

Speaker:

étant que j'avais obtenu une dérogation pour prendre des cours dans plusieurs facultés,

Speaker:

et du coup, j'avais des cours à la faculté d'Histoire,

Speaker:

à la faculté qui était dans le centre, qui s'occupait des médias et de la sociologie,

Speaker:

mais j'avais aussi des cours de cinéma, d'anthropologie urbaine, c'était génial.

Speaker:

C'était tout en anglais ?

Speaker:

Tout en anglais, oui, je ne parle pas le tchèque, pas encore.

Speaker:

C'est quoi l'anthropologie urbaine ?

Speaker:

C'est le courant de l'anthropologie qui s'intéresse à la ville,

Speaker:

et l'anthropologie, c'est l'étude des humains et comment les humains vivent ensemble,

Speaker:

des sociétés humaines, et du coup, l'anthropologie urbaine,

Speaker:

c'est la société humaine dans la ville, en tout cas, l'histoire de la ville

Speaker:

et comment la ville représente une évolution de la manière dont les gens vivent ensemble.

Speaker:

Ok, intéressant.

Speaker:

J'ai réussi à définir ça en moins de 10 phrases, miracle !

Speaker:

T'as aimé Prague ?

Speaker:

Ouais, j'ai adoré.

Speaker:

Quand j'étais à Prague, je me disais tout le temps, c'est un peu bizarre de dire ça,

Speaker:

mais j'avais un peu une voix off dans ma tête tout le temps,

Speaker:

qui faisait la narration de mon année à Prague,

Speaker:

je me faisais souvent des commentaires sur ce que j'étais en train de vivre,

Speaker:

et c'est un peu dramatique, mais pendant toute mon année à Prague,

Speaker:

je me suis souvent dit, c'est la meilleure année de ma vie.

Speaker:

Mais comme si je regardais dans le futur, et que je regardais cette année,

Speaker:

je me disais, ouais, c'est vraiment génial, je revivrai pas ça,

Speaker:

et c'est pas grave, ce sera bien aussi, mais ça, c'est vraiment précieux.

Speaker:

Et ouais, c'était vraiment une année pour moi qui a changé beaucoup de choses dans ma vie,

Speaker:

déjà le fait d'aller à l'étranger et de se confronter un peu à la différence,

Speaker:

je pense aussi, pour moi, ça a été important de partir en Europe

Speaker:

et d'être dans une université publique,

Speaker:

parce que j'ai rencontré des profils vraiment très différents de gens,

Speaker:

qui n'étaient pas forcément juste le profil de,

Speaker:

j'ai eu la chance de venir d'une famille aisée,

Speaker:

et du coup de pouvoir aller faire mes études à l'étranger,

Speaker:

dans une superbe université américaine,

Speaker:

alors je dis pas, c'est génial,

Speaker:

mais le fait d'être dans une université publique,

Speaker:

et d'être en Europe, et d'être dans un programme Erasmus,

Speaker:

j'ai rencontré des gens qui venaient vraiment de milieux très différents,

Speaker:

et qui avaient aussi des grosses sensibilités artistiques,

Speaker:

et ça m'a vachement, ça m'a beaucoup plu,

Speaker:

surtout venant de Sciences Po, Paris,

Speaker:

où c'était quand même, même s'il y a plein de programmes, de ZEP,

Speaker:

moi par exemple je venais pas du tout d'un milieu privilégié,

Speaker:

ou élitiste, ou quoi que ce soit,

Speaker:

mais il y a quand même une certaine atmosphère à Sciences Po Paris,

Speaker:

un certain élitisme parisien, on va dire,

Speaker:

et je pense que j'étais un peu prise dans ce monde là,

Speaker:

et d'aller à Prague, et de rencontrer tous ces gens

Speaker:

qui étaient vraiment différents,

Speaker:

ça m'a vraiment fait prendre conscience

Speaker:

que le monde était beaucoup plus grand

Speaker:

que juste mon petit noyau élitiste parisien,

Speaker:

et ça m'a vraiment ouvert les yeux,

Speaker:

et ça m'a donné envie d'en sortir en fait,

Speaker:

de ce petit noyau parisien.

Speaker:

Je me suis dit en fait, il y a plus à voir dans le monde,

Speaker:

il y a plus à expérimenter que juste ça,

Speaker:

et voilà, après juste le fait de découvrir des nouvelles personnes,

Speaker:

Prague est juste une ville incroyable artistiquement, culturellement,

Speaker:

la vie nocturne est incroyable,

Speaker:

j'ai eu la chance aussi de me faire un très très très solide groupe d'amis

Speaker:

dès le début, avec qui on est sortis tous ensemble toute l'année,

Speaker:

et avec qui je suis restée en contact vraiment très longtemps,

Speaker:

on est toujours en contact aujourd'hui,

Speaker:

même si c'est plus difficile,

Speaker:

puisqu'on habite tous des coins différents du monde,

Speaker:

mais je suis allée au mariage de l'un d'entre eux,

Speaker:

et je pense que pour moi en tout cas Erasmus,

Speaker:

j'avais pas forcément d'idée d'a priori en partant,

Speaker:

mais en tout cas maintenant je peux dire pour moi Erasmus c'est ça.

Speaker:

Et je pense que c'était vraiment une chance de vivre ça.

Speaker:

C'est cool.

Speaker:

Désolée je me suis un petit peu emportée.

Speaker:

Non c'est ouf, tu te considères vraiment comme une,

Speaker:

on parle des enfants d'Erasmus,

Speaker:

pour les couples qui se sont rencontrés en Erasmus,

Speaker:

mais tu te considères vraiment comme,

Speaker:

je sais pas comment ça s'appelle, en Erasmus ?

Speaker:

Ouais.

Speaker:

Quelqu'un qui a fait partie de ta culture.

Speaker:

Alors en l'occurrence je ne suis plus avec mon copain de l'époque,

Speaker:

mais l'Allemand avec lequel j'étais en couple,

Speaker:

je l'ai rencontré en Erasmus,

Speaker:

et oui pour moi,

Speaker:

en tout cas pour moi Erasmus a vraiment changé,

Speaker:

c'est hyper dramatique de dire ça,

Speaker:

mais a changé ma vie,

Speaker:

et je pense que c'est une chance incroyable.

Speaker:

Parce qu'on peut faire Erasmus aussi,

Speaker:

sans forcément avoir les moyens.

Speaker:

Heureusement alors que ça a changé ta vie,

Speaker:

c'était une chance incroyable.

Speaker:

Ouais.

Speaker:

Voilà.

Speaker:

Est-ce que t'en as profité pour voyager un petit peu aussi ?

Speaker:

J'en ai profité pour voyager,

Speaker:

j'ai fait beaucoup d'aller-retour avec Berlin.

Speaker:

J'avais ma meilleure amie,

Speaker:

ma grande partenaire dans le crime,

Speaker:

et dans la joie,

Speaker:

qui était à Berlin à l'époque,

Speaker:

et qui est venue me voir à Prague,

Speaker:

moi je suis allée voir à Berlin,

Speaker:

et j'ai été voir aussi d'autres amis

Speaker:

qui étaient dans d'autres pays,

Speaker:

alors pas forcément beaucoup en Europe,

Speaker:

mais je suis allée en Israël voir une copine

Speaker:

qui était à Tel Aviv,

Speaker:

et j'ai fait aussi,

Speaker:

j'ai rejoint après mon ex-copain allemand

Speaker:

en Asie du Sud,

Speaker:

du Sud-Est,

Speaker:

et on a fait un petit road trip au Cambodge.

Speaker:

J'ai pas mal voyagé, j'en ai profité.

Speaker:

Du coup, à la fin de cette 3ème année,

Speaker:

tu rentres pour faire ton master ?

Speaker:

Oui, d'abord j'ai fait une petite crise,

Speaker:

je suis rentrée à Paris,

Speaker:

je me suis rendue compte que c'était horrible,

Speaker:

et du coup j'ai décidé de repartir en Allemagne.

Speaker:

C'est là où t'as fait tes études ?

Speaker:

J'ai été voir tous les gens que j'avais rencontrés en Erasmus,

Speaker:

et ma copine qui était encore à Berlin,

Speaker:

j'ai fait un petit road trip d'un mois,

Speaker:

et non, après j'ai dû rentrer à Paris

Speaker:

pour commencer mon master.

Speaker:

C'était avant les cours en fait.

Speaker:

J'avais prévu de travailler,

Speaker:

et puis en fait j'ai...

Speaker:

Tu as sélectionné du coup

Speaker:

le master que tu allais faire ?

Speaker:

Oui, j'ai fait un master qui s'appelait

Speaker:

à l'époque École de la Communication

Speaker:

à Sciences Po Paris,

Speaker:

et honnêtement,

Speaker:

j'avais pas forcément...

Speaker:

Il y avait des cours qui me plaisaient,

Speaker:

c'est surtout le master qui me déplaisait

Speaker:

le moins, on va dire,

Speaker:

et qui me paraissait

Speaker:

ouvrir le plus de portes.

Speaker:

J'étais encore toujours pas très sûre

Speaker:

de ce que je voulais faire,

Speaker:

du coup je voulais quand même me laisser pas mal de portes ouvertes,

Speaker:

et au moins j'étais sûre d'une chose,

Speaker:

c'est que je voulais pas travailler dans le public,

Speaker:

ni dans l'administration publique, ni en politique,

Speaker:

ni quoi que ce soit comme ça,

Speaker:

donc je me suis orientée

Speaker:

vers quelque chose qui amenait plutôt à des métiers du privé,

Speaker:

tout en étant assez large,

Speaker:

on va dire, voilà.

Speaker:

Ouais, parce que t'as été

Speaker:

secrétaire générale

Speaker:

du Bureau des Arts ?

Speaker:

J'ai été, ouais, et après présidente

Speaker:

en quatrième année, ouais,

Speaker:

du Bureau des Arts de Paris.

Speaker:

Du Bureau des Arts de Sciences Po Paris ?

Speaker:

Exactement !

Speaker:

De Paris !

Speaker:

Est-ce que tu peux juste nous expliquer ce que c'est exactement ?

Speaker:

Comment ça s'organise ?

Speaker:

Parce que du coup, si je résume,

Speaker:

t'as choisi la communication

Speaker:

et le côté artistique, en gros, comme mélange.

Speaker:

Exactement, ouais.

Speaker:

En fait, à Sciences Po Paris,

Speaker:

il y a vraiment beaucoup, beaucoup

Speaker:

d'associations, et il y en a notamment

Speaker:

cinq qui me semblent qui sont vraiment très

Speaker:

grosses et qui ont aussi des fonds,

Speaker:

des dotations de l'université,

Speaker:

en plus des fonds qu'on peut

Speaker:

lever par ailleurs avec des entreprises

Speaker:

ou ce genre de choses,

Speaker:

et du coup, c'était un petit peu comme une

Speaker:

mini-entreprise à l'intérieur de Sciences Po

Speaker:

et on s'occupait de tout ce qui était activité culturelle

Speaker:

pour les étudiants.

Speaker:

Donc, à la fois, on va dire,

Speaker:

négocier, par exemple, des trucs très concrets,

Speaker:

voire négocier des places d'opéra moins chères

Speaker:

pour les étudiants de Sciences Po et avoir des

Speaker:

ventes privées, on va dire, pour les étudiants de Sciences Po,

Speaker:

ou organiser des festivals

Speaker:

à l'intérieur de Sciences Po, notamment

Speaker:

un festival, la semaine du cinéma, par exemple,

Speaker:

où on avait un

Speaker:

concours d'écriture de courts-métrages

Speaker:

qui était vraiment plus vaste que

Speaker:

juste l'université, avec

Speaker:

un jury composé aussi

Speaker:

d'acteurs, de réalisateurs, etc.

Speaker:

Donc, c'était vraiment chouette et ça m'a permis

Speaker:

de rencontrer plein plein de gens de

Speaker:

plein de milieux artistiques différents,

Speaker:

parce qu'on touchait vraiment à tous les domaines, danse,

Speaker:

écriture, on a fait même

Speaker:

une semaine des arts sur le thème du

Speaker:

cirque, voilà, donc plein de choses.

Speaker:

Et, en même temps,

Speaker:

ça m'a beaucoup...

Speaker:

Je pense que le Master Communication

Speaker:

m'a beaucoup aidée pour ça et en même temps, ça m'a pris

Speaker:

beaucoup de temps par rapport à mon Master, c'est vrai que

Speaker:

ma première année de Master, c'était un petit peu difficile

Speaker:

de gérer tout.

Speaker:

C'était beaucoup de choses à la fois, quoi, de faire à la fois

Speaker:

petits boulots, j'ai toujours travaillé à côté de mes études,

Speaker:

de gérer l'association, de faire

Speaker:

mon Master, d'avoir un copain

Speaker:

à l'étranger... Pas évident, quoi,

Speaker:

voilà. Heureusement que t'es

Speaker:

fort en organisation.

Speaker:

En multitâche. Multitâche.

Speaker:

J'essaye.

Speaker:

Je voulais juste te demander avant de...

Speaker:

Une petite blague, mais vous le comprendrez après, c'est pour ça.

Speaker:

Mais, par rapport

Speaker:

au Bureau des Arts,

Speaker:

si je comprends bien, t'as commencé

Speaker:

en tant que

Speaker:

participante de l'association et après, t'es devenue présidente.

Speaker:

Ouais. Donc, t'avais envie de rester

Speaker:

dedans, du coup. Ouais.

Speaker:

Je suis rentrée au Bureau des Arts

Speaker:

en première année à Sciences Po parce que

Speaker:

je crois que c'était

Speaker:

un de mes meilleurs amis à l'heure actuelle

Speaker:

d'ailleurs, Jean, si tu m'écoutes.

Speaker:

Ne m'écoute pas, c'était un podcast,

Speaker:

mais je lui enverrai le recording.

Speaker:

Qui m'avait juste

Speaker:

dit que c'était sympa et j'avais envie de rencontrer

Speaker:

des nouveaux gens et c'était une bonne manière de rencontrer

Speaker:

d'autres étudiants qui s'intéressaient aux mêmes choses que moi.

Speaker:

Et en fait, ça m'a tellement

Speaker:

plu et j'ai fini par aussi rencontrer

Speaker:

beaucoup de mes amis via cette association

Speaker:

qui sont eux aussi restés dans l'association

Speaker:

et du coup, c'est devenu un petit peu mon

Speaker:

petit monde à l'intérieur de Sciences Po.

Speaker:

Enfin, comme pour beaucoup de gens, j'imagine, avec les

Speaker:

associations dont ils font partie à l'université.

Speaker:

Voilà.

Speaker:

Donc, t'as brigué la présidence.

Speaker:

Ouais. On s'est dit ça en fait.

Speaker:

C'était pendant notre troisième année qu'on a dû présenter

Speaker:

une liste et

Speaker:

on s'est fait un petit appel Skype.

Speaker:

Tout le monde était autour du monde.

Speaker:

Pendant ton Erasmus.

Speaker:

Et on s'est dit, pourquoi pas

Speaker:

le faire entre copains. C'était mes

Speaker:

meilleurs potes avec qui on a présenté la liste.

Speaker:

Donc, c'était top.

Speaker:

C'était du boulot, mais c'était aussi

Speaker:

beaucoup de rire. Vous avez été élu?

Speaker:

On a été élu. Après,

Speaker:

c'est une élection un peu bizarre.

Speaker:

Il n'y avait qu'une liste, donc je ne sais pas si on est très...

Speaker:

Est-ce qu'il n'y avait qu'une liste? Je ne sais plus.

Speaker:

Mais on a été élu.

Speaker:

Tout à fait. En tout cas, si tu passes par

Speaker:

un processus, on va dire où tu dois présenter.

Speaker:

Oui, on a présenté un projet et on a présenté

Speaker:

une liste. Ouais, exactement.

Speaker:

Tu nous as dit,

Speaker:

tu m'as dit, tu nous as dit

Speaker:

que t'avais fait une année de césure.

Speaker:

Oui. C'est à ce moment-là du coup?

Speaker:

À ce moment-là que... Pardon.

Speaker:

C'est entre ton Master 1 et ton Master 2

Speaker:

que tu l'as fait? Tout à fait. Ouais.

Speaker:

Après mon Master 1, j'ai voulu prendre

Speaker:

une année de césure parce que...

Speaker:

Honnêtement,

Speaker:

je pense que la raison

Speaker:

principale à l'époque, c'était que

Speaker:

je voulais rejoindre mon ex-copain.

Speaker:

Voilà.

Speaker:

Je me suis dit, je vais faire un stage

Speaker:

et je vais aller là où il est.

Speaker:

Les choses ne sont pas du tout passées comme je l'avais prévu.

Speaker:

Du coup, j'ai été faire un stage, mais pas du tout

Speaker:

où il était.

Speaker:

Mais je pense que c'était aussi parce que

Speaker:

j'avais toujours pas vraiment

Speaker:

réussi à définir ce que

Speaker:

je voulais faire après Sciences Po.

Speaker:

Et j'étais encore assez incertaine de...

Speaker:

Je crois que quand je suis revenue de Prague,

Speaker:

je me suis dit avec certitude, OK, en fait,

Speaker:

je pense que je veux travailler et vivre à l'étranger.

Speaker:

Mais j'avais besoin de définir un peu

Speaker:

ce projet. Et du coup, pour moi, l'année de césure,

Speaker:

c'était vraiment une chance de...

Speaker:

C'était faire une expérience professionnelle,

Speaker:

mais surtout la faire à l'étranger et tester,

Speaker:

en fait,

Speaker:

de travailler, on va dire vraiment travailler

Speaker:

à l'étranger. Au-delà de l'Erasmus,

Speaker:

de tester une ville, de tester ce que c'était

Speaker:

d'être employée là-bas et de voir

Speaker:

si ça me conviendrait d'y retourner

Speaker:

potentiellement après mon Master 2.

Speaker:

Et où est-ce que t'as été ?

Speaker:

À Londres.

Speaker:

J'étais à Londres, c'était génial.

Speaker:

J'ai travaillé pour...

Speaker:

C'était pas vraiment mon plan à la base,

Speaker:

et puis la vie, on va dire,

Speaker:

fait que je me suis

Speaker:

retrouvée à chercher à Londres

Speaker:

et parce que l'anglais.

Speaker:

Et j'ai trouvé un poste.

Speaker:

J'étais chargée de communication

Speaker:

pour une association qui s'appelle

Speaker:

Slow Food UK.

Speaker:

Et Slow Food, c'est une association mondiale

Speaker:

qui est constituée principalement de volontaires

Speaker:

et qui, en gros,

Speaker:

a plein de chapitres différents

Speaker:

dans plein de pays et de villes

Speaker:

partout dans le monde et qui s'occupe de promouvoir

Speaker:

une alimentation locale,

Speaker:

régionale et de petite échelle,

Speaker:

la Slow Food.

Speaker:

Et c'était en quelle année ?

Speaker:

J'ai déménagé en 2015 à Berlin,

Speaker:

c'était en 2014.

Speaker:

Parce que nous, on s'en rend pas compte.

Speaker:

Enfin, on s'en rend pas compte, c'est quand même très à la mode

Speaker:

aujourd'hui, mais à l'époque, ça l'était déjà ?

Speaker:

Ou vous vous détonniez ?

Speaker:

Je pense qu'à Londres, en tout cas, c'était différent

Speaker:

parce que Londres, c'est vraiment une ville où,

Speaker:

déjà à l'époque, c'était une ville hyper intéressante

Speaker:

culinairement parlant.

Speaker:

C'est là où vraiment les choses se passaient.

Speaker:

Il y avait des chefs incroyables.

Speaker:

Après, ce qui était vraiment intéressant, en tout cas,

Speaker:

moi, ce que j'ai aimé dans ce projet, c'est que

Speaker:

on travaillait beaucoup.

Speaker:

Moi, j'étais chargée de la communication et de la coordination

Speaker:

des différents chapitres, on va dire, dans tout le Royaume-Uni.

Speaker:

Et du coup, même si on travaillait à Londres,

Speaker:

moi, j'étais en contact avec plutôt des gens qui étaient

Speaker:

dans des plus petites villes,

Speaker:

on va dire, dans des circuits

Speaker:

vraiment différents, et on sentait que non,

Speaker:

c'était pas du tout quelque chose qui était...

Speaker:

Et surtout au Royaume-Uni, c'était vraiment intéressant.

Speaker:

J'ai vraiment compris que

Speaker:

même la manière dont l'agriculture est organisée au Royaume-Uni

Speaker:

était vraiment différente par rapport à la France,

Speaker:

que la manière dont les gens achètent aussi

Speaker:

leurs produits d'alimentation est différente.

Speaker:

Et une des choses

Speaker:

qui m'a le plus...

Speaker:

qui a été une révélation pour moi

Speaker:

au Royaume-Uni, c'est...

Speaker:

J'ai travaillé... Une des premières campagnes de communication

Speaker:

sur lesquelles j'ai travaillé en arrivant à Slow Food,

Speaker:

c'était sur le lait cru.

Speaker:

Et c'était une campagne de lobbying

Speaker:

auprès du Parlement pour

Speaker:

réhabiliter le lait cru. En fait, quand je suis arrivée au Royaume-Uni,

Speaker:

les fermiers

Speaker:

n'avaient pas le droit de vendre du lait cru à plus de

Speaker:

je crois 500 mètres, ou en tout cas

Speaker:

à une très petite distance de là où le lait a été produit.

Speaker:

Donc ça veut dire qu'on ne pourrait pas vendre

Speaker:

un fromage au lait cru dans un magasin.

Speaker:

Qui est à moins d'un kilomètre

Speaker:

de la ferme, quoi.

Speaker:

C'est lait cru, lait pasteurisé, c'est quoi les différences ?

Speaker:

Alors, le lait pasteurisé, c'est un lait

Speaker:

qui est chauffé à une certaine température

Speaker:

pendant quelques minutes.

Speaker:

Et en gros, ça va tuer une certaine partie

Speaker:

des bactéries qui sont naturellement

Speaker:

présentes dans le lait.

Speaker:

C'est des bactéries...

Speaker:

On pourra en parler plus tard, mais c'est

Speaker:

des bactéries qui sont naturellement présentes

Speaker:

et qui ne sont pas forcément méchantes.

Speaker:

Mais, on va dire, le lait pasteurisé produit

Speaker:

un produit qui est plus

Speaker:

stable, qui est

Speaker:

plus safe. Et en Angleterre,

Speaker:

il y a eu des scandales dans les années 70 avec

Speaker:

un ou deux enfants qui sont morts

Speaker:

après avoir mangé des produits au lait cru

Speaker:

qui avaient tourné

Speaker:

ou qui avaient été contaminés.

Speaker:

Et à partir de là, il y a eu

Speaker:

une énorme campagne qui s'est mise en place de

Speaker:

diabolisation du lait cru et des produits au lait cru.

Speaker:

Et du coup, en Angleterre,

Speaker:

en tout cas, encore en 2014,

Speaker:

la plupart des gens...

Speaker:

En tout cas, c'était difficile

Speaker:

de se procurer des produits au lait cru.

Speaker:

Et donc, moi, j'ai travaillé sur ça

Speaker:

et spécifiquement dans le cadre du fromage.

Speaker:

Et j'ai en fait découvert

Speaker:

vraiment le fromage. C'est improbable

Speaker:

pour une Française qui est aujourd'hui

Speaker:

fromagère, mais j'ai vraiment découvert le fromage en Angleterre

Speaker:

en travaillant sur cette campagne.

Speaker:

Et ce qui est

Speaker:

génial... Désolée, je suis un peu long, mais...

Speaker:

Non, non...

Speaker:

Ce qui est vraiment génial, pour revenir

Speaker:

sur ta question du début, en tout cas,

Speaker:

est-ce que les consciences par rapport à l'agriculture

Speaker:

locale ont changé ou pas, c'est que

Speaker:

je me souviens très bien qu'à l'époque, je travaillais avec

Speaker:

une fromagerie qui s'appelait Nilsia Dairy.

Speaker:

Et c'était vraiment un peu

Speaker:

les pionniers, on va dire, du lait cru

Speaker:

en Angleterre et ils étaient

Speaker:

devant pour cette... Enfin, ils étaient vraiment

Speaker:

au centre et au cœur de cette campagne

Speaker:

pour le lait cru et ils avaient monté la première

Speaker:

fromagerie avec des produits au lait cru

Speaker:

à Londres, etc. Et à l'époque,

Speaker:

ils avaient une boutique, il me semble,

Speaker:

ou peut-être deux. Et ce qui est

Speaker:

incroyable, c'est qu'aujourd'hui, Nilsia Dairy, c'est un des meilleurs

Speaker:

fromagers au monde, je pense, vraiment.

Speaker:

Et ils ont, je crois,

Speaker:

maintenant une dizaine de boutiques à Londres.

Speaker:

Ils ont étendu leur champ d'action

Speaker:

au-delà de Londres. Ils font des livraisons

Speaker:

dans d'autres villes du Royaume-Uni.

Speaker:

Et en fait, ils ont vraiment ramené une espèce de...

Speaker:

Ils ont ramené une culture, en fait, du fromage au

Speaker:

lait cru en Angleterre et ils ont ravivé des

Speaker:

traditions qui étaient éteintes.

Speaker:

Et c'était ça, en fait. Slow food, c'est ça.

Speaker:

C'était sur ça que nous, on travaillait et c'était ça le but.

Speaker:

Mais alors, quand tu parles de

Speaker:

slow food et qu'après, tu nous parles de

Speaker:

lobbying, tu faisais

Speaker:

en fait des campagnes de communication, pas pour

Speaker:

slow food, mais pour des projets

Speaker:

ou des, si je comprends bien,

Speaker:

ou des thématiques

Speaker:

que slow food défend, en fait.

Speaker:

Que ce soit le lait cru ou l'agriculture biologique

Speaker:

ou quoi que ce soit. Et c'est des thématiques qui sont différentes

Speaker:

dans tous les pays du monde, en fait. Slow food, c'est une...

Speaker:

Et ça s'adapte aux pays où ils sont. Exactement.

Speaker:

En fait, ça dépend des volontaires et des

Speaker:

projets sur lesquels ils ont envie de s'engager.

Speaker:

C'est des gens qui partagent, on va dire, certaines idées

Speaker:

de base. Le principe,

Speaker:

on va dire, de l'association. Et après,

Speaker:

en fonction des pays, c'est des projets différents,

Speaker:

c'est des thématiques différentes.

Speaker:

C'est même des organisations différentes parce que

Speaker:

au Royaume-Uni, en

Speaker:

Allemagne aussi, il y a des gens qui sont

Speaker:

employés par slow food.

Speaker:

Mais dans plein de pays, c'est simplement des volontaires

Speaker:

qui font des événements dans leur ville,

Speaker:

qui, par exemple,

Speaker:

quelque chose de très commun, c'est faire des marchés producteurs.

Speaker:

Donc, contacter des producteurs locaux,

Speaker:

organiser des marchés et faire en sorte de connecter

Speaker:

les consommateurs avec les producteurs locaux.

Speaker:

Mais ça prend vraiment

Speaker:

des formes différentes dans tous les pays.

Speaker:

Et toi, t'es tombée là-dessus. Ils ont accepté de prendre

Speaker:

une française. Improbable.

Speaker:

Ouais, je sais pas trop comment

Speaker:

je me suis retrouvée là-bas, mais

Speaker:

c'était...

Speaker:

Ouais, ça a été une expérience géniale.

Speaker:

Je...

Speaker:

Je sais pas trop comment décrire ça. J'ai eu

Speaker:

un peu du mal avec mon expérience personnelle à Londres,

Speaker:

mais mon expérience professionnelle

Speaker:

a été vraiment top.

Speaker:

J'ai appris plein de choses

Speaker:

par moi-même parce qu'on avait pas vraiment de

Speaker:

supervision. On était plus ou moins que des stagiaires

Speaker:

là-bas.

Speaker:

Mais du coup,

Speaker:

c'était un peu la débrouillardise.

Speaker:

Je pense que ça m'a un peu formée aussi.

Speaker:

Après, quand je suis arrivée plus tard à Berlin et que j'ai travaillé dans

Speaker:

des start-up, je pense que j'avais déjà un peu

Speaker:

cette première expérience, on va dire, où

Speaker:

il faut un peu tout inventer soi-même.

Speaker:

Mais ouais,

Speaker:

c'était top. Et puis j'ai rencontré des gens, surtout,

Speaker:

j'ai rencontré plein de gens qui étaient passionnés par

Speaker:

l'alimentation, par nourrir

Speaker:

les autres, par le plaisir de donner aux autres

Speaker:

des bons produits, et ça m'a...

Speaker:

Ça a vraiment changé... Enfin, ça a un peu

Speaker:

chamboulé... Ouais.

Speaker:

Ce vers quoi je m'orientais, on va dire, professionnellement.

Speaker:

C'est vrai qu'en plus, quand tu touches

Speaker:

que ce soit l'alimentation, le logement, etc.,

Speaker:

vu que ça répond à des besoins quand même essentiels,

Speaker:

les gens qui sont engagés dedans

Speaker:

sont engagés souvent à...

Speaker:

4000%, quoi.

Speaker:

Je pense surtout dans les métiers

Speaker:

de l'alimentation. Alors après, il y a plein de métiers différents,

Speaker:

que ce soit gastronomie, producteur,

Speaker:

etc., mais

Speaker:

dans beaucoup de métiers de l'alimentation, on va dire,

Speaker:

c'est un métier qui demande, je pense,

Speaker:

pour le faire, d'être...

Speaker:

On peut pas faire ce métier juste parce qu'on veut

Speaker:

un salaire à la fin du mois et qu'on veut des horaires normales,

Speaker:

c'est un métier qui demande d'être engagé pleinement

Speaker:

de tout son être, parce qu'on

Speaker:

travaille jamais quand les autres travaillent, et on n'est jamais

Speaker:

libre quand les autres sont libres.

Speaker:

On doit donner

Speaker:

beaucoup de soi, on doit sacrifier beaucoup.

Speaker:

Quand on est agriculteur,

Speaker:

c'est des gens qui font ça,

Speaker:

ils ne font rien d'autre. Enfin, je veux dire,

Speaker:

c'est leur vie, quoi. Et ils ont pas de vacances,

Speaker:

et quand

Speaker:

on est boulanger, on se lève tous les

Speaker:

matins à 2h du matin

Speaker:

pour faire du pain pour les gens, et

Speaker:

c'est un métier qui... Enfin, c'est des métiers,

Speaker:

en tout cas, je pense qu'ils sont des métiers beaucoup de passion,

Speaker:

en tout cas pour les gens qui les font bien,

Speaker:

et

Speaker:

qui demandent beaucoup de soi-même, et je pense que c'est des métiers

Speaker:

dans lesquels on rencontre quand même peu de gens,

Speaker:

en tout cas les gens qui font ça par passion, on rencontre peu de gens

Speaker:

qui font ça,

Speaker:

on va dire, parce que

Speaker:

ils ont fait cette formation, et c'était pratique,

Speaker:

et ils se sont retrouvés là-dedans, et

Speaker:

voilà, et c'est confortable, quoi.

Speaker:

Et quand on fait Sciences Po et qu'on se retrouve dans ce milieu-là,

Speaker:

ça a été... t'as eu des repères, t'as pu

Speaker:

te trouver une place, ou ça a été plus dur, tu penses ?

Speaker:

Je pense que, pour moi,

Speaker:

c'était assez facile, parce que

Speaker:

j'avais un peu ce rôle de coordination

Speaker:

des volontaires, de communication,

Speaker:

donc j'avais un peu un rôle où je pouvais aider les gens,

Speaker:

en fait, je pouvais les aider avec comment communiquer

Speaker:

sur Facebook, comment créer un poster

Speaker:

pour leur événement, et du coup ça

Speaker:

me donnait un rôle.

Speaker:

Mais oui, je me suis dit,

Speaker:

ça allait,

Speaker:

mais je me suis quand même dit que j'étais

Speaker:

un peu, parfois,

Speaker:

pas vraiment à ma place, ou en tout cas que j'aurais bien aimé

Speaker:

plus les mains dans le cambouis, et que je

Speaker:

savais pas trop où les mettre, quoi. Que j'arrivais

Speaker:

un peu, parfois, dans des événements,

Speaker:

des marchés,

Speaker:

où on a fait une

Speaker:

faire, comment ça s'appelle en français ?

Speaker:

Une foire, ouais. Avec des stands,

Speaker:

du coup, où les gens cuisinaient, etc.

Speaker:

Et que, moi, j'étais un peu là

Speaker:

en organisation, on va dire, ce qui était cool,

Speaker:

parce que ça me sortait

Speaker:

déjà du boreau, et de Facebook

Speaker:

sur mon ordinateur,

Speaker:

mais j'aurais bien aimé être encore plus les mains

Speaker:

dans l'action, quoi.

Speaker:

Ça se met plein de

Speaker:

graines pour la suite, en tout cas, j'ai l'impression.

Speaker:

Tu découvres,

Speaker:

à ce moment-là, du coup, le fromage d'un point de vue

Speaker:

métier artisanal ?

Speaker:

Exactement, ouais.

Speaker:

Est-ce que ça a marqué un premier tournant,

Speaker:

tu penses, là ? Parce qu'on va

Speaker:

en arriver aujourd'hui à tuer

Speaker:

fromageurs, mais c'était, du coup, 5-6

Speaker:

ans après. Ouais.

Speaker:

En fait, non, ça a été plus rapide que ça,

Speaker:

parce que quand je suis rentrée

Speaker:

de Londres, j'ai donc

Speaker:

commencé mon Master 2 à Paris,

Speaker:

et quand je suis rentrée à Paris,

Speaker:

je savais que, clairement, j'ai

Speaker:

absolument explosé

Speaker:

mes réserves d'argent

Speaker:

quand j'étais à Londres, puisque... T'étais payée ?

Speaker:

Non, j'étais pas

Speaker:

vraiment payée, j'avais... Parce que c'était déjà

Speaker:

cher, en plus. Ouais, ouais, ouais, puis j'avais

Speaker:

juste une allowance pour, tu vois, un peu

Speaker:

d'argent par jour pour manger, les transports,

Speaker:

etc., mais non, non, j'ai emprunté

Speaker:

de l'argent pour partir à Londres,

Speaker:

et du coup, en rentrant à Paris, c'était un petit peu, bon, bah, retour

Speaker:

à la réalité, il faut finir son Master,

Speaker:

mais il va aussi falloir trouver un petit boulot.

Speaker:

Juste, emprunter, t'as emprunté

Speaker:

dans une banque, ou c'était... T'as fait un projet ?

Speaker:

Non, non, j'ai fait un prêt à la banque,

Speaker:

je sais pas, je suis financièrement

Speaker:

indépendante depuis Prague.

Speaker:

Alors, attends, juste,

Speaker:

tu as fait, que je comprenne bien,

Speaker:

tu as fait un projet, c'est-à-dire que déjà, t'as monté

Speaker:

un dossier pour Sciences Po Paris, pour qu'ils acceptent

Speaker:

que tu partes en césure, j'imagine ?

Speaker:

Oui, ouais. Puis t'as fait ce...

Speaker:

un autre, enfin, t'avais une autre présentation

Speaker:

pour la banque ? Alors, j'ai eu de la chance,

Speaker:

exactement, j'ai fait

Speaker:

plus ou moins un projet un peu vague, mais j'ai eu

Speaker:

beaucoup de chance avec mon prêt à la banque que j'étais,

Speaker:

en fait, par l'association

Speaker:

Le Bureau des Arts, on travaillait avec une banque,

Speaker:

qui était notre banque sponsor et partenaire, et du coup,

Speaker:

j'avais un contact assez... Comme j'étais la présidente,

Speaker:

j'avais un très bon contact avec notre

Speaker:

banquier,

Speaker:

qui était notre contact pour l'association,

Speaker:

et quand j'ai fait mon projet,

Speaker:

je lui en ai parlé directement, et du coup,

Speaker:

comme j'étais à Sciences Po, et que j'étais

Speaker:

la présidente du Bureau des Arts, je pense qu'ils ont un peu

Speaker:

accepté que je fasse un...

Speaker:

que je fasse un prêt parce que j'étais,

Speaker:

on va dire, assez safe, et qu'ils me connaissaient

Speaker:

avec eux, donc voilà quoi.

Speaker:

Comme quoi, on peut recevoir

Speaker:

un prêt pour une année de césure

Speaker:

dans une association où on n'est pas payé

Speaker:

dans la slow food. Ouais, c'est possible.

Speaker:

C'est assez dingue. Juste pour revenir

Speaker:

sur la fin de la césure, t'as dû compléter

Speaker:

un dossier ou un écrit pour Sciences Po ?

Speaker:

Oui, on a dû... Bah, classique,

Speaker:

juste un petit rapport de stage,

Speaker:

donc, voilà. J'avais fait deux stages

Speaker:

pendant ma césure, dont le deuxième qui était plus long

Speaker:

qui était à Londres, et on doit écrire

Speaker:

un rapport de stage, mais...

Speaker:

Mais comme j'étais... Dans le Master Communication,

Speaker:

c'était assez accepté et bien vu de faire

Speaker:

des stages, c'était quelque chose qui était assez courant

Speaker:

de faire une césure. Je pense qu'il y a plus

Speaker:

d'étudiants dans mon année qui ont fait de césure que

Speaker:

d'autres qui en ont pas fait. C'était vraiment

Speaker:

assez commun, donc c'était pas

Speaker:

quelque chose qui était... qui devait

Speaker:

être justifié, on va dire,

Speaker:

auprès de l'administration, quoi.

Speaker:

Ok. Merci pour la précision.

Speaker:

Du coup, tu rentres en France, tu commences

Speaker:

le Master 2. Et je cherche un petit

Speaker:

boulot, et en fait... Pour

Speaker:

rembourser, du coup, les prêts, notamment. Voilà. Exactement.

Speaker:

Et puis, juste subvenir à mes

Speaker:

besoins, parce que vivre à Paris, c'est... En plus.

Speaker:

C'est pas... Ça coûte de l'argent.

Speaker:

Et en fait, j'avais tellement aimé

Speaker:

mon expérience avec Slow Food et le contact

Speaker:

avec les artisans, mais j'étais

Speaker:

du côté vraiment communication, donc moi je m'occupais

Speaker:

de faire le social

Speaker:

média, de faire des communiqués de presse pour eux,

Speaker:

ce genre de choses. Et en fait,

Speaker:

je me suis dit, bah, quitte à trouver un petit boulot, autant

Speaker:

aller explorer un peu l'autre côté

Speaker:

de ce monde-là, et du coup

Speaker:

aller chez des artisans, et

Speaker:

aller travailler dans...

Speaker:

Donc d'abord, j'ai travaillé dans une boulangerie, ça s'est

Speaker:

pas très bien passé.

Speaker:

Ça a été très court, et très vite,

Speaker:

j'ai posé des CV dans plusieurs

Speaker:

fromageries à Paris. Je me suis dit, puisque

Speaker:

j'ai autant aimé mon expérience avec le fromage,

Speaker:

autant aller

Speaker:

voir ce que c'est, en fait, de travailler

Speaker:

vraiment avec le fromage, et aller apprendre plus.

Speaker:

En fait, j'étais vraiment curieuse, j'avais envie d'en apprendre plus

Speaker:

sur les produits de fromager,

Speaker:

sur le lait cru, ça m'avait assez

Speaker:

fascinée

Speaker:

quand j'étais en Angleterre, et du coup, je me suis dit, bah,

Speaker:

pourquoi pas aller voir si

Speaker:

je peux travailler chez un fromager à Paris.

Speaker:

Et c'était facile.

Speaker:

Je veux dire, t'arrives avec ton dossier, t'es en Master 2,

Speaker:

ils te prennent facilement. Ouais, j'avais...

Speaker:

J'ai un peu menti sur mon CV, je pense.

Speaker:

Bon, on l'a tous fait.

Speaker:

Y'a une prescription.

Speaker:

J'ai...

Speaker:

J'ai eu des expériences de serveuse

Speaker:

que j'avais pas eues, ou ce genre de choses,

Speaker:

mais j'avais fait quand même pas mal de petits boulots déjà avant,

Speaker:

et puis, j'avais bossé

Speaker:

pour Slow Food, donc c'était une expérience

Speaker:

qui était finalement quand même assez

Speaker:

en lien, quoi. Ils connaissaient l'entreprise ?

Speaker:

Ils ne connaissaient pas, mais j'ai expliqué sur mon CV

Speaker:

ce que c'était. Du coup, c'est...

Speaker:

Et j'ai postulé chez,

Speaker:

notamment, Androuet, qui est un des plus gros fromagers,

Speaker:

et assez illustre

Speaker:

fromager, on va dire, de Paris,

Speaker:

et ils ont plusieurs magasins, et du coup,

Speaker:

j'ai eu un entretien avec le

Speaker:

responsable de tous les magasins, et ils avaient

Speaker:

un poste à pouvoir dans un des magasins, et

Speaker:

voilà. En tant que vendeuse ? En tant que vendeuse.

Speaker:

Ouais, ouais, ouais. Et j'ai du coup travaillé

Speaker:

chez Androuet,

Speaker:

en fromagerie, tous les samedis

Speaker:

et tous les dimanches. Ouais.

Speaker:

Tous les week-ends,

Speaker:

quand je suis rentrée, jusqu'à ce que je parte à Berlin.

Speaker:

Ouais. Et alors, ça s'est passé comment ?

Speaker:

Ça s'est super bien passé.

Speaker:

J'étais en gueule de bois. Beaucoup.

Speaker:

Mais,

Speaker:

j'ai adoré

Speaker:

l'expérience. Non, vraiment,

Speaker:

j'ai adoré l'expérience. Je me souviens qu'il y avait

Speaker:

des trucs un peu pas cools, du style, bon,

Speaker:

c'est vrai que c'était un peu dur de travailler

Speaker:

tous les samedis, tous les dimanches,

Speaker:

on ouvrait à 9h.

Speaker:

Je savais que c'était mes

Speaker:

derniers mois à Paris, parce que je savais que je voulais repartir

Speaker:

après, donc j'essayais aussi d'en profiter avec mes amis.

Speaker:

C'est sûr que c'était pas facile en termes de rythme,

Speaker:

de finir mon master,

Speaker:

de travailler tous les week-ends, etc.

Speaker:

Mais, le métier en lui-même,

Speaker:

j'ai adoré.

Speaker:

J'ai appris plein de choses qui m'ont

Speaker:

fascinée. Un jour, j'ai découvert qu'on lavait

Speaker:

des fromages. Ça, pour moi,

Speaker:

c'était une grande révélation.

Speaker:

Explique-nous, laver des fromages.

Speaker:

Alors, c'est tous les fromages qui sont...

Speaker:

Si on va un jour, si vous allez chez le fromager,

Speaker:

que vous voyez des fromages oranges,

Speaker:

à couleur orange, ça s'appelle des fromages

Speaker:

à croûte lavée. Pas le roblofon.

Speaker:

Mais, par exemple, un maroilles,

Speaker:

ou du minster,

Speaker:

ce genre de choses.

Speaker:

C'est des fromages qu'on lave,

Speaker:

entre guillemets, avec des solutions

Speaker:

à l'eau, et parfois au sel, et parfois

Speaker:

des liqueurs. Et donc, en gros,

Speaker:

on pchite un petit peu d'eau sur le fromage

Speaker:

à intervalles réguliers, donc tous les jours,

Speaker:

toutes les semaines,

Speaker:

et on tapote un petit peu avec un petit sopalin

Speaker:

ou un petit papier.

Speaker:

Et ça donne ce côté,

Speaker:

cette odeur très forte au fromage,

Speaker:

et la couleur orange.

Speaker:

Très spécifique.

Speaker:

Quand t'es vendeuse dans une fromagerie,

Speaker:

on te montre tout le processus,

Speaker:

on t'a emmenée. En fait, ce qui était génial,

Speaker:

c'est que la fromagerie dans laquelle j'étais, c'était une fromagerie

Speaker:

affineur. Et du coup,

Speaker:

il y avait aussi de l'affinage,

Speaker:

on stockait aussi

Speaker:

des fromages, et on s'occupait de leur

Speaker:

vieillissement, de leur affinage.

Speaker:

Et donc, même si moi, j'étais

Speaker:

forcément la vendeuse en extra,

Speaker:

c'était pas moi qui faisais les choses

Speaker:

les plus dures, on va dire, mais je voyais tout,

Speaker:

et j'étais aussi...

Speaker:

Il y avait une fille qui était dans

Speaker:

ma boutique qui était en apprentissage, elle,

Speaker:

qui faisait un CAP fromager.

Speaker:

Et du coup, comme elle, elle devait apprendre

Speaker:

tous les gestes, moi je les ai appris aussi

Speaker:

parce que j'étais là avec elle.

Speaker:

Et du coup, j'ai eu la chance de... Je pense que ça n'aurait pas forcément

Speaker:

été la même expérience partout, mais j'ai eu la chance d'apprendre

Speaker:

en regardant juste

Speaker:

ce qu'elle apprenait.

Speaker:

Et le métier de vendeur, t'as plu du coup ?

Speaker:

J'ai réalisé que j'étais assez bonne

Speaker:

vendeuse en fait.

Speaker:

Sans blague ! C'est pas très étonnant

Speaker:

comment j'aime parler.

Speaker:

Non, mais

Speaker:

j'ai une famille de commerçants, et

Speaker:

je pense que c'est

Speaker:

bête de dire ça,

Speaker:

mais honnêtement, je pense que c'est dans les veines.

Speaker:

Mes grands-parents sont...

Speaker:

avaient une boutique

Speaker:

de fleurs, étaient fleuristes.

Speaker:

Ma tante est fleuriste, et

Speaker:

mon père est un entrepreneur fou.

Speaker:

Il a eu plein de projets

Speaker:

différents dans sa vie,

Speaker:

et je pense que ça m'a un peu

Speaker:

influencée.

Speaker:

Je pense que je suis une assez bonne vendeuse,

Speaker:

j'aime bien. Et ta maman n'était pas dans le commerce ?

Speaker:

Non, mais ma maman

Speaker:

est institutrice

Speaker:

d'école maternelle.

Speaker:

Elle sait bien,

Speaker:

elle aime aussi

Speaker:

parler aux gens, et elle est

Speaker:

une personnalité assez extravertie.

Speaker:

Je te pose des questions, parce que vraiment c'est

Speaker:

de la curiosité.

Speaker:

On parle de l'expérience à Paris,

Speaker:

on va parler de l'expérience à Berlin après,

Speaker:

mais pour celle de Paris en tout cas,

Speaker:

est-ce que quand tu as

Speaker:

une institution de fromagerie,

Speaker:

tu disais qu'elle était assez reconnue,

Speaker:

la clientèle, c'est une clientèle régulière ?

Speaker:

C'est quoi comme...

Speaker:

C'était très particulier notre clientèle, parce que je travaillais

Speaker:

remouve-tard, dans le 5e arrissement.

Speaker:

Et d'ailleurs, c'était

Speaker:

très drôle, parce que je me souviens très bien que

Speaker:

quand j'étais petite, j'avais un livre qui s'appelait

Speaker:

Les sorcières de la remouve-tard.

Speaker:

C'était un de mes livres préférés,

Speaker:

et quand j'ai su que j'allais travailler remouve-tard,

Speaker:

ça m'a... je sais pas pourquoi.

Speaker:

Parce que j'allais faire genre, mais en fait c'est pour ça que je connais la remouve-tard,

Speaker:

mais qu'est-ce qu'elle était particulière ?

Speaker:

Elle venait tous les dimanches.

Speaker:

Il y avait beaucoup de vieilles dames

Speaker:

avec des gros manteaux de fourrure.

Speaker:

C'est quoi la particularité de la remouve-tard ?

Speaker:

C'est une ancienne rue,

Speaker:

une très vieille rue.

Speaker:

C'est une très vieille rue, qui est pas très loin de la place...

Speaker:

ça fait longtemps que je vis à Paris,

Speaker:

j'ai perdu tous les noms, mais en tout cas,

Speaker:

dans le 5e arrissement.

Speaker:

Je mettrais une petite carte sur le site.

Speaker:

C'est une très jolie rue,

Speaker:

qui est toute serpente,

Speaker:

qui est en pente,

Speaker:

donc elle descend très bas.

Speaker:

Et moi,

Speaker:

on travaillait tout en bas de la rue,

Speaker:

et c'est aussi une rue dans laquelle il y a énormément de commerçants

Speaker:

de bouche.

Speaker:

Il y a des poissonniers, des chocolatiers,

Speaker:

des cavistes, vraiment tous les deux maîtres.

Speaker:

Il y a plein de petits commerces d'artisans.

Speaker:

Et tout en haut de la rue, il y a plutôt des bars,

Speaker:

mais c'est une rue assez connue dans Paris.

Speaker:

Et notre clientèle, c'était vraiment...

Speaker:

Alors il y avait une grosse clientèle régulière,

Speaker:

de gens qui vivaient dans le 5e arrissement,

Speaker:

donc on peut imaginer une clientèle

Speaker:

assez aisée,

Speaker:

qui dépensait beaucoup

Speaker:

en fromage.

Speaker:

Et puis on vendait aussi de la crèmerie,

Speaker:

des cheesecakes, des yaourts...

Speaker:

Enfin voilà, c'est beaucoup de choses aussi.

Speaker:

Les gens faisaient vraiment leurs courses

Speaker:

de crèmerie.

Speaker:

— C'est considéré comme... Ouais, parce que c'est quoi les noms ?

Speaker:

Parce qu'il y a fromagerie, crèmerie, épicerie...

Speaker:

Crèmerie, c'est les artisans

Speaker:

qui vendent...

Speaker:

Les artisans, c'est pas des artisans, mais...

Speaker:

Les boutiques qui vendent des produits de crèmerie.

Speaker:

Et donc ça, c'est tout ce qui est

Speaker:

les produits dérivés du lait,

Speaker:

qui n'est pas du fromage.

Speaker:

Donc ça peut être des oeufs du lait.

Speaker:

Les oeufs ne sont pas dérivés du lait,

Speaker:

très mauvais premier exemple.

Speaker:

Mais dans les crèmeries, on vend souvent des oeufs.

Speaker:

— Pour les crèmes au lait ?

Speaker:

— Voilà, de la crème fraîche,

Speaker:

du yaourt, du fromage blanc,

Speaker:

des yaourts en peau aussi.

Speaker:

Et parfois des préparations fromagères

Speaker:

ou des préparations de crèmerie.

Speaker:

Donc ça peut être des choses du style

Speaker:

de la concoyote,

Speaker:

ça peut être des cheesecakes...

Speaker:

Enfin voilà, c'est un peu... Chaque fromager fait un peu aussi...

Speaker:

Souvent les fromagers ont un peu

Speaker:

leur création à eux,

Speaker:

donc ça peut être des yaourts qu'ils font eux-mêmes.

Speaker:

— Fromagerie, crèmerie, du coup.

Speaker:

— Voilà, donc on avait aussi de la crèmerie à Paris-Ouest.

Speaker:

— Pardon ?

Speaker:

— C'était génial, j'avais toujours les restes

Speaker:

pour amener chez moi.

Speaker:

— Donc t'avais, pardon,

Speaker:

les personnes qui venaient acheter ces gros pinto ?

Speaker:

— Et beaucoup de touristes.

Speaker:

Beaucoup, beaucoup de touristes.

Speaker:

Et ce qui était assez marrant, c'est que du coup,

Speaker:

comme moi je parlais bien anglais,

Speaker:

j'étais un peu une des seules en fait dans la boutique

Speaker:

qui parlait bien anglais avec notre chef, Guillaume,

Speaker:

et du coup souvent c'était moi qui étais un peu

Speaker:

la déléguée aux touristes,

Speaker:

et je baragouinais un peu aussi l'italien.

Speaker:

Du coup j'avais commencé à apprendre l'allemand,

Speaker:

donc quand on avait des touristes allemands,

Speaker:

ils m'envoyaient leur parler.

Speaker:

Et j'adorais en fait,

Speaker:

j'adorais faire ça, malgré

Speaker:

toutes les fois où mes amis m'ont dit, quand j'arrivais en soirée,

Speaker:

que mes cheveux sentaient le fromage.

Speaker:

C'est pas grave. — Ouais, c'est pour ça, l'odeur s'imprime.

Speaker:

— Ouais, ça s'imprime.

Speaker:

Moi je la sens plus, mais je pense que...

Speaker:

Je sais pas, tu penses que je sens le fromage ?

Speaker:

Ça va.

Speaker:

Je me suis lavé aujourd'hui.

Speaker:

— Voilà, c'est pour ça.

Speaker:

Tu fais du coup cette année entière dans la fromagerie ?

Speaker:

— Presque une année.

Speaker:

Moins d'une année.

Speaker:

Je suis rentrée en septembre à Paris,

Speaker:

et je suis partie à Berlin en février.

Speaker:

Donc quelques mois.

Speaker:

— Et t'as toujours eu en tête,

Speaker:

à ce moment-là, la fromagerie,

Speaker:

c'était pas un objectif professionnel ?

Speaker:

— Non, pas du tout.

Speaker:

J'étais en master 2 de communication à Sciences Po,

Speaker:

donc pour moi c'était vraiment plus

Speaker:

je dois travailler quelque part,

Speaker:

autant que ce soit dans un environnement que j'aime,

Speaker:

et que je trouve fun,

Speaker:

et où je travaille avec des bons produits.

Speaker:

Mais non, pas du tout.

Speaker:

À ce moment-là, pour moi, la cuisine,

Speaker:

on va dire que la cuisine c'est ma passion,

Speaker:

pour moi c'était une passion.

Speaker:

C'était quelque chose qui était à côté.

Speaker:

Et en partant à Berlin, je me suis dit

Speaker:

je sais toujours pas dans quoi je veux travailler,

Speaker:

mais en gros j'ai un peu des axes dans ma tête,

Speaker:

ce serait soit dans le secteur culturel,

Speaker:

soit dans l'alimentation.

Speaker:

Et en arrivant à Berlin,

Speaker:

j'ai très vite un peu éliminé

Speaker:

le côté alimentation,

Speaker:

parce que je pensais

Speaker:

qu'en parlant pas allemand ce serait difficile,

Speaker:

parce que tous les postes que j'avais vus

Speaker:

qui étaient un peu intéressants, soit dans des associations,

Speaker:

soit pour organiser des événements

Speaker:

du type festivals culinaires,

Speaker:

ou ce genre de choses,

Speaker:

c'était des postes pour lesquels,

Speaker:

qui étaient en tout cas même écrits en allemand,

Speaker:

ou pour lesquels l'allemand était demandé,

Speaker:

puisque c'était que des choses

Speaker:

qui avaient affaire à soit la communication,

Speaker:

soit l'événementiel,

Speaker:

en Allemagne, et du coup forcément

Speaker:

en allemand.

Speaker:

Et du coup j'ai très vite éliminé

Speaker:

cette possibilité-là, et je me suis dit

Speaker:

pour l'instant c'est pas possible, donc cherchons autre chose.

Speaker:

Et je mets ça

Speaker:

dans un petit coin dans le fond

Speaker:

de ma tête pour plus tard,

Speaker:

et on verra.

Speaker:

— Et l'événementiel n'était pas du tout en anglais à l'époque ?

Speaker:

— Alors en tout cas,

Speaker:

j'ai pas...

Speaker:

Si,

Speaker:

il y avait 2-3 choses en anglais,

Speaker:

mais pas événementiel alimentation.

Speaker:

C'était plutôt événementiel dans tout ce qui était tech,

Speaker:

digital, voilà.

Speaker:

Là il y avait des postes en anglais, ouais.

Speaker:

— Donc tu trouves quand même un poste dans une startup ?

Speaker:

— Ouais, j'ai trouvé...

Speaker:

J'ai d'abord bossé pour un artiste quand je suis arrivée,

Speaker:

Sadan Afif,

Speaker:

qui est assez connu,

Speaker:

qui est un artiste conceptuel,

Speaker:

donc pas forcément très connu du grand public,

Speaker:

mais qui vit à Berlin depuis longtemps et qui est assez reconnu.

Speaker:

— Conceptuel, c'est quoi exactement ?

Speaker:

— Oulala.

Speaker:

— C'est de la performance, ou c'est de...

Speaker:

— Non, alors l'art conceptuel,

Speaker:

je sais pas s'il y a une vraie définition,

Speaker:

je ne la connais pas,

Speaker:

mais en tout cas, ma compréhension

Speaker:

de l'art conceptuel,

Speaker:

c'est que c'est plus par rapport à une idée,

Speaker:

donc en gros, c'est pas de l'art qui est

Speaker:

vraiment forcément tangible,

Speaker:

c'est, on va dire, des projets autour d'une idée

Speaker:

ou d'un concept.

Speaker:

Donc en l'occurrence, pour Sadan Afif,

Speaker:

lui, il travaillait par exemple,

Speaker:

un de ses gros thèmes, c'était l'idée de la collection,

Speaker:

et...

Speaker:

par exemple,

Speaker:

son oeuvre, on va dire, Phare,

Speaker:

qui est exposée d'ailleurs à la Hamburger Bahnhof,

Speaker:

c'est une collection

Speaker:

de reproductions de La Fontaine de Marcel Duchamp,

Speaker:

qui est...

Speaker:

je sais pas si tu sais ce que c'est.

Speaker:

— Si, c'est la pisseautière.

Speaker:

— C'est une pisseautière qu'il avait exposée

Speaker:

dans un musée en appelant ça La Fontaine.

Speaker:

— Après l'avoir signée.

Speaker:

— Voilà, après l'avoir signée,

Speaker:

et donc en gros, Sadan collectionne

Speaker:

toutes les reproductions qui existent dans le monde entier,

Speaker:

dans des bouquins d'art, des magazines, etc.,

Speaker:

de La Fontaine de Marcel Duchamp,

Speaker:

et il a une connexion des centaines

Speaker:

et des centaines qui sont encadrées

Speaker:

dans un archive, dans son studio,

Speaker:

et qu'il expose dans différents

Speaker:

endroits dans le monde, et c'est

Speaker:

une réflexion sur l'idée

Speaker:

de collection, mais c'est aussi une réflexion

Speaker:

sur, du coup, qu'est-ce qu'est l'art,

Speaker:

et est-ce que c'est mettre en gros

Speaker:

en abîme

Speaker:

le questionnement de Marcel Duchamp,

Speaker:

est-ce qu'une pisseautière, c'est de l'art,

Speaker:

si je la signe et que je la mets dans un musée,

Speaker:

et lui, en exposant des reproductions

Speaker:

de cette oeuvre

Speaker:

originelle, c'est, voilà.

Speaker:

Je fais peut-être une tête bizarre, mais...

Speaker:

C'est un peu complexe.

Speaker:

Mais en fait, c'est rigolo, parce que là, on enregistre

Speaker:

dans le studio de Sébastien, donc c'est vos créations,

Speaker:

et c'est vrai que lui, pour le coup, c'est de l'art visuel.

Speaker:

Oui. C'est très différent, ouais.

Speaker:

C'est pas qu'il n'y a pas de réflexion,

Speaker:

parce qu'il y a beaucoup de réflexion, mais autrement,

Speaker:

et c'est assez rigolo.

Speaker:

C'est quand même hyper... c'est perché, quoi.

Speaker:

C'est très perché.

Speaker:

C'est génial, mais c'est pas très accessible.

Speaker:

Comment est-ce qu'il peut se permettre

Speaker:

de prendre quelqu'un en tant que salarié ?

Speaker:

Moi, c'est surtout ça, la question.

Speaker:

Non, mais, parce que,

Speaker:

je veux dire, quand on y réfléchit,

Speaker:

comme tu dis, c'est conceptuel, c'est perché,

Speaker:

c'est peu accessible, comment il arrive...

Speaker:

Mais dans le monde de l'art, il est vraiment reconnu.

Speaker:

En fait, cette expérience a été

Speaker:

un peu pour moi, on va dire, d'où sa mère,

Speaker:

parce qu'à la fois, j'ai adoré travailler avec Sadane,

Speaker:

j'ai trouvé que c'était...

Speaker:

Je pense que dans ma vie, j'ai rarement rencontré

Speaker:

des gens aussi fascinants.

Speaker:

Oui, c'est incroyable, en plus.

Speaker:

Au début, c'était très intimidant, parce que c'était

Speaker:

difficile aussi de rentrer dans son

Speaker:

mode de pensée, même si, moi, j'avais été

Speaker:

au bureau des arts et que j'avais côtoyé des artistes

Speaker:

et j'avais été dans ce monde-là un peu avant, déjà.

Speaker:

Mais c'était très inaccessible

Speaker:

au début, parce que toutes ces oeuvres

Speaker:

se...

Speaker:

comment dire...

Speaker:

se référencent à ces oeuvres précédentes.

Speaker:

Donc, comprendre son art

Speaker:

sans connaître son art, c'est compliqué.

Speaker:

Comment vous vous rencontrez, juste ?

Speaker:

Honnêtement,

Speaker:

connexion de Sciences Po,

Speaker:

quand je suis arrivée à Berlin, j'ai envoyé un message

Speaker:

à tous les alumnis que j'ai pu trouver

Speaker:

à Berlin. J'ai adhéré

Speaker:

à l'association des alumnis, j'ai fait

Speaker:

la liste de tous les alumnis qui travaillaient dans des choses

Speaker:

de près ou de loin qui m'intéressaient

Speaker:

plus ou moins, je les ai tous contactés

Speaker:

et j'ai pris un café avec cette

Speaker:

femme qui s'appelle

Speaker:

Valérie et qui était l'accompagne de

Speaker:

Sadda Nafi, et qui m'a dit

Speaker:

que sa studio manager partait

Speaker:

en congé maternité et qu'il avait

Speaker:

besoin de quelqu'un pour la remplacer.

Speaker:

Petite question, il y a autant

Speaker:

d'alumnis que ça d'anciens

Speaker:

Sciences Po Paris à Berlin ?

Speaker:

Il y a pas mal d'alumnis de Sciences Po Paris à Berlin.

Speaker:

C'est marrant.

Speaker:

Je ne l'aurais pas cru.

Speaker:

Il y a quand même

Speaker:

une très grosse communauté de Français à Berlin.

Speaker:

De manière générale.

Speaker:

Je ne pensais pas

Speaker:

dans ce domaine particulier.

Speaker:

Ils travaillent dans des milieux très différents.

Speaker:

Je n'ai pas contacté

Speaker:

tout le monde. Il y a beaucoup de gens qui travaillent

Speaker:

dans des domaines qui n'étaient pas du tout dans

Speaker:

mes compétences ou qui ne m'intéressaient

Speaker:

pas du tout.

Speaker:

C'est très vaste.

Speaker:

Elle t'annonce

Speaker:

qu'il y a un poste qui se libère.

Speaker:

C'est en français ?

Speaker:

En français.

Speaker:

J'ai rencontré Sadda Nafi et on a accroché.

Speaker:

Il m'a engagée.

Speaker:

C'est comme ça.

Speaker:

C'est quoi le travail que tu fais ?

Speaker:

J'étais sa studio manager.

Speaker:

Je m'occupais

Speaker:

de gérer la collection

Speaker:

et de faire la

Speaker:

connexion avec les musées

Speaker:

et les institutions qui voulaient

Speaker:

exposer Sadda Nafi ou avec lesquelles il travaillait

Speaker:

sur des expositions, soit de la collection permanente

Speaker:

où il fallait gérer

Speaker:

quelles oeuvres on allait envoyer, comment elles allaient être présentées,

Speaker:

sous quel format, etc.

Speaker:

Soit des musées

Speaker:

ou des institutions avec lesquelles il avait un projet

Speaker:

spécifique sur lequel il travaillait.

Speaker:

Et du coup, gérer la communication, envoyer

Speaker:

par exemple des choses comme

Speaker:

tous les textes qu'il y a à faire

Speaker:

autour des oeuvres, de présentations,

Speaker:

ce genre de choses.

Speaker:

Et tu disais que ça avait été doux, amer, dans quel sens ?

Speaker:

Ça a été...

Speaker:

Du coup, j'ai adoré pour moi...

Speaker:

Travailler avec Sadda Nafi, c'était génial.

Speaker:

Mais je me suis un peu rendue compte

Speaker:

peut-être aussi du fait que je travaillais avec un artiste

Speaker:

conceptuel, j'ai été avec lui à des

Speaker:

expositions où j'ai travaillé avec lui

Speaker:

sur des expositions pour des musées, etc.

Speaker:

Et je me suis rendue compte que c'était

Speaker:

un monde qui était quand même extrêmement

Speaker:

fermé,

Speaker:

très difficile d'accès,

Speaker:

dans lesquelles

Speaker:

les places sont chères, mais aussi qui est

Speaker:

vraiment très difficile d'accès au grand public.

Speaker:

Et moi je me suis dit, je ne suis pas sûre que ce soit ça

Speaker:

que j'ai envie de faire, parce que c'est pas...

Speaker:

Ça redevient

Speaker:

un petit monde un peu comme à Paris.

Speaker:

C'était un peu repartir dans quelque chose que j'avais

Speaker:

un peu fui, le petit noyau éditiste

Speaker:

où tout le monde se comprend, tout le monde

Speaker:

se connaît, tout le monde se référence.

Speaker:

Et certes

Speaker:

c'est une émulation intellectuelle qui est géniale,

Speaker:

mais qui est extrêmement

Speaker:

inaccessible au monde extérieur,

Speaker:

et qui tourne

Speaker:

un peu en rond, on va dire.

Speaker:

Et je n'avais pas envie de ça, en fait. Et je me suis dit

Speaker:

ok, en fait,

Speaker:

en travaillant vraiment pour la première fois

Speaker:

dans le monde de l'art, je me suis dit ok, en fait,

Speaker:

je ne pense pas que j'ai envie de travailler dans ce monde-là.

Speaker:

J'adore l'art, mais

Speaker:

je ne pense pas que j'ai envie de travailler dans l'art.

Speaker:

Et si je comprends bien, tu vas me dire si c'est ça

Speaker:

ou pas, mais c'est rigolo parce que

Speaker:

c'est un peu l'autre bout

Speaker:

de l'extrême du street art,

Speaker:

finalement, l'art conceptuel.

Speaker:

Complètement.

Speaker:

Et c'est rigolo que ce soit vraiment en plus.

Speaker:

On peut tout à fait le dire comme ça, c'est vraiment

Speaker:

complètement l'autre extrême.

Speaker:

Tu as travaillé combien de temps avec lui ?

Speaker:

Pas très longtemps, j'ai fait juste

Speaker:

mon stage de fin

Speaker:

de fin d'études.

Speaker:

C'était vraiment mes...

Speaker:

C'était 4-6 mois du coup, non ?

Speaker:

5 mois j'ai fait, j'ai dû faire, ouais.

Speaker:

Ouais, ça devait être 6 mois,

Speaker:

je pense, obligatoire et j'ai dû faire 5 mois et demi

Speaker:

ou quelque chose comme ça, ouais.

Speaker:

Tu as été dans des lieux un peu

Speaker:

exceptionnels à Berlin ?

Speaker:

Par moi-même, oui, mais

Speaker:

pas forcément.

Speaker:

En exposition ?

Speaker:

Non, je l'ai suivi dans des galeries, etc.

Speaker:

Mais j'ai pas de souvenirs

Speaker:

d'avoir fait des choses particulièrement...

Speaker:

Il y en a que tu recommanderais ?

Speaker:

De galeries ou de musées ?

Speaker:

Ouais, mais pas de...

Speaker:

Aucun rapport avec ça du coup.

Speaker:

Ouais, exactement. Je vais souvent aux musées

Speaker:

et j'en recommanderais avec plaisir, mais

Speaker:

pas forcément de cette expérience-là, ouais.

Speaker:

Ok. En tout cas,

Speaker:

à la fin de ces 5 mois, tu te décides de rester ?

Speaker:

Je pense que j'avais déjà décidé avant.

Speaker:

Ouais, ouais.

Speaker:

J'avais décidé 3 ans avant.

Speaker:

Non, alors pour être honnête,

Speaker:

mon expérience à Londres avait été

Speaker:

sur un plan personnel vraiment difficile.

Speaker:

J'avais eu beaucoup de mal à m'intégrer dans cette ville

Speaker:

et je m'étais jamais vraiment sentie chez moi.

Speaker:

En rentrant de Londres, je savais que je voulais repartir

Speaker:

à l'étranger, mais je m'étais aussi préparée pour le fait

Speaker:

que ça allait être dur.

Speaker:

Je t'avais pas demandé parce que je pensais que c'était par rapport à ta relation

Speaker:

personnelle, mais en fait, c'est par rapport

Speaker:

à la ville en tant que telle ?

Speaker:

Ouais, je pense que c'était les deux.

Speaker:

Ma relation qui, du coup, s'est finie

Speaker:

et c'était un peu difficile, mais la ville aussi.

Speaker:

Pour le caractère ?

Speaker:

Les Anglais ?

Speaker:

Ouais, j'ai trouvé ça vraiment difficile.

Speaker:

Et puis surtout, j'avais eu une telle expérience en Erasmus,

Speaker:

bon alors certes, qui n'est pas représentative,

Speaker:

mais que ça a été vraiment un choc.

Speaker:

J'ai eu vraiment beaucoup de mal à m'intégrer.

Speaker:

Je me suis fait des copains.

Speaker:

J'étais jamais vraiment seule.

Speaker:

Mais j'avais déjà pas de Français

Speaker:

non plus autour de moi parce que je travaillais en Anglais

Speaker:

avec seulement des Anglais

Speaker:

et mes colocs étaient Anglais.

Speaker:

Ils venaient tous de Londres, donc ils avaient déjà

Speaker:

une bande d'amis constituée, etc.

Speaker:

Et j'ai eu vraiment beaucoup de mal à m'intégrer

Speaker:

et je me suis jamais sentie,

Speaker:

même au bout de huit mois, je me suis jamais sentie chez moi à Londres.

Speaker:

Et du coup, en arrivant à Berlin,

Speaker:

j'avais un peu cette expérience-là

Speaker:

en tête

Speaker:

et en fait, je me suis dit, ça va être horrible.

Speaker:

Je me suis dit, ça va être horrible,

Speaker:

mais tu sais qu'il faut que tu t'accroches parce que t'as envie de travailler à l'étranger

Speaker:

et que Berlin, c'est bien

Speaker:

et au bout d'un moment, ça va être bien.

Speaker:

Mais en fait, certainement, les six premiers mois,

Speaker:

ça va être horrible. Tu vas connaître personne.

Speaker:

Tu vas te sentir hyper seule.

Speaker:

Il va faire froid.

Speaker:

Vraiment,

Speaker:

j'étais en mode, je m'étais préparée

Speaker:

pour le pire, quoi. Et en fait,

Speaker:

alors, les trois premières semaines,

Speaker:

premiers mois étaient un petit peu

Speaker:

bizarres, normales.

Speaker:

Mais en fait, très vite, je me suis fait des

Speaker:

super potes et en fait, ça a été

Speaker:

tellement facile de rencontrer des gens à Berlin.

Speaker:

Tu les as rencontrés comment ?

Speaker:

Comment on ne rencontre pas de gens à Berlin ?

Speaker:

C'est ça la question.

Speaker:

Moi, je suis arrivée en plein milieu de pandémie, c'était pas aussi facile.

Speaker:

J'ai rencontré des gens,

Speaker:

mais je sais pas, mais partout, quoi.

Speaker:

Après, moi, je parle facilement aux gens aussi,

Speaker:

mais...

Speaker:

Je suis allée une fois dans un bar,

Speaker:

j'ai rencontré une fille qui ensuite m'a présentée

Speaker:

à quelqu'un, qui lui m'a présentée à quelqu'un

Speaker:

et puis en fait, moi, c'était pas la pandémie,

Speaker:

donc c'est vrai qu'au début,

Speaker:

tous les gens que j'ai rencontrés, c'était des gens qui étaient aussi des étrangers.

Speaker:

En 2015, 2016 ?

Speaker:

Et du coup, tout le monde était dans une...

Speaker:

On va dire, c'était pas en mode,

Speaker:

tout le monde avait déjà des plans, avait tous ses amis.

Speaker:

Les gens que j'ai rencontrés au début,

Speaker:

c'était vraiment, tout le monde était dans l'optique de rencontrer plus de gens.

Speaker:

Et du coup, ça se faisait super facilement

Speaker:

de se dire, on s'est vu une fois,

Speaker:

je fais une house party la semaine prochaine, venez.

Speaker:

C'était hyper normal.

Speaker:

Et du coup, de fil en aiguille, j'ai rencontré

Speaker:

plein de gens, et puis j'avais aussi

Speaker:

un de mes amis de Prague, qui était à Berlin,

Speaker:

qui s'est trouvé être à Berlin

Speaker:

quand je suis arrivée.

Speaker:

Et du coup, lui m'a aussi connectée à pas mal de gens

Speaker:

qui l'avaient rencontrée déjà.

Speaker:

Nous, on est sortis tous les deux beaucoup aussi.

Speaker:

De fil en aiguille.

Speaker:

Et puis, le travail aussi.

Speaker:

Du coup, mon boulot après

Speaker:

avoir travaillé pour Sadana Fifth,

Speaker:

c'était dans une startup.

Speaker:

Et on était beaucoup

Speaker:

de jeunes étrangers, expatriés,

Speaker:

du même âge.

Speaker:

C'était pour Career Foundry.

Speaker:

C'est une startup qui fait de l'éducation

Speaker:

en ligne.

Speaker:

Qui s'est spécialisée dans la reconversion

Speaker:

professionnelle.

Speaker:

Et qui aide les gens qui sont en reconversion professionnelle

Speaker:

et qui veulent se reconvertir

Speaker:

dans le UX Design.

Speaker:

Et à l'époque, le Web Development.

Speaker:

UX Design.

Speaker:

Le Design Expérience

Speaker:

Utilisateur.

Speaker:

Je ne sais pas si c'est comme ça qu'on dit en français.

Speaker:

— Je crois que c'est ça en plus.

Speaker:

Comment tu présentes ton site Internet ?

Speaker:

— Oui, c'est en gros l'expérience de l'utilisateur.

Speaker:

L'expérience

Speaker:

digitale de l'utilisateur.

Speaker:

Donc, c'est pas

Speaker:

vraiment ce qui est esthétique

Speaker:

ou le code qui est derrière,

Speaker:

dans le background.

Speaker:

C'est vraiment le chemin que l'utilisateur suit.

Speaker:

Où va être placé...

Speaker:

Comment se fait la navigation dans le site ?

Speaker:

Si je clique et que je veux acheter quelque chose,

Speaker:

qu'est-ce qui va apparaître ?

Speaker:

Comment on me guide dans le site ?

Speaker:

— Et vous formiez des personnes en reconversion

Speaker:

professionnelle là-dedans.

Speaker:

— Oui, exactement.

Speaker:

Et moi, je suis arrivée comme Student Advisor.

Speaker:

Donc, mon rôle, c'était vraiment d'être

Speaker:

un conseiller étudiant.

Speaker:

Un petit peu comme on aurait

Speaker:

dans une université,

Speaker:

un conseiller d'études.

Speaker:

Mais en ligne.

Speaker:

— Ça se passait comment ?

Speaker:

— Ça s'est super bien passé.

Speaker:

C'était génial. Et puis en plus,

Speaker:

j'ai eu la chance d'arriver au moment

Speaker:

où on n'était que dix

Speaker:

ou une petite douzaine quand je suis arrivée dans la boîte.

Speaker:

Et la première année a été géniale

Speaker:

parce qu'on faisait tout.

Speaker:

Alors, c'était fatigant.

Speaker:

Et puis, j'étais probablement complètement sous-payée

Speaker:

pour les heures que je faisais.

Speaker:

Enfin, classique, quoi.

Speaker:

Mais c'était hyper excitant.

Speaker:

J'ai rencontré des gens qui venaient de partout.

Speaker:

Très vite, je suis devenue amie aussi.

Speaker:

Très bonne amie avec

Speaker:

pas mal de mes collègues.

Speaker:

Et du coup, on sortait ensemble tout le temps.

Speaker:

C'était une petite famille, quoi.

Speaker:

Et on a construit

Speaker:

cette boîte ensemble vraiment au début.

Speaker:

C'était l'émulation permanente, quoi.

Speaker:

Et puis la chance aussi de faire plein de choses différentes.

Speaker:

Ce qui, moi, je pense, me correspondait assez bien.

Speaker:

Parce que

Speaker:

j'ai toujours eu un peu du mal

Speaker:

à me concentrer sur une seule chose à la fois.

Speaker:

Et donc, tant qu'on a été

Speaker:

dans cette phase de start-up

Speaker:

où on était tous autorisés à tout faire tout le temps

Speaker:

parce qu'en fait, il y avait besoin,

Speaker:

j'ai adoré.

Speaker:

Et en fait, quand on est passés à la phase d'après

Speaker:

où on est arrivés

Speaker:

à la taille

Speaker:

où on commence à engager des gens

Speaker:

qui sont vraiment spécialisés,

Speaker:

qui sont plus seniors dans ce qu'ils font, etc.

Speaker:

Et où il a fallu que moi,

Speaker:

je me spécialise. Là, ça a été un peu plus compliqué.

Speaker:

Et j'ai pas...

Speaker:

Ça n'a pas

Speaker:

super bien marché. En fait, assez rapidement,

Speaker:

je me suis dit, ok, il faut que je passe à...

Speaker:

Il faut que je passe à autre chose, quoi.

Speaker:

Il faut que je passe à la prochaine expérience.

Speaker:

C'était facile de te dire, ok,

Speaker:

il est temps pour moi de partir ?

Speaker:

En fait, le plus difficile pour moi,

Speaker:

c'était un petit peu de dire au revoir

Speaker:

à mes amis, on va dire.

Speaker:

Parce que j'avais vraiment...

Speaker:

Ça a été vraiment les gens avec qui

Speaker:

j'étais tout le temps au début à Berlin.

Speaker:

C'était vraiment ma famille.

Speaker:

Et du coup, c'est ça qui a été le plus difficile,

Speaker:

c'est de se dire, genre,

Speaker:

si je commence un nouveau travail,

Speaker:

est-ce que je vais me couper d'eux ?

Speaker:

Est-ce que ma vie sera la même ?

Speaker:

C'était vraiment difficile de quitter ça, en fait.

Speaker:

Après, au niveau du travail, non,

Speaker:

c'était pas difficile.

Speaker:

Franchement...

Speaker:

C'était pas forcément difficile

Speaker:

parce que je savais que j'en avais marre

Speaker:

et en fait, moi,

Speaker:

pas forcément très bien, mais j'ai un peu aussi une personnalité

Speaker:

où quand quelque chose...

Speaker:

Quand ça va plus, je peux pas rester.

Speaker:

Je peux pas...

Speaker:

Je suis assez... Je prends des décisions

Speaker:

assez impulsives et

Speaker:

quand je sais que ça va plus,

Speaker:

je peux pas

Speaker:

essayer et continuer

Speaker:

et me dire de manière raisonnable,

Speaker:

par exemple, économise 3 mois

Speaker:

de salaire et puis ensuite quitte ton boulot.

Speaker:

J'ai quitté mon boulot avant d'avoir un boulot.

Speaker:

Et j'ai fait ça à chaque fois que je suis partie.

Speaker:

Et d'ailleurs, la dernière fois

Speaker:

que je suis partie

Speaker:

d'un travail, ma mère m'a dit

Speaker:

ne fais pas ça avant

Speaker:

d'avoir trouvé un autre travail.

Speaker:

Alors, je voulais te demander par rapport à ta famille

Speaker:

parce que si je comprends bien, à ce moment-là,

Speaker:

tu vas changer de boulot à Berlin

Speaker:

pour la... Je veux pas dire pour la deuxième fois,

Speaker:

mais je veux dire...

Speaker:

C'est pas dans un sens...

Speaker:

C'est un sens numéraire quand je dis deuxième fois,

Speaker:

mais ce que je voulais surtout te demander,

Speaker:

c'est que ta famille s'habitue

Speaker:

à l'idée que tu veux habiter à l'étranger à ce moment-là ?

Speaker:

Ouais, mais je pense qu'ils s'étaient déjà

Speaker:

plus ou moins habitués avant.

Speaker:

Ils étaient ok avec ça ?

Speaker:

Ouais. Je pense

Speaker:

déjà que ce qui a été le plus dur,

Speaker:

c'est quand je suis partie à Paris, parce que

Speaker:

j'étais vraiment jeune.

Speaker:

Je venais d'avoir 18 ans.

Speaker:

Paris-Bordeaux, c'est pas tout à côté.

Speaker:

Je rentrais pas très souvent, on avait pas beaucoup d'argent.

Speaker:

Je dis ça, ça va, on était pas miséreux.

Speaker:

Il n'y avait pas le TGV.

Speaker:

Il n'y avait pas le TGV qui faisait

Speaker:

Paris-Bordeaux en deux heures.

Speaker:

Et ça coûtait quand même assez cher,

Speaker:

donc je rentrais pas tous les week-ends,

Speaker:

même pas tous les mois chez moi.

Speaker:

Et ça, je pense que ça a été le plus dur,

Speaker:

une fois que cette séparation-là s'est passée.

Speaker:

Après, l'étranger, c'était une séparation un peu plus loin.

Speaker:

Mais je pense que

Speaker:

après avoir eu Prague,

Speaker:

puis Londres,

Speaker:

où j'étais déjà partie deux fois à l'étranger,

Speaker:

au moment où j'étais à Berlin,

Speaker:

je pense que mes parents s'étaient déjà

Speaker:

habitués au fait que je n'étais pas

Speaker:

à côté d'eux.

Speaker:

Donc ça, ça a été.

Speaker:

Et de toute façon, quand je suis

Speaker:

partie à Berlin, j'ai dit

Speaker:

je veux vivre à l'étranger.

Speaker:

Et ce sera peut-être pas Berlin

Speaker:

sur le long terme.

Speaker:

Pour l'instant, c'est Berlin première étape.

Speaker:

Mais je n'étais pas

Speaker:

partie en me disant je fais une expérience

Speaker:

à l'étranger, je reviens à Paris.

Speaker:

Pour moi, c'était je fais une expérience à Berlin

Speaker:

et si ça ne se passe pas bien sur le long terme,

Speaker:

peut-être que je partirais ailleurs après.

Speaker:

Dans un autre pays, quoi.

Speaker:

Voilà, exactement.

Speaker:

Du coup, ça fait à peu près

Speaker:

deux ans que t'es à Berlin ?

Speaker:

Ça fait à peu près deux ans, ouais.

Speaker:

T'habitais où ?

Speaker:

J'habitais partout, c'était horrible.

Speaker:

T'étais dans les colocs ?

Speaker:

Ah ouais, j'ai vraiment tout fait.

Speaker:

J'ai eu pas mal d'histoires de colocs horribles aussi.

Speaker:

Vraie expérience berlinoise.

Speaker:

D'ailleurs,

Speaker:

j'ai vraiment dit...

Speaker:

Là, ça fait... Je touche du bois.

Speaker:

On a une table en bois, c'est parfait.

Speaker:

Ça fait trois ans

Speaker:

que je suis dans mon appart actuel.

Speaker:

Je suis sur le contrat.

Speaker:

Je suis la locataire principale.

Speaker:

C'est un contrat à durée indéterminée.

Speaker:

J'ai annoncé le jour où j'ai signé ce contrat

Speaker:

qu'il fallait que le jour où

Speaker:

je partirais de cet appart, il faudrait qu'on me tire

Speaker:

par les cheveux.

Speaker:

Maintenant que j'ai enfin trouvé le Graal...

Speaker:

Je rigole, mais honnêtement, c'était pas cool.

Speaker:

J'ai fait vraiment beaucoup de colocs,

Speaker:

de sous-locs.

Speaker:

Au tout début, j'ai eu 4 mois

Speaker:

de galère avant de trouver une location

Speaker:

long terme, on va dire,

Speaker:

où j'ai vraiment fait des sous-locations genre un mois,

Speaker:

un mois et demi, en pensant à chaque fois

Speaker:

que forcément, j'allais trouver.

Speaker:

Et non.

Speaker:

Ensuite, j'ai eu une première colocation

Speaker:

qui s'est pas bien passée, qui était

Speaker:

à côté de Treptower Park.

Speaker:

Vraiment très loin, un peu paumée.

Speaker:

Vraiment 15 minutes de la station

Speaker:

Treptower Park, mais dans le sens

Speaker:

de la forêt.

Speaker:

Mais y'a même pas un ch'petit.

Speaker:

J'étais avec un allemand

Speaker:

et ça s'est vraiment pas

Speaker:

très bien passé du tout, ça s'est très mal fini.

Speaker:

Et je rentrerai pas

Speaker:

dans les détails, mais...

Speaker:

Et ensuite, j'ai trouvé une autre

Speaker:

colocation à côté de

Speaker:

Ostkreuz,

Speaker:

à Rummelsburg, ça c'était sympa.

Speaker:

C'était très sympa

Speaker:

et ouais, j'aimais bien

Speaker:

habiter là-bas, après c'était une colocation

Speaker:

comme disent les allemands, Zweigwege

Speaker:

où on se parlait pas, en fait

Speaker:

ça se passait très bien, mais je voyais

Speaker:

jamais mes colocs et c'était clairement

Speaker:

utilitaire, on avait pas du tout de vie de coloc.

Speaker:

Donc

Speaker:

c'était un peu solitaire, on va dire.

Speaker:

Et après ça, j'ai

Speaker:

j'ai été

Speaker:

j'ai emménagé en colocation

Speaker:

avec des amis à moi.

Speaker:

Ma meilleure copine de l'époque.

Speaker:

Il y a eu quelqu'un qui est parti dans leur colocation

Speaker:

et j'ai emménagé avec eux

Speaker:

et c'était à Mitte

Speaker:

sur Brunnenstrasse.

Speaker:

Et c'est le meilleur appart dans lequel j'ai vécu.

Speaker:

Et je suis encore triste d'avoir

Speaker:

dû en partir.

Speaker:

C'est bien d'habiter Mitte ?

Speaker:

Alors c'est un peu bizarre parce que

Speaker:

c'est pas forcément

Speaker:

cheap, mais là, nous,

Speaker:

on habitait, c'était plus vraiment vers

Speaker:

Brunnenstrasse, c'est cool.

Speaker:

C'est vraiment plus haut que Rosenthaler Platz.

Speaker:

Et c'est pas très loin de Prenzlerberg.

Speaker:

C'est ça, t'es à l'inimite en fait.

Speaker:

Et surtout, on avait un ancien contrat en fait.

Speaker:

Donc on avait un appart immense avec un double salon cuisine

Speaker:

pour faire des soirées avec

Speaker:

50 personnes et on payait...

Speaker:

5 euros du mètre carré.

Speaker:

Donc c'était cool.

Speaker:

Ça tombait un peu en lambeau et la décoration était clairement à refaire.

Speaker:

Mais c'était un super appart pour une coloc.

Speaker:

Et là,

Speaker:

à l'époque, tu sortais à quel endroit ?

Speaker:

Il y avait des barres de prédilection ?

Speaker:

Je sortais partout !

Speaker:

Ouais,

Speaker:

je sortais. Où est-ce que je sortais ?

Speaker:

C'était combien les entrées de clubs ?

Speaker:

Me dis pas ça, ça me déprime.

Speaker:

C'était horrible.

Speaker:

On avait parlé avec François-Xavier

Speaker:

quelques épisodes avant.

Speaker:

Honnêtement, je pense que l'année où je suis arrivée à Berlin,

Speaker:

je me souviens que la plupart des endroits,

Speaker:

quand on payait 10 euros, c'était vraiment cher.

Speaker:

La plupart des endroits, c'était 5-8 euros.

Speaker:

Parce que lui, il racontait que le but c'était

Speaker:

de faire le plus de clubs différents en une nuit.

Speaker:

Mais on pouvait faire ça.

Speaker:

Moi, au début, je faisais ça aussi.

Speaker:

Ça m'est arrivé plusieurs fois de faire 3 endroits différents

Speaker:

dans la même nuit.

Speaker:

Mais aujourd'hui,

Speaker:

t'imagines, 20-25 euros

Speaker:

les entrées, c'est horrible.

Speaker:

Après, honnêtement,

Speaker:

peut-être que je dis ça aussi parce qu'aujourd'hui,

Speaker:

j'ai quand même moins d'argent et que du coup,

Speaker:

je me sens personnellement visée

Speaker:

par la montée des prix.

Speaker:

Mais ce que je trouve un peu triste, c'est que

Speaker:

à l'époque, c'est vrai que je faisais vraiment

Speaker:

beaucoup la fête et j'ai aussi rencontré

Speaker:

beaucoup de gens en faisant la fête,

Speaker:

notamment mes meilleurs amis aujourd'hui,

Speaker:

que j'ai rencontrés en teuf.

Speaker:

Et je pense que

Speaker:

c'était une certaine liberté aussi

Speaker:

de pouvoir faire ça quasiment tous les week-ends

Speaker:

ou tous les 2 week-ends,

Speaker:

alors que j'avais pas un salaire énorme.

Speaker:

Et ça m'a permis aussi d'aimer cette ville

Speaker:

et de rencontrer les gens que j'ai rencontrés.

Speaker:

J'ai eu plein d'opportunités grâce à ça

Speaker:

et je trouve ça un peu dommage que

Speaker:

aujourd'hui, faire la fête,

Speaker:

ça veut dire

Speaker:

dépenser autant d'argent

Speaker:

juste pour rentrer, sachant qu'après

Speaker:

on dépense de l'argent dedans.

Speaker:

Mais là encore, ça s'adresse, je trouve, aux personnes

Speaker:

soit aisées, soit qui viennent d'arriver,

Speaker:

soit aux touristes, sauf que du coup

Speaker:

tu penses pas que...

Speaker:

C'est un peu triste, franchement.

Speaker:

Mais on sort d'une période de pandémie, donc c'est peut-être aussi encore un peu particulier.

Speaker:

J'espère que ça va changer, ou en tout cas

Speaker:

que ce sera pas le cas partout.

Speaker:

Et puis, est-ce qu'il n'y aura pas des

Speaker:

nouveaux lieux alternatifs qui vont se développer

Speaker:

à cause de ça ? Je te donnerai tes adresses.

Speaker:

Merci.

Speaker:

Parce qu'honnêtement, je trouve ça un peu dommage.

Speaker:

Moi je me dis, aujourd'hui c'est quand même dingue.

Speaker:

Je pourrais plus

Speaker:

avoir la vie que j'avais avant la pandémie,

Speaker:

mais pas parce que moi j'ai changé ou parce que je veux changer,

Speaker:

mais juste parce que j'ai pas les moyens de faire la fête.

Speaker:

Ce que je veux dire, c'est que

Speaker:

les personnes qui faisaient la fête,

Speaker:

elles sont pas parties de Berlin.

Speaker:

Mais elles subissent cette montée des prix, et du coup

Speaker:

elles vont bien à un moment trouver...

Speaker:

Parce que moi je me dis, maintenant, c'est quoi ?

Speaker:

Ça veut dire que pour aller faire la fête tous les deux week-ends,

Speaker:

il faut forcément être un tech millionnaire.

Speaker:

Tu vois, j'ai l'impression que...

Speaker:

Du coup, c'est un peu triste aussi parce que la population,

Speaker:

on va dire, à l'intérieur, devient aussi un peu...

Speaker:

Tu vois, une population très homogène

Speaker:

avec

Speaker:

de l'argent, quoi. Donc c'est pas le but.

Speaker:

Ouais, mais encore une fois, vu que

Speaker:

les autres personnes sont pas parties,

Speaker:

elles sont bien quelque part.

Speaker:

Bon, dis-moi, tu me diras où elles sont après ce podcast,

Speaker:

s'il te plaît.

Speaker:

Mais je pense que... Enfin, pour ceux qui nous

Speaker:

écoutent, qui ont envie de monter des projets, je pense qu'il y a encore

Speaker:

des choses à faire sur ce côté alternatif.

Speaker:

J'espère qu'il y a encore des choses à faire.

Speaker:

Je pense qu'il y a des choses à faire et il y a le public pour,

Speaker:

en fait, et qui attend parce que tu vois...

Speaker:

Il y a le public pour, c'est sûr. Attends, les clubs ont réouvert,

Speaker:

mais ont réouvert avec tu dois prendre ta place,

Speaker:

tu montes ta carte d'identité, moi c'est pas...

Speaker:

C'est pas la scène que j'avais connue

Speaker:

qui était incroyable parce que tu rentrais

Speaker:

et personne te connaissait, et tant mieux, tant pis, quoi.

Speaker:

Ouais, exactement.

Speaker:

Je pense qu'il y a encore cette abbétance, j'espère,

Speaker:

et sinon... Je l'espère, vraiment.

Speaker:

Je pense en tout cas qu'il y a beaucoup de gens

Speaker:

qui en ont envie.

Speaker:

L'enceinte appelle.

Speaker:

Allo, allo.

Speaker:

Ça marche.

Speaker:

Attends, parce que du coup,

Speaker:

on a parlé de tes déménagements...

Speaker:

On a parlé de tes déménagements de coloc

Speaker:

et tout, tu postules pour ton nouveau

Speaker:

job, est-ce qu'à ce moment-là,

Speaker:

alors je vois que tu me regardes,

Speaker:

je rembobine, tu parles allemand

Speaker:

à ce moment-là ?

Speaker:

Euh... Bonne question.

Speaker:

Non, je pense qu'à l'époque...

Speaker:

J'avais pris 2-3 cours ici et là,

Speaker:

du style, on avait un cours

Speaker:

du soir, parfois le lundi, dans ma

Speaker:

boîte, mais je parlais pas vraiment

Speaker:

allemand, j'étais pas capable de travailler

Speaker:

en allemand, en tout cas, clairement pas.

Speaker:

Je parlais un peu mieux que quand j'étais arrivée,

Speaker:

parce que j'avais fait des progrès quand même,

Speaker:

et que j'ai un peu une facilité pour les langues,

Speaker:

donc j'avais quand même appris 2-3 choses,

Speaker:

je me débrouillais un petit peu, mais clairement pas à un niveau

Speaker:

où j'aurais pu professionnellement...

Speaker:

Tu postules pas en allemand ?

Speaker:

Non, j'ai travaillé pour une boîte américaine

Speaker:

qui ouvrait un bureau à Berlin,

Speaker:

toujours dans la même range

Speaker:

de l'éducation en ligne,

Speaker:

voilà, et du coup, je travaillais en anglais.

Speaker:

Tu faisais ça pendant...

Speaker:

Pas très longtemps, parce que le post

Speaker:

que j'avais était vraiment très similaire à ce que je faisais

Speaker:

dans l'autre boîte, c'était vraiment faire la même chose,

Speaker:

mais ailleurs, un peu, et je me suis assez vite rendue compte

Speaker:

qu'en fait, ce qui me frustrait

Speaker:

dans l'autre boîte me frustrait aussi là,

Speaker:

normal. Est-ce que tu disais que ce qui te plaisait,

Speaker:

c'était de commencer à m'ouvertiser ?

Speaker:

C'est surtout qu'en fait,

Speaker:

tout ce que je faisais dans ce

Speaker:

deuxième post, du coup, je l'avais déjà fait

Speaker:

dans l'autre boîte, et

Speaker:

que du coup, c'était pas très

Speaker:

enthousiasmant, et que je connaissais aussi

Speaker:

tous les problèmes qu'il y avait, on va dire

Speaker:

tous les obstacles que j'avais rencontrés dans mon ancien post,

Speaker:

je savais qu'ils se représentaient là, et que

Speaker:

il n'y avait pas vraiment de solution, et du coup,

Speaker:

je me suis assez vite rendue compte que

Speaker:

ce serait pas forcément une super expérience

Speaker:

sur le long terme, mais

Speaker:

ça m'a permis de rencontrer mon

Speaker:

employeur d'après, toujours dans

Speaker:

la tech,

Speaker:

qui était du coup une boîte américaine

Speaker:

qui s'appelle Webflow,

Speaker:

et j'ai travaillé pour eux pendant

Speaker:

un an et demi,

Speaker:

et là, j'ai été débauchée par eux,

Speaker:

et je voulais partir, donc c'était parfait,

Speaker:

et j'ai travaillé

Speaker:

à distance, j'ai travaillé

Speaker:

en home office avant le home office,

Speaker:

avec une équipe

Speaker:

qui était à San Francisco, et moi j'étais à Berlin.

Speaker:

Il y avait un sacré décalage horaire quand même.

Speaker:

Ouais, c'était difficile.

Speaker:

Et tu devais implanter la boîte en Allemagne ?

Speaker:

Non, pas du tout, j'étais community manager.

Speaker:

Aux Etats-Unis ?

Speaker:

Pour le monde entier, quoi.

Speaker:

C'était une communauté en ligne,

Speaker:

principalement, on avait un forum,

Speaker:

c'est des utilisateurs d'un software en ligne,

Speaker:

donc c'est pas une communauté...

Speaker:

Et après, ce que j'ai fait par contre quand j'étais community manager,

Speaker:

c'est que j'ai contribué à développer des chapitres

Speaker:

dans certaines villes qui étaient particulièrement

Speaker:

actives, et j'ai fait des événements

Speaker:

dans plusieurs villes, à Londres, à New York,

Speaker:

on en a eu une

Speaker:

à San Francisco aussi.

Speaker:

En présentiel ?

Speaker:

Ouais, à Berlin aussi.

Speaker:

Donc tu t'es déplacée dans plusieurs

Speaker:

pays du monde, tu avais une équipe ?

Speaker:

J'étais toute seule.

Speaker:

Non, j'étais toute seule,

Speaker:

après, sur place,

Speaker:

c'était une boîte qui était vraiment

Speaker:

un peu en avance sur son temps Webflow,

Speaker:

qui est toujours d'ailleurs, puisqu'ils existent toujours et qui vont très bien.

Speaker:

C'est une boîte qui a

Speaker:

commencé à travailler en remote

Speaker:

avant tout, donc 80%

Speaker:

de l'équipe était déjà en remote.

Speaker:

En fait, ça veut dire qu'ils avaient des gens dans plusieurs

Speaker:

pays dans le monde entier,

Speaker:

en full time, à distance.

Speaker:

Et dans le bureau à San Francisco,

Speaker:

il y avait la petite équipe

Speaker:

cœur, on va dire, d'une vingtaine

Speaker:

de personnes, mais la plupart des gens n'étaient pas à San Francisco.

Speaker:

Et donc moi, quand je suis allée

Speaker:

à Londres, quand je suis allée à New York,

Speaker:

il y avait des collègues qui travaillaient là-bas,

Speaker:

que j'ai rencontrés du coup sur place,

Speaker:

ouais.

Speaker:

Parce que si je comprends bien,

Speaker:

tu passes du coup de ces petites équipes toutes ensemble

Speaker:

à Berlin côté famille, à du

Speaker:

remote de San Francisco.

Speaker:

Ça se passe comment ? Tu vas dans des

Speaker:

espaces de coworking, tu travailles de chez toi ?

Speaker:

Honnêtement, ça ne s'est pas super bien

Speaker:

passé, pas parce que je pense que la

Speaker:

boîte était honnêtement géniale. Je pense pour

Speaker:

deux raisons. La première raison, c'est que

Speaker:

je ne le referais pas

Speaker:

pareil, mais j'avais, ouais, en espaces de

Speaker:

coworking, mais j'avais du mal à

Speaker:

me motiver pour y aller tous les jours.

Speaker:

Souvent, j'allais dans des cafés. Je ne faisais souvent pas

Speaker:

toute la journée dans un endroit. J'allais dans un café quelques

Speaker:

heures, ensuite je rentrais chez moi, ou je commençais

Speaker:

chez moi, puis j'allais dans un café.

Speaker:

Mais je n'étais pas hyper structurée.

Speaker:

Je n'avais pas, on va dire...

Speaker:

Par exemple, je pense que si je le refaisais aujourd'hui, j'aurais

Speaker:

peut-être un co-work buddy, on va dire,

Speaker:

quelqu'un avec qui je vais au coworking space

Speaker:

tous les jours, avec lequel il y a une

Speaker:

accountability, on va dire, où je... Voilà.

Speaker:

On peut se checker un petit peu et se dire

Speaker:

OK, on y va tous les deux, on se retrouve. Comme ça, ça te force

Speaker:

un peu à sortir de chez toi.

Speaker:

Et donc, j'étais pas

Speaker:

très structurée par rapport à ça. Et la

Speaker:

deuxième chose, je pense, c'est que je me suis rendue compte qu'en fait,

Speaker:

pour le coup, j'ai vraiment basculé dans une boîte où c'était

Speaker:

vraiment tech hardcore, on va dire.

Speaker:

Notre communauté, c'était vraiment des gens qui étaient

Speaker:

des ingénieurs, des designers, des web designers.

Speaker:

Et donc, une communauté vraiment, vraiment, vraiment

Speaker:

très tech. Et en fait, je me suis

Speaker:

rendue compte assez vite que ce n'était pas

Speaker:

mon milieu.

Speaker:

Même si je trouvais que le produit sur lequel

Speaker:

je travaillais était top, c'était

Speaker:

pas l'industrie dans laquelle j'avais envie d'être, en tout cas.

Speaker:

C'est à ce moment-là que tu commences

Speaker:

à poster des photos régulièrement de nourriture

Speaker:

sur Instagram ?

Speaker:

Il me semble, non ? Parce que tu as commencé un bout de temps.

Speaker:

Ouais...

Speaker:

C'était plus tard. Non mais honnêtement,

Speaker:

j'ai vraiment... On peut skipper plusieurs

Speaker:

étapes si tu veux, parce qu'il y a encore d'autres

Speaker:

trucs qui arrivent après, avant le

Speaker:

blog. Dis-nous peut-être en...

Speaker:

J'ai du coup, j'ai démissionné.

Speaker:

Et j'ai commencé à travailler pour une startup

Speaker:

à Berlin, qui du coup...

Speaker:

En fait, c'était un peu le pont pour moi. C'était une startup

Speaker:

côté un peu tech,

Speaker:

innovation, mais alimentaire.

Speaker:

Donc, ils travaillaient sur l'alimentation du futur,

Speaker:

qui s'appelait Hermann's.

Speaker:

C'était en

Speaker:

2018.

Speaker:

Et...

Speaker:

Long story short,

Speaker:

la boîte

Speaker:

n'allait pas très bien.

Speaker:

Je pense déjà quand je suis arrivée.

Speaker:

Et ça a été un peu difficile. La boîte a

Speaker:

fermé après que je sois partie.

Speaker:

Et si... Tu t'as dit que, pardon,

Speaker:

c'est de la tech et de la food, mais c'est quoi?

Speaker:

Ouais, on travaillait sur innovation alimentaire. C'était très compliqué.

Speaker:

Ils avaient pas un business model très

Speaker:

clair non plus, donc je vais pas essayer de te l'expliquer.

Speaker:

Parce que, voilà, c'était un peu un challenge de nous

Speaker:

l'expliquer nous-mêmes. Mais tu créais

Speaker:

des aliments? Non, non. C'était du

Speaker:

conseil.

Speaker:

Du conseil aux boîtes alimentaires. Bref.

Speaker:

C'était un peu compliqué.

Speaker:

Et en gros, on avait

Speaker:

un restaurant et on avait une équipe de conseil.

Speaker:

Donc on avait un bureau dans lequel il y avait des consultants

Speaker:

qui allaient voir

Speaker:

des boîtes de l'agroalimentaire

Speaker:

pour les conseiller sur leur stratégie long terme

Speaker:

sur l'innovation alimentaire.

Speaker:

Et on avait un restaurant qui était censé être

Speaker:

on va dire une vitrine de l'alimentation du futur.

Speaker:

Wow.

Speaker:

Beaucoup de choses.

Speaker:

Et du coup, moi j'étais operations manager.

Speaker:

Et donc je m'occupais de plein plein de choses

Speaker:

différentes, mais notamment du recrutement.

Speaker:

Et parce que je m'occupais du recrutement,

Speaker:

j'ai beaucoup travaillé aussi avec l'équipe du restaurant.

Speaker:

Et je me suis rendue compte

Speaker:

assez vite que

Speaker:

j'avais déjà basculé, on va dire,

Speaker:

dans l'industrie alimentaire. Et j'étais contente de ça.

Speaker:

Mais très vite, je me suis rendue compte qu'en fait, la bascule qu'il fallait

Speaker:

que je fasse, elle était beaucoup plus grosse que juste

Speaker:

changer d'industrie. Et qu'en fait, juste il fallait que je change

Speaker:

de métier complètement. Et que ce que

Speaker:

j'avais envie de faire, c'était d'être au restaurant.

Speaker:

Je ne voulais pas être au bureau.

Speaker:

Pour revenir du coup sur le restaurant, est-ce que tu peux

Speaker:

juste nous expliquer le concept ? Parce que présenter

Speaker:

les aliments du futur...

Speaker:

C'était juste un restaurant dans lequel

Speaker:

le menu était, on va dire,

Speaker:

axé sur

Speaker:

innovation alimentaire.

Speaker:

Mais vous présentez des produits

Speaker:

d'autres marques ? Ou c'est vous qui les utilisez ?

Speaker:

Aussi, oui.

Speaker:

C'est un peu compliqué. Je ne pense pas que tu veux

Speaker:

rentrer dans les détails.

Speaker:

C'est très long à expliquer.

Speaker:

Non, en gros, l'idée, c'était

Speaker:

d'avoir un menu qui était à la fois

Speaker:

local,

Speaker:

de saison, qui prenne en compte

Speaker:

tous les principes de ce que c'est l'agriculture...

Speaker:

Comment on dit

Speaker:

sustainable en français ?

Speaker:

Désolée.

Speaker:

Les principes de l'agriculture écologique

Speaker:

ou soutenable.

Speaker:

Et on travaillait en partenariat

Speaker:

avec des marques qui faisaient des produits

Speaker:

par exemple, qui développaient

Speaker:

des laits à partir de protéines végétales

Speaker:

ou ce genre de choses, que nous on utilisait

Speaker:

après, ou que le chef utilisait dans la cuisine

Speaker:

ou dans le menu.

Speaker:

C'est hyper stylé. C'est quand même un concept, c'est génial.

Speaker:

Mais ça n'a pas...

Speaker:

Ça marchait bien ?

Speaker:

Non.

Speaker:

C'était très cher.

Speaker:

C'était très cher

Speaker:

parce que c'était, en même temps,

Speaker:

le problème c'est que les produits étaient chers aussi

Speaker:

et c'était une espèce qui était immense.

Speaker:

Je pense que c'était un peu difficile

Speaker:

le concept, c'était sur torches traceux.

Speaker:

C'était un peu difficile,

Speaker:

il n'y avait pas un concept très clair

Speaker:

entre est-ce que c'est un café,

Speaker:

est-ce que c'est un endroit pour le déjeuner.

Speaker:

Vraiment,

Speaker:

sur torches traceux.

Speaker:

Rosenthaler Platz.

Speaker:

À côté, passait le coin de

Speaker:

Zanktoberholz

Speaker:

qui est le café qui fait l'anglais.

Speaker:

Mais oui, parce que ça je connais. Il s'appelait comment le restaurant ?

Speaker:

C'était à gauche de Zanktoberholz. Hermanns.

Speaker:

Mais je crois que j'y ai mangé en fait.

Speaker:

C'était très bon. Mais franchement, moi j'y allais très souvent

Speaker:

même avant de bosser pour eux, pour bosser.

Speaker:

Mais c'était un peu compliqué

Speaker:

je pense le concept. C'était un espace qui était

Speaker:

immense.

Speaker:

On n'était pas ouvert le soir, on était ouvert

Speaker:

pour café, mais tu fais pas d'argent

Speaker:

avec des gens qui viennent, qui posent leur

Speaker:

ordinateur. Mais si ça se trouve, on s'est déjà rencontrés.

Speaker:

C'est trop drôle.

Speaker:

Je suis obligée

Speaker:

de raconter parce que c'était quand même marrant.

Speaker:

Il y avait des spaghettis courgettes

Speaker:

et en fait c'était des spaghettis

Speaker:

enfin des courgettes

Speaker:

de la courgette en forme de spaghettis.

Speaker:

Je me souviens que mon collègue de boulot

Speaker:

était hyper déçue.

Speaker:

Genre si tu nous écoutes,

Speaker:

elle est dégoûtée.

Speaker:

Mais du coup ça doit être ça.

Speaker:

Parce que je me souviens qu'on s'était dit

Speaker:

c'était vachement cher.

Speaker:

C'était trop drôle.

Speaker:

La déco était très moderne aussi.

Speaker:

Avec ce plafond.

Speaker:

Je me souviens du plafond qui était un peu space.

Speaker:

Bref. Je pense que c'était là. Effectivement.

Speaker:

Énorme. Ok.

Speaker:

Donc t'as travaillé là un an et demi.

Speaker:

J'ai travaillé là un an moins.

Speaker:

Un peu moins d'un an.

Speaker:

Et je me suis fait remercier.

Speaker:

Au bout de quelques mois.

Speaker:

Au bout de 10 mois.

Speaker:

9-10 mois.

Speaker:

Et pour plein de raisons.

Speaker:

Mais je pense aussi que la boîte n'allait pas bien.

Speaker:

Et que c'était un peu bon.

Speaker:

Qui est la prochaine personne qu'on pourra licencier ?

Speaker:

Parce qu'il faut qu'on coupe les coups.

Speaker:

Et la boîte a fermé depuis.

Speaker:

Et en fait c'est quand je me suis fait licencier.

Speaker:

Je m'y attendais pas.

Speaker:

Vraiment. Parce que c'était le dernier jour

Speaker:

de ma probation.

Speaker:

Ah les boules.

Speaker:

Ah ça c'est dur.

Speaker:

Vendredi 31 janvier.

Speaker:

À 17h30.

Speaker:

Donc le dernier jour

Speaker:

de ta période d'essai.

Speaker:

De ma période d'essai de 6 mois.

Speaker:

Après avoir fait un stage de 4 mois.

Speaker:

Un peu dur.

Speaker:

Donc autant dire que je ne m'y attendais pas vraiment.

Speaker:

Et ça a été un peu une claque.

Speaker:

En fait j'avais déjà commencé

Speaker:

à me dire que...

Speaker:

D'être au contact du restaurant et des gens qui bossaient dans le restaurant.

Speaker:

J'avais déjà commencé à me dire que je voulais être

Speaker:

de ce côté là.

Speaker:

En fait j'avais plus envie d'être sur un ordinateur.

Speaker:

C'était ça qui m'intéressait.

Speaker:

Et je savais pas du tout encore quel format ça allait prendre.

Speaker:

Moi j'étais un peu en ébullition dans ma tête.

Speaker:

C'était peut-être que j'ai envie d'aller en cuisine.

Speaker:

Ou de servir du vin.

Speaker:

De faire le management d'un restaurant.

Speaker:

Je savais pas. Mais je savais que je voulais être là.

Speaker:

Et quand je me suis fait licencier

Speaker:

ça a été un peu une claque.

Speaker:

Je me suis dit...

Speaker:

En fait dans ma tête j'avais commencé à envisager les choses.

Speaker:

Mais je me disais j'attends quelques mois.

Speaker:

J'attends 3-4 mois.

Speaker:

Peut-être que je peux transitionner aussi.

Speaker:

Comme on avait un restaurant je me suis dit peut-être que je peux négocier

Speaker:

de partir en serveuse.

Speaker:

Même à mi-temps.

Speaker:

Et finalement

Speaker:

ça a été un peu forcé.

Speaker:

Mais du coup

Speaker:

je me suis retrouvée au chômage.

Speaker:

Et du coup je me suis dit c'est maintenant.

Speaker:

Arrête de vouloir

Speaker:

faire des postes de community manager

Speaker:

et d'event manager qui sont plus ou moins

Speaker:

en lien avec des choses qui t'intéressent.

Speaker:

En fait juste

Speaker:

va travailler dans une cuisine

Speaker:

ou va servir du vin.

Speaker:

Et donc là je me suis dit

Speaker:

je vais faire une mini formation dans le vin

Speaker:

parce que ça pourra m'aider peut-être pour trouver un poste intéressant.

Speaker:

Parce que tu reçois le chômage à ce moment-là.

Speaker:

Ouais je touche le chômage du coup.

Speaker:

Et en même temps c'est pas mon but de rester au chômage.

Speaker:

Non mais je veux dire

Speaker:

La formation tu l'as fait en Allemagne

Speaker:

ou en Allemande ?

Speaker:

Je l'ai faite parce que mon employeur me l'a payée

Speaker:

en fait en guise de

Speaker:

je sais pas si on peut dire vraiment cadeau de départ

Speaker:

puisque je ne suis pas partie volontairement mais en gros

Speaker:

c'était un peu une compensation de quand je suis partie.

Speaker:

On m'a payé

Speaker:

le premier niveau

Speaker:

du V7 qui est la formation au vin

Speaker:

que j'ai faite qui était une journée d'initiation.

Speaker:

Et parce que je me suis dit

Speaker:

ça c'est une compétence qui peut être intéressante à avoir

Speaker:

si je veux bosser dans un restaurant.

Speaker:

Et

Speaker:

en fait j'ai commencé

Speaker:

à mettre tout ça en place, j'ai postulé dans pas mal d'endroits

Speaker:

et puis en fait la semaine où

Speaker:

j'ai posé mes CV

Speaker:

j'ai eu plusieurs endroits qui m'ont rappelé

Speaker:

qui m'ont dit ok tu vas faire un essai en cuisine

Speaker:

la semaine prochaine tu fais un essai en cuisine

Speaker:

moi j'étais

Speaker:

dans quoi je me suis embarquée j'ai jamais fait ça

Speaker:

mais je me suis dit ok

Speaker:

bon bah go je vais essayer

Speaker:

et en fait cette semaine là tout a fermé

Speaker:

et c'était lockdown et c'était la pandémie.

Speaker:

Et en fait juste avant ça

Speaker:

j'ai été poser un CV

Speaker:

à la caiserie

Speaker:

en me disant j'ai de l'expérience en fromage

Speaker:

c'est pas forcément

Speaker:

moi j'étais vraiment plus partie sur l'idée restaurant

Speaker:

mais je me suis dit ok j'ai de l'expérience en fromage

Speaker:

c'est une boutique, j'ai de l'expérience en boutique

Speaker:

en fromage, en français

Speaker:

peut-être que ça peut être

Speaker:

un bon plan B, on sait jamais.

Speaker:

Donc t'as postulé sans

Speaker:

avoir ton

Speaker:

derrière pensée

Speaker:

Non mais je me suis dit que c'était une bonne idée de postuler

Speaker:

là-bas, qu'ils avaient des bons produits

Speaker:

et puis à l'époque, maintenant on a déménagé

Speaker:

mais on avait un local avec une petite partie restaurant

Speaker:

donc il y avait quand même du service

Speaker:

donc pour moi c'était un peu un bon entre deux

Speaker:

je me suis dit c'est une bonne idée

Speaker:

et puis je savais que l'équipe était française donc c'était aussi plus simple

Speaker:

je me suis dit c'est une manière plus simple

Speaker:

d'arriver dans la restauration où il y a quand même le

Speaker:

confort de parler en français avec mes collègues

Speaker:

c'est des produits que je connais

Speaker:

c'était un peu moins

Speaker:

terrifiant on va dire que d'arriver dans un restaurant

Speaker:

dans une cuisine en allemand

Speaker:

et j'ai jamais travaillé dans une cuisine professionnelle

Speaker:

encore moins en allemand

Speaker:

donc voilà

Speaker:

Pour la caiserie, il y a le très bon épisode

Speaker:

de Baguette au Brezel

Speaker:

qui interroge l'un des deux fondateurs

Speaker:

Bastien, donc de Nathalie

Speaker:

écoutez-le, il est vachement bien

Speaker:

on découvre toute l'histoire à ce moment-là

Speaker:

et notamment le départ d'un des deux fondateurs

Speaker:

qui fait que tu vas

Speaker:

en fait tu vas

Speaker:

préparer la place mais tu rentres à ce moment-là

Speaker:

au moment où Romain est parti en fait

Speaker:

ouais, exactement

Speaker:

au début de la pandémie en fait

Speaker:

du coup j'ai été poser un CV

Speaker:

ils avaient pas d'annonce ni rien mais je me suis dit on sait jamais

Speaker:

et puis en fait

Speaker:

au moment où j'ai posé le CV, Bastien m'a dit

Speaker:

ah mais en fait dans deux mois

Speaker:

tu tombes vraiment bien

Speaker:

parce qu'on a pas encore commencé à chercher

Speaker:

mais dans quelques mois

Speaker:

Romain rentre en France

Speaker:

et je vais du coup pour la première fois

Speaker:

de l'histoire de la caiserie chercher un employé

Speaker:

pour m'aider

Speaker:

parce qu'ils étaient deux avant et qu'ils se retrouvaient

Speaker:

seuls quoi

Speaker:

pour ceux qui connaissent pas la caiserie

Speaker:

c'est une fromagerie crèmerie ou juste fromagerie ?

Speaker:

c'est une fromagerie

Speaker:

et on vend également du vin

Speaker:

mais c'est vraiment une fromagerie, on s'appelle pas non plus fromagerie

Speaker:

affineur parce qu'on a pas de vrai cadre d'affinage

Speaker:

on manège

Speaker:

on s'occupe de nos fromages

Speaker:

mais on fait pas du vrai affinage

Speaker:

et vous faites, enfin moi

Speaker:

comment j'avais connu la caiserie c'est que vous faites des plateaux de fromages

Speaker:

incroyables

Speaker:

vous les faites encore ?

Speaker:

que tu peux

Speaker:

dans le cadre de ton entreprise

Speaker:

tu peux les commander et c'est des plateaux qui sont dingues

Speaker:

on adore faire ça en fait, ça fait partie des trucs qu'on aime le plus faire

Speaker:

c'est les plateaux de catering

Speaker:

pour livrer pour des événements d'entreprise

Speaker:

ou ce genre de choses parce que c'est les plus créatifs

Speaker:

c'est ce qui est le plus fun

Speaker:

parce que nous on avait une après midi pétanque

Speaker:

perroquet, caiserie

Speaker:

c'était quand même assez ouf

Speaker:

c'était ma rencontre avec la caiserie

Speaker:

ok donc tu commences à travailler

Speaker:

à cet endroit là

Speaker:

3 mois après

Speaker:

j'ai trouvé mon poste

Speaker:

ça s'est super bien goupillé

Speaker:

j'avais fait mon entretien

Speaker:

avant qu'ils ferment tout pour la pandémie

Speaker:

le premier lockdown

Speaker:

et il m'a donné la réponse je crois 2 jours après

Speaker:

qu'ils avaient annoncé le lockdown

Speaker:

et du coup moi je lui ai dit évidemment oui

Speaker:

j'étais hyper contente d'avoir trouvé quelque chose

Speaker:

surtout de savoir que j'avais un truc assuré

Speaker:

parce que même si c'était pas tout de suite

Speaker:

je savais que j'avais un poste

Speaker:

et puis quand on a eu le lockdown

Speaker:

tous les restaurants ont fermé

Speaker:

donc moi ma reconversion professionnelle

Speaker:

d'aller bosser dans un restaurant

Speaker:

ça a été mis en gros point d'interrogation

Speaker:

et du coup

Speaker:

j'ai touché le chômage

Speaker:

pendant 2 mois et demi

Speaker:

et j'ai commencé en fin mai

Speaker:

ou début juin

Speaker:

tu pouvais rentrer sur place

Speaker:

c'était autorisé pour les commerçants

Speaker:

on est toujours resté ouvert

Speaker:

on vendait de la nourriture et du vin

Speaker:

commerce essentiel

Speaker:

c'est tout

Speaker:

surtout quand t'es tout seul

Speaker:

déprimé chez toi

Speaker:

comment ça se passe

Speaker:

de commencer à travailler dans une fromagerie

Speaker:

en pleine pandémie

Speaker:

honnêtement

Speaker:

ce qui était un peu difficile au début

Speaker:

c'était de s'habituer à devoir porter le masque tout le temps

Speaker:

parce que du coup avec les clients

Speaker:

on devait porter le masque tout le temps

Speaker:

donc ça c'était un petit peu difficile

Speaker:

mais bon très vite

Speaker:

et surtout

Speaker:

c'était surtout difficile à cause de l'allemand

Speaker:

parce qu'au début quand j'ai commencé à travailler à la fromagerie

Speaker:

je me débrouillais en allemand

Speaker:

mais j'étais pas du tout prête

Speaker:

pour ça

Speaker:

des gens qui me demandent des questions sur le fromage en allemand

Speaker:

à travers le masque

Speaker:

c'était compliqué

Speaker:

et au début

Speaker:

c'était un peu dur

Speaker:

vraiment je devais tout le temps demander

Speaker:

mais mes collègues ont été trop cool

Speaker:

ils sont tous les deux bien

Speaker:

Julien Bastien

Speaker:

ils m'ont beaucoup aidée au début

Speaker:

et j'ai fait des progrès hallucinants

Speaker:

grâce à ça

Speaker:

et après honnêtement

Speaker:

pendant l'hiver

Speaker:

l'hiver noir

Speaker:

de l'année dernière

Speaker:

tout était fermé

Speaker:

c'était horrible

Speaker:

je voyais deux amis

Speaker:

pour ceux qui l'écouteront

Speaker:

dans le futur

Speaker:

ça avait été au point qu'ils avaient supprimé

Speaker:

la vente de Glühwein

Speaker:

mais pas seulement ça

Speaker:

à un moment ils ont interdit de boire de l'alcool

Speaker:

dans la rue

Speaker:

et c'était en décembre

Speaker:

donc le point d'espoir

Speaker:

des gens

Speaker:

le fait qu'ils aient besoin d'aller boire dans la rue

Speaker:

à deux une bière sur le bord d'un trottoir

Speaker:

en décembre

Speaker:

horrible

Speaker:

ça a duré longtemps

Speaker:

on a été ouvert

Speaker:

toute la période

Speaker:

pour moi ça a été une super expérience

Speaker:

parce que c'était génial

Speaker:

on a eu beaucoup de clients

Speaker:

qui sont devenus des clients très réguliers

Speaker:

les gens venaient toutes les semaines

Speaker:

c'est devenu pour beaucoup de gens

Speaker:

la sortie de la semaine

Speaker:

et le fait aussi que

Speaker:

j'adore travailler à la fromagerie

Speaker:

parce que j'ai vraiment en moi l'âme d'une commerçante de quartier

Speaker:

j'adore connaître

Speaker:

tous les gens qui viennent

Speaker:

tu leur poses des questions ?

Speaker:

je ne vais pas

Speaker:

parfois

Speaker:

il y a des gens qui n'ont pas envie de parler

Speaker:

je ne vais pas forcément leur poser des questions

Speaker:

auxquelles ils n'ont pas envie de répondre

Speaker:

mais j'ai très bonne mémoire

Speaker:

des gens

Speaker:

j'arrive à reconnaître les gens

Speaker:

quand ils viennent plusieurs fois

Speaker:

et je me souviens souvent de leurs commandes

Speaker:

de ce qu'ils prennent

Speaker:

et pour moi c'est un des plus grands plaisirs

Speaker:

j'arrive à pouvoir conseiller des choses

Speaker:

qu'ils n'ont pas appris avant

Speaker:

mais qu'ils vont aimer

Speaker:

en fonction des choses qu'ils ont pris la dernière fois

Speaker:

il y a un level

Speaker:

les gens

Speaker:

et ça pour moi pendant la pandémie

Speaker:

j'ai trouvé ça génial

Speaker:

parce que j'ai trouvé

Speaker:

qu'on avait vraiment créé un lien avec plein de clients

Speaker:

qui venaient régulièrement

Speaker:

et le fait aussi d'avoir juste un lien humain

Speaker:

parce que c'est vrai que moi j'avais la chance

Speaker:

d'aller tous les jours au travail et de parler

Speaker:

avec des gens tous les jours

Speaker:

mais la plupart des gens qui venaient nous voir

Speaker:

c'était peut-être la seule sortie qu'ils faisaient dans la semaine

Speaker:

et j'ai vraiment eu l'impression

Speaker:

qu'avec plein de clients

Speaker:

on a développé une relation où on parlait beaucoup

Speaker:

on parlait de tout et de rien

Speaker:

de la vie, on se plaignait beaucoup

Speaker:

des mesures du corona

Speaker:

des dernières nouvelles

Speaker:

mais en fait ça faisait tellement de bien d'avoir ce lien

Speaker:

ce lien social au quotidien

Speaker:

et ça a été vraiment une super expérience pour moi

Speaker:

j'ai vraiment aimé

Speaker:

parce que j'ai trouvé que ça rapprochait

Speaker:

les gens

Speaker:

et juste aussi le fait de

Speaker:

vendre un produit d'exception

Speaker:

qui fait plaisir aux gens

Speaker:

je veux dire, je leur vends pas du papier toilette

Speaker:

et du coup je savais

Speaker:

aussi que les gens qui venaient à la caserie

Speaker:

forcément aussi je crois qu'il y avait pas mal de gens

Speaker:

qui avaient un peu plus d'argent pendant le lockdown

Speaker:

parce qu'on pouvait vraiment rien faire

Speaker:

et du coup plus de gens qui venaient plus souvent se faire plaisir

Speaker:

le vendredi soir, le samedi soir

Speaker:

on avait tous nos clients qui venaient toutes les semaines

Speaker:

se faire leur plateau pour leur date

Speaker:

du vendredi soir avec leur bouteille de vin

Speaker:

et c'était génial quoi

Speaker:

et moi j'adorais ça, je les voyais toutes les semaines

Speaker:

et toutes les semaines on composait un petit plateau

Speaker:

différent ensemble

Speaker:

et ça a été vraiment une bonne expérience

Speaker:

j'ai vraiment bien aimé

Speaker:

en tout cas être ce lien

Speaker:

ce connecteur

Speaker:

à ce moment là vous développez aussi

Speaker:

toute la proposition gamme vin

Speaker:

alors il y avait déjà du vin

Speaker:

à la fromagerie depuis le début

Speaker:

mais vous faisiez déjà les dégustations ?

Speaker:

non, ça c'est pas à la fromagerie

Speaker:

c'est moi

Speaker:

parce que tu utilisais le local de la fromagerie

Speaker:

c'est pas ça ?

Speaker:

j'ai utilisé la première fois

Speaker:

parce que j'en ai fait qu'un

Speaker:

le local de la fromagerie

Speaker:

mais c'est quelque chose de séparé

Speaker:

donc en tout cas

Speaker:

comment ça se passe, on te forme au vin ?

Speaker:

c'est à dire on te fait goûter toutes les bouteilles ?

Speaker:

non, pas du tout

Speaker:

à la fromagerie surtout quand je suis arrivée

Speaker:

on avait vraiment une très petite offre de vin

Speaker:

on en avait une dizaine je crois

Speaker:

donc vraiment basique

Speaker:

le focus c'est vraiment sur le fromage

Speaker:

et c'était plus histoire d'avoir

Speaker:

des choses qui vont avec le fromage

Speaker:

la raison pour laquelle

Speaker:

on a des baguettes

Speaker:

du beurre

Speaker:

et

Speaker:

moi j'ai essayé au début

Speaker:

toutes les bouteilles, pas en une fois

Speaker:

progressivement on les a ouvertes

Speaker:

et puis on avait aussi pendant toute la période de l'été

Speaker:

le service

Speaker:

donc quand on faisait du service et qu'on ouvrait une bouteille

Speaker:

au début en tout cas

Speaker:

je goûtais les bouteilles quand on en ouvrait une

Speaker:

c'est quoi le service, vous avez un bar ?

Speaker:

on avait une partie restauration dans l'ancien local

Speaker:

ok et maintenant ?

Speaker:

on a déménagé et on n'a plus de restauration

Speaker:

c'est compliqué

Speaker:

il n'y a plus de restauration là du coup ?

Speaker:

c'est quoi en portée ?

Speaker:

c'est compliqué parce qu'en fait on loue

Speaker:

encore l'ancien local

Speaker:

et on cherche un repreneur, d'ailleurs à vie

Speaker:

si quelqu'un cherche un local

Speaker:

on cherche un repreneur pour l'ancien local

Speaker:

alors explique nous un peu

Speaker:

parce que vous avez un contrat et il faut récupérer le contrat

Speaker:

non alors notre contrat se termine à la fin de l'année

Speaker:

mais c'est juste qu'on paye un loyer pour rien

Speaker:

donc ce serait bien de trouver un repreneur avant

Speaker:

parce qu'on a acheté, Bastien a acheté

Speaker:

en fait le nouveau local

Speaker:

il est devenu propriétaire et du coup

Speaker:

on loue encore l'ancien

Speaker:

et si on peut ne pas le louer

Speaker:

pour rien c'est mieux

Speaker:

ça marche

Speaker:

et

Speaker:

j'allais dire je connais un artiste conceptuel

Speaker:

qui a une collection

Speaker:

concept fromage

Speaker:

art conceptuel

Speaker:

bref

Speaker:

tu disais que vous aviez changé de local

Speaker:

qu'il y avait cette offre de vin

Speaker:

on a agrandi l'offre de vin

Speaker:

quand on a déménagé dans le nouveau local

Speaker:

parce qu'il est plus grand

Speaker:

c'est une partie qu'on avait envie de développer

Speaker:

moi j'ai un peu poussé ça aussi parce qu'entre temps

Speaker:

j'ai fait du coup une formation

Speaker:

j'ai continué ma formation de sommelière

Speaker:

c'était combien de jours ?

Speaker:

un an

Speaker:

parce que tu disais que

Speaker:

ton ancien patron t'avait payé un jour

Speaker:

oui voilà

Speaker:

j'ai fait une formation qui s'appelle le V7

Speaker:

WSET

Speaker:

qui est un peu la formation

Speaker:

la plus reconnue

Speaker:

au niveau international dans le vin

Speaker:

c'est une formation

Speaker:

c'est pas forcément professionnalisant

Speaker:

au niveau 1 ou 2 mais en tout cas c'est une formation

Speaker:

que aussi bien les pros peuvent faire

Speaker:

que si on est à l'université, qu'on étudie le vin

Speaker:

et c'est reconnu un peu partout

Speaker:

il y a 4 niveaux

Speaker:

c'est une formation

Speaker:

donc c'est ça

Speaker:

ça t'ouvre des postes ?

Speaker:

c'est une certification ?

Speaker:

c'est une certification

Speaker:

donc il n'y a pas de...

Speaker:

c'est pas une université

Speaker:

on n'a pas un conseiller d'orientation qui nous dit

Speaker:

vous pouvez postuler là

Speaker:

c'est vraiment une certification professionnelle

Speaker:

qui certifie un certain niveau de connaissance

Speaker:

et que des gens

Speaker:

qui sont aussi bien vignerons

Speaker:

qui font du vin

Speaker:

ou qui vendent du vin

Speaker:

qui sont dans le business du vin

Speaker:

qui travaillent dans un restaurant

Speaker:

peuvent faire

Speaker:

ça va du service à l'agriculture

Speaker:

comment on s'occupe d'un vignoble

Speaker:

à la transformation du vin

Speaker:

à la vinification

Speaker:

c'est vraiment tous les aspects

Speaker:

c'est en ligne ?

Speaker:

il y a

Speaker:

plusieurs manières de le faire

Speaker:

moi j'ai fait une formation qui était à moitié

Speaker:

en self-study

Speaker:

avec un livre

Speaker:

toute seule et à moitié en personnel

Speaker:

mais on peut la faire également

Speaker:

complètement en ligne

Speaker:

sachant qu'à partir d'un certain niveau

Speaker:

faire une formation qu'en ligne pour le vin

Speaker:

ça n'a pas trop de sens

Speaker:

on n'a pas du tout la même expérience

Speaker:

quand on apprend avec un professeur

Speaker:

à goûter et à reconnaitre le vin

Speaker:

en tout cas pour le niveau 3

Speaker:

que j'ai fini

Speaker:

j'ai fait après avoir fait

Speaker:

un an d'études par moi même

Speaker:

avec le matériel

Speaker:

qu'on paye pour le cours et on reçoit

Speaker:

le matériel chez nous

Speaker:

c'est un énorme bouquin

Speaker:

le retour aux études

Speaker:

qu'on doit connaitre par coeur

Speaker:

plus ou moins

Speaker:

j'ai fait ensuite

Speaker:

une semaine intense où j'ai eu un professeur

Speaker:

en présentiel et j'étais avec d'autres personnes

Speaker:

dans une salle de classe

Speaker:

tous les jours, à Berlin

Speaker:

vous n'allez pas sur les vignes en fait ?

Speaker:

non

Speaker:

pas dans ce cadre

Speaker:

là on fait des dégustations ?

Speaker:

exactement

Speaker:

c'est formation à la fois théorique et pratique

Speaker:

et on a un examen après

Speaker:

et dans l'examen

Speaker:

il y a une partie qui est pratique

Speaker:

ce qui s'appelle

Speaker:

tasting

Speaker:

on ne sait pas quel vin on goûte et on doit faire des fiches

Speaker:

de dégustation

Speaker:

de description du vin

Speaker:

et une partie théorique qui est assez énorme

Speaker:

avec des questions

Speaker:

qui sont vraiment

Speaker:

comme je l'ai dit ça touche plein de sujets

Speaker:

qui vont de

Speaker:

comment on s'occupe d'un vignoble

Speaker:

et quels sont les choix qu'on peut faire dans un vignoble

Speaker:

et comment ça va influencer le produit fini

Speaker:

et

Speaker:

la même chose dans la

Speaker:

vinification

Speaker:

donc au moment de faire le vin

Speaker:

quels sont les choix qu'on peut faire et comment ça influence le produit fini

Speaker:

et aussi

Speaker:

il y a toute une partie culturelle

Speaker:

parce qu'on parle de tous les grands pays

Speaker:

dans le monde qui font du vin

Speaker:

et pourquoi culturellement certaines choses se font

Speaker:

et pas d'autres

Speaker:

ça parle aussi de plein de choses

Speaker:

avec l'histoire

Speaker:

c'est vraiment

Speaker:

c'est très vaste

Speaker:

tu vois ça me fait penser à la cité du vin

Speaker:

de Bordeaux

Speaker:

j'y suis allée bien sûr

Speaker:

c'est vraiment ouf

Speaker:

c'est génial et si vous n'y êtes jamais allée

Speaker:

je vous le conseillerais vraiment

Speaker:

c'est super

Speaker:

tu le fais en plusieurs jours non ?

Speaker:

moi j'y suis allée 3 fois

Speaker:

j'ai fait à chaque fois des parties différentes

Speaker:

parce que c'est un peu trop de le faire en une fois

Speaker:

j'y ai été une journée

Speaker:

et j'ai même pris l'exposition

Speaker:

en plus

Speaker:

ok

Speaker:

ok

Speaker:

donc tu fais cette certification

Speaker:

comment ça se passe en fait ?

Speaker:

j'ai un peu poussé aussi à la fromagerie

Speaker:

forcément avec Bastien on discute

Speaker:

et c'est sûr que je pense que

Speaker:

c'est intéressant pour nous de proposer plus de vin

Speaker:

et donc on a un peu développé l'offre

Speaker:

on a rajouté des produits à la gamme

Speaker:

et là en ce moment

Speaker:

tu es en train de développer aussi à côté

Speaker:

alors moi je viens de lancer une activité

Speaker:

parallèle

Speaker:

donc en indépendante

Speaker:

qui s'appelle

Speaker:

Wine with Anaïs

Speaker:

et c'est une activité

Speaker:

où en gros moi j'aimerais bien

Speaker:

faire vraiment des workshops

Speaker:

et des tastings sur le vin

Speaker:

j'ai commencé pour l'instant

Speaker:

j'ai fait un premier événement

Speaker:

il y a 2 semaines qui s'est super bien passé

Speaker:

et qui était un événement où on a fait

Speaker:

ce qui s'appelait

Speaker:

French Cheese and Wine Tasting

Speaker:

et en gros on s'est concentré sur

Speaker:

les produits de la caisserie

Speaker:

donc fromage et vin

Speaker:

et le focus était sur comment

Speaker:

associer fromage et vin

Speaker:

donc comprendre comment est-ce qu'on fait un pairing

Speaker:

qu'est-ce qui marche, qu'est-ce qui marche pas

Speaker:

qu'est-ce sont les choses qu'on peut chercher dans un vin

Speaker:

quand on cherche un vin pour aller avec ce qu'on mange

Speaker:

et puis à travers tout ça

Speaker:

une petite explication des différentes familles

Speaker:

de fromage

Speaker:

différentes régions françaises dans lesquelles

Speaker:

on fait du fromage, du vin

Speaker:

ce genre de choses mais à l'avenir

Speaker:

l'idée c'est vraiment de développer une activité

Speaker:

où c'est

Speaker:

des mini formations sur le vin

Speaker:

qui s'adressent vraiment

Speaker:

je veux vraiment m'adresser aux débutants

Speaker:

c'est important pour moi, ça a été important dans tous les

Speaker:

projets que j'ai fait dans ma vie

Speaker:

je veux vraiment

Speaker:

on va dire vulgariser des sujets qui sont

Speaker:

compliqués parce que je pense qu'ils sont

Speaker:

fascinants et qu'on peut en tirer

Speaker:

énormément de plaisir

Speaker:

et j'ai envie de faire partager à tout le monde

Speaker:

ces sujets qui peuvent paraître

Speaker:

d'abord compliqués

Speaker:

mais qui je pense ne sont pas si difficiles que ça

Speaker:

une fois qu'on a un peu les clés

Speaker:

pour les comprendre, donc le vin

Speaker:

et du coup c'est un projet qui s'adresse

Speaker:

vraiment aux débutants et pour l'instant

Speaker:

j'ai commencé avec des french cheese and wine tasting

Speaker:

parce qu'on a encore du coup l'ancien local

Speaker:

qui est un peu

Speaker:

inutilisé et du coup tant qu'on a

Speaker:

ce local c'est assez facile pour moi de mettre en place

Speaker:

des événements dans lesquels il y a aussi du fromage

Speaker:

parce qu'on a tout l'équipement là-bas

Speaker:

et l'idée ce serait

Speaker:

progressivement de développer

Speaker:

des workshops qui soient vraiment plus axés

Speaker:

sur le vin

Speaker:

pas forcément d'ailleurs du tout qu'avec les vins de

Speaker:

la caiserie, j'aimerais beaucoup aussi travailler avec

Speaker:

des

Speaker:

bars à vin ou des

Speaker:

magasins de vin à Berlin pour

Speaker:

faire ça en partenariat avec eux aussi, je pense

Speaker:

notamment à Tasta Vin

Speaker:

forcément, voilà si tu nous écoutes

Speaker:

je connais très bien leur magasin

Speaker:

à la Arminus Marktale, l'original

Speaker:

et je suis allée plusieurs fois

Speaker:

à leur bar, à l'Arminus Marktale

Speaker:

à Moabit et j'adore

Speaker:

et voilà l'idée en gros ce serait de proposer

Speaker:

des mini-workshops sur le vin pour les débutants

Speaker:

pour aider tout le monde

Speaker:

tous les gens qui ont envie de se faire plaisir

Speaker:

avec une bonne bouteille de vin mais qui n'ont pas envie de devenir

Speaker:

un expert

Speaker:

c'est en français, en anglais, en allemand ?

Speaker:

ça peut être tout, en italien, en espagnol

Speaker:

alors italien, espagnol

Speaker:

je peux pas essayer

Speaker:

pour l'instant anglais

Speaker:

sachant que

Speaker:

l'idée ce serait aussi que si c'est des groupes

Speaker:

privés où les gens

Speaker:

parlent seulement français

Speaker:

seulement allemand, je pourrais aussi adapter

Speaker:

je peux le faire en allemand ou en français

Speaker:

est-ce que je vais te demander, on vient entre potes, on vient seul ?

Speaker:

alors, premier événement que j'ai fait

Speaker:

la plupart des gens sont venus

Speaker:

avec quelqu'un

Speaker:

je pense que les gens ont un peu peur de

Speaker:

venir à un tasting tout seul mais en fait il faut pas

Speaker:

parce qu'on était tous autour d'une table et que

Speaker:

à la fin de la soirée tout le monde était copain

Speaker:

donc

Speaker:

après

Speaker:

5 verres de vin

Speaker:

c'est voilà

Speaker:

non

Speaker:

les gens sont venus en couple

Speaker:

entre copines ou une copine

Speaker:

qui a ramené une autre copine qui connaissait

Speaker:

une collègue

Speaker:

je pense qu'on peut venir à plusieurs, à deux

Speaker:

tout seul, tout seul c'est bien aussi

Speaker:

y'a pas besoin de venir à plusieurs

Speaker:

y'a pas besoin d'avoir un compagnon pour

Speaker:

faire le tasting

Speaker:

c'est ouvert à tout le monde

Speaker:

et après l'idée ce serait aussi

Speaker:

de pouvoir faire ça pour des groupes qui ont envie

Speaker:

de se faire plaisir, des groupes déjà formés

Speaker:

on va dire, qui veulent faire une activité

Speaker:

en anniversaire

Speaker:

un entamement d'une jeune fille

Speaker:

voilà

Speaker:

tu proposes ça pour les entreprises aussi ?

Speaker:

ce serait l'idée, ouais

Speaker:

de proposer ça pour les entreprises aussi

Speaker:

pour l'instant c'est une offre que j'ai pas encore

Speaker:

vraiment eu le temps

Speaker:

j'ai pas encore eu le temps de développer

Speaker:

ça de manière spécifique mais je pense

Speaker:

que ça sera de manière assez organique

Speaker:

l'idée que j'ai avec ce projet c'est

Speaker:

je me dis, je commence et ensuite je vois

Speaker:

où ça me mène

Speaker:

tout est ouvert

Speaker:

je pourrais faire des événements pour des entreprises

Speaker:

des particuliers, des événements privés

Speaker:

ce dont j'ai envie

Speaker:

c'est de partager ma passion

Speaker:

c'est que les gens se fassent kiffer

Speaker:

j'ai envie que les gens

Speaker:

se disent, c'est génial

Speaker:

bien manger, bien boire, ça rapproche

Speaker:

on peut se faire vraiment plaisir

Speaker:

c'est quelque chose qui rend heureux

Speaker:

dans la vie, c'est des plaisirs simples

Speaker:

j'ai envie de faire

Speaker:

plaisir aux gens et j'ai envie qu'ils se fassent plaisir

Speaker:

et donc sur tous

Speaker:

les formats possibles

Speaker:

autour du vin et de

Speaker:

l'alimentation

Speaker:

et je pense que mon idée

Speaker:

c'est de me dire

Speaker:

si quelqu'un me propose d'adapter le format

Speaker:

pour le faire dans une entreprise

Speaker:

super, j'adapte le format, on le fait dans une entreprise

Speaker:

on trouve un format qui convient

Speaker:

et après, une fois que ce format est fait une fois

Speaker:

je peux ensuite le proposer

Speaker:

à d'autres entreprises

Speaker:

sous le même format

Speaker:

le tout premier projet

Speaker:

c'était

Speaker:

Food We Eat Venice

Speaker:

ça c'est un projet avec lequel

Speaker:

j'ai jamais forcément voulu faire de l'argent

Speaker:

c'était plus un projet

Speaker:

pour m'occuper pendant ces 3 mois au début du confinement

Speaker:

du coup

Speaker:

j'ai su très vite que j'allais avoir

Speaker:

le job à la fromagerie

Speaker:

mais je savais aussi que je commençais

Speaker:

que 2-3 mois plus tard

Speaker:

et me connaissant, on était en lockdown

Speaker:

entre 4 murs, je n'avais pas de travail

Speaker:

pas à chercher du travail

Speaker:

donc je me suis dit qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de ma vie

Speaker:

et du coup

Speaker:

j'ai décidé de lancer un food blog

Speaker:

j'ai créé

Speaker:

un site sur lequel je partageais

Speaker:

mes recettes parce que je suis aussi

Speaker:

une avide cuisinière, je cuisine

Speaker:

énormément et j'ai toujours fait plein de repas

Speaker:

chez moi ou j'ai invité des amis

Speaker:

sous plein de formats différents

Speaker:

et tout le monde m'a toujours dit

Speaker:

tu devrais consigner tes recettes quelque part ou tu devrais les écrire

Speaker:

et du coup

Speaker:

je me suis dit que c'est l'occasion, j'ai le temps

Speaker:

je vais être chez moi, j'ai le temps de cuisiner

Speaker:

j'ai le temps d'écrire et du coup

Speaker:

j'ai lancé ce site sur lequel je partageais

Speaker:

mes recettes

Speaker:

mes idées recettes

Speaker:

et ça s'appelait Appetite with Anaïs

Speaker:

Pourquoi il s'appelait ?

Speaker:

Appetite

Speaker:

ça s'appelle toujours

Speaker:

on le trouve toujours

Speaker:

il existe toujours

Speaker:

tu sais si les gens le regardent ?

Speaker:

j'ai pas une audience démesurée

Speaker:

parce que j'ai également

Speaker:

jamais vraiment fait d'effort en termes de marketing digital

Speaker:

je dois l'admettre

Speaker:

mais

Speaker:

j'ai encore des gens qui me disent

Speaker:

aujourd'hui, c'est surtout des connaissances

Speaker:

des amis ou des gens qui me suivent sur Instagram

Speaker:

qui me disent ah j'ai refait telle recette

Speaker:

ma maman aussi

Speaker:

tu comptes le garder ?

Speaker:

bien sûr

Speaker:

tu vas t'appuyer dessus pour le nouveau ?

Speaker:

c'est possible

Speaker:

je vais essayer de combiner les deux

Speaker:

de créer un onglet

Speaker:

vin sur mon site

Speaker:

l'avantage de Appetite

Speaker:

c'est qu'on prend beaucoup de choses

Speaker:

c'était exactement l'idée

Speaker:

en le créant

Speaker:

que ce serait pas forcément que pour des recettes

Speaker:

mais que ça pouvait englober

Speaker:

tous les projets que j'allais avoir

Speaker:

autour de l'alimentation

Speaker:

et de manger ensemble et de boire ensemble

Speaker:

quand on regarde ton fil Instagram

Speaker:

t'as quand même des photos de nourriture

Speaker:

on voit quand même une évolution

Speaker:

entre les photos de 2014

Speaker:

2015

Speaker:

qu'est-ce que j'ai vu ? J'ai vu des choux fleurs

Speaker:

avec un filtre

Speaker:

tu remontes

Speaker:

et t'as des assiettes magnifiques

Speaker:

je me suis formée

Speaker:

à la food photography

Speaker:

t'as suivi une formation ?

Speaker:

non, j'ai regardé des vidéos

Speaker:

c'est comme ça qu'on fait maintenant

Speaker:

t'as acheté du matériel ?

Speaker:

j'ai pas vraiment acheté du matériel

Speaker:

mais j'ai amassé des choses

Speaker:

j'ai acheté 2-3 trucs

Speaker:

j'avais une vieille

Speaker:

alors

Speaker:

j'ai utilisé un peu une planche

Speaker:

comme le tréteau sur lequel on a les micros posés

Speaker:

j'avais ça mais qui restait

Speaker:

d'un meuble Ikea où j'avais acheté

Speaker:

une planche en trop, je sais pas pourquoi

Speaker:

il te manque pas une planche ?

Speaker:

j'ai acheté

Speaker:

un papier autocollant

Speaker:

qui recrée un fond

Speaker:

comme si c'était du marbre

Speaker:

ça s'achète sur Amazon

Speaker:

c'est pour ça que c'est aussi joli

Speaker:

et un jour après mon père

Speaker:

c'était progressif

Speaker:

au début j'avais juste ça

Speaker:

et après j'ai mon papa

Speaker:

qui m'a donné

Speaker:

une espèce de toile

Speaker:

une tente

Speaker:

une mini tente blanche

Speaker:

qui filtre la lumière

Speaker:

dans laquelle on peut mettre ses choses

Speaker:

et ça filtre la lumière directe pour pas que les ombres

Speaker:

soient trop dures

Speaker:

et ça fait une lumière plus jolie

Speaker:

après au fur et à mesure

Speaker:

j'ai ajouté des choses au fur et à mesure

Speaker:

et après, souviens-toi

Speaker:

j'ai aussi un passé

Speaker:

où j'ai toujours été passionnée par l'art

Speaker:

et j'ai toujours aimé les belles choses

Speaker:

j'ai toujours regardé des belles choses

Speaker:

et collectionné des belles choses

Speaker:

j'ai plein d'art

Speaker:

de reproduction

Speaker:

j'ai plein d'équins d'art

Speaker:

et du coup je pense que ça m'a aussi

Speaker:

influé les photos

Speaker:

le côté, la composition

Speaker:

en tout cas artistique, les couleurs

Speaker:

c'est quelque chose qui m'intéresse aussi

Speaker:

qui m'intéressait déjà avant dans la peinture

Speaker:

ou dans ce genre de choses

Speaker:

Est-ce que tu peux citer deux ou trois artistes que tu as chez toi ?

Speaker:

Alors

Speaker:

la première qui n'est pas une artiste

Speaker:

encore connue

Speaker:

mais sur laquelle je mise énormément

Speaker:

qui s'appelle Léna Valdispul

Speaker:

qui est une de mes meilleures amies à Berlin

Speaker:

Francophone, Française ?

Speaker:

Elle est Suisse, Allemande

Speaker:

et elle fait des choses

Speaker:

elle s'est lancée dans l'animation dernièrement

Speaker:

mais elle fait beaucoup de peinture aussi

Speaker:

et du tatouage et plein de supports différents

Speaker:

et j'ai pas mal de ses oeuvres chez moi

Speaker:

notamment un très beau tableau

Speaker:

dans mon couloir, magnifique, très gros

Speaker:

J'aimerais bien le voir mais...

Speaker:

Je te le montrerai

Speaker:

et j'ai également un poster

Speaker:

que Saadan Afif avait fait

Speaker:

pour une de ses performances

Speaker:

qui est dans ma chambre

Speaker:

C'est difficile

Speaker:

de parler d'art

Speaker:

et d'écrire des tableaux quand on est dans un podcast

Speaker:

c'est pas terrible

Speaker:

Mais voilà

Speaker:

C'est une petite idée que j'ai dans la tête

Speaker:

de si un jour je deviens riche

Speaker:

que j'aimerais avoir une collection privée

Speaker:

d'art

Speaker:

Je te dis, il y a encore tellement de choses

Speaker:

à faire dans cette ville, c'est trop cool

Speaker:

Ok, génial

Speaker:

Donc t'as cette sensibilité à l'art

Speaker:

Je pense que ça m'a influencée dans les photos aussi

Speaker:

J'ai aimé apprendre

Speaker:

Et puis niveau de la composition

Speaker:

pour moi, les couleurs, la composition

Speaker:

c'est quelque chose qui m'a parlé très vite

Speaker:

Moi j'ai vu un truc récemment

Speaker:

Est-ce que tu connais Tableau à Paris ?

Speaker:

Non

Speaker:

Je suis obligée d'en parler parce que je suis tombée

Speaker:

vraiment sur leur site Instagram

Speaker:

Je sais pas comment

Speaker:

C'est des...

Speaker:

des boîtes

Speaker:

et ils font

Speaker:

des boîtes qui livrent

Speaker:

et c'est pour des brunchs

Speaker:

généralement des brunchs ou des apéritifs

Speaker:

et en fait c'est un mélange de fromage

Speaker:

de figues, de trucs séchés

Speaker:

et ils mettent des fleurs comestibles

Speaker:

C'est magnifique

Speaker:

T'es sûre que ça s'appelle Tableau ?

Speaker:

Parce qu'il y a une fromagerie à Paris qui fait ça

Speaker:

et qui est super connue pour faire ça

Speaker:

parce qu'elle travaille avec le fleuriste qui est dans la rue

Speaker:

et d'ailleurs ça me parle beaucoup, moi qui ai des grands-parents fleuristes

Speaker:

Je suis très fan

Speaker:

Et ils sont

Speaker:

hyper connus, ils viennent d'avoir un article

Speaker:

dans un magazine parce qu'ils font des plateaux

Speaker:

avec des fleurs et du coup des plateaux

Speaker:

de saisons où les fleurs changent

Speaker:

en fonction des saisons et les fromages changent en fonction des saisons

Speaker:

Après je pense que c'est la vaille

Speaker:

un peu du moment mais eux ils font vraiment

Speaker:

en mode petit-déj' c'est-à-dire que

Speaker:

t'as des banana bread et tout

Speaker:

Le mélange est exceptionnel, c'est magnifique

Speaker:

Donc on mettra les liens sur le site internet

Speaker:

Très bien

Speaker:

Mais c'est très beau

Speaker:

C'est intéressant parce que

Speaker:

Instagram a poussé ce côté où il faut que ce soit joli

Speaker:

mais en même temps quel plaisir

Speaker:

quand tu reçois ton repas

Speaker:

Je pense aussi que

Speaker:

je ne suis pas la seule personne qui fait ça

Speaker:

mais quand je cuisine pour moi chez moi

Speaker:

je me fais des jolis, même quand je suis toute seule

Speaker:

j'aime bien me faire des jolis assiettes

Speaker:

et pour moi le plaisir est décuplé

Speaker:

si mon repas est bien présenté

Speaker:

que si c'est juste

Speaker:

mis dans l'assiette

Speaker:

sans forme

Speaker:

j'ai plaisir à avoir

Speaker:

une jolie assiette et ça me fait apprécier

Speaker:

mon repas plus

Speaker:

Je fais un big up à ma sœur Agathe

Speaker:

parce qu'elle est comme ça alors moi c'est l'inverse

Speaker:

Ma sœur s'appelle Agathe

Speaker:

Non mais parce que moi

Speaker:

pour le coup je mets dans mon assiette

Speaker:

et c'est fini

Speaker:

Ah moi il y a toujours une petite herbe

Speaker:

un petit zeste de citron

Speaker:

et puis les couleurs aussi j'aime bien

Speaker:

Là tu vois ce soir quand je rentre

Speaker:

je me suis préparée avant de partir

Speaker:

un dal de lentilles

Speaker:

un dal de lentilles quand on le met dans un bol

Speaker:

c'est un peu un amas marron

Speaker:

mais pour moi je mets toujours

Speaker:

dessus juste

Speaker:

une petite cuillère de yaourt

Speaker:

et une petite herbe fraîche

Speaker:

et tout de suite ça change tout

Speaker:

Tu vois moi je ne le fais pas alors que le citron

Speaker:

je le mets pour le goût mais je ne le mets pas

Speaker:

pour le visuel par exemple mais je pense que ça s'apprend

Speaker:

ça doit être le genre de truc

Speaker:

une fois que tu le fais

Speaker:

je pense qu'une fois qu'on le fait

Speaker:

on a du mal à ne pas le faire

Speaker:

ça s'explique

Speaker:

ok

Speaker:

Parfois je suis en gueule de bois

Speaker:

et je me fais des pâtes

Speaker:

et je ne mets pas un peu de danette par dessus

Speaker:

voilà

Speaker:

alors vraiment on est rassurés

Speaker:

soyons réels

Speaker:

ça marche

Speaker:

Où est-ce qu'on te suit ?

Speaker:

Où est-ce qu'on me suit ? Alors sur Instagram

Speaker:

Instagram c'est mon profil

Speaker:

perso pour l'instant

Speaker:

qui agglutine un petit peu tous mes projets

Speaker:

et ma vie personnelle

Speaker:

c'est mon profil qui s'appelle

Speaker:

Anna BRG

Speaker:

c'est un peu compliqué mais je sais que tu mettras le lien

Speaker:

je mettrai le lien évidemment

Speaker:

et sur Facebook j'ai une page

Speaker:

Facebook qui s'appelle

Speaker:

Wine with Anaïs et ça s'écrit

Speaker:

Wine X Anaïs

Speaker:

comme si c'était un signe de multiplication

Speaker:

tout attaché

Speaker:

tout attaché

Speaker:

Wine X Anaïs

Speaker:

et vous pouvez suivre la page

Speaker:

ou m'écrire à l'adresse Wine X Anaïs

Speaker:

à gmail.com

Speaker:

On te contacte pour quelles raisons ?

Speaker:

Alors plein de choses

Speaker:

Dis nous

Speaker:

Alors déjà pour les

Speaker:

tastings

Speaker:

de vins que je viens de commencer

Speaker:

donc si vous êtes intéressés pour faire des tastings de fromage

Speaker:

de vin avec grand plaisir

Speaker:

je réponds à toutes les questions, demandes personnelles

Speaker:

quand est-ce qu'il y a le prochain événement

Speaker:

ce genre de choses

Speaker:

T'as un formulaire ou on te contacte directement ?

Speaker:

Non vous pouvez me contacter directement

Speaker:

c'est plus simple

Speaker:

j'ai pas tant de demandes que ça

Speaker:

pour l'instant tu gères

Speaker:

c'est simple

Speaker:

on peut me contacter aussi

Speaker:

juste pour n'importe quel événement privé

Speaker:

autour de

Speaker:

alimentation et vin

Speaker:

puisque j'ai quand même derrière moi

Speaker:

un petit passif de

Speaker:

sapper club

Speaker:

faut qu'on mentionne un petit peu

Speaker:

j'ai l'habitude de faire des dîners

Speaker:

des dîners

Speaker:

avec du vin, sans vin

Speaker:

autre chose

Speaker:

et puis surtout t'as de l'expérience avec des inconnus

Speaker:

ce qui est quand même assez ouf

Speaker:

je veux dire de bouche à oreille

Speaker:

tes gens ont su que tu cuisinais

Speaker:

ou que tu préparais bien ou que t'organisais des événements chouettes

Speaker:

et t'ont demandé de faire des choses

Speaker:

alors qu'ils sont venus chez moi même

Speaker:

c'est un truc de ouf

Speaker:

et on payait 50 euros

Speaker:

ils sont venus chez quelqu'un

Speaker:

et ils m'ont donné 50 euros et ils m'ont fait confiance

Speaker:

ils étaient satisfaits ?

Speaker:

très content

Speaker:

j'ai jamais eu de complaintes

Speaker:

ça s'est toujours super bien passé

Speaker:

ça a été des expériences à chaque fois différentes

Speaker:

parce que quand on fait un sapper club

Speaker:

on sait jamais vraiment déjà

Speaker:

qui va venir, combien de personnes il y aura

Speaker:

quand on est un groupe de 4

Speaker:

c'est complètement différent que quand on est

Speaker:

un groupe de 10

Speaker:

les dynamiques sont différentes aussi

Speaker:

quand c'est deux couples

Speaker:

qui viennent

Speaker:

ou quand c'est que des potes

Speaker:

et potes de potes

Speaker:

et quelqu'un d'autre qui connait personne

Speaker:

c'est des dynamiques aussi différentes

Speaker:

donc c'était vraiment chouette

Speaker:

de faire ça

Speaker:

ça a été un peu interrompu par la pandémie

Speaker:

et puis maintenant le fait aussi que j'ai changé de métier

Speaker:

et que je travaille le week-end

Speaker:

c'était quelque chose que je faisais

Speaker:

ça c'était mon projet quand j'avais un job

Speaker:

9 to 5 lundi à vendredi

Speaker:

c'était ce que je faisais le week-end

Speaker:

et c'est vrai que maintenant que je travaille

Speaker:

les week-ends c'est un petit peu difficile

Speaker:

de mettre ça en place

Speaker:

mais en tout cas c'était un super projet

Speaker:

donc on peut te contacter

Speaker:

pour ça encore du coup ?

Speaker:

on peut me contacter pour ça aussi avec grand plaisir

Speaker:

ou pour toute autre idée autour du vin, du fromage

Speaker:

avec grand grand plaisir

Speaker:

honnêtement je suis un peu ouverte à tout

Speaker:

pour moi j'ai juste envie de

Speaker:

partager ma passion

Speaker:

et j'ai envie de faire plaisir aux gens

Speaker:

et d'apprendre aux gens à se faire plaisir

Speaker:

si une fleuriste francophone à Berlin

Speaker:

nous écoute elle peut te contacter aussi ?

Speaker:

avec grand plaisir

Speaker:

je dis ça mais

Speaker:

dans le sens de collaboration

Speaker:

il y a des gens qui voudraient travailler avec toi

Speaker:

ah mais oui

Speaker:

ce serait top

Speaker:

je ne sais pas encore quelle collaboration ni ce qu'on fera ensemble

Speaker:

tout est possible

Speaker:

voilà

Speaker:

je voulais juste te demander

Speaker:

est-ce que tu aurais

Speaker:

2 ou 3 adresses ou des endroits à Berlin

Speaker:

que t'aimes à nous recommander ?

Speaker:

bonne question

Speaker:

c'est difficile, j'en ai tellement

Speaker:

il faut que je pense au bon

Speaker:

pense au bon et puis de toute façon

Speaker:

sur le site internet j'envoie un petit questionnaire

Speaker:

et tu en auras 3 nouveaux

Speaker:

je pense que

Speaker:

ça va être des choses très différentes

Speaker:

mais une de mes meilleures expériences

Speaker:

culinaires à Berlin

Speaker:

et en terme de vin aussi

Speaker:

c'était Lodewestein

Speaker:

qui se trouve au

Speaker:

Stijn

Speaker:

c'est un nom hollandais

Speaker:

c'est un restaurant

Speaker:

qui se trouve à Kreuzberg

Speaker:

et c'est un peu du fine dining

Speaker:

donc c'est pas des prix qui sont

Speaker:

très bas

Speaker:

fine dining

Speaker:

donc un peu plus

Speaker:

en terme de prix

Speaker:

c'est un peu plus élevé

Speaker:

mais pour une occasion spéciale

Speaker:

notamment j'ai souvenir d'un anniversaire de 30 ans

Speaker:

où on avait la table qui est en face de la cuisine

Speaker:

ouverte et on était 6 et on a passé la soirée

Speaker:

entière là bas

Speaker:

avec des recommandations de vins différents

Speaker:

c'est une des meilleures expériences culinaires

Speaker:

que j'ai eu vraiment

Speaker:

c'est gastronomique ?

Speaker:

c'est bistrot gastronomique

Speaker:

et c'est vraiment top

Speaker:

équipe super

Speaker:

produit incroyable

Speaker:

pour une occasion spéciale

Speaker:

je recommanderais ça

Speaker:

et ensuite

Speaker:

mes endroits préférés

Speaker:

c'est tellement difficile

Speaker:

j'adore les Markthalle

Speaker:

Markthallenhön

Speaker:

est venu très hipster

Speaker:

mais c'est l'original et j'en suis fan

Speaker:

il y a une époque de ma vie où tous les dimanches

Speaker:

j'allais traîner à Markthallenhön

Speaker:

et je prenais un Bloody Mary

Speaker:

on retrouvait nos potes de Kreuzberg

Speaker:

on essayait de boire notre blouse

Speaker:

du dimanche soir ensemble

Speaker:

et maintenant

Speaker:

que j'ai un nouveau copain

Speaker:

qui habite à Moabit

Speaker:

je passe pas mal de temps à la Arminus Markthalle

Speaker:

à Moabit

Speaker:

que j'aime beaucoup aussi

Speaker:

parce que je la trouve plus intime

Speaker:

plus authentique

Speaker:

moins de monde

Speaker:

et des super produits

Speaker:

à des prix qui sont moins élevés

Speaker:

c'est vraiment un chouette endroit

Speaker:

même pour aller boire un verre

Speaker:

pour manger le soir

Speaker:

et

Speaker:

ahlala c'est difficile

Speaker:

il faut que je choisisse un troisième

Speaker:

peut-être

Speaker:

peut-être

Speaker:

pour l'art

Speaker:

je dirais la Berlinische Galerie

Speaker:

c'est vraiment une de mes adresses favorites

Speaker:

c'est où ?

Speaker:

c'est dans Kreuzberg aussi

Speaker:

pas très loin de Moritzplatz

Speaker:

entre Moritzplatz et Checkpoint Charlie

Speaker:

et

Speaker:

c'est un musée

Speaker:

qui est dédié à l'art contemporain

Speaker:

de Berlin spécifiquement

Speaker:

donc leur exposition permanente

Speaker:

c'est vraiment les artistes berlinois

Speaker:

en tout cas l'art à Berlin

Speaker:

entre fin du XIXe siècle

Speaker:

jusqu'à aujourd'hui

Speaker:

et ils ont toujours une exposition

Speaker:

temporaire qui change

Speaker:

et ils ont des super expositions temporaires

Speaker:

j'ai vraiment aimé beaucoup de choses que j'ai vues là-bas

Speaker:

super

Speaker:

merci beaucoup

Speaker:

je t'en prie

Speaker:

est-ce que tu veux ajouter quelque chose ?

Speaker:

est-ce qu'on a parlé de tout ?

Speaker:

écoute, on a couvert

Speaker:

pas mal de sujets

Speaker:

ça on l'a fait une première fois

Speaker:

c'était long, j'espère pas trop long

Speaker:

et pas trop

Speaker:

en tout cas intéressant

Speaker:

je pense qu'on a parlé de pas mal de choses

Speaker:

j'ai pas trouvé ça long

Speaker:

j'ai passé un très bon moment

Speaker:

moi aussi, mais je pense qu'on a couvert à peu près

Speaker:

tous les sujets

Speaker:

super, alors on te suit sur internet

Speaker:

je voulais dire Instagram

Speaker:

mais surtout vous pouvez aussi venir me voir directement

Speaker:

à la caiserie avec grand plaisir

Speaker:

j'y suis quasiment tous les jours

Speaker:

à quelles horaires ?

Speaker:

j'y suis de l'ouverture à la fermeture

Speaker:

donc 11h-19h30

Speaker:

et le samedi à partir de 10h

Speaker:

quasiment tous les jours

Speaker:

en général du mercredi au samedi

Speaker:

on peut venir voir tes collègues

Speaker:

et sinon vous pouvez avec grand plaisir

Speaker:

venir voir mes collègues qui sont aussi très gentils

Speaker:

et qui vous conseilleront encore mieux

Speaker:

que moi, c'est Sébastien par exemple

Speaker:

voilà, mais

Speaker:

vous pouvez avec grand plaisir venir me voir

Speaker:

et même demander des conseils

Speaker:

même si c'est pas forcément sur les produits de la caiserie

Speaker:

avec grand plaisir

Speaker:

génial, parfait

Speaker:

écoute, merci beaucoup Anouïce

Speaker:

je t'en prie, le plaisir est le mien

Speaker:

c'est rare qu'on ait

Speaker:

deux heures pour parler de toi comme ça

Speaker:

écoute

Speaker:

c'était une super expérience

Speaker:

merci

Speaker:

bravo

Speaker:

vous avez écouté cet épisode jusqu'au bout

Speaker:

j'espère que ça vous a plu

Speaker:

merci pour votre temps et votre curiosité

Speaker:

vous retrouverez tous les détails

Speaker:

liés à l'enregistrement

Speaker:

sur le site internet du podcast

Speaker:

berlindetoi.com

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